Jouir du renoncement à soi
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Renoncer à soi c’est entrer dans la joie du divin Maître, qui fut un modèle en la matière. C’est être enfin débarrassé du fardeau obsédant de la recherche de ses intérêts. En passant avec Jésus sur la croix, on se trouve soi-même et on retrouve les autres.
Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. 25Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. » Matthieu 16.24-25. Cette parole de Jésus apparaît dans les trois évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc). La même idée est même reprise une quatrième fois dans Luc 14.33 : «Quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple. » Ce doit être là vraiment un point clé de l’évangile !
Voilà qui n’est pas très confortable pour moi. J’ai longtemps « accepté » cette déclaration du Christ par devoir, sans y trouver un bonheur réel, jusqu’à ce que le Saint-Esprit m’apprenne à aimer le Maître qui donne cet enseignement. J’ai découvert que ce divin Maître sait donner l’exemple, quand il veut qu’on le suive.
En effet, renoncer à soi jusqu’à se perdre pour sauver ses ennemis d’une mort certaine, faisant tout pour regagner leur amitié, c’est exactement la démarche prévue et suivie par Dieu lui-même : «Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de beaucoup. » Marc 10.45. En donnant le Fils à l’humanité, le Père et l’Esprit ont renoncé à une partie essentielle d’eux-mêmes. Quand au Fils, il a renoncé à tout de lui-même afin de devenir membre de la famille humaine pour toujours. De sorte que l’on peut parler à présent de l’humanité de Dieu. Respect, admiration, adoration.
Que puis-je refuser à un Être qui m’a autant aimé ? Décemment, rien. Les efforts désespérés de Satan et de ses sujets pour me faire croire le contraire sont voués à l’échec. Sauf si je crois en leurs mensonges, bien sûr. Mais, si séduisant que soit le mensonge de la recherche de soi, ce mensonge ne cesse de porter des fruits amers dans ma vie, chaque fois que je le crois.
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Je dois le reconnaître : tout ce qu’il y a de pesant, de décevant, de frustrant dans ma vie, résulte d’une préoccupation pour moi. Je suis déformé depuis ma naissance par l’idée luciférienne que la défense de mes intérêts, voire de ma survie, est essentielle à mon bien-être ou à ma sécurité. Ce mensonge me colle à la peau !
Mais la lumière a commencé à poindre dans mon âme en admirant la beauté incomparable du Sauveur qui renonce à ses droits, à sa sécurité, à son bonheur et finalement à l’existence. Tout cela pour avoir, peut-être, un jour la joie de me serrer dans ses bras, moi un ancien esclave et disciple de Lucifer !
Aussi je bénis le Saint-Esprit pour toutes les épreuves et même les échecs, car ils me rappellent chaque fois que la préoccupation pour soi ne conduit nulle part, sinon à la mort. Il n’y a aucun bonheur dans la recherche de son bonheur. L’épanouissement de soi se trouve dans la recherche de l’épanouissement des autres.
J’ai constaté également qu’il était vain de projeter mes propres motifs intéressés sur les autres ou, pire, de leur attribuer la responsabilité des désagréments dont je souffre. Non seulement cela détruit mes relations avec eux, mais encore cela ne m’apporte aucune satisfaction, aucun soulagement dans ma culpabilité.
Mes efforts pour me construire une image positive de moi-même sont vains. La seule image valable de moi que Dieu me propose, c’est Jésus-Christ lui-même : moi devenu parfait, totalement aimable et dévoué, même à mes ennemis ou à ceux que j’ai bien voulu considérer comme tels.
Allons ! cessons de traîner ce boulet que nous sommes. Il y a du masochisme dans le péché. Il est bien plus facile et agréable de se laisser porter avec le Fils sur la croix. Il suffit pour cela d’aimer le Fils et de croire ce qu’il dit. Car la vérité rend libre. Or, se réjouir de la vérité, c’est aussi renoncer au mensonge de l’amour de « moi d’abord ». Guérir par l’antidote de la vie du Fils de Dieu, c’est rejeter le poison mortel de l’égocentrisme et de l’individualisme.
Dans ma vie personnelle, chaque fois que je suis heureux et en paix, c’est quand je me tourne vers les autres et que je me préoccupe de leur intérêt, sans arrière-pensée. Car bien sûr, là aussi, Satan m’attend pour me piéger dans l’activisme «en faveur» d’autrui. Une forme d’attention à l’autre qui n’est qu’attention à soi déguisée : un « amour » captateur, possessif, dominateur, intolérant et prompt à juger.
Mais, quand je recherche vraiment l’intérêt d’autrui, sans égard pour le mien, alors tout s’allège. Jésus avait raison : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » Actes 20.35. Aussi courage, chaque déception personnelle me rapproche de l’heureux temps où j’aurai lâché le boulet pour toujours ! — GS
Publié initialement dans la rubrique « L'Esprit et l'Epouse disent : viens ! » de Jésus, Reviens ! revue bimestrielle de l'association Sentinelle des temps. Reproduit avec autorisation.
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