Daniel : une lumière à Babylone

Le Serviteur de YAHVEH (9) : Le rocher frappé mais triomphant

26 Février 2012 , Rédigé par Daniel à Babylone Publié dans #Le Messie

Le rocher d’Horeb, d’où jaillit l’eau miraculeuse, non seulement désaltère la multitude des Hébreux assoiffés et râleurs, mais nous enseigne au passage quelques unes des plus belles façons dont Dieu entend communiquer avec les humains et leur faire du bien. Tout au long de la Bible, le rocher restera associé au Dieu-Messie, Sauveur et Défenseur des croyants, le Dieu de la Parole.

1. Toute la communauté des fils d’Israël partit du désert de Sîn, poursuivant ses étapes sur ordre du SEIGNEUR. Ils campèrent à Refidim mais il n’y avait pas d’eau à boire pour le peuple.

2. Le peuple querella Moïse : « Donnez–nous de l’eau à boire », dirent–ils. Moïse leur dit : « Pourquoi me querellez–vous ? Pourquoi mettez–vous le SEIGNEUR à l’épreuve ? »

3. Là–bas, le peuple eut soif ; le peuple murmura contre Moïse : « Pourquoi donc, dit–il, nous as–tu fait monter d’Egypte ? Pour me laisser mourir de soif, moi, mes fils et mes troupeaux ? »

4. Moïse cria au SEIGNEUR : « Que dois–je faire pour ce peuple ? Encore un peu, ils vont me lapider. »

5. Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Passe devant le peuple, prends avec toi quelques anciens d’Israël ; le bâton dont tu as frappé le Fleuve*, prends-le en main et va.

6. Je vais me tenir devant toi, là, sur le rocher–en Horeb. Tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau, et le peuple boira. » Moïse fit ainsi, aux yeux des anciens d’Israël.

7. Il appela ce lieu du nom de Massa et Mériba — Épreuve et Querelle — à cause de la querelle des fils d’Israël et parce qu’ils mirent le SEIGNEUR à l’épreuve en disant : « Le SEIGNEUR est–il au milieu de nous, oui ou non ? » Exode 17.1-7

* En hébreu ye‘or, terme d’origine égyptienne, qui désigne un bras d’eau, un canal, une tranchée : il s’agit du bras d’eau associé à la sortie de l’Égypte, donc celui qui dessine naturellement la frontière de l’Egypte, soit le bras occidental de la Mer Rouge.

 

Et voilà, dès qu’une difficulté survient, il faut toujours trouver un coupable ! En l’occurrence ici, le coupable serait Dieu, puisque c’est lui qui a pris la responsabilité de faire sortir les Hébreux d’Égypte, soi-disant pour les faire mourir de soif. Remarquez le pluriel utilisé par le peuple dès le verset 2 : le peuple cherche querelle à Moïse : singulier (à moins qu’Aaron soit inclus, Moïse ici désignerait alors la direction du peuple dans son ensemble). Pourtant le peuple semble se plaindre de plusieurs personnes : Donnez-nous de l’eau à boire. Et, dans la suite du verset, la réponse de Moïse semble vouloir expliciter ce qui est sous-entendu dans la plainte du peuple : Pourquoi me querellez-vous ? Pourquoi mettez-vous YAHVEH à l’épreuve ? Le peuple se plaint bien à la fois de Moïse et de son Dieu. Deux coupables valent mieux qu’un !

Ensuite (verset 3) le peuple franchit un pas de plus : il se querellait avec (hébreu im) Moïse, maintenant il murmure contre (hébreu al) Moïse. Il se place ainsi clairement du côté de l’ennemi de Dieu. De même, nous aussi, en nous plaignant sans cesse des difficultés de la vie actuelle, nous en rendons inconsciemment Dieu responsable et nous donnons ainsi raison à son adversaire, l’ange déchu. Quelle parole est la plus valable, la plus fiable : la nôtre ou celle de Dieu ? nos plaintes ou les promesses de YAHVEH ?

Puisque le peuple, rendu sourd par ses propres propos, n’est pas disposé à écouter la parole de YAHVEH, celui-ci va s’adresser à lui par un geste miraculeux : faire jaillir l’eau du rocher au coup de bâton de Moïse.

Remarquons que Moïse, lui, n’a pas besoin de ce subterfuge : il parle avec Dieu, c’est tellement plus simple ! Moïse est en difficulté : il crie au secours (verset 4). Que dois-je faire ? Et YAHVEH dit à Moïse : Passe devant le peuple, etc. YAHVEH répond. On lui parle, il parle à son tour. Nous avons été créés à l’image de Dieu : parlons-lui, c’est lui l’origine de la parole. Il prendra la parole à son tour, d’une façon ou d’une autre. Peut-être lui suffira-t-il, par son Esprit, de nous renvoyer à la parole écrite. Peut-être nous parlera-t-il par l’intermédiaire d’un prophète ou d’un tiers. En tous cas, il nous parlera, dès lors que nous sommes sincères et soumis à sa volonté.

 

Dans un épisode ultérieur assez semblable, relaté dans Nombres 20.1-13, Moïse devait cette fois parler au rocher au lieu de le frapper comme ici. Il fallait en effet montrer au peuple que Moïse n’avait aucun pouvoir magique, pas plus que son bâton, et que c’était bien lui, YAHVEH en personne — le Dieu créateur des origines, le Dieu de la parole — qui accompagnait le peuple et veillait sur ses besoins, et pas Moïse. Alors qu’ils allaient entrer en Canaan, il fallait tenter une dernière fois d’enseigner au Hébreux qu’ils pouvaient faire confiance à Dieu et donc lui DIRE, calmement et avec foi, leurs besoins et leur difficultés, comme Moïse le faisait couramment. Par contraste, les dieux de l’Egypte auxquels les Hébreux étaient habitués depuis 400 ans, se laissaient plus amadouer par des rituels, des sacrifices, des amulettes et autres objets magiques, que par la parole. Même la prière était réduite à une récitation stérile et mécanique, comme elle le sera parfois dans l’islam et dans la religion romaine, comme elle l’a toujours été dans les religions naturelles tout autour de la planète.

Dans ce deuxième épisode, cependant, l’occasion de parler au Dieu de la Parole sera manquée, car Moïse, agacé par le peuple après de long mois difficiles à sa tête, frappera le rocher au lieu de lui parler et cette magnifique leçon sera perdue à jamais. Cette faute coûtera à Moïse son entrée dans le pays promis et probablement son ascension directe au Ciel sans passer par la mort, comme Élie. Néanmoins, le pardon de Dieu lui sera accordé, puisqu’il reviendra à la vie, malgré les vaines revendications de Satan pour s’approprier sa dépouille (voir Jude 1.9). Bien des siècles plus tard, Moïse apparaît avec Élie , en chair et en os, au côté de Jésus lors de la transfiguration*. Satan est toujours prêt à contester le pardon de Dieu accordé à des êtres humains, en faisant valoir leurs fautes, comme on le voit aussi dans Zacharie 3.

* Cet épisode est si important qu’il est rapporté trois fois : par Matthieu, Marc et Luc. Moïse en effet représente les fidèles de YAHVEH qui ressusciteront lors de la seconde venue de Jésus tandis qu’Élie représente les derniers fidèles de Dieu présents sur la terre, qui seront transformés et enlevés au ciel sans avoir connu la mort, également lors de la seconde venue de Jésus, comme l’enseigne aussi Saint Paul dans 1 Thessaloniciens 4.16-17. Il est important que notre foi et notre espérance se nourrissent du souvenir de ce qui est arrivé à Moïse et à Elie.

 

Mais revenons-en à notre épisode d’Exode 17. Ici, nous sommes au début du voyage vers Canaan, mais le peuple, incrédule, se plaint déjà, craignant pour sa survie dans le désert. Et, c’est vrai, il n’y a pas d’eau à l’endroit où ils campent. Mais Dieu va faire jaillir le liquide vital d’un rocher. Par cet acte miraculeux, YAHVEH entend conforter Moïse dans son ministère prophétique. Cependant Moïse sait bien que son bâton n’est pas magique : Dieu lui assure qu’il se tiendra lui-même devant lui, sur le rocher, prêt à intervenir afin d’appuyer son serviteur aux yeux du peuple. Nous avons là un magnifique symbole messianique. Ce rocher, sur lequel YAHVEH se tient, symbolisait le Fils éternel de Dieu, l’origine de la parole, celui qui est la source de l’eau de la vie.

Cet événement a tellement marqué la mémoire collective des Hébreux, assoiffés dans le désert, que le rocher est devenu, sous la plume des auteurs inspirés, Moïse le premier, une image du Dieu qui protège comme une mère, qui sauve comme un héros, et qui défend en justice comme un avocat.

Ainsi  Moïse dans son cantique prophétique (Deutéronome 32) affirme que :

— Le SEIGNEUR est un solide rocher. Toutes ses actions sont parfaites, toutes ses décisions sont justes. (verset 4) : c’est l’avocat.

— Les vaches et les brebis leur donnent du lait, les agneaux, les gros béliers et les boucs leur fournissent de la viande. Ils mangent un blé excellent et ils boivent le vin de leurs vignes. Alors Israël grossit, mais il se révolte. Oui, Yechouroun devient gras, épais, rempli, et il abandonne Dieu, son créateur. Il méprise son solide rocher, son sauveur (verset 14-15) : c’est le héros.

— Ils offrent des sacrifices à des esprits qui ne sont même pas des dieux et qu’ils ne connaissent pas. Ce sont des êtres nouveaux, et même leurs ancêtres les ignoraient. « Oui, Israël, tu négliges ton protecteur [hébreu : ton rocher], celui qui t’a mis au monde, tu oublies le Dieu qui t’a donné la vie ! » (verset 18) : c’est la mère (pas Marie, mais YAHVEH).

On le constate ci-dessus, au verset 18, même les traducteurs de la version Parole de Vie, influencés par l’usage imagé du mot rocher dans la Bible (hébreu tsuwr), finissent par lui donner le sens de protecteur, sens qu’il ne possédait probablement pas au départ !

Quelques siècles plus tard, Anne, la mère du prophète Samuel, s’exclame : «Il n’y a pas de rocher comme notre Dieu !» (1 Samuel 2.2). Anne deviendra une référence culturelle et spirituelle pour Marie, la mère de Jésus, comme on peut le constater dans le Magnificat, qui présente de remarquable similitude avec le cantique d’Anne. Marie était une femme visiblement instruite dans les Écritures. Elle se gardait bien de l’idolâtrie, elle. Dans son cantique, spontanément, elle associe avec une intelligence spirituelle rare le Messie qui va naître d’elle au Dieu Sauveur (Luc 1.47) et protecteur (1.54) d’Israël, donc le rocher, même si elle n’utilise pas le terme. Marie mentionne de plus le Dieu miséricordieux qui s’était révélé à Abraham (1.55), c’est-à-dire celui qui nous défend en justice contre les accusations de Satan*.

* Ce Dieu est bien différent de celui qui promet le paradis à ceux qui auront tué au moins un infidèle au cours de leur vie, comme le fait le dieu fallacieux du Coran (9,111), en contradiction flagrante avec les dix commandements. Retrouvez des déclarations morbides et même lubriques du Coran ici. Cet ordre répété du Coran « tuez-les partout où vous les rencontrez » (2,191 ; 9,5) trouvera un écho remarquable dans les propos attribués à Arnaud Amaury, légat du pape en 1209, lors de la croisade contre les Cathares : «Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens !», propos qui reflètent bien l’état d’esprit des croisés «chrétiens». En fait le papisme romain et l’islam ont la même origine satanique et la même inspiration augustinienne. Pour plus de réflexions sur les liens conceptuels qui unissent la religion romaine et l’islam, lire notre article Papauté et prophète, même combat.

Déjà le roi David, ancêtre du Messie Jésus, associe lui aussi le rocher à la parole, rappelant ainsi indirectement la faute de Moïse, qui a entravé la puissance de la parole en frappant le rocher, lors du second épisode :

L’esprit du SEIGNEUR parle par moi, et sa parole est sur ma langue. Le Dieu d’Israël l’a dit, le Rocher d’Israël me l’a déclaré : Il gouverne les hommes selon la justice, celui qui gouverne dans la crainte de Dieu. 2 Samuel 23.3

La justice, la parole et le rocher sont une fois de plus étroitement associés ici. Notez que David prend soin de précéder ses propos prophétiques d’un avertissement : L’esprit du SEIGNEUR parle par moi. Attention ! dit-il, je sens que je vais être saisi par l’Esprit de Dieu, là je ne vais plus parler en tant que guerrier ou roi d’Israël, mais en tant qu’inspiré par Dieu. Nuance*. D’ailleurs, tout homme de sang qu’il est, David s’exclame, quelques versets plus haut : « Dieu, le rocher où je me réfugie, mon bouclier, l’arme de ma victoire, ma citadelle, mon asile, mon sauveur, tu me sauves des violents. » 2 Samuel 22.3 (cf. Psaume 18.2).

* David ne confond pas la fonction politique avec la fonction prophétique : il ne mélange pas les pouvoirs temporels et spirituels comme le fait la papauté et, sur ses traces, le «prophète» Mahomet. David est un roi, pas un prophète. Certes il a prophétisé, souvent. Mais, quand il massacre des centaines de philistins, par exemple, il agit en tant que guerrier ou que roi, pas en tant que prophète. Ne pas confondre. A l’inverse, quand le prophète Élie — après avoir montré de façon spectaculaire la supériorité de YAHVEH sur Baal — prend l’initiative d’égorger tous les prophètes de Baal, il agit en tant que justicier, que politique par défaut, qu’opposant de Jézabel, pas en tant que prophète ! D’ailleurs ce type d’intervention «militaire» reste exceptionnelle pour un prophète, dans la Bible. Ces faits sont rapportés pour la vérité historique, pas comme norme ni exemple à reproduire en d’autres circonstances ! N’utilisons donc pas les Écritures pour justifier nos propres envies meurtrières : ce serait proprement satanique.

C’est à Dieu de faire justice, pas à l’homme. Faire justice relève fondamentalement de l’autorité de Dieu, pas de celle des papes, ni même de celle des prophètes. Paraphrasant le cantique d’Anne (cité ci-dessus), David chantera, après avoir été délivré de tous ses ennemis : «Qui donc est dieu sinon le SEIGNEUR ? Qui donc est le Roc hormis notre Dieu ? » Psaume 18.31. Et, plus loin : « Vive le SEIGNEUR ! Béni soit mon Roc ! Qu’il triomphe, le Dieu de ma victoire ! » Psaumes 18.46. C’est Dieu qui triomphera, pas nous. Tout dirigeant religieux devrait connaître le Psaume 18 par cœur, sinon ce divin roc le brisera dans l’avenir, au lieu de le désaltérer aujourd’hui.

 

Voici encore quelques exemples de Dieu comparé à un rocher dans les saint Écrits :

«J’ai le corps usé, le cœur aussi ; mais le soutien [hébreu : le rocher] de mon cœur, mon patrimoine, c’est Dieu pour toujours.» Psaume 73.26 (Asaph)

Esaïe reprend le même thème, quand il reproche :

« Tu as oublié Dieu ton Sauveur, tu ne t’es pas souvenu du Rocher, ton refuge ». Esaïe 17.10.

Et enfin le prophète Habacuc rappelle que le Messie est aussi celui qui exerce la justice :

«N’est-ce pas toi qui, dès l’origine [allusion à la Parole], es le SEIGNEUR, mon Dieu, mon Saint ? Nous ne mourrons pas ! SEIGNEUR, tu l’as établi [le Messie] pour le jugement ; le Rocher, tu l’as affermi pour un rappel à l’ordre.» Habacuc 1.12.

Le Messie et YAHVEH sont ici étroitement associés, comme toujours dans les Saint Écrits. Jésus s’appropriera justement ces paroles en disant que Dieu, son Père, a remis tout jugement au Fils (Jean 5.22). C’est sur ce roc-là que Jésus fonde son Eglise : sur la foi en celui qui est à la fois fils de l’homme et Fils de Dieu. C’est sur la déclaration de Saint Pierre que Jésus fonde son Eglise et non sur Saint Pierre lui-même, quelle machiavélique et odieuse récupération !

Le Nouveau testament identifie clairement par ailleurs le rocher d’Israël (Dieu) avec le Messie, avec Jésus-Christ. Paul, par exemple écrit aux Corinthiens :

«Je ne veux pas vous le laisser ignorer, frères : nos pères étaient tous sous la nuée, tous ils passèrent à travers la mer [Rouge] et tous furent baptisés, unis à Moïse, dans la nuée et dans la mer. Tous mangèrent la même nourriture spirituelle, et tous burent le même breuvage spirituel ; car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait : ce rocher, c’était le Christ. » (1 Corinthiens 10.1-4)

Et ce n’est pas vraiment une interprétation nouvelle. Déjà, en effet, dans le Psaume 89 (d’Etan l’Ezrahite), Dieu se présentait comme le Père du Messie davidique, le Messie devenant celui qui sort du rocher divin, comme une eau vivifiante :

« J’ai trouvé David mon serviteur, je l’ai sacré avec mon huile sainte [il porte l’Esprit de Dieu]. Solide, ma main sera près de lui et mon bras le rendra fort. L’ennemi ne pourra le surprendre, le rebelle ne pourra l’humilier, car j’écraserai devant lui ses adversaires, je frapperai ceux qui le haïssent.

Ma loyauté et ma fidélité seront près de lui, et à mon nom, il redressera le front. Je mettrai la mer [les peuples] sous sa main, les fleuves [les peuples dans leur dimension politique] sous sa droite.

Lui m’appellera : « Mon père ! mon Dieu ! le rocher qui me sauve ! » Et moi, je ferai de lui l’aîné, le très–haut parmi les rois de la terre.

Pour toujours je lui garderai ma fidélité ; mon alliance lui sera assurée. J’établirai sa dynastie à jamais, et son trône pour la durée des cieux. » (versets 21-30)

Cette prophétie ne se réalisera complètement qu’après la fin du monde et le retour de Jésus. Toutefois, en venant sur terre, en portant la nature de l’homme déchu, tout en étant rempli de l’esprit saint, le Christ a été fort et l’ennemi n’a pu le surprendre. Lui aussi a été sauvé du diable et de ses redoutables assaut par le Rocher, par le Père. Ce faisant, le Christ a garanti la certitude de la réalisation finale de cette prophétie inouïe, qui s’accomplira pleinement après la fin des mille ans de désolation, quand les méchants ressusciteront pour le jugement et que la Nouvelle Jérusalem descendra du Ciel sur la terre. Alors la terre sera entièrement purifiée par le feu mais les justes seront en sécurité dans la sainte cité :

Dieu est au milieu de sa ville, elle n’est pas ébranlée. Des nations ont grondé contre elle, mais Dieu a donné de la voix et la terre a fondu. Comme la cire fond au feu, les méchants périssent devant Dieu ; mais les justes se réjouissent devant Lui. Psaume 46.5-7 ; 84.12 ; 68.3-4

Mais nous n’y sommes pas encore. Pour l’instant, le combat continue et notre Rocher est plus que jamais présent à nos côtés, si nous laissons son Esprit agir en nous. Nous pouvons nous appuyer sur Jésus et sur ses paroles. Les paroles de Jésus devraient sans cesse nous revenir en mémoire dans les moments difficiles, dans les tempêtes de la vie, afin que nous percevions sa sainte présence et que ses anges puissent intervenir pour nous secourir et nous protéger des coups tordus, voire des agressions, de Satan et de ses anges :

« Quiconque entend de moi ces paroles et les met en pratique, disait Jésus, sera comme un homme avisé qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents [= les esprits, en grec comme en hébreu] ont soufflé et se sont précipités sur cette maison : elle n’est pas tombée, car elle était fondée sur le roc. » Matthieu 7.24-25

Toute notre foi doit être fondée sur le Messie Jésus : ainsi nous résisterons à toute «tempête», qu’elle soit naturelle, surnaturelle ou simplement humaine, qu’elle soit fortuite ou manigancée.

 

Moïse lève son bâton pour frapper le rocher. La dernière fois que Moïse avait levé son fameux bâton, c’était pour appeler de terribles fléaux sur la malheureuse Égypte, dominée par un tyran obstiné. Mais ici Dieu ordonne à Moïse de lever son bâton, non pour maudire mais pour bénir. La simple parole de Dieu suffit à transformer ce même bâton en instrument de salut, à changer la malédiction en bénédiction !

Pour nous apporter l’eau salutaire, le rocher devra quand même être frappé. Le prophète Ésaïe l’avait compris quand il écrivait, sous l’inspiration divine :

Pourtant, en vérité, c’est de nos maladies qu’il s’est chargé, et ce sont nos souffrances qu’il a prises sur lui, alors que nous pensions que Dieu l’avait puni, frappé et humilié. Mais lui, il était déshonoré à cause de nos révoltes, broyé à cause de nos perversités : la sanction, gage de paix pour nous, était sur lui, et dans ses plaies se trouvait notre guérison. Ésaïe 53.4-5, Semeur et TOB

Dieu laisse son Fils être battu et même broyé (racine daka’, mode Pual) afin d’obtenir le droit d’abolir le mal, dans nos esprits et dans nos cœurs, devant tout l’univers ! La juste sentence que mérite notre rébellion contre le Créateur, le Messie la détourne sur lui-même, en s’associant étroitement à nous :

En se rattachant à nous, le Fils de Dieu nous a regroupés en lui : il a subi la Mort, nous aussi ; il est revenu à la Vie, nous aussi ! Comprenant cela, nous ne vivons plus pour nous, mais pour lui, car il est mort et ressuscité pour tous. Libre paraphrase de 2 Corinthiens 5.14 («L’amour de Christ nous presse»), d’après le sens des mots grecs originaux utilisés dans le cadre d’une pensée hébraïque, imagée*.

Ainsi, en Christ, l’humanité, globalement, collectivement, a expié sa faute et est née à une vie nouvelle. Seule la persistance dans la rébellion contre le Créateur peut à présent perdre les individus que nous sommes. Satan a perdu tous ses droits sur nous ! Difficile d’imaginer une meilleure nouvelle ! Mais qui en a vraiment conscience aujourd’hui ?

*Agapè, très improprement traduit par amour, n’a pas d’équivalent, les apôtres ayant utilisé ce mot peu employé dans un sens nouveau, inconnu du monde gréco-romain. Le verbe correspondant, agapao, signifiant accueillir, recevoir, être content de quelque chose, en avoir du plaisir, donc se contenter de quelque chose et s’y attacher. Sunekhô, improprement traduit par presser, le plus souvent, et mieux rendu par étreindre par la TOB et Darby, signifie proprement faire tenir ensemble, ou contenir ensemble, comprimer, presser de chaque côté : c’est bien une sorte d’accouchement qui est figuré ici et que l’agapè du Christ nous fait revivre ! Une traduction essayant de tenir compte de tout cela pourrait donc être : L’attachement que le Messie nous a témoigné nous a fait tenir ensemble pour nous faire renaître à la vie. Voici également les autres images évoquées par les dictionnaires de grec à propos de sunekhô : une cité assiégée, un détroit qui force un navire dans un canal étroit, un enclos à bétail où les bêtes sont tenues de tous côtés, les mettant dans une position où elles ne peuvent bouger, pour que le fermier puisse les soigner.

 

Après avoir été frappé, le rocher donne de l’eau. De même une nouvelle vie spirituelle jaillit dans les cœurs et les pensées de tout homme qui accepte de boire cette eau, qui se soumet à ce que Dieu A FAIT pour l’humanité, au lieu d’essayer d’instaurer son propre culte, son propre système religieux ou sa propre philosophie, sans prendre vraiment en compte l’action antérieure de Dieu.

La croix, symbole de malédiction, devient une bénédiction parce qu’elle représente la malédiction de la malédiction : un verrou a sauté, la condamnation à mort qui résulte du péché n’est plus un obstacle à la réception de la vie divine. Cette vie peut couler en nous, nous rafraîchir, nous apaiser, nous purifier et surtout nous rendre aptes à remplir notre mission de témoins de Dieu. Jésus promet :

Qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle. (Jean 4.14)

C’est là seulement une nouvelle façon de dire ce que Dieu promettait déjà à Abraham : Je te bénirai : tu deviendras [donc] à ton tour une source de bénédiction. (Genèse 12.2). Mais Jésus précise par quel moyen cette renaissance, cet accouchement évoqué très concrètement dans 2 Corinthiens 5.14 (L’amour du Christ nous étreint, voir ci-dessus), va s’opérer :

Celui qui croit en moi, comme l’a dit l’Écriture, «de son sein couleront des fleuves d’eau vive.» [Ésaïe 58.11]Il désignait ainsi l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui : en effet, il n’y avait pas encore d’Esprit parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. Jean 7.38-39

La mort du Messie sur la croix a libéré le passage pour le Saint Esprit vers les hommes, auparavant limité, dans sa puissance, à quelques rares phénomènes prophétiques. Quand des êtres humains écoutent les paroles du Messie Jésus et considèrent ses souffrances, et qu’ils s’identifient avec lui, reconnaissants pour l’action de Dieu en faveur de l’humanité et sincèrement contrits pour le mal que leurs fautes ont causé à Dieu et à l’harmonie de l’univers, alors leurs cœurs s’ouvrent à l’influence de l’Esprit divin. Ils passent du camp de Satan à celui du Christ. Alors leur vie peut commencer à vraiment se transformer.

Notons que, dans le passage ci-dessus, Jésus soumet la validation de son ministère prophétique aux Écritures, lui : Celui qui croit en moi, dit-il, comme l’a dit l’Ecriture, de son sein couleront des fleuves d’eau vive. Jésus ne prétend pas que les Écritures soient falsifiées afin de justifier la nouveauté apparente de son message et il n’essaye pas non plus de détourner le sens des Ecritures pour les harmoniser avec ses idées. Il est entièrement soumis aux Ecritures, comme tout prophète de Dieu. La réaction du peuple qui écoute ces paroles est réellement édifiante, pour une fois, en particulier par rapport à l’évocation que nous avons faite plus haut de l’islam :

«Parmi les gens de la foule qui avaient écouté ses paroles, les uns disaient : « Vraiment, voici le Prophète ! » Jean 7.40

 

Le rocher frappé et l’eau qui en jaillit annoncent que le Messie sera frappé d’une blessure mortelle. Mais, en conséquence de ce sacrifice, la vie divine peut vivifier nos esprits que le péché a tués, dégradés, paralysés, dévoyés, pervertis, pour les restaurer les sanctifier, les éclairer, les convaincre de la bonté et de la justice du Rocher.

Dieu nous a donné la vie avec lui pour toujours, et son Fils est la source de cette vie. Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils n’a pas la vie. Je vous ai écrit cette lettre pour vous faire savoir ceci : vous qui croyez au Fils de Dieu, vous avez la vie avec Dieu pour toujours. 1 Jean 5.11-13, Parole de Vie

Ayons entièrement confiance en cette parole. Elle est vraie.

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