Daniel : une lumière à Babylone

Les emprunts littéraires d’Ellen White et l’accusation de plagiat

6 Septembre 2012 , Rédigé par Daniel à Babylone Publié dans #Ellen White

Suite aux attaques récurrentes de chrétiens ignorants et mal inspirés contre la valeur et la crédibilité des écrits d’Ellen White, notamment sur Internet, nous reproduisons et traduisons en français ci-dessous trois exemples d’emprunts littéraires, extraits de l’article «Literary Borrowing» publié dans The Ellen G. White Encyclopedia. Cet article, rédigé par Denis Fortin et Jerry Moon, est paru en 2010 dans la Review and Herald. Le texte de cet article (en anglais), auquel nous empruntons plusieurs éléments de réflexion, peut être consulté à l’adresse suivante :

http://www.andrews.edu/~fortind/EGWPlagiarism-Encyclopedia.htm

A noter que deux de ces trois exemples sont cités par les détracteurs d’Ellen White comme des exemples flagrants de plagiat. Derrière ces accusations se cachent souvent de fausses conceptions de l’inspiration divine, en particulier de l’inspiration extrabiblique, non canonique, attendue davantage comme un phénomène spirite que spirituel, plus comme une «dictée» que comme une libre collaboration entre l’esprit humain et l’Esprit divin. Objectivement analysés cependant, ces trois exemples d’emprunts littéraires font ressortir l’indépendance d’esprit et l’honnêteté intellectuelle de l’auteur plutôt que sa volonté de recopier pour tromper son lecteur sur ses facultés réelles. Son souci pastoral et spirituel pour ses lecteurs et pour son Église reste d’ailleurs toujours présent.

 

Le premier exemple est extrait d’un livre à caractère historique sur la vie de l’apôtre Paul (Sketches from the Life of Paul), qui sera plus tard intégré dans l’ouvrage Acts of the Apostles (Conquérants pacifiques). Comme tout bon auteur prudent et non-prétentieux, Ellen White a puisé du matériau littéraire dans un ouvrage de référence (The Life and Epistles of St. Paul, publié vers 1855). La quantité de matériau emprunté peut être estimée ici à 12 % (sur la totalité de l’ouvrage) et est presque entièrement limitée à des informations historiques et contextuelles. Ces informations ne sont pas simplement recopiées, cependant, mais souvent réarrangées par Ellen White de façon à s’intégrer harmonieusement dans son propos, à la fois dans la trame du chapitre et dans celle de sa pensée et de sa vision inspirée.

 

Note : les chiffres entre parenthèses indiquent la densité de l’emprunt sur le plan littéraire, par ordre croissant de 0 à 7. Notre traduction française, intercalée entre les paragraphes, s’efforce de souligner les éléments littéraires communs, en bleu, comme dans l’original. D’où une traduction plutôt mot-à-mot, manquant de fluidité et riche en voix passives et en anglicismes…

 

Conybeare and Howson, The Life and Epistles of St. Paul (ca.1855)

Ellen White, Sketches from the Life of Paul (1883)

Eustathius says that the mysterious symbols called ‘Ephesian Letters’ were engraved on the crown, the girdle, and the feet of the goddess.... When pronounced they were regarded as a charm, and were directed to be used especially by those who were in the power of evil spirits. When written they were carried about as amulets.... The study of these symbols was an elaborate science, and books, both numerous and costly, were compiled by its professors. (p. 392)

Upon it [the statue of the goddess] were inscribed mystic characters and symbols, which were believed to possess great power. (1) When pronounced, they were said to accomplish wonders. (4) When written, they were treasured as a potent charm to guard their possessor from robbers, from disease, and even from death. (3) Numerous and costly books were written by the Ephesians to explain the meaning and use of these symbols. (3) (p. 134-135)

Eustathius rapporte que ces mystérieux symboles appelés «caractères éphésiens» étaient gravés sur la couronne, la ceinture et les pieds de la déesse. […] Quand ils étaient prononcés, ils étaient considérés comme un charme magique, et étaient destinés à être utilisés surtout par ceux qui étaient sous l’influence de mauvais esprits. Quand ils étaient écrits, ils étaient portés comme des amulettes. […] L’étude de ces symboles constituait une discipline élaborée, et des livres, à la fois nombreux et coûteux, étaient rédigés par ses enseignants.

Sur elle [la statue de la déesse] étaient inscrits des caractères ésotériques et des symboles, auxquels on attribuait de grands pouvoirs. Quand ils étaient prononcés, ils étaient dits accomplir des prodiges. Quand ils étaient écrits, ils étaient gardés précieusement en tant que charme puissant pouvant garder leur possesseur des voleurs, des maladies et même de la mort. De nombreux et coûteux livres étaient écrits par les Éphésiens afin d’expliquer la signification et l’usage de ces symboles.

This statement throws some light on the peculiar character of the miracles wrought by Paul at Ephesus. We are not to suppose that the apostles were always able to work miracles at will. An influx of supernatural power was given to them at the time and according to the circumstances that required it. And the character of the miracles was not always the same. They were accommodated to the peculiar forms of sin, superstition, and ignorance they were required to oppose. Here, at Ephesus, Paul was in the face of magicians, like Moses and Aaron before Pharaoh; and it is distinctly said that his miracles were ‘not ordinary wonders,’ from which we may infer that they were different from those which he usually performed. . . . A miracle which has a closer reference to our present subject is that in which the hem of Christ’s garment was made effectual to the healing of a poor sufferer and the conviction of the bystanders. So on this occasion garments were made the means of communicating a healing power to those who were at a distance, whether they were possessed with evil spirits or afflicted with ordinary diseases. Yet was this no encouragement to blind superstition. When the suffering woman was healed by touching the hem of the garment, the Saviour turned round and said, ‘Virtue is gone out of me [italics theirs].’ And here at Ephesus we are reminded that it was God who ‘wrought miracles by the hands of Paul’ (v.11), and that ‘the name,’ not of Paul, but ‘of the Lord Jesus, was magnified’ (v.17) (393).

As Paul was brought in direct contact with the idolatrous inhabitants of Ephesus, the power of God was strikingly displayed through him. (0) The apostles were not always able to work miracles at will. (6) The Lord granted his servants this special power as the progress of his cause or the honor of his name required. (1) Like Moses and Aaron at the court of Pharaoh, the apostle had now to maintain the truth against the lying wonders of the magicians; hence the miracles he wrought were of a different character from those which he had heretofore performed. (4) As the hem of Christ's garment had communicated healing power to her who sought relief by the touch of faith, so on this occasion, garments were made the means of cure to all that believed; "diseases departed from them, and evil spirits went out of them." (4) Yet these miracles gave no encouragement to blind superstition. (5) When Jesus felt the touch of the suffering woman, he exclaimed, “Virtue is gone out of me [italics hers].” (5) So the scripture declares that the Lord wrought miracles by the hand of Paul, and that the name of the Lord Jesus was magnified, and not the name of Paul (5) (p. 135).

Ce compte rendu jette quelque lumière sur le caractère particulier des miracles opérés par Paul à Ephèse. Nous ne devons pas penser que les apôtres étaient constamment capables d’opérer des miracles au gré de leur volonté. Un flux de puissance surnaturelle leur était donné au moment voulu et en fonction des circonstances qui le demandaient. De plus les miracles n’avaient pas toujours le même caractère. Ils étaient adaptés aux formes particulières de péché, de superstition et d’ignorance auxquelles ils devaient s’opposer. Ici, à Ephèse, Paul faisait face à des magiciens, comme Moïse et Aaron devant Pharaon. Or il est dit clairement que ses miracles n’étaient «pas des miracles ordinaires» ; nous pouvons en déduire qu’ils étaient différents de ceux qu’il accomplissait habituellement. […] Un miracle plus étroitement lié à notre présent sujet est celui dans lequel la bordure du vêtement du Christ s’est avérée efficace pour guérir une pauvre victime et pour convaincre les spectateurs. Ainsi, à cette occasion, des vêtements sont devenus le moyen de communiquer une puissance curative à ceux qui se trouvaient à l’écart, soit qu’ils étaient possédés par de mauvais esprits soit qu’ils étaient affectés de maladies ordinaires. Néanmoins cela ne constituait en rien un encouragement à la superstition aveugle. Quand la femme souffrante fut guérie en touchant la bordure du vêtement, le Sauveur se retourna et dit : «une puissance est sortie de moi» [soulignement ajouté par les auteurs]. De plus ici, à Ephèse, on nous rappelle que c’était Dieu qui «opérait des miracles par les mains de Paul» (v. 11) et que «le nom», pas celui de Paul, mais celui «du Seigneur Jésus était glorifié» (v.17).

Tandis que Paul entrait en contact direct avec les habitants idolâtres d’Ephèse, la puissance de Dieu se déployait de manière frappante par son intermédiaire. Les apôtres n’étaient pas constamment capables d’opérer des miracles au gré de leur volonté. Le Seigneur accordait à ses serviteurs cette puissance particulière lorsque le progrès de sa cause ou l’honneur de son nom le demandait. Comme Moïse et Aaron à la cour de Pharaon, l’apôtre devait alors défendre la vérité en face des prodiges mensongers des magiciens ; par conséquent les miracles qu’il a opérés étaient d’un caractère différent de ceux qu’il avait accomplis jusqu’ici. Comme la bordure du vêtement du Christ avait communiqué une puissance curative à celle qui cherchait un soulagement par la foi au contact physique, ainsi, à cette occasion, des vêtements sont devenus le moyen de guérir tous ceux qui croyaient ; «les maladies les quittaient et les mauvais esprits sortaient d’eux». Néanmoins, ces miracles ne donnaient en rien un encouragement à la superstition aveugle. Quand Jésus sentit le contact de la femme souffrante, il s’exclama : «une puissance est sortie de moi» [soulignement ajouté par l’auteur]. Aussi l’Ecriture déclare que le Seigneur opérait des miracles par les mains de Paul et que le nom du Seigneur Jésus était glorifié, et pas celui de Paul.

 

Le lecteur attentif pourra l’observer : tandis que les auteurs Conybear et Howson restent plutôt descriptifs, Ellen White souligne les applications spirituelles des événements du ministère de Paul. Dans ces applications, Ellen White n’emprunte que peu aux auteurs précédents et elle le fera encore moins dans la version finale de Acts of the Apostles où elle utilisera plus encore ses propres commentaires pratiques et théologiques. La prudence et la justesse dont la messagère inspirée faire preuve dans le choix, méticuleux, des termes relatifs aux phénomènes surnaturels est également remarquable. A cet égard, la production littéraire de Conybear et Howson apparaît plus « brute » et moins scrupuleuse. Par ailleurs, nombre de phrases pourtant chargée de signification de Conybear et Howson n’ont pas été retenues pas Ellen White et ont été remplacées par des affirmations présentant le sujet sous un tout autre angle. Par exemple, au début du deuxième paragraphe de l’extrait, Conybear et Howson justifient la présence de différentes sortes de miracles par rapport aux différents types de «péché» et de «superstition» auxquels ces miracles doivent «s’opposer». Ellen White, de son côté, laissant cet aspect, préfère relier la manifestation de la puissance de Dieu «au progrès de sa cause» et à la défense «de l’honneur de son nom», un concept indiscutablement biblique et d’actualité puisque lié au but final de la médiation du Christ dans le temple céleste.

 

 

Le deuxième exemple touche au sujet crucial de l’inspiration. Le manuscrit en question d’Ellen White a souvent servi de référence aux adventistes pour savoir comment elle concevait sa propre inspiration. Ici le parallélisme entre ce manuscrit et un ouvrage de référence a conduit les critiques à affirmer qu’Ellen White ne prenait pas seulement le langage et les informations des autres auteurs mais aussi leurs idées. Pourtant, ici, la comparaison attentive entre les deux textes fait bien ressortir une divergence de point de vue entre les deux auteurs. Clairement, ici, Ellen White se révèle capable non seulement d’utiliser les mêmes mots que d’autres auteurs, si cela est pertinent, mais aussi à l’occasion d’éviter leurs expressions si celles-ci risquent de l’entraîner vers une conception de l’inspiration différente de la sienne. Pour réussir cela, se positionner en simple plagiaire aurait été insuffisant.

 

Calvin E. Stowe, Origins and History of the Books of the Bible, Both the Canonical and the Apocryphal, Designed to Show What the Bible Is Not, What It Is, and How to Use It, Hartford Publishers, 1867.

Ellen G. White, Manuscript 24, 1886

It is not the words of the Bible that were inspired, it is not the thoughts of the Bible that were inspired; it is the men who wrote the Bible that were inspired. Inspiration acts not on the man’s words, not on the man’s thoughts, but on the man himself; so that he, by his own spontaneity, under the impulse of the Holy Ghost, conceives certain thoughts and give utterance to them in certain words, both the words and the thoughts receiving the peculiar impress of the mind which conceived and uttered them, and being in fact just as really his own, as they could have been if there had been no inspiration at all in the case. . . . Inspiration generally is a purifying and an elevation, and an intensification of the human intellect subjectively, rather than an objective suggestion and communication; though suggestion and communication are not excluded. The Divine mind is, as it were, so diffused through the human, and the human mind is so interpenetrated with the Divine, that for the time being the utterances of the man are the word of God. (19-20)

 

 

It is not the words of the Bible that are inspired, but the men that were inspired. (5) Inspiration acts not on the man's words or his expressions but on the man himself, who, under the influence of the Holy Ghost, is imbued with thoughts. (4) But the words receive the impress of the individual mind. (5) The divine mind is diffused. (6) The divine mind and will is combined with the human mind and will; thus the utterances of the man are the word of God. (4) (published in 1SM 21)

Ce ne sont pas les mots de la Bible qui sont inspirés, ce ne sont pas les pensées de la Bible qui ont été inspirées ; ce sont les hommes qui ont écrit la Bible qui ont été inspirés. L’inspiration n’agit pas sur les mots de l’homme, ni sur les pensées de l’homme, mais sur l’homme lui-même ; de sorte que, spontanément, sous l’impulsion du Souffle Saint, il conçoit certaines pensées et il les formule avec certains mots, les mots comme les pensées recevant l’empreinte propre à l’esprit qui les a conçus et formulés et devenant de fait aussi réellement les siens qu’ils auraient pu l’être s’il n’y avait pas eu du tout d’inspiration […]. L’inspiration en général est purifiante et exaltante : elle intensifie l’intellect humain subjectivement plutôt que de suggérer et communiquer objectivement, bien que suggestion et communication ne soient pas exclues. La pensée divine est, en l’occurence, tant diffusée au travers de l’humain, et les esprits humain et divin s’interpénètrent tant que, pendant le temps concerné, les déclarations de l’homme deviennent la parole de Dieu.

 

 

Ce ne sont pas les mots de la Bible qui sont inspirés, mais les hommes qui ont été inspirés. L’inspiration n’agit pas sur les mots de l’homme ni sur ses tournures mais sur l’homme lui-même, qui, sous l’influence du Souffle Saint, est imprégné de pensées. Mais les mots reçoivent l’empreinte de la l’esprit de l’individu. La pensée divine se diffuse. La pensée et la volonté divine s’associent avec la pensée et la volonté de l’homme ; de cette façon, les déclarations de l’homme deviennent la parole de Dieu. (publié dans Selected Messages, vol. 1, p. 21)

 

La différence entre les deux pensées est évidente : d’un côté, pour Ellen White, l’être humain collabore librement et de façon claire avec l’Esprit de Dieu, de l’autre, pour Calvin Stowe, l’être humain s’approprie la pensée et les mots de Dieu dans une relation fusionnelle qui flirte avec le panthéisme et selon des modalités peu claires quant au rôle et l’indépendance de chacune des deux parties. Notez comment, par exemple, Ellen White évite soigneusement le «spontanément» de Stowe dans le deuxième paragraphe. La concision et la clarté de l’écrit d’Ellen White, par rapport à celui de Calvin Stowe, est remarquable. La supériorité de l’écrit inspiré par rapport au produit d’une simple réflexion humaine est ici éclatante, dans l’original comme dans la traduction française. Nous avons là un témoignage frappant de la présence d’un authentique esprit de prophétie, capable de laisser de côté mots, expressions et idées qui l’entraîneraient dans une autre direction théologique. Tout sauf un travail de plagiaire.

 

 

Le troisième exemple traite du sujet ô combien délicat de la nature humaine du Christ. Pendant son exil en Australie, deux ans à peine après la conférence de Minneapolis, Ellen White était la proie d’angoisses, conséquentes à la situation spirituelle de la direction de l’Eglise adventiste d’alors, comme on peut le lire dans son journal intime et le discerner à la lecture de Testimonies to Ministers. Pour lutter contre ces angoisses persistantes, Ellen White écrivit alors longuement sur la vie du Christ. Cela lui permit ensuite de publier plusieurs ouvrages devenus des best-sellers incontournables parmi lesquels Thoughts from the Mount of Blessing (1896), The Desire of Ages (1898), et Christ’s Object Lessons (1900). Contrairement à l’exemple précédent, ici, Ellen White emprunte à un auteur dont elle partage le point de vue. Elle emploie tantôt la paraphrase, tantôt le remaniement de la source en fonction de son propre projet d’écriture.

 

Octavius Winslow, The Glory of the Redeemer (1855)

Ellen White, Manuscript 57, 1890

Our Lord’s exposure to temptation, and his consequent capability of yielding to its solicitations, has its foundations in his perfect humanity. It surely requires not an argument to show that, as God, he could not be tempted, but that, as man, he could. His inferior nature was finite and created; it was not angelic, it was human. It was perfectly identical with our own,– its entire exemption from all taint of sin, only excepted. A human body and a human mind were his, with all their essential and peculiar properties. He was “bone of our bone, and flesh of our flesh:” he travelled up through the stages of infancy, boyhood, and manhood; he was encompassed with all the weaknesses, surrounded, that belong to our nature. He breathed our air, trod our earth, ate our food. The higher attributes of our being were his also. Reason, conscience, memory, will, affections, were essential appendages of that human soul which the Son of God took into union with his Divine. As such, then, our Lord was tempted. As such, too, he was capable of yielding. His finite nature, though pure and sinless, was yet necessarily limited in its resources, and weak in its own powers. Touching his inferior nature, he was but man. The Godhead, as I have before remarked, was not humanized,– nor was the humanity deified, by the blending together of the two natures. Each retained its essential character, properties, and attributes, distinct, unchanged, and unchangeable (132-133).

Christ’s perfect humanity is the same that man may have through connection with Christ. (0) As God, Christ could not be tempted any more than He was not tempted from His allegiance in heaven. (1) But as Christ humbled Himself to the nature of man, He could be tempted. (1) He had not taken on Him even the nature of the angels, but humanity, perfectly identical with our own nature, except without the taint of sin. (1) A human body, a human mind, with all the peculiar properties, He was bone, brain, and muscle. (4) A man of our flesh, He was compassed with the weakness of humanity. (3) The circumstances of His life were of that character that He was exposed to all the inconveniences that belong to men, not in wealth, not in ease, but in poverty and want and humiliation. (0) He breathed the very air man must breathe. (1) He trod our earth as man. (1) He had reason, conscience, memory, will, and affections of the human soul which was united with His divine nature. (4) Our Lord was tempted as man is tempted. (3) He was capable of yielding to temptations, as are human beings. (3) His finite nature was pure and spotless, but the divine nature that led Him to say to Philip, “He that hath seen Me hath seen the Father” also, was not humanized; neither was humanity deified by the blending or union of the two natures; each retained its essential character and properties. (5) (published in 16MR 181-182)

L’exposition de notre Seigneur à la tentation, et son aptitude conséquente à céder à ses sollicitations, a ses fondements dans son humanité parfaite. Il ne fait pas l’ombre d’un doute que, en tant que Dieu, il ne pouvait pas être tenté, mais que, en tant qu’homme, il le pouvait. Sa nature inférieure était finie et créée ; elle n’était pas angélique, elle était humaine. Elle était parfaitement identique à la nôtre — sa complète exemption de toute souillure de péché exceptée cependant. Un corps humain et un esprit humain étaient siens, avec toutes leurs propriétés essentielles et particulières. Il était «os de nos os et chair de notre chair» : il a traversé les stades de la petite enfance, de la jeunesse et de l’adulte ; il s’est trouvé inclus dans toutes les faiblesses propres à notre nature, cerné [par elles]. Il a respiré notre air, foulé notre sol, consommé notre nourriture. Les plus hautes facultés de notre être étaient siennes également. La raison, la conscience, la mémoire, la volonté, les affects, constituaient les fonctions essentielles de cette âme humaine que le Fils de Dieu a réunie à son [être] divin. Comme tel, alors, notre Seigneur a été tenté. Comme tel, aussi, il était apte à céder. Sa nature finie, bien que pure et sans péché, était pourtant nécessairement limité en ressources et faible en ses propres capacités. En ce qui regarde sa nature inférieure, il était bien un homme. La divinité, comme je l’ai mentionné plus haut, n’a pas été humanisée, pas plus que l’humanité n’a été déifiée par l’alliage entre les deux natures. Chacune a gardé ses caractéristiques essentielles, ses propriétés, ses attributs distincts et inamovibles.

L’humanité parfaite du Messie est la même que celle que l’homme peut obtenir en lien avec le Messie. En tant que Dieu, le Messie ne pouvait pas être tenté, pas plus qu’il n’était tenté par son allégeance, dans le Ciel. Mais, alors que le Messie s’est abaissé jusqu’à la nature de l’homme, il pouvait être tenté. Il n’avait pas pris sur lui la nature des anges, mais l’humanité, parfaitement identique à la nôtre à l’exception de toute souillure de péché. Corps humain, esprit humain avec toutes ses propriétés particulières, il était os, cerveau et muscle. Homme de notre chair, il s’est trouvé inclus dans les faiblesses de l’humanité. Les circonstances de sa vie ont été telle qu’il a été exposé à toutes les désavantages propres aux humains, ni dans la richesse ni dans l’aisance, mais dans la pauvreté, le besoin et l’humiliation. Il a respiré le même air que celui que l’homme a besoin de respirer. Il a foulé notre sol en tant qu’homme. Il possédait la raison, la conscience, la mémoire, la volonté et les affects de l’âme humaine qui fut unie à sa nature divine. Notre Seigneur a été tenté comme l’homme est tenté. Il était apte à céder aux tentations, comme le sont les êtres humains. Sa nature finie était pure et sans tache, mais la nature divine qui l’a poussé à dire à Philippe : «Celui qui m’a vu a vu le Père», quant à elle, n’a pas été humanisée ; l’humanité n’a pas non plus été déifiée par l’alliage ou l’union entre les deux natures ; chacune a gardé ses caractéristiques et ses propriétés essentielles.

 

Dès la première phrase de ces deux extraits, l’inspiration divine se distingue, et avec quelle force ! Tandis que Winslow en reste à un raisonnement, qui tente d’appréhender l’«humanité parfaite » du Christ, Ellen White, de façon très hébraïque, pose d’entrée la conclusion et le point essentiel : «L’humanité parfaite du Messie est la même que celle que l’homme peut obtenir en lien avec le Messie.» Voilà, il faut commencer et finir par là, c’est bien là l’enjeu et le sens de notre existence ! Un prophète biblique aurait débuté également le passage de la sorte. Tout est dit d’abord, ensuite viennent les explications, à l’inverse de ce que nous rencontrons dans notre littérature occidentale, sauf dans le langage journalistique, en partie.

Ici, peut-être plus qu’ailleurs dans sa production littéraire, Ellen White exprime la tension qui nous apparaît entre les deux pôles de l’humanité du Messie. Comme l’auteur de l’épitre aux Hébreux, elle insiste sur sa pleine identification avec l’humanité tout en maintenant le caractère unique de sa nature humaine. Ainsi les deux natures, humaines et divines, se mêlent en une seule personne. Seul le Créateur pouvait incarner un tel prodige, prodige annoncé et figuré par l’échelle que Jacob a vu en songe. Dans cette description, raisonnée et prudente, de notre Pontife, Ellen White utilise clairement des éléments de pensée et de langage de Winslow.

 

Pour ces deux derniers textes, sur l’inspiration et sur la nature du Christ, il s’agit de manuscrits, publiés après la mort d’Ellen White. Il s’agit probablement de notes prises après la lecture de Stowe et de Winslow, afin de ne pas perdre des idées essentielles que ces lectures avaient suscitées. On ne peut donc parler de plagiat, puisqu’on ne sait pas à quelles autres fins Ellen White comptait utiliser ces notes. On ne peut qu’être admiratif envers le Dieu qui l’a inspirée pour choisir les bons mots et les bonnes idées, même dans ses notes de lectures personnelles !

N’oublions pas aussi que nous n’avons pas, dans la plupart des cas, accès à l’intégralité du manuscrit. En fait, dans la réalité, comme le rapport Willy C. White, Ellen White, dans ses manuscrits note souvent les références des livres qu’elle a utilisés, un peu comme le ferait, de façon plus rigoureuse certes, un chercheur d’aujourd’hui ! Cela n’apparaît pas dans les compilations, ni dans les publications, parcellaires, de ses manuscrits actuels. Un grand travail reste à faire dans ce domaine, contre les rigidités institutionnelles, si elles existent, et contre les résistances individuelles de personnes défendant leur petit pouvoir de magistère sur les écrits inspirés. Il est temps de rétablir toute la vérité sur qui était vraiment Ellen White et ce qu’ont été ses écrits, intégralement, chronologiquement et historiquement. Cela les compilations sans fin ne pourront jamais le faire, fussent-elles les très autorisées compilations du tout puissant White Estate.

Il est temps de rendre les écrits inspirés au peuple, comme des réformateurs courageux ont rendu autrefois les écrits inspirés canoniques au peuple, contre papes, ecclésiastiques et autres fourbes et criminels jésuites.

Que les adventistes du septième jour cessent, enfin, d’avoir peur de l’inspiration et publient la version intégrale, non sectionnée mais commentée et située, des écrits prophétiques d'Ellen White. C’est la seule façon de faire cesser le mauvais usage qui est fait des écrits inspirés. Comme la publication intégrale de la Bible a dissipé les ténèbres qui étouffaient le monde occidental à la fin du Moyen-âge, la publication intégrale et chronologique de TOUS les écrits d’Ellen White dissipera les ténèbres du fondamentalisme, qu’il soit adventiste, fervent défenseur de la lettre, ou évangélique, enragé adversaire de l’inspiration prophétique d’Ellen White. Cette lumière nouvelle sur l’histoire et la teneur du mouvement interconfessionnel adventiste suscitera également de nouvelles vocations spirituelles et donnera, enfin, au mouvement la force qui lui manque, celle du repentir, de la teshouva.

 

Pour aller plus loin :

Le texte original de l’article «Literary Borrowing» publié dans The Ellen G. White Encyclopedia, qui a servi de base à cet article :

http://www.andrews.edu/~fortind/EGWPlagiarism-Encyclopedia.htm

 

http://amazingdiscoveries.org/AD-magazine-archive-fall-2011-Ellen-White

Une revue du meilleur livre jamais écrit sur l’analyse des critiques d’Ellen White, un must (en anglais !)

 

http://ellenwhiteanswers.org/answers/plagarism

Un site de référence pour répondre aux critiques d’Ellen White.

 

Bonne lecture !

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