Daniel : une lumière à Babylone

Le vrai Prophète (Jean 6 et 13)

23 Août 2010 , Rédigé par daniel-lumiere-a-babylone.over-blog.com Publié dans #Textes commentés

En refusant de monter sur le trône d'Israël, après avoir nourri plus de 5000 personnes, ou en lavant les pieds de ses disciples, Jésus révèle des traits trop méconnus du caractère de Dieu, à découvrir d’urgence. Tout prétendu prophète ou apôtre devrait refléter ces mêmes étranges qualités divines. Sinon on est en droit de se poser des questions.

 

1 Après cela, Jésus passa sur l’autre rive de la mer de Galilée, dite encore de Tibériade. 2 Une grande foule le suivait parce que les gens avaient vu les signes qu’il opérait sur les malades. 3 C’est pourquoi Jésus gravit la montagne et s’y assit avec ses disciples. 4 C’était peu avant la Pâque qui est la fête des juifs.

Sur la mention des « juifs » dans l’évangile de Jean, voir notre réflexion.

5 Or, ayant levé les yeux, Jésus vit une grande foule qui venait à lui. Il dit à Philippe : « Où achèterons-nous des pains pour qu’ils aient de quoi manger ? » 6 En parlant ainsi il le mettait à l’épreuve ; il savait, quant à lui, ce qu’il allait faire. 7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffiraient pas pour que chacun reçoive un petit morceau. » 8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : 9 « Il y a là un garçon qui possède cinq pains d’orge et deux petits poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de gens ? » 10 Jésus dit : « Faites-les asseoir. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc ; ils étaient environ cinq mille hommes. 11 Alors Jésus prit les pains, il rendit grâce et les distribua aux convives. Il fit de même avec les poissons ; il leur en donna autant qu’ils en désiraient. 12 Lorsqu’ils furent rassasiés, Jésus dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux qui restent, de sorte que rien ne soit perdu. » 13 Ils les rassemblèrent et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge qui étaient restés à ceux qui avaient mangé. 14 A la vue du signe qu’il venait d’opérer, les gens dirent : « Celui-ci est vraiment le Prophète, celui qui doit venir dans le monde. » 15 Mais Jésus, sachant qu’on allait venir l’enlever pour le faire roi, se retira à nouveau, seul, dans la montagne.

En multipliant les pains, Jésus manifeste ici, une fois de plus, le pouvoir du Créateur, l’Esprit du Tout-puissant. Mais, plus important encore, il manifeste aussi ici, d’une façon inattendue, le caractère du Très-miséricordieux. Ce passage contient en effet un témoignage des plus remarquables sur le caractère divin de Jésus : Jésus fuit la royauté, le pouvoir, la gloire, alors qu’il a tout pour plaire. Il se retire seul, pour prier, afin de conserver l’esprit de sa mission : donner sa vie au monde. Voilà l’Esprit de Dieu : rester soucieux de nous. Or donner sa vie au monde ce n’est pas seulement expier le mal par le divin sacrifice. C’est offrir à chaque être humain la possibilité d’être restauré à sa beauté « divine » originelle (voir Jean 10.35), à cette lumière qui l’enveloppait avant sa rupture d’avec Dieu, la perte de cette lumière ayant rendu la nudité honteuse (lire Genèse 2.25 à 3.15). Plus encore — et indispensable avant cette restauration physique — Jésus offre à chaque être humain, dès maintenant, la restauration psychique, mentale, spirituelle, morale, afin que chaque être humain qui croit en lui soit élevé progressivement à la hauteur morale de Dieu, à celle de l’altruisme bienfaisant.

Dieu ne cherche pas son intérêt, mais celui des autres : voilà le vrai caractère de Dieu. Voilà donc le caractère du vrai prophète qui devait venir dans le monde. Il manifeste la bonté de Dieu, en toute circonstance, quitte à fuir les honneurs si nécessaire. Le vrai prophète n’est pas un conquérant militaire qui cherche à soumettre le monde entier. Ce «prophète»-là a dû nous être envoyé par un autre dieu…

Aujourd’hui le caractère toujours altruiste de Dieu reste profondément ignoré. En réalité, nous redoutons même inconsciemment de le découvrir parce qu’il condamne le mal, l’égocentrisme, qui nous habite. Voilà en particulier le vrai motif du rejet du Messie Jésus par une partie des juifs de l’époque : sa bonté envers tous faisait ressortir comme jamais leur manque profond de la bonté de Dieu. Pourtant c’est précisément cette générosité divine, cette miséricorde, qui nous sauve, qui nous rend comme Lui. Alors arrêtons de courir nous aussi loin de Dieu ! Dieu, lui, ne court pas après ses ambitions personnelles. Il ne s’élève pas en marchant sur les autres. Il fuit même l’élévation quand celle-ci est contraire aux intérêts des autres. Si Jésus est ainsi, alors il peut venir de Dieu.

 

Un autre exemple de ce trait de caractère divin, qui déroute notre logique humaine, logique de survie, centrée sur nous-mêmes, se trouve plus loin dans l’évangile de Jean, au chapitre 13. Jésus est arrivé au terme de sa mission, il fête sa dernière pâque avec ses disciples. Il sait que, dans quelques heures, il va affronter la plus grande angoisse qu’un être humain ait jamais connu, celle causée par le sentiment de la séparation totale d’avec Dieu causée par le mal. Il est bien décidé à aller jusqu’au bout, pour nous les humains. Il se réjouit d’avance de cette victoire et se fortifie à la pensée de tout le bien que son sacrifice va entraîner pour nous. Cependant rien n’est joué et le souci de ses disciples, dont la foi est encore si approximative, pèse lourdement sur son âme, sans parler de la haine de ses ennemis et du poids de la nature humaine qu’il a revêtue, affaiblie par des milliers d’années d’hérédité et de transmission inconsciente. Car il n’y a pas que des enfants de chœur dans la lignée de David dont Jésus descend. Mais voilà, le moment est arrivé et il lui faut malgré tout donner maintenant à ses disciples un ultime témoignage du caractère divin afin que leur foi survive à la grande épreuve qui les attend, toute proche.

« 2 Pendant le dîner, alors que le diable a déjà mis au cœur de Judas, fils de Simon Iscariote, de le livrer, 3 Jésus, qui sait que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va à Dieu, 4 se lève de table, se défait de ses vêtements et prend un linge qu’il attache comme un tablier. 5 Puis il verse de l’eau dans une cuvette et se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qui lui servait de tablier.

Voilà peut-être le fait le plus étonnant de la vie de Jésus, après la résurrection de Lazare. La résurrection de Lazare était un fait public. Elle coûtera la vie à Jésus. Le lavement des pieds est une scène privée, dont seules douze personnes auront été témoin. Mais quelle scène ! Jésus est à la fin de sa mission. Il a pleinement conscience de ses origines célestes. Le Père lui a témoigné son affection de multiples manières. Jésus sait qu’il vient de Dieu, ce n’est plus une simple revendication comme lorsqu’il avait douze ans et qu’il tente de justifier son absence auprès de ses parents. Ce n’est plus une simple prémonition qui lui vient des sacrifices offert quotidiennement au temple de Jérusalem. « Moi et le Père nous sommes uns » a-t-il affirmé peu de temps avant, et ce n’est que par miracle qu’il a échappé alors à la lapidation. Il le sait, il vient de Dieu. Ses disciples aussi doivent savoir, voir et sentir, et non supposer seulement, qu’il est le représentant visible autorisé du NOM. Comment leur montrer avec le plus de force qu’il est le Fils de Dieu et non le Fils de l’homme seulement ? Par une démonstration surnaturelle éclatante, par un puissant tremblement de terre, par un feu dévorant ? Il le pourrait. Mais non, il y a encore plus fort et surtout mieux : un murmure doux et léger, celui à l’ouïe duquel le prophète Élie, le plus grand prophète après Moïse, se voile la face. Alors Jésus, pleinement rempli de l’Esprit du Père, lave donc les pieds de ses disciples. Voilà le caractère de Dieu. Voilà quels sentiments Dieu éprouve à l’égard des humains. Voilà à quoi, au fond, Dieu utilise sa toute-puissance : à notre service et pour notre bien. La seule chose qui limite vraiment son action, c’est notre libre-arbitre.

12 Après leur avoir lavé les pieds et avoir repris ses vêtements, il se remit à table et leur dit : Savez-vous ce que j'ai fait pour vous ? 13 Vous, vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison, car je le suis. 14 Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ; 15 car je vous ai donné l'exemple, afin que, vous aussi, vous fassiez comme moi j'ai fait pour vous. 16 Amen, amen, je vous le dis, l'esclave n'est pas plus grand que son maître, ni l'apôtre plus grand que celui qui l'a envoyé. 17 Si vous savez cela, heureux êtes-vous, pourvu que vous le fassiez !

L’apôtre n’est pas plus grand que celui qui l’a envoyé : vous avez bien lu !! Et ce n’est pas un texte apocryphe. Examinez donc la vie de Jésus, et vous comprendrez que tous les prélats, les saints pères, les ecclésiastiques rutilants d’or et les papes investis des plus hauts pouvoirs sont donc forcément des IMPOSTEURS. Par conséquent la prétendue « succession apostolique », catholique et romaine, la soi-disant succession de saint Pierre, est une imposture, d’ailleurs fondée sur de nombreux faux documents historiquement parlant. Mais qu’importe l’histoire, du point de vue du gouvernement céleste, c’est un imposture et c’est cela qui va compter aujourd’hui alors que le Ciel s’apprête à reprendre ses droits sur notre planète. Ne comptez donc que sur Jésus. Tout le reste…

La religion chrétienne devait continuer de révéler le salut de Dieu au monde, comme devait le faire d’abord l’olivier hébraïque sur lequel elle avait été greffée. Or elle a fait l’inverse : au lieu de montrer Dieu elle s’est montrée elle-même, avec toute sa pompe, son autorité abusive et blasphématoire, son intolérance et sa cruauté, ses superstitions, son mépris de la Torah, son ignorance des prophéties. « Sachant qu’on allait venir l’enlever pour la faire reine » (parodie de Jean 6.15), l’Église s’est jetée voracement sur cette opportunité historique. En conséquence les juifs, terrorisés, ont fui loin du Christ, leur messie pourtant ! En conséquence, ensuite, le « prophète » Mahomet a cherché une nouvelle façon, rigoureuse et simpliste, de présenter Dieu au monde, mais manifestement sans connaître suffisamment la Torah et les prophètes. En conséquence, enfin, les hommes qui réfléchissent ont fui loin de Dieu, de tout dieu. Le christianisme a enfanté l’athéisme. Mais ne faisons pas porter au « christianisme » tout le poids des maux de l’histoire car, en fuyant loin de Dieu, les humains n’ont fait au fond que suivre la tendance naturelle. En effet notre tendance à fuir Dieu est inscrite au cœur de notre inconscient collectif depuis qu’Adam et Ève, les deux premiers humains, ont, pour la première fois, eu peur de la voix de Yahveh dans le jardin d’Éden…

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