Daniel : une lumière à Babylone

Le Serviteur de YAHVEH (6) : La prophétie de Jacob sur son fils Juda

11 Juin 2011 , Rédigé par daniel-lumiere-a-babylone.over-blog.com Publié dans #Le Messie

Avant de mourir, le patriarche Jacob prononce une bénédiction prophétique dévoilant un peu l’avenir de chacun de ses douze fils et de leurs descendances respectives. Curieusement, quand il en vient à son fils Juda, quatrième fils de Léa, venant juste après Lévi, la prophétie prend un tournure messianique.

 

« Juda, c’est toi que tes frères célébreront, commence Jacob. Ta main pèsera sur la nuque de tes ennemis, les fils de ton père se prosterneront devant toi. » (Genèse 49.8)

Cette prééminence de Juda est étonnante. Ici Jacob reconnaît que la préférence qu’il avait accordée à son fils Joseph, ou même la prééminence de Joseph sur ses frères annoncée par les rêves prémonitoires de Joseph, n’engendrera aucune prééminence particulière pour les descendants de Joseph. La suite de l’histoire d’Israël et notamment celle des tribus d’Ephraïm et de Manassé, fils de Joseph, confirmera la véracité de cette prophétie. Et, après un premier roi, Saül, issu de la tribu de Benjamin, frère de sang de Joseph, c’est bien de la tribu de Juda que sortira David, le roi selon le cœur de Dieu (1 Samuel 2.35 ; Actes 13.22).

David, fils d’Isaï de Bethléhem (1 Samuel 16.1), est en effet le premier d’une lignée de rois hébreux. Cependant, par Ruth la Moabite, David a également des origines non hébraïques (Ruth 4.17). Il est donc l’emblème d’un roi messianique futur dont l’autorité s’étendra aussi sur des croyants issus des nations (goyim), des croyants qui le choisiront librement et non par tradition — à l’instar de Ruth qui a choisi librement d’adhérer au peuple et au Dieu de sa belle-mère Naomi.

Conformément à plusieurs sources antiques fiables, ce « roi » messianique, est le Messie Jésus, descendant de David et de Ruth (Matthieu 1). Jésus est né à Bethléhem, ville d’origine de son « père » Joseph qui, s’il n’est pas son père génétique, est bien son père adoptif et à ce titre son ascendant dans la tribu de Juda. Quand à sa mère, Marie, femme remarquable, elle est apparentée à Elisabeth, la femme de Zacharie, un prêtre descendant d’Aaron. Le Messie Jésus est d’ailleurs aussi devenu prêtre, après sa résurrection, mais selon l’ordre de Melchisédek et non celui de Lévi (ce sujet sera traité ultérieurement dans cette rubrique). Ainsi le messie Jésus semble être l’homme au carrefour entre tous les peuples et entre deux fonctions messianiques clés : la royauté et la prêtrise.

 

Mais Jacob continue sa prophétie en s’exclamant : « Tu es un lionceau, ô Juda, ô mon fils, tu es revenu du carnage ! Il a fléchi le genou et s’est couché tel un lion et telle une lionne, qui le fera lever ? » (Genèse 49.9)

La prééminence de Juda ne se limite pas aux hauts faits militaires de David, aussi glorieux fut-il dans les « guerres de YAHVEH ». Homme de sang (lire 2 Samuel 16.5-12), David ne pourra prétendre à la direction des travaux de construction du temple (1 Chroniques 28.3), c’est son fils Salomon qui s’en chargera. David ne peut accéder à la prêtrise. La puissance militaire fait la gloire de l’homme mais précipite aussi sa décadence. YAHVEH lui-même avertit son peuple de ce revers quand il menace à son tour d’employer la force contre lui, en dernier recours contre l’infidélité : « Bien plus, moi je serai comme un lion pour Ephraïm et comme un jeune lion pour la maison de Juda. C’est moi, moi qui vais déchirer, puis je m’en irai avec ma proie, et personne ne me l’arrachera. » (Osée 5.14) Notons qu’Osée emploie ici deux termes hébreux différents pour parler du lion, termes tous deux distincts de celui employé par Jacob. Il y a lion et lion, mais, quoi qu’il en soit, la vraie force de la tribu de Juda ne vient pas de sa valeur politique mais de son rejeton messianique. Car ce rejeton sera capable de faire ce dont personne n’était capable : ouvrir le livre sanglant de l’histoire des hommes et lui donner un nouveau sens et un dénouement heureux. Jean, dans son Apocalypse s’entend dire en effet : « Ne pleure pas ! Voici, il a remporté la victoire, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David : il ouvrira le livre et ses sept sceaux. » Le Créateur lui-même se révèle dans cette œuvre messianique.

 

Enfin Jacob conclut sa prophétie étonnante sur la descendance de son fils Juda en annonçant clairement le Messie : « Le sceptre n'échappera point à Juda, ni l'autorité à sa descendance, jusqu'à l'avènement du Pacifique auquel obéiront les peuples. » (Genèse 49.10, rabbinat français ; nous délaissons pour ce verset la Traduction œcuménique de la Bible qui, singulièrement et inhabituellement, s’écarte ici beaucoup du texte hébreu)

Sceptre, autorité : pas de doute, le Messie est de descendance royale, mais pas seulement. Le Messie est aussi ici celui qui vient APRÈS la royauté, comme son aboutissement ou son dépassement. Le Messie donne un sens à l’histoire car il descend d’abord du Roi des univers et non des lignées davidiques seulement. David, un des premiers oints de YAHVEH, n’est d’ailleurs pas lui-même de descendance royale : il vient d’une famille de bergers. Le Messie n’est donc pas forcément issu directement et entièrement d’une famille royale, mais il est celui qui donne tout son sens à la royauté et tout son poids à l’autorité. Et il est aussi le « Pacifique », traduction du terme hébreu Shilo venant d’une racine qui signifie être tranquille, au repos. Le Messie-roi sera aussi l’homme tranquille. Mais parlons d’abord du sceptre et de l’autorité.

 

Le sceptre, ou bâton de commandement de Juda, indique que le Messie descendra des rois de Juda, donc de David. A l’époque de Jésus, soit 17 siècles environ après que Jacob ait ainsi prophétisé sur Juda, le Messie est toujours présent dans les esprits en tant que « fils de David ». Par exemple, quand Jésus fait résonner la prophétie messianique d’Ésaïe 42, relative au serviteur de YAHVEH, on le met à l’épreuve pour savoir si son pouvoir est à la hauteur de ses paroles : on lui amène un possédé aveugle et muet. Jésus le guérit, en un instant. Alors chacun se demande : « Celui-ci n'est-il pas le Fils de David ? » (Matthieu 12.23) Plus tard, devant le gouverneur romain Pilate, Jésus, prisonnier et humilié, affirmera sa royauté, même si son « royaume n’est pas de ce monde » (Jean 18.36).

Cette royauté du Messie, « auquel obéiront les peuples », témoigne de sa divinité : « Au Roi de tous les temps, impérissable, invisible, seul Dieu, honneur et gloire à tout jamais ! Amen ! » (1 Timothée 1.17 NBS) C’est bien grâce à son origine divine que le Messie descendant de Juda exercera l’autorité sur tous les êtres de parole. C’est Dieu lui-même, « le bienheureux et unique Souverain, le Roi des rois et Seigneur des seigneurs » qui « le fera paraître aux temps fixés » (1 Timothée 6.14-15, cf. Deutéronome 10.17). Il n’empêche, quand son Messie apparaîtra, pour la seconde fois, c’est en tant que « Roi des rois et Seigneur des seigneurs » que cet « agneau de Dieu » se présentera (Apocalypse 17.14, 19.16).

Selon la prophétie de Jacob, le descendant de Juda conservera une autorité royale. De fait, Jésus a manifesté bien des fois une autorité peu commune, par exemple quand il a renversé les tables des changeurs et mis fin au marché dans le temple de Jérusalem, sans que personne n’ose l’arrêter. Il faisait preuve également d’une autorité supérieure dans son enseignement : « Il descendit alors à Capharnaüm, ville de Galilée. Il les enseignait le jour du sabbat, et ils étaient frappés de son enseignement parce que sa parole était pleine d'autorité. » (Luc 21.31-32) De même quand, peu après, Jésus délivre un possédé, il le fait avec autorité : « Tais-toi et sors de cet homme », commande-t-il « sévèrement » au démon, qui obtempère sans discuter (Luc 2.35). Résultat, tous les témoins de la scène —probablement habitués à croiser des personnes démentes — sont « saisis d'effroi », nous rapporte Luc, et ils se disent les uns aux autres : « Qu'est-ce que cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent ! » (Luc 2.36) La puissance de la parole : voilà l’autorité de celui qui a le sceptre de Juda. C’est lui qui est à l’origine de la parole.

Il est très important pour nous de percevoir l’autorité royale de notre Seigneur, le messie Jésus, comme une protection. Nous venons de voir comment l’autorité de sa parole suffit à éloigner l’ennemi. Si nous croyons en ce Messie, nous devenons ses sujets et son autorité royale nous protège. Un jour viendra où l’Oint de Dieu vaincra tous ses ennemis, en manifestant sa royauté : « Ils feront la guerre à l'agneau, et l'agneau les vaincra, parce qu'il est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois. Vaincront également ceux qui, avec lui, sont appelés, choisis et fidèles. » (Apocalypse 17.14 NBS)

 

La prophétie de Jacob sur Juda nous présente non seulement le Messie comme un roi plein d’autorité mais aussi comme le pacificateur, celui qui apporte la paix. En effet, comme l’expliquait l’apôtre Pierre à un groupe de grecs et de romains réunis chez le centurion Corneille :« Dieu a envoyé sa parole au peuple d'Israël : il lui a annoncé la bonne nouvelle de la paix par Jésus-Christ [Messie], qui est le Seigneur de tous. » (Actes 10.36 PDV) Cette parole de Dieu au peuple d’Israël s’exprimait déjà par Jacob quand il prophétisait « l’avènement du Pacificateur [Shilo] ». Et, puisque le Messie est aussi d’essence royale, le prophète Ésaïe l’appellera « Prince de la paix » (9.5).

Jésus a dit : « Je vous donne ma paix » (Jean 14.27). La paix qu’il donne est celle qui est en lui et lui a permis, durant son séjour sur Terre, d’affronter avec justesse voire héroïsme les situations les plus difficiles et les plus anxiogènes, en dépit de la nature humaine affaiblie qu’il portait. Si la prophétie nous annonce que le Messie sera le Pacificateur, c’est une bonne nouvelle car le mal dans lequel nous vivons, extérieur et intérieur, produit en nous de l’angoisse, du trouble, de l’inquiétude. En nous donnant sa paix, le Messie Jésus fait disparaître ces tensions intérieures.

Mais cette paix a un prix. Car, si Dieu a voulu, par le Messie, « tout réconcilier avec lui–même, aussi bien ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux », c’est « en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix » (Colossiens 1.20). La paix du Messie Jésus est extrêmement précieuse car il a fallu qu’il donne sa vie pour que le trouble que le péché suscite en nous soit éliminé, grâce à son pardon, et que sa paix s’impose en nous. Le trouble que le péché engendre est une véritable malédiction dans notre âme. Mais, sur la croix, Jésus a porté cette malédiction et l’a condamnée à disparaître pour faire place au pardon divin et à la réconciliation avec notre Père. Car être pendu au bois est un symbole de malédiction (Deutéronome 21.22-23). La croix, ce supplice romain infâme, est particulièrement un symbole de malédiction. Or sur la croix comme durant le reste de sa vie terrestre, Jésus portait notre nature déchue. Vue sous cet angle, la croix de Jésus devient alors la malédiction de notre malédiction, donc une bénédiction (Galates 3.13). Cette bénédiction, c’est la paix que Dieu met dans notre âme.

Le révolte contre le Créateur a fait de nous des ennemis de Dieu : « Car le mouvement de la chair [notre nature déchue] est révolte contre Dieu ; elle ne se soumet pas à la loi de Dieu ; elle ne le peut même pas. » (Romains 8.7) Mais, en condamnant à mort cette chair en révolte, sur la croix, le Messie Jésus ouvre la voie à la réconciliation avec Dieu. Ayant été réconciliés avec Dieu, dans le Messie Jésus, nous avons la paix avec Dieu, grâce à lui (Romains 5.1).

Le Messie Jésus est le Pacificateur annoncé par Jacob. Il pacifie en profondeur notre cœur, en enlevant toute racine de révolte contre notre Roi céleste. Il nous redonne confiance en ce roi, il apaise notre être intérieur qui devient comme une mer calme. Il n’y a plus de tempête en nous. « Voilà que maintenant Dieu vous a réconciliés grâce au corps périssable de son Fils, par sa mort, pour vous faire paraître devant lui saints, irréprochables, inattaquables. » (Colossiens 1.22) « Si en effet, quand nous étions ennemis de Dieu, nous avons été réconciliés avec lui par la mort de son Fils, à plus forte raison, réconciliés, serons–nous sauvés par sa vie. » (Romains 5.10) La paix que le Messie Jésus nous donne est la même que celle qui existe entre Dieu et son Fils. Elle n’est pas le résultat d’un compromis mais d’un changement d’attitude vis-à-vis de Dieu.

 

Pour résumer les bonnes nouvelles de cette prophétie messianique de Jacob, nous dirons :

       que le Messie annoncé ici est d’origine royale et que ce roi se sert de son autorité pour nous protéger de l’ennemi ;

       que le Messie est le pacificateur, celui qui apaise notre âme, par son pardon, et rétablit la sérénité dans notre conscience en nous communiquant sa droiture morale. La paix qu’il nous donne est la sienne, celle qui est en lui. Cette paix règne également entre lui et le Père.

 

Note : cette étude présente des ajouts notables par rapport au travail original de G. Sarray.

Commenter cet article