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Daniel : une lumière à Babylone

Pourquoi des adventistes boudent la Trinité - Première partie

28 Novembre 2025 , Rédigé par Misha Publié dans #Réflexions, #Jésus, Reviens !


Père, Fils, Seigneur, Esprit émaillent tout le Nouveau Testament. La divine Trilogie rythme les salutations et les formules de bénédictions. Romains 1.1-4. L’Esprit, cependant, est beaucoup plus discret que les deux autres. Il est souvent en filigrane ou en décalage. Par exemple en Éphésiens 1, il n’apparaît qu’au verset 13, bien après le Père et le Fils. C’est que, dans la famille divine, le plus important, le plus présent, doit se faire le plus petit, le plus humble. C’est ainsi que Jésus nous a révélé Dieu.

Cependant certains croyants, peut-être moins sensibles à ce trait de caractère divin, relèguent l’« Esprit éternel » (Hébreux 9.14) au rang de pensée, d’émanation divine, et non de personne. La pluralité de l’Être divin apparaît pourtant dès le début de la Bible : « Au commencent Elohim créa le Ciel et la terre. » Genèse 1.1. Or Elohim est bien un terme pluriel en hébreu, d’où le verset 26 : « Puis Elohim dit : Faisons l’homme à notre image. »

Jusqu’ici Moïse avait mis les verbes au singulier (Elohim créa, Elohim dit, au lieu de Elohim créèrent, Elohim dirent, etc.). Pourquoi ? Pour éviter toute confusion avec le polythéisme généralisé de son époque. Mais, quand Dieu se décide à créer la famille humaine, Moïse ne peut plus éviter d’employer le pluriel : « Faisons l’humanité [hébreu adam] à notre image. » Or Dieu ne s’adresse pas à ses anges ici, car ceux-ci ne sont que les témoins et non les acteurs de la création : « C’est moi, l’Éternel, qui suis l’auteur de tout. Tout seul, j’ai déployé le ciel, par moi-même, j’ai disposé la terre. » Ésaïe 44.24 ; cf. Néhémie 9.6. Tout seul ? Oui, l’Éternel tout seul, mais l’Éternel est une famille et non un individu comme Lucifer !

Cette famille divine porte un nom : Yohevah ou Yahveh, remplacé par « l’Éternel » dans plusieurs versions de la Bible. Ce nom propre de la famille Elohim apparaît en Genèse 2.5 : « Lorsque l’Éternel Dieu [Yohevah Elohim] fit la terre et les cieux… » Yohevah Elohim est cet être pluriel qui a dit : « Faisons l’homme à notre image. » Yohevah est son nom propre, son nom de famille, recensé plus de 6 200 fois dans l’Ancien Testament ; Elohim est un nom commun désignant une divinité ou un ensemble de dieux. Mais l’Elohim de la Bible hébraïque est une Divinité où règne une union parfaite entre les trois membres. Un ensemble indissociable, aussi indissociable que le sont notre âme et notre corps. Pourtant, une fracture va se produire dans cette famille pendant l’expérience unique de l’incarnation ! Respect, nous entrons-là sur une terre sainte.

Elohim a été rendu en grec par théôs puis, en latin, par deus, « Dieu », faute d’un meilleur terme. Le terme « dieu » lui-même n’est pas biblique, c’est un emprunt au vocabulaire du paganisme ! D’où l’accusation de polythéisme portée contre la doctrine de la Trinité. Premier malentendu.

Pourtant, du point de vue biblique, plusieurs personnes dans la Divinité n’implique pas plusieurs dieux. C’est même exactement le contraire : c’est de la pluralité, du tissu relationnel, bref de l’amour, que naît l’unité. Or Dieu est amour. Il est un parce qu’il est uni. Il est uni parce qu’il est une famille, de trois personnes. Il est Celui dont toute famille dans les cieux et sur la terre tire son nom. Éphésiens 3.15. Il nous a créés famille, à son image.

Dans la pensée hébraïque, la communauté ne résulte pas d’un assemblage d’individus, comme le voudrait Lucifer. Mais l’individu tire son identité de la communauté ; la communauté précède l’individu. C’est là une loi divine que nous observons encore dans nos sociétés humaines, au fil des générations, des mariages et des naissances… Mais voyons maintenant les autres objections que certains adventistes émettent contre un Dieu en trois personnes.

La Trinité, un dogme catholique ? Pas si sûr.
Historiquement, la doctrine d’un Dieu en trois personnes est formulée au Concile de Nicée, en 325, à l’époque de l’empereur Constantin Ier. Une époque trouble, certes, puisque l’Église chrétienne vient enfin d’obtenir un statut social dans l’Empire romain. Elle va devoir choisir entre l’accession au pouvoir et la fidélité doctrinale aux apôtres fondateurs. Ce choix n’est pas encore scellé à l’époque. Il ne le sera que deux cents ans plus tard, au début du VIe siècle, à l’époque de l’empereur Justinien. Alors seulement l’évêché de Rome sera confirmé, statutairement et militairement, dans sa position dominante sur la chrétienté.

En 325, à l’époque où les chrétiens formulent la doctrine de la Trinité, l’Église n’est encore ni catholique, ni romaine. L’évêché de Rome doit encore faire face à des concurrents de poids, à Alexandrie au sud de la Palestine, dans la nouvelle Constantinople au nord de la Palestine.

Si les chrétiens de cette époque ont ressenti le besoin d’affirmer un Dieu en trois personnes, c’est que l’individualité du Saint-Esprit et la pleine divinité de Jésus de Nazareth étaient contestées au sein des croyants depuis longtemps. C’est pourquoi Paul défend avec autant de vigueur la divinité du Christ, en tant que Sauveur et en tant que Créateur. C’est pourquoi aussi il met en relief la personnalité de l’Esprit. Si l’on accuse la Trinité d’être infidèle à la Bible, il faut aussi accuser l’apôtre Paul de l’être !

 Dès le IIe siècle, les opposants à l’incarnation de Dieu en Jésus-Christ sont responsables de l’altération de plusieurs passages du NT. Nous en verrons des exemples dans les prochains numéros, en page 8. Par exemple, dans les meilleurs manuscrits de 1 Timothée 3.16, Paul parle bien de Dieu manifesté en chair. Or pour le juif qu’est Paul, « Dieu » n’est qu’un terme grec de substitution, plus commode pour communiquer avec les Gentils. Dans son esprit et dans celui de ses lecteurs, presque tous initiés au judaïsme, « Dieu » (théôs en grec) désigne Yohevah Elohim, le Dieu pluriel de l’Ancien Testament, seule Bible des chrétiens de l’époque.

Certes, avec le temps, la Trinité est aussi devenue un dogme catholique. Mais l’idée d’un Dieu en trois personnes n’est pas une invention de Rome. Tout dépend comment l’on perçoit cette triade divine. Nous le verrons, plusieurs de nos pionniers adventistes eux-mêmes n’ont pas toujours bien saisi cette réalité divine et biblique, d’où une deuxième source de malentendu. — GS

 

Publié initialement dans la rubrique « Adventisme et évangile » de Jésus, Reviens ! revue bimestrielle de l'association Sentinelle des temps. Reproduit avec autorisation. 
Retrouvez tous les sommaires de Jésus, Reviens ! dans la Trousse de secours pour les temps de la fin, ou en contactant directement l'association (voir coordonnées ci-dessous).

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