Daniel : une lumière à Babylone

Mes amis élus, au secours !

4 Octobre 2013 , Rédigé par Daniel à Babylone Publié dans #Actualité

Lettre ouverte à François Hollande, Président de la République française au sujet de l’imposition impérialiste du repos dominical et la séquestration des jours fériés du calendrier républicain par une partie du clergé de l’Église catholique romaine et papale.

 

Monsieur le Président,

 

C’est avec beaucoup d’émotion et d’espoir qu’en tant que modeste et anonyme représentant de la chrétienté je m’adresse à vous aujourd’hui pour vous demander de nous aider. De nous aider, nous les adventistes du septième jour et toutes les personnes, croyantes ou non, soucieuses de défendre la liberté, civile et religieuse, face à la puissance impérialiste romaine dont l’autoritarisme et l’arrogance se font sentir chaque jour davantage dans l’actualité et dans la presse.

 

Alors que même des journaux gratuits comme Direct Matin ne cessent publiquement d’encenser la papauté, la pression des lobbys catholiques a réussi à corrompre la justice, entravant la liberté d’ouverture dominicale des magasins de bricolage, une décision fondamentalement impérialiste et religieuse.

 

Contrairement à ce que l’on peut comprendre en lisant la presse grand public (voir exemple ici), la dénaturation de l’antique jour du soleil en prétendu jour du Seigneur, le dimanche, n’est pas à l’origine le fait des premiers chrétiens et n’est même pas le fait des chrétiens tout court. L’imposition du dimanche comme jour de repos hebdomadaire est le fait de l’Empereur Constantin Ier au IVe siècle de notre ère seulement. La majorité des Églises chrétiennes de cette époque a choisi lâchement de se soumettre à l’Empereur et d’abandonner le véritable jour de repos hebdomadaire institué par le Dieu de la religion judéo-chrétienne, à savoir le repos du shabbat. Ce repos sabbatique ne peut en aucun cas être imposé ou obligatoire, sous peine d’être invalide aux yeux de Dieu. Par la suite, l’évêque de Rome toujours plus au service de son propre pouvoir plutôt que des populations, en opposition avec le fondateur du christianisme, s’est réapproprié le repos dominical pour en faire la marque de sa prétendue autorité sur les fidèles.

 

En effet, au Ve siècle, profitant de la chute de l’Empire romain d’Occident, l’évêque de Rome a continué d’étendre sa domination totalitaire et abusive sur les autres évêchés devenant petit à petit le pape, le prétendu et blasphématoire représentant de Dieu sur la Terre, reprenant ainsi à son compte le prestige et l’autorité des empereurs romains et imposant son emprise intolérante et persécutrice sur la chrétienté. Aujourd’hui, 1500 ans après, ses intentions demeurent fondamentalement inchangées, faites-y attention.

 

Monsieur le Président, le choix d’un jour de repos hebdomadaire est un acte par nature religieux, qui relève de la liberté de conscience individuelle. Aucune religion ne devrait être favorisée aux dépends des autres dans une démocratie telle que la nôtre.

 

Certes, la coutume dominante en France est celle du « repos » dominical, c’est-à-dire que ce jour est souvent chômé (ce qui ne recouvre pas pourtant le repos religieux, dont le sens resterait à préciser ici). Il est donc juste que toute personne qui souhaite ne pas exercer une activité professionnelle le dimanche puisse le faire sans être inquiétée. Cependant toute personne, morale ou physique, qui souhaite exercer une activité ce jour-là ne devrait pas non plus rencontrer d’obstacle ou d’opposition, surtout de nature religieuse. Le rôle d’un État de droit, théoriquement séparé du clergé, est d’assurer la liberté des citoyens et non de les contraindre à observer des ordonnances religieuses. Aucun État n’a le droit d’imposer un jour de repos hebdomadaire. Aucune religion n’a le droit d’imposer son calendrier à un État. Si un État va dans ce sens, il prépare sa ruine, morale, économique, politique et sociale. L’État du Vatican, qui a bien des raisons d’avoir du ressentiment contre la République française, ne pourra que secrètement s’en réjouir, malgré une bienveillance feinte.

 

Souvenez-vous, Monsieur le Président, comment, encore au XIXe siècle, la France a dû lutter contre l’impérialisme indirect du Vatican, au gré des changements de régime. Souvenez-vous comment la France a prospéré dès lors qu’elle a repoussé le formatage des populations par l’éducation jésuite, qui avait cours sous Charles X par exemple. Souvenez-vous comment la France s’est redressée dès lors qu’elle a veillé à la laïcité de la nation tout en protégeant la liberté religieuse légitime, à l’époque de Jules Ferry par exemple. N’oublions pas non plus le remarquable travail en faveur de l’école primaire publique accompli par le député et ministre François Guizot, un huguenot, sous Louis-Philippe Ier.

 

Si l’on avait écouté le clergé catholique, aucun huguenot n’aurait survécu aux terribles persécutions du XVIIe et XVIIIe. La France, déjà exsangue suite à l’exode des Huguenots en Suisse et en Hollande, serait tombée plus bas encore. François Guizot et tant d’autres acteurs politiques français n’auraient jamais existé. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, objectivement inspirée des dix commandements de Moïse et rédigée en partie par des descendants directs des pasteurs du Désert, n’aurait peut-être jamais vu le jour.

 

Monsieur le Président, la France a besoin de ces valeurs humanistes de liberté individuelle qui ont aidé à forger la République française, valeurs qui nous viennent aussi de la Bible, relayée par le protestantisme, et pas des Lumières seulement. Aujourd’hui si vous cédez aux pressions des lobbys catholiques, si vous cédez à la séduction papale et jésuite, c’en sera bientôt fait de votre autorité et de votre gouvernement. Je prie Dieu qu’il en soit autrement et qu’il vous inspire de justes et courageuses décisions, afin de préserver à la fois la liberté et la paix sociale entre les communautés religieuses.

 

Car la paix sociale est mise en péril par le vaticanisme rampant. Après les protestations exagérées et les manigances perverses du collectif Famille et Mariage, s’attaquant directement à la laïcité du mariage, voici maintenant les invectives hargneuses du maoïste catholique Daniel Hamiche et son « Observatoire de la christianophobie » agitant hypocritement le spectre de la persécution pour tenter d’empêcher votre gouvernement de faire évoluer les jours fériés et l’accuser injustement de persécution. A croire qu’il cherche avec perversité à plonger la France dans un bain de sang religieux. Rappelons ici que le vrai christianisme, tout entier au service de l’autre, répugnera toujours à faire appel à la contrainte ou à la force des armes, contrairement au maoïsme.

 

Il est juste que les juifs et les musulmans soient aussi représentés dans le calendrier, eu égard au rôle qu’ils ont joué et jouent encore dans la société civile. Un gouvernement juste et laïc se devait de faire cette proposition depuis longtemps. Cette proposition aurait dû venir des chrétiens eux-mêmes, s’ils étaient fidèles à l’Esprit de leur Maître. Il est intolérable qu’une même religion dicte toujours et intégralement son calendrier des jours fériés ou chômés à la République.

 

Permettez-moi encore, Monsieur le Président, d’ajouter quelques mots. Ce qui arrive aujourd’hui, nous, adventistes du septième jour, l’avons prédit et nous le répétons (avec plus ou moins de conviction) depuis 150 ans déjà, comme vous pouvez le vérifier dans nos écrits produits durant toute cette période. Instruits par les prophètes hébraïques, cela fait 150 ans que nous savons ou pouvons savoir qu’un pouvoir politico-religieux totalitaire et intolérant cherchera à s’imposer au niveau mondial à l’époque que Daniel, prince hébreu déporté à Babylone au Vie siècle avant Jésus-Christ, appelle « les temps de la fin », c’est-à-dire notre époque contemporaine, depuis la fin du XVIIIe siècle selon les meilleurs calculs prophétiques.

 

Par les prophéties hébraïques, nous savons depuis 150 ans que ce pouvoir totalitaire cherchera à imposer son calendrier religieux et ses jours fériés, comme le dit très clairement le texte original hébreu de Daniel 7.25. Par l’Apocalypse de Jean, plus récente que le livre de Daniel, nous savons que ce même pouvoir fera que personne ne puisse acheter ni vendre sans se soumettre à son autorité (Apocalypse 13.16). Cette dernière prophétie vient de connaître une première réalisation dans la décision de justice récente sur l’interdiction de l’ouverture dominicale pour certains magasins. Déjà en 1888, le Congrès des États-Unis a été près de faire passer une loi, celle du sénateur Blair, pour restreindre la liberté de travailler le dimanche sur tout le territoire, afin de plaire au clergé de l’époque. C’est l’intervention de deux adventistes du septième jour, les pasteurs Alonzo Jones et Ellet Waggoner, qui a permis d’éviter cette funeste résolution.

 

Le repos dominical est bel et bien la marque de l’autorité papale et vaticane. Aucun digne héritier des Lumières ni aucun vrai protestant ne peut accepter de se soumettre à cette autorité-là, dont l’arrogance et la perversité soulève l’indignation jusque dans les rangs du gouvernement céleste.

 

Monsieur le Président de la République française, l’heure est décisive. Soyez spirituellement intelligent. Que le Créateur, qui viendra bientôt demander des comptes aux dirigeants de cette planète, vous garde et vous inspire. A votre niveau de responsabilité, vous ne pouvez traiter ces choses à la légère ni faire preuve de servilité envers une institution constamment criminelle sur plus de quinze siècles d’existence. Pour le Ciel, ce serait une faute impardonnable.

 

Nous comptons donc sur votre courage.

 

Recevez, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments déférents.

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