Daniel : une lumière à Babylone

Daniel 4 : Plus haut que le Très-Haut

25 Janvier 2017 , Rédigé par Daniel à Babylone Publié dans #Le livre de Daniel

Daniel 4.1-3*Nabuchodonosor, roi, aux gens de tous peuples, nations et langues, qui habitent sur toute la terre. Que votre paix soit grande ! 2Il m’a semblé bon d’indiquer les signes et les prodiges que le Dieu Très-Haut a produits pour moi. 3Que ses signes sont grands ! Que ses prodiges sont puissants ! Son règne durera toujours, sa domination subsiste de génération en géné­ration.

* Dans beaucoup de versions, ces trois versets sont rattachés au chapitre 3. Il faut donc, à partir du verset 4, soustraire 3 pour obtenir le bon numéro…

C’est un roi païen qui parle ! Ce sont les paroles du roi de Babylone qui sont à l’origine de ce texte biblique ! Nabuchodonosor fait connaître au monde de son époque le Dieu créateur et ses actes puissants.

Voilà la tâche que les Hébreux auraient dû accomplir, depuis longtemps. Nabuchodonosor prend la parole pour compenser leur échec. Nul doute que la franchise de son récit ait poussé nombre de ses contemporains à s’attacher à Yahveh. Ainsi ce vœu s’accomplit : «Qu’ils célèbrent le Seigneur pour sa fidélité et pour ses actes étonnants en faveur des humains !» (Psaume 107.8)

Ce prodige n’est pas inconcevable. Chez les peuples de l’Antiquité, chaque nation ou tribu possédait son propre dieu. Mais les conversions d’un culte à l’autre étaient possibles et mêmes courantes, par exemple si les circons­tances politiques le demandaient. Dans ce chapitre, nous assistons à la conversion définitive de Nabucho­donosor au Dieu des Hébreux : il place ce dernier au dessus de toutes les divinités et l’appelle le « Très-Haut ».

Daniel 4.4-7 Moi, Nabuchodonosor, je vivais tran­quille dans ma maison et heureux dans mon palais. 5J’eus un rêve qui m’effraya ; les pensées dont j’étais poursuivi sur mon lit, les visions de mon esprit, me remplissaient d’épouvante. 6Je donnai l’ordre de faire venir devant moi tous les sages de Babylone afin de me faire connaître l’interprétation du rêve. 7Alors vinrent les mages, les envoûteurs, les chaldéens et les devins. Je leur racontai le rêve, mais ils ne m’en firent pas connaître l’interprétation.

Au chapitre deux, les sages de Babylone demandaient au roi le récit de son rêve afin de l’interpréter. A présent, le souverain ne leur cache rien ; pourtant ils restent bien en peine de décrypter les informations célestes !

Nabuchodonosor les a convoqués avant de faire appel à Daniel. Il s’est permis d’oublier ce qu’il a appris au sujet du vrai Dieu (voir les chapitres précédents). L’homme, il est vrai, est à la tête du plus grand empire de la Terre ; il est soumis à d’intenses pressions. Son cœur est honnête, mais l’attraction puissante des richesses, du pouvoir temporel et des honneurs l’a entraîné de nouveau dans le cercle des fausses religions. Yahveh, cependant, patient et miséricordieux, cherche avec insistance à le ramener à la réalité. Dieu agit d’ailleurs de la même façon avec les hommes et les femmes d’aujourd’hui. Plus vous apprendrez à vous connaître, plus vous vous sentirez proche de Nabuchodonosor dans sa faiblesse. Vous ne serez plus tentés de vous considérer meilleur que les autres.

Daniel 4.8-12En dernier lieu se présenta devant moi Daniel, nommé Belteshatsar d’après le nom de mon dieu, et qui a en lui le souffle des dieux saints. Je lui dis le rêve : 9Belteshat­sar, chef des mages, toi qui as en toi, je le sais, le souffle des dieux saints, et pour qui au­cun mystère n’est difficile, dis-moi l’interprétation des visions que j’ai eues en rêve. 10Voici ce que je vis, dans les visions de mon esprit, pendant que j’étais sur mon lit : Au milieu de la terre, un arbre très haut. 11Cet arbre était grand et fort, sa cime atteignait le ciel, et on le voyait de toutes les extrémités de la terre. 12Son feuillage était beau et ses fruits abon­dants ; il portait de la nour­riture pour tous ; sous lui, les bêtes sauvages trouvaient de l’ombre ; dans ses branches habitaient les oiseaux du ciel, et tout être vivant tirait de lui sa nourriture.

Le caractère symbolique de ce rêve n’avait pas échappé à Nabuchodonosor. Son attitude, au verset 16, laisse même supposer qu’il en devinait la signification, du moins en partie. Les arbres symboliques fleurissaient dans les textes de l’époque. Les légendes babyloniennes, à l’instar des textes hébreux, mentionnaient un arbre de vie et un arbre de la connaissance. Le prophète hébreu Ézéchiel, en exil à Babylone avait comparé le roi d’Égypte à un arbre, dont il prédisait la chute (Ézéchiel 30.20 à 31.14). Pour cela, déclarait Yahveh, « je rendrai forts les bras du roi de Ba­bylone, et je mettrai mon épée dans sa main. » Cela n’avait sûrement pas échappé à Nabuchodonosor. Cependant, selon la prophétie d’Ézéchiel, aucun « arbre », c’est-à-dire aucun souverain, ne devait s’enorgueillir de sa croissance (31.14). Autrement dit, Nabuchodonosor, voyant le sort du roi d’Égypte qui l’avait précédé, aurait dû, lui simple arbre parmi les arbres, devenir plus humble. Mais, comme nous, le roi de Babylone était lent à apprendre à croire en Dieu et donc à lui obéir. Heureusement, le Roi de l’univers est aussi pédagogue : sa patience surpasse celle des meilleurs enseignants.

Daniel 4.13-18Voici ce que je vis, dans les visions de mon esprit, pendant que j’étais sur mon lit : un veil­leur, un saint, descendit du ciel. 14Il cria avec force : Abattez l’arbre, et coupez ses branches ; arrachez son feuillage, et dispersez ses fruits ; que les bêtes fuient son abri, et les oiseaux ses branches ! 15Mais laissez en terre la souche avec ses racines, dans des chaînes de fer et de bronze, au milieu de l’herbe des champs. Qu’il soit trempé de la rosée du ciel, et qu’il ait, comme les bêtes, l’herbe de la terre pour partage ! 16Son cœur d’homme sera changé, et un cœur de bête lui sera donné ; et sept temps passeront sur lui. 17Cette sentence est un décret des veil­leurs, cette résolution est un ordre des saints, afin que les vivants sachent que le Très-Haut est maître de la royauté des hommes, qu’il la donne à qui il veut, et qu’il peut y élever le dernier des hommes. 18Voilà le rêve que j’ai eu, moi, le roi Nabuchodonosor. Toi, Belteshatsar, dis-moi l’interpré­tation, puisque tous les sages de mon royaume ne peuvent me faire connaître cette interpré­tation ; toi, tu le peux, car tu as en toi le souffle des dieux saints.

Nabuchodonosor aurait dû s’en souvenir : son royaume n’était pas destiné à durer éternellement. Le roi, cepen­dant, avait continué à embellir Babylone, en dépît des révélations reçues (voir le chapitre 2). La construction d’un immense palais avait satisfait son inutile orgueil. Ses conquêtes terminées, il avait le monde à ses pieds et ne se refusait aucun plaisir. Ses ambitions ne rencontraient nul obstacle. Cependant, selon le grand Salomon, « l’orgueil précède le désastre ; l’esprit hautain précède la chute » (Proverbes 16.18). Même si nos demeures sont plus modestes que celles de Nabuchodonosor, nous nourrissons tous des ambitions personnelles que nous pensons pouvoir réa­liser sans l’aide du Tout-Puissant.

Les « veilleurs » et les « saints » aperçus par Nabucho­donosor en rêve sont des anges, des délégués du gouverne­ment céleste. Leur mission : « aider ceux qui vont hériter le salut », c’est-à-dire vous qui lisez ces pages ! (Hébreux 1.14, Semeur) Leur service les conduit à s’intéresser fortement aux affaires de la planète Terre, pourtant la presse ignore leur existence. Il travaillent sans relâche pour répondre aux besoins spirituels de tout être humain qui choisit de confier sa vie au Fils de Dieu. Les anges avaient remarqué chez Nabuchodonosor un accroissement de l’orgueil et de la dureté ; cela les inquiétait. Si l’on ne tentait rien pour lui, il serait définitivement perdu. Ils savaient qu’à ce stade seule une crise pouvait l’aider à retrouver son bon sens. Un plus pieux que lui avait écrit : « Il me fut bon d’être humilié pour étudier tes décrets. » (Psaume 119.71) Dieu permit donc que le roi fît cette expérience affli­geante.

Daniel 4.19-27Alors Daniel, nommé Belteshatsar, fut un moment stupéfait ; ses pensées l’épouvantaient. Le roi reprit : Bel­teshatsar, que le rêve et l’interprétation ne t’épou­vantent pas ! Belteshatsar répondit : Mon seigneur, que le rêve soit pour tes ennemis, et son interprétation pour tes adversaires ! 20L’arbre que tu as vu, qui était devenu grand et fort, dont la cime atteignait le ciel, et qu’on voyait de toute la terre ; 21cet arbre, dont le feuillage était beau et les fruits abondants, qui portait de la nourriture pour tous, sous lequel s’abritaient les bêtes sauvages, et dans les branches duquel les oiseaux du ciel demeuraient, 22c’est toi, ô roi, qui es devenu grand et puissant, dont la grandeur s’est accrue au point d’at­teindre le ciel, et dont le pouvoir s’étend jusqu’aux extrémités de la terre. 23Le roi a vu un veilleur, un saint, descendre du ciel et dire : « Abattez l’arbre, et détruisez-le ; mais laissez en terre la souche avec ses racines, dans des chaînes de fer et de bronze, au milieu de l’herbe des champs ; qu’il soit trempé de la rosée du ciel, et qu’il ait avec les bêtes sauvages l’herbe pour partage, jusqu’à ce que sept temps aient passé sur lui. » 24Voici l’interprétation, ô roi ; voici le décret du Très-Haut qui t’atteindra, ô roi : 25On te chassera d’entre les humains, tu auras ta demeure avec les bêtes sauvages, et on te donnera, comme aux bœufs, de l’herbe à manger ; tu seras trempé de la rosée du ciel, et sept temps passe­ront sur toi, jusqu’à ce que tu saches que le Très-Haut est maître de la royauté des hommes, et qu’il la donne à qui il veut. 26L’ordre de laisser la souche de l’arbre avec ses racines signifie que ta royauté subsistera pour toi quand tu sauras que c’est le ciel qui est le maître. 27Aussi, ô roi, puisse mon conseil te plaire ! Mets un terme à tes péchés par la justice et à tes fautes par la compassion envers les pauvres, et ta tranquillité se prolongera.

Daniel saisit instantanément la signification du songe. Il priait son Dieu en faveur du roi depuis des années, probablement depuis les événements relatés au chapitre 2. Nabuchodonosor possédait des qualités morales. Honnête homme, il aspirait dans son for intérieur à répondre favo­rablement à l’attention divine : Daniel le devinait. La fin de la réponse de ce dernier suggère même l’existence d’une amitié entre les deux hommes.

A présent, Daniel voyait Dieu répondre à ses prières. Mais annoncer au roi la redoutable sentence qui allait l’atteindre demeurait une tâche difficile pour lui. Le roi perçut très vite le malaise de Daniel et l’encouragea à continuer malgré ses hésitations. Il s’ouvrait déjà à l’in­fluence de l’Esprit divin, prêt à tout écouter, même le pire.

Daniel se permit donc de lui lancer un appel tout en lui assurant la bonne disposition divine à son égard. S’il revenait de son orgueil et regrettait tous les péchés notoires dont un despote du Moyen-Orient de l’époque pouvait se rendre coupable, le pardon lui était assuré.

Pendant un temps, l’avertissement porta ses fruits ; Nabuchodonosor était impressionné. Mais son cœur n’était pas totalement conquis par la faveur divine et bientôt il redevint insensible à l’influence de l’Esprit divin. Au fond, il tenait encore à ses ambitions et se montrait indulgent vis-à-vis de lui-même. Malgré tant d’instructions et d’avertissements, la jalousie envers les royaumes qui devaient lui succéder le remplit de nouveau. Sa direction s’en ressentit : la dureté et l’oppres­sion réapparurent. Il utilisa ses capacités pour se glorifier, s’élevant au-dessus du Dieu dont il les tenait, et auquel il devait la vie. Aujourd’hui encore des êtres hu­mains font cette triste expérience : ils s’obstinent à résister à l’attraction puissante qu’exerce sur eux le Sauveur de l’humanité.

Pendant des mois, l’exécution de la sentence divine fut reportée. Le temps resta au beau fixe pour Nabuchodonosor. Ses courtisans l’adulèrent avec autant de zèle ; tout allait bien. Mais cette bonté divine ne le conduisit pas au repentir : il n’en devint que plus audacieux, jusqu’à perdre toute confiance dans le rêve et son interprétation. Il riait bien à présent de ses vieilles peurs !

Daniel 4.28-33Tout cela arriva au roi Nabuchodo­nosor. Au bout de douze mois, comme il se promenait dans le palais royal à Babylone, 29le roi dit : N’est-ce pas là Babylone la Grande, que j’ai bâtie comme résidence royale, par la puissance de ma force et pour l’honneur de ma gloire ? 30La parole était encore dans la bouche du roi qu’une voix descendit du ciel : C’est à toi que l’on parle, roi Nabuchodonosor. Ta royauté s’est retirée de toi. 31On te chassera d’entre les humains, tu auras ta demeure avec les bêtes sauvages, on te donnera, comme aux bœufs, de l’herbe à manger ; et sept temps passeront sur toi, jusqu’à ce que tu saches que le Très-Haut est maître de la royauté des hommes et qu’il la donne à qui il veut. 32Au même instant la parole s’accomplit sur Nabuchodonosor. Il fut chassé d’entre les humains, il se mit à manger de l’herbe comme les bœufs, et son corps fut trempé de la rosée du ciel, jusqu’à ce que ses cheveux poussent comme les plumes des aigles, et ses ongles comme les griffes des oiseaux.

Dans les ruines de Baby­lone, les archéologues ont retrouvé des traces écrites des vantardises de Nabuchodonosor : « J’ai construit, déclare-t-il, ce palais, le siège de ma royauté, le lien entre tous les hommes, la demeure de la joie et de la fête[16]. » Même les briques de l’antique Babylone, enfouies dans le sable, nous rapportent les paroles de Nabuchodonosor !

« J’ai vu l’homme mauvais devenir très puissant », raconte le roi David, « il se développait comme les cèdres du Liban. Mais il est parti, il n’existe plus. Je l’ai cherché : il a disparu. » (Psaume 37.35-36, Parole de Vie) Dieu fait autant preuve de bonté quand il envoie l’adversité que lorsqu’il dispense la prospérité. Souvent, en effet, c’est l’adversité qui détourne nos affections des choses vaines, qui disparaîtront vite. Alors nous apprenons à apprécier les réalités célestes ; celles-là dureront toujours.

Les sept temps (araméen ‘iddan) représentent sept années (voir note 26a, p. 98). Durant cette période, Nabuchodonosor fut affligé d’une étrange psychopathologie appelée aujourd’hui la lycan­thropie. Cette maladie a été observée au ive siècle par un médecin grec dont les écrits nous sont parvenus. Le patient s’imagine avoir été changé en un animal précis et calque tout son comportement sur ce dernier. Curieusement cette forme grave de maladie mentale ne semble pas interférer avec la conscience humaine. Edward Bouverie Pusey, un théologien anglais du xixe siècle, rapporte un cas semblable, observé à son époque (voir appendice).

Toute faculté mentale et toute estime de soi est un don du ciel. Si Dieu reprend ses dons, il ne reste que la sagesse « naturelle » et celle-ci est apparemment réduite à peu de choses, si l’on considère le cas de Nabuchodonosor. « Si quelqu’un s’imagine être une personne d’exception », écrit Paul aux chrétiens de Galatie, « alors qu’en fait il n’est rien, il s’abuse lui-même. » (Galates 6.3, Semeur) Quant au roi David, il déclare : « L’homme le plus honoré, s’il n’a pas d’intelligence, est semblable aux animaux qui devront périr. » (Psaume 49.20, Semeur) David constate humble­ment sa folie et son ignorance quand il est privé des lumiè­res célestes : « J’étais stupide, je ne comprenais rien, j’étais comme une bête devant toi », avoue-t-il sans détour (Psaume 73.22, Parole de Vie). Quel contraste avec la suffisance de Nabuchodonosor !

Pendant sept ans, la famille et les conseillers royaux de Babylone assurèrent la direction de l’Empire. Il faut croire que l’interprétation donnée par Daniel était connue à la cour. On s’attendait visiblement à ce que Nabu­chodonosor retrouve la raison et revienne au trône. Le tronc de l’arbre royal devait rester en terre afin de repous­ser un jour.

Daniel 4.34-37Après le temps marqué, moi, Nabu­chodonosor, je levai les yeux vers le ciel, et la raison me revint. Je bénis le Très-Haut, je louai et glorifiai celui qui est vivant pour toujours, dont la domination durera toujours et dont le règne subsiste de génération en géné­ration. 35Tous les habitants de la terre ne comptent pour rien ; il agit comme il lui plaît avec l’armée du ciel et avec les habitants de la terre, et il n’y a personne qui lui résiste et lui dise : Que fais-tu ? 36A ce moment, la raison me revint ; l’honneur de ma royauté, ma magnificence et ma splendeur me furent rendus, mes conseillers et mes grands me réclamèrent ; je fus rétabli dans ma royauté, et ma grandeur ne fit que s’accroître. 37Maintenant, moi, Nabuchodonosor, je loue, j’exalte et je glorifie le roi du ciel, dont toutes les œuvres sont vraies et dont les voies sont justes, et qui peut abaisser ceux qui marchent avec orgueil.

« Je levai les yeux vers le ciel. » Si seulement Nabucho­donosor avait fait cela plus tôt ! Son châtiment sévère aurait été inutile. « Or, par la grâce qui m’a été donnée », écrit Paul aux croyants de Rome, « je dis à chacun d’entre vous, de n’avoir pas de lui-même une plus haute opinion qu’il ne doit, mais d’avoir des sentiments modestes, selon la mesure de la foi que Dieu a départie à chacun. » (Ro­mains 12.3, Ostervald) C’est seulement quand nous appre­nons à reconnaître la justesse de ce conseil que Dieu peut nous faire saisir la réalité. « Le premier homme, écrit Paul, étant de la terre, est terrestre, et le second homme, le Sei­gneur, est du ciel. » (1 Corinthiens 15.47, Ostervald) Nous sommes tous des « terriens », comme le premier homme, Adam, notre ancêtre commun. Notre esprit est absorbé par ce qui se passe sur la Terre, par les honneurs, les richesses et les plaisirs que ce monde peut offrir. Nous baissons les yeux. Quand notre esprit se porte sur les réali­tés célestes, nous commençons seulement à vivre pour de bon. Nous passons alors « de la mort à la vie », selon les termes de l’Évangile selon Jean (5.24). Alors « notre objec­tif n’est pas ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel » (2 Co­rinthiens 4.18).

L’arbre majestueux vu par Nabuchodonosor représente à la fois le roi de Babylone et son Empire. Cet Empire a été balayé, comme nous le verrons dans le prochain chapitre ; pourtant ses racines sont restées en terre, jusqu’à notre époque. Rien ne subsiste aujourd’hui de la puissance politique de Babylone. L’essence de la spiri­tualité babylonienne, en revanche, survit fort bien ; c’est pourquoi Babylone tient tant de place dans les prophéties apocalyptiques. Toutes les civilisations sont remplies de ses faux enseignements, symbolisés par un vin enivrant dans l’Apocalypse de Jean (14.8).

Les mystères de Babylone surgissent même parfois dans le rituel des Églises chrétiennes actuelles. Des milliers de croyants prennent part à des cérémonies sans fondement dans les Saintes Écritures, pourtant seules garantes incon­testables des instructions divines. Ainsi, ils rendent hom­mage inconsciemment aux forces de la nature plutôt qu’au Créateur, comme les Babyloniens d’autrefois. « C’est en vain qu’ils me rendent un culte », disait Jésus aux reli­gieux de son époque, « car les doctrines qu’ils ensei­gnent ne sont que préceptes d’hommes » (Matthieu 15.9). De nombreuses doctrines et croyances actuelles ne sont que des rejetons séduisants mais trompeurs sortis de la souche Babylonienne. Les croyants d’aujourd’hui ont donc le devoir de faire des recherches pour s’assurer des saines racines de leur foi. Celle-ci doit se fonder avant tout sur les révélations bibliques, et non sur de simples décla­rations d’origine humaine.

 

Notes

16. Cette inscription apparaît sur le cylindre découvert par Georg Friedrich Grotefend (1775-1853), connu pour avoir déchiffré les inscriptions cunéi­formes perses.

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