Daniel : une lumière à Babylone

Qu’est-ce que la vérité ?

1 Avril 2011 , Rédigé par daniel-lumiere-a-babylone.over-blog.com Publié dans #Réflexions

Cette question philosophique, posée par Ponce Pilate à Jésus lors de son procès, nous renvoie nous, croyants au Dieu unique et sauveur du mal, à la question de Jésus à ses disciples : « Qui dit-on que je suis ? »

Même si la réponse de Pierre : « Tu es l’Oint, le fils du Dieu vivant » et la réplique de Jésus ont été largement récupérées par l’Église chrétienne après son accession au pouvoir politique et sa chute subséquente sous l’emprise de Satan, conformément a ce qu’avait annoncé Daniel dans son livre —, la question de l’identité fonctionnelle de ce Dieu sauveur demeure. La question de l’identité, dans l’esprit sémitique, est en effet celle de la fonction : quelles fonctions ce Dieu forcément unique occupe-t-il pour nous et dans notre esprit et quelles fonctions il nous a confiées pendant ce temps de mise à l’épreuve que constitue notre vie de mortels ?

Voilà de graves questions, impliquées dans la recherche du sens, recherche qui motive tout être humain, qu’il se déclare croyant ou non. Il importe plus que tout, dans notre vie, de savoir ce que nous pouvons connaître comme vrai à ce sujet et ce que nous pouvons clairement identifier comme faux. Car la vérité, au sens restreint ou nous l’employons ici, n’est pas un problème philosophique, ni une discussion sur les termes : c’est une question existentielle, vitale, qui détermine notre passage dans la vie future.

Même si nous ne pouvons prétendre répondre à toutes ces questions dans l’espace restreint de cet article, même si nous ne pouvons prétendre apporter autre chose que des réponses à ces questions, et non toutes les réponses, il nous a paru utile de présenter ici une réflexion d’ordre général sur la question de la vérité, toujours comprise au sens particulier de vérité appréhendable sur Dieu et sur les relations fonctionnelles qui nous unissent à lui.

Nous disons bien fonctionnelles et non pas essentielles, ce serait bien trop imprudent. Car déjà notre propre nature nous est en partie inconnaissable (notamment l’inconscient, déjà repéré par les prophètes hébreux), à plus forte raison la nature de Dieu ou de son «fils» ou «oint» (sens latin du mot hébreu mashiah). Nous mettons ici les mots fils et oint entre guillemets pour rappeler que les termes employés par la Bible pour parler de Dieu et de ses révélations sont seulement des images, des analogies, destinées à susciter notre adhésion et à ouvrir notre esprit borné aux réalités célestes. Ce ne sont pas des concepts philosophiques ou des définitions précises telles celles que notre esprit occidental dissociatif recherche instinctivement, par peur de l’inconnu… ou par orgueil.

D’autre part les fonctionnaires de Dieu sont déjà trop nombreux pour qu’ils puissent nous occuper tous et généralement trop menteurs pour nous apporter des réponses honnêtes, non manipulatrices. C’est donc d’abord dans le secret de notre chambre, dans l’étude et la prière, puis dans l’écoute des autres, toujours en restant à l’écoute de l’Esprit divin (qui est Dieu lui-même et non une énergie), qu’il nous faut humblement et patiemment chercher nos propres réponses. Or il doit être clair dans notre esprit que la recherche de la vérité est bien une recherche de sens et de salut et non de nos orgueilleuses et ridicules prétentions doctrinales (1 Timothée 1.6-7) qui ne sont que la recherche d’un pouvoir pour combler nos frustrations personnelles et non de la « bonne doctrine », c’est-à-dire des « paroles de la foi », c’est-à-dire des paroles digne de foi, véridiques, au sujet du messie Jésus, dont Paul s’entretenait avec Timothée (1 Timothée 4.6). Pas des « contes de vieilles femmes » ou des « doctrines de démons » (1 Timothée 4.1, 7), ni « la maladie des discussions et des disputes de mots » (1 Timothée 6.4). Mais « la doctrine conforme à la piété » (1 Timothée 6.3 et parallèles).

Les réponses les plus claires à notre recherche de sens jailliront presque toujours de la pratique, qui doit néanmoins toujours être précédée de la réflexion. Cette pratique qui fait jaillir du sens est la pratique des commandements divins. D’où l’intérêt de la Parole écrite qui nous enseigne ces commandements. Ces commandements se résument tous à la soumission admirative envers le Créateur et à l’amour désintéressé de l’autre (Deutéronome 6.5), comme Jésus, digne représentant de la Torah, est venu l’enseigner en paroles (Matthieu 22.37 ; Luc 10.27) et en actes. C’est ainsi que lui, et seulement lui, peut prétendre être le chemin, la vérité et la vie, c’est-à-dire le Créateur lui-même. Tout a été créé par lui et pour lui, notre grand Dieu et Sauveur (Tite 2.13). Sur ce dernier verset et la traduction tendancieuse qu’en donnent les Témoins de Jéhovah, les lecteurs exigeants trouveront de quoi se mettre sous la dent sur le site veritebiblique.net. Lire aussi le remarquable article intitulé Fils Éternel Ou Fils Engendré ? sur le même site, dont nous ne partageons pourtant pas forcément tous les points de vue.

 

Mais il est temps à présent de donner la parole à notre invité du jour, qui n’est autre que le pasteur adventiste Ellet Waggoner (1855-1916), rédacteur de Signs of the Times de 1883 à 1891. Intervenant mémorable à la Conférence générale de Minneapolis, en 1888, il fut alors chaudement approuvé par Ellen White, ainsi que son collègue, Alonzo Jones. Ellen White l’avait pourtant dissuadé de publier un livre présentant son point de vue, nouveau, sur la loi dans l’épître aux Galates avant que la Conférence générale se réunisse. Un débat s’était en effet déjà engagé, par revues interposées, entre lui et George I. Butler, alors président de la Conférence générale. Cependant, suite à l’opposition manifestée par le président et l’appel lancé par ce dernier aux responsables pour qu’ils s’en tiennent au point de vue traditionnel («old landmarks»), Ellen White adressa au président de vigoureux reproches. Comme quoi l’Esprit souffle où il veut.

Il s’agissait pour Waggoner d’éviter de tomber dans le piège d’utiliser les nouvelles lumières, bien réelles, qu’il avait décelées dans son étude de la Bible pour en faire un instrument de pouvoir et de controverse dans l’Église adventiste. Mais il s’agissait, ensuite, pour les membres de la Conférence générale de Minneapolis, d’éviter de tomber dans le piège de résister à une compréhension nouvelle du rapport entre la loi et la foi, idée qui les contrariait et leur semblait peu orthodoxe, alors qu’elle était inspirée par Dieu. On trouvera, au bas de cet article, des liens (la plupart en anglais, désolé) qui permettront au chercheur débutant d’approfondir cette question passionnante, et pourquoi pas, en lisant les écrits de Jones et de Waggoner de faire une expérience spirituelle remarquable, semblable à cette de Waggoner lors du camp-meeting de Healdsburg (Californie, 1882) : une vision nouvelle du Sauveur crucifié. (source des informations : http://en.wikipedia.org)

 

Mais écoutons à présent le pasteur Waggoner :

Il n'y a qu'un seul évangile pour tous les hommes. Et il n'est pas magique. Car il n'existe rien dans ce monde qui puisse accorder la grâce ou conférer la justice aux hommes, et il n'y a rien dans ce monde qu'un homme puisse faire pour apporter le salut. L'évangile est la puissance de Dieu pour le salut, et non le pouvoir de l'homme.

Tout enseignement qui conduit les êtres humains à faire confiance à un objet quelconque, que ce soit une image, une statue, ou autre chose, ou bien à se fier dans une de leurs œuvres ou un de leurs efforts quelconques pour obtenir le salut est une perversion de la vérité de l'évangile, même si cet effort est dirigé vers l'objectif le plus louable. C'est un faux évangile.

L'Église n'a pas de sacrement qui par quelque action magique confère une grâce spéciale à celui qui le reçoit. Mais celui qui croit au Seigneur Jésus-Christ et qui est ainsi justifié et sauvé, a la possibilité d'accomplir des actes qui expriment et manifestent sa foi. «C'est par la grâce en effet que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, nous avons été créés en Jésus-Christ pour des œuvres bonnes que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions.» Éphésiens 2.8 à 10. Voilà la vérité de l'Évangile pour tous les temps.

 

Aucun être humain ni aucune organisation terrestre n'a le monopole de la vérité ou n'en est le dépositaire particulier, de sorte que ceux qui désirent [connaître] la vérité devraient venir à lui ou à elle. La vérité est indépendante des hommes. La vérité vient de Dieu. Quiconque cherche la vérité doit la recevoir de Dieu et non d'un être humain, tout comme Paul a reçu l'Évangile. Dieu peut employer des êtres humains comme instruments, ou comme canaux, mais c'est Lui le seul Donateur.

Ni les titres, ni le nombre de personnes, ne jouent un rôle quelconque dans la détermination de la vérité. La vérité n'a pas plus de poids, ni ne doit être acceptée plus facilement quand elle est présentée par dix mille princes que lorsqu'elle est soutenue par un seul humble ouvrier. Et il n'y a pas davantage d'indices ou de preuves pour que dix mille hommes soient dans la vérité plutôt qu'un seul. Chaque être humain sur la terre possède exactement la quantité de vérité qu'il veut bien utiliser, et pas plus.

Celui qui, agissant comme le pape, croit détenir le monopole de la vérité, oblige les gens à passer par lui pour l'obtenir, la donnant à certains et la retenant pour d'autres, perd toute la vérité qu'il pouvait posséder (si toutefois il en possédait vraiment une partie auparavant). La vérité et le papisme ne peuvent pas coexister. Aucun pape, ni aucun être humain ayant des tendances papistes n'a la vérité. Dès qu'un être humain reçoit la vérité, il cesse d'être un pape. Si le pape de Rome se convertissait et devenait disciple du Christ, il quitterait le siège papal à l'heure même.

De même qu'il n'existe pas d'être humain qui possède le monopole de la vérité, il n'existe pas non plus d'endroit où l'on doive nécessairement se rendre pour la trouver. Le fait que la vérité ait d'abord été proclamée à un certain endroit ne prouve pas que l'on puisse la trouver seulement à cet endroit, ni que l'on puisse l'y trouver tout court. En effet, les derniers endroits au monde où aller pour trouver la vérité sont les villes, comme Jérusalem, où l'évangile a été annoncé pendant les premiers siècles après Jésus-Christ.

Jésus est né à Bethlehem, une localité qui était «petite parmi les milliers de Juda», Michée 5.2. Il a passé presque toute sa vie dans une petite ville de si mauvaise réputation qu'un homme en qui il n'y avait pas de fraude a dit : «Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ?» Le plus petit village ou la cabane la plus solitaire ne sont pas plus éloignés du ciel que les plus grandes villes ou les palais épiscopaux. Le Très Haut dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint habite avec l'opprimé et celui qui est humble dans son esprit. Ésaïe 57.15.

 

Dieu considère la personne et ce qu'elle est, et non sa réputation ou son renom. Ce qu'elle est montre quelle mesure de puissance et de sagesse divine agit en elle*.

Dieu ne fait aucun cas de la position officielle. Ce n'est pas la position qui donne de l'autorité, mais c'est l'autorité qui donne une position réelle. Plus d'un homme humble et pauvre, sans titre officiel devant son nom, a réellement occupé une position plus haute et eu une autorité plus grande que celles de tous les rois de la terre. L'autorité est la présence non contrecarrée de Dieu dans la personne.

Les chrétiens de Jérusalem ont montré qu'ils étaient en relation avec Dieu : ils ont reconnu la grâce qui avait été accordée à Paul. Galates 2.9. Ceux qui sont mus et émus par l'Esprit de Dieu seront toujours prompts à percevoir les agissements et les travaux de l'Esprit dans les autres personnes. La meilleure preuve que quelqu'un n'a aucune connaissance personnelle de l'Esprit, c'est qu'il n'est pas capable de reconnaître son action.

Ellet J. Waggoner, Glad Tidings, 1900, p. 34-36 (commentaire sur Galates 2.6-7), traduit dans Notre Bonne Nouvelle quotidienne, 55-56 (voir lien ci-dessous).

 

* Original : se trouve en elle, peut-être signe annonciateur du début d’une dérive panthéiste.

 

Liens utiles :

http://en.wikipedia.org/

http://www.1888mpm.org

http://www.message1888.org/ (en français)

http://www.sdanet.org/atissue/books/webster/index.htm (pour une étude critique de la christologie adventiste).

Commenter cet article

Daniel à Babylone 03/02/2012 13:42

La vérité, au sens particulier où nous l'entendons ici, n'est pas un concept mystique ni une abstraction philosophique. Il s'agit seulement d'un ensemble d'informations, informations vitales et
transmises oralement depuis les origines de l'humanité (comme en témoignent avec force l'existence même de la Torah et son contenu).
Ce sont des informations sur Jésus (le "Fils" de Dieu, dont le statut particulier au sein de l'univers posait déjà problème à Lucifer, l'ex-chef des anges, avant même que l'humain n'existât), des
informations sur le caractère et les desseins du Dieu unique et créateur, sur les anges et leurs intercations avec notre monde, sur l'origine du mal dans l'univers et sur notre planète et sur la
façon dont YAHVEH et son gouvernement céleste entendent résoudre le problème, définitivement et justement.
Ces informations, dont beaucoup prennent un caractère prophétique d'urgence aujourd'hui, donnent un sens à ce que nous vivons aujourd'hui et dessinent ce que nous vivrons demain. Libre à nous
cependant de refuser d'accorder du crédit à ces informations, pourtant millénaires et restées fondamentalement inchangées. Bien sincèrement.

(Clovis Simard,phD) 20/01/2012 13:39

Mon Blog(fermaton.over-blog.com),No-11, THÉOREME DE PILATE. - LA VÉRITÉ C'EST QUOI ???