Oser négocier avec Dieu
Plaidoirie, supplication, invocation : la prière dans la Bible ouvre un espace de dialogue très vaste. Les hommes de foi d’autrefois l’ont employée dans des circonstances variées. Première partie.
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La prière est pour le non croyant une folie ou un mystère impénétrable. Quoi ! parler à quelqu’un qu’on ne voit pas et/ou que l’on entend pas ! Il est difficile d’imaginer la réalité de la prière si l’on n’a pas l’occasion de l’observer chez quelqu’un d’autre. Émus de voir comment Jésus priait, jusqu’à en pleurer (Hébreux 5.7), ses disciples lui demandent : « Seigneur, apprends-nous à prier ! » Luc 11.1. Ils avaient trouvé le Maître de la prière, celui qui pouvait y passer une nuit entière. Luc 6.12. Cela n’avait plus rien à voir avec une récitation ou des formules toutes faites.
La Bible fournit quantité d’exemples où l’on voit des hommes et des femmes et même des enfants ouvrir leur cœur à Dieu comme à un ami, sans égard pour les formules conventionnelles. On y voit l’être humain saisir la Divinité à bras le corps et même la prendre à partie ! Surprise, la Bible rapporte que ce genre de prière est exaucée.
Dieu semble même apprécier de nous voir ainsi répandre notre âme devant lui. Mieux il nous invite à discuter avec lui, à défendre notre point de vue : «Venez et plaidons », dit-il. Ésaïe 1.18. Il veut savoir ce que nous avons sur le cœur. Et si on faisait preuve de plus d’authenticité ?
Invoquer l’identité de Dieu
Lorsque le roi Ézéchias reçoit une lettre de menaces du roi d’Assyrie qui assiège Jérusalem, il va au temple pour la montrer à Dieu. Dans sa prière, il fait valoir que l’Éternel est « le seul Dieu pour tous les royaumes de la terre ». Lire 2 Rois 19.14-19. «C’est toi le Maître de la situation, dit-il à Dieu, prends-la en charge ! C’est ton problème, puisque tu es le Roi des rois. » Ézéchias sait à qui il s’adresse.
Quand il négocie avec l’Éternel le sort de Sodome et Gomorrhe, Abraham est non moins audacieux. Il fait valoir que Dieu est juste : faire mourir le juste avec le méchant, l’innocent avec le coupable, non, cela ne lui ressemble pas. Lire Genèse 18.22-33. Avec quelle courtoisie l’Éternel répond à Abraham jusqu’à ce que les palabres aient abouti !
Après avoir présenté à Dieu la demande offensante des Hébreux d’avoir un roi, Samuel fait valoir ainsi l’identité de Dieu : «L’Éternel n’abandonnera point son peuple, à cause de son grand nom, car l’Éternel a résolu de faire de vous son peuple. » 1 Samuel 12.22. Il sait ce qu’il veut !
Dieu semble apprécier d’être traité comme un interlocuteur valable et crédible. Dans nos prières, nous pouvons invoquer sa puissance, sa justice, son autorité, son amour…
Invoquer la réputation de Dieu
Confronté à l’idolâtrie répugnante du veau d’or, Moïse refuse d’être dissocié de son peuple : il préfère perdre lui aussi la vie éternelle ! Exode 32.32. Mais observons quel argument il fait valoir d’abord pour que son peuple ne soit pas anéanti : «Pourquoi les Égyptiens diraient-ils : C’est pour leur malheur qu’il les a fait sortir, c’est pour les tuer dans les montagnes, et pour les exterminer de dessus la terre ? Reviens de l’ardeur de ta colère, et repens-toi du mal que tu veux faire à ton peuple. » 32.12. « Ne donne pas raison à tes ennemis, ne permets pas que ton peuple te déshonore ! »
Dans le contexte des temps de la fin, le prophète Joël utilise le même argument : «Éternel, épargne ton peuple ! Ne livre pas ton héritage à l’opprobre, aux railleries des nations ! Pourquoi dirait-on parmi les peuples : où est leur Dieu ?» Joël 2.17. Il ne faut pas que les non croyants se moquent de l’Éternel ou doutent de sa puissance à cause de nous, de nos échecs ou de notre attitude dans l’épreuve !
Pensons donc à invoquer l’honneur divin lorsque nous nous adressons au Père, au Fils ou au Saint-Esprit. «Père, je choisis de renoncer à cette faute, à ce défaut de caractère, car je veux cesser de te faire du tort, de te faire passer pour un incompétent ou un fantoche. » Par notre attitude, notamment dans les difficultés, nous contribuons à la réputation de Dieu. N’hésitons donc pas à invoquer cela dans nos prières pour obtenir la délivrance. « Père, je refuse de donner raison à Satan. Alors viens à mon aide ! »
Invoquer le bon plaisir de Dieu
Nous avons encore dû mal à y croire, pourtant Dieu aime dire «oui » quand on lui demande une faveur. Annonçant le retour de son peuple exilé à Babylone, il s’exclame : « Je prendrai plaisir à leur faire du bien, et je les planterai véritablement dans ce pays, de tout mon cœur et de toute mon âme. » Jérémie 32.41. «Cette ville sera pour moi un sujet de réjouissance », ajoute-t-il plus loin, dans un contexte de pardon et de purification des péchés. 33.8-9.
Le prophète Michée n’en doutait pas : Dieu « prend plaisir à la miséricorde ». Lire Michée 7.18. Il veut faire de nous sa joie, en nous délivrant de tout mal. Il attend pour cela que nous exprimions nos plus profonds besoins. Oui, Dieu aime répondre à notre prière. « Alors, Seigneur, fais-toi plaisir ! » — D’après une prédication de Paul Scalliet
À suivre
Publié initialement dans la rubrique « L'Esprit et l'Épouse disent : « Viens ! » de Jésus, Reviens ! revue bimestrielle de l'association Sentinelle des temps. Reproduit avec autorisation.
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