Daniel : une lumière à Babylone

Le Serviteur de YAHVEH (4) : Quand c'est Dieu qui offre le sacrifice

9 Mai 2011 , Rédigé par daniel-lumiere-a-babylone.over-blog.com Publié dans #Le Messie

Sur une colline du pays de Moriyya, Abraham s’apprête à offrir un sacrifice bien inhabituel pour un croyant au Dieu créateur : un sacrifice humain, son propre fils Isaac. Et sur l’ordre de Dieu ! Cet épisode étrange connaîtra pourtant un dénouement heureux. Et ce récit célèbre dessine au passage les contours d’une magnifique prophétie messianique, non en paroles, mais en actes !

Or, après ces événements, Dieu mit Abraham à l’épreuve et lui dit : «Abraham» ; il répondit : «Me voici.» Il reprit : «Prends ton fils, ton unique, Isaac, que tu aimes. Pars pour le pays de Moriyya et là, tu l’offriras en holocauste sur celle des montagnes que je t’indiquerai.» (Genèse 22.1-2, TOB)

Dieu demande à Abraham une chose inouïe : son fils, son unique, c’est-à-dire celui par lequel une bénédiction viendra sur toute l’humanité. Voir Le serviteur de Yahveh (3). C’est dans ce sens qu’Isaac est unique car Abraham avait eu d’abord Ismaël par sa servante Agar. Or sacrifier ce fils-là, Isaac, unique par les promesses divines qu’il porte, c’est sacrifier aussi toute la descendance future de ce fils et donc annuler la bénédiction. Comment Abraham a-t-il réussi, en dépit de son désarroi, à se soumettre à Dieu quand Dieu paraissait à ce point se contredire ? L’auteur de la lettre aux Hébreux nous en donne la seule explication possible : Même un mort, se disait Abraham, Dieu est capable de le ressusciter (Hébreux 11.19). Oui, comme plusieurs sémites de l’Antiquité, Abraham croyait en la résurrection des morts, et non en l’immortalité de l’âme, ce mensonge introduit sur Terre par le serpent de l’Eden. Il n’empêche, sa soumission à Dieu lui a demandé cette fois-là une foi et un courage peu communs ! Sans parler de sa souffrance psychique, d’autant qu’il s’agit d’un fils qu’il aime.

Or, nous allons le voir, dans ce sacrifice qu’Abraham consent à offrir — mais qu’il ne devra finalement pas offrir — on peut voir un des symboles bibliques les plus complets du grand sacrifice, offert réellement celui-là par Dieu lui-même en faveur de l’humanité. Avançons avec respect sur ce terrain, car il est saint.

Voici d’abord quelques parallèles ou analogies que le croyant peut établir entre cet épisode de l’histoire d’Abraham et le sacrifice du Messie Jésus.

Sur une colline de Moriyya

Sur la colline de Golgotha

Abraham doit offrir son fils unique, celui qu’il aime (Genèse 22.2).

Dieu offre à l’humanité son fils unique (Jean 3.16), celui qui est dans le sein du Père (Jean 1.18). Le Père m’aime, parce que je donne ma vie, affirme Jésus (Jean 10.17).

Abraham doit offrir son fils en holocauste : c’est un sacrifice pour les péchés, une marque de reconnaissance et une bonne odeur qui s’élève vers le ciel, qui annonce que le mal va prendre fin (Genèse 8.20, Lévitique 1.9,13,17).

Le serviteur de YAHVEH est frappé à cause des péchés de son peuple, le SEIGNEUR a fait retomber sur lui la perversité de nous tous (Ésaïe 53.8). Le Messie [en grec christos] nous a aimés et s’est livré lui–même à Dieu pour nous, en offrande et victime, comme un parfum d’agréable odeur (Ephésiens 5.2).

Abraham doit offrir en holocauste son fils sur une colline du pays de Moriyya, soit assez loin de son camp, puisque Abraham habite alors le Neguev (Sud de la Palestine). En hébreu, Moriyya peut se traduire par «sous le regard de YAHVEH». Une vieille tradition juive, déjà représentée en 2 Chro­niques 3.1, identifie ce lieu à la région de Jérusalem, plus précisément à la colline de Sion, à l’est de Jérusalem, où Salomon bâtira le temple, sanctuaire choisi par Dieu pour présenter le sacrifice perpétuel.

Selon les évangiles, Jésus est mis à mort sur une colline particulière, Golgotha, ou lieu du Crâne (Jean 19.17). En tant que porteur de la culpabilité du péché, Jésus devait mourir «en dehors de son camp», hors des murs de Jérusalem. De même le taureau sacrifié pour les péchés invo­lontaires du prêtre ou de la communauté était finalement brûlé en dehors du camp, dans un lieu particulier (Lévitique 4). Jésus s’est offert une fois pour toutes (Hébreux 7.27), afin d’accomplir tout le sens du sacrifice perpétuel, c’est-à-dire un rachat ou une rédemption éternel(le) (Hébreux 9.12).

Abraham doit offrir en holocauste son fils dans un lieu que Dieu lui indiqueras. Après trois jours de marche, Abraham lève les yeux et voit de loin le lieu (Genèse 22.4).

Dieu a révélé à l’avance, de loin dans le temps, que le Messie devait mourir et souffrir, par la Torah, les prophètes et les Psaumes (Actes 3.18).

Abraham prend le bois pour l’holocauste et en charge son fils Isaac. Et ils marchent tous deux ensemble, unis, comme le suggère le texte hébreu de Genèse 22.6.

C’est en plein accord et en parfaite union avec son Père que Jésus donne sa vie (Jean 10.18). Lui aussi, porte le bois sur lequel il sera suspendu (Jean 19.17), symbole de malédiction (Deutéronome 21.23). Son père est à ses côtés, quoique voilé, tout le long de cette démarche douloureuse, dès Gethsémani.

Isaac demande à son père où est l’Agneau pour l’holocauste (Genèse 22.7).

Jean-Baptiste, voyant Jésus se présenter au baptême de la repentance, s’exclame : Voici l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! (Jean 1.29)

Abraham répond à Isaac que Dieu saura voir [mot à mot verra pour lui] l’agneau pour l’holocauste (Genèse 22.8, TOB). Et le père et le fils continuent de marcher tous deux ensemble

Selon l’apôtre Paul, Dieu avait prévu les moyens nécessaires à notre salut, dans le Messie Jésus, avant les temps éternels (2 Timothée 1.9). L’apôtre Jean, pour sa part, voit l’immolation de l’Agneau de Dieu prévue dès la fondation du monde (Apocalypse 13.8). De même en Matthieu 25.34, Jean 17.24, 1 Pierre 1.20. Tout le long de l’histoire humaine, le Père et le Fils ont marché ensemble vers ce but.

Abraham bâtit un autel, attache son fils et le place sur l’autel au dessus du bois (Genèse 22.9). Isaac ne semble opposer aucune résistance, alors qu’il est seul avec son père (Genèse 22.5).

Jésus a été arrêté et crucifié selon le plan bien arrêté par Dieu dans sa prescience (Actes 2.23, TOB). En venant dans le monde, le représentant visible du Dieu invisible, déclare à son Père : De sacrifice et d’offrande [d’animaux], tu n’as pas voulu, mais tu m’as façonné un corps (Hébreux 10.5). Alors j’ai dit : «Voici, je viens, Mon Dieu, je veux faire ce qui te plaît» (Psaume 40.8-9).

Abraham tendit la main pour prendre le couteau et immoler son fils (Genèse 22.10).

Le SEIGNEUR a voulu le broyer par la souffrance, écrit le prophète Ésaïe à propos du Serviteur de YAHVEH (53.10).

Alors l’ange de YAHVEH appelle Abraham : Ne porte pas la main sur le garçon et ne lui fais rien : je sais maintenant que tu crains Dieu et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton fils unique. (Genèse 22.11-12)

Contrairement à Gethsémani, aucun ange ne viendra réconforter Jésus sur la croix. Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? (Matthieu 27.46) s’écriera le Messie, se référant au Psaume 22. Déjà le prophète Jérémie parlait de la perte d’un fils unique pour évoquer une douleur profonde (Jérémie 6.26). La douleur du ciel sera indicible.

Abraham leva les yeux, il regarda, et voici qu’un bélier était pris par les cornes dans un fourré. Il alla le prendre pour l’offrir en holocauste à la place de son fils. (Genèse 22.13)

Le serviteur de YAHVEH devait se montrer docile comme à un agneau que l’on mène à la boucherie (Ésaïe 53.7). Le Messie a souffert pour les péchés, lui juste pour les injustes, afin de vous présenter à Dieu. 1 Pierre 3.18. Christ, au temps fixé, est mort pour des impies (Romains 5.6).

Le bélier offert en holocauste à la place d’Isaac représentait le Fils de Dieu, qui avait accepté d’être mis à mort à notre place. Voici quel serait le résultat de cette soumission à Dieu : Comme le Père, en effet, relève les morts et les fait vivre, le Fils lui aussi fait vivre qui il veut. (Jean 5.21) Telle est en effet la volonté de mon Père : que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour, affirme Jésus (Jean 6.40).

La révolte contre YAHVEH a été instillée dans l’humanité par l’ange qui se cachait derrière le serpent de l’Eden. En conséquence l’être humain est tombé dans la transgression des lois divines et l’humanité tout entière s’est trouvée, dès ses origines, sous le coup d’une condamnation à mort irrémédiable. Mais Dieu, le Père de toute vie et de toute intelligence, a voulu nous arracher à cette destruction totale et définitive engendrée par un ange pervers. Dieu avait prévu cette faute. Il avait prévu un agneau sans défaut pour l’holocauste, quelqu’un qui reflèterait parfaitement sa personnalité, même en portant notre nature déchue. En regardant son Fils, Dieu peut dire à chacun de nous, en face de l’assemblée des univers : tu vivras, j’ai les moyens de te racheter.

Lorsque Dieu ordonna à Abraham de sacrifier son fils, c’était non seulement pour éprouver sa fidélité et sa foi mais aussi pour le sensibiliser à la réalité du rachat, à la fantastique aventure de la rédemption. Pendant les trois jours de voyage du Neguev au mont Moriyya, Abraham est passé par une souffrance psychique intense. Cette épreuve, qu’il a affrontée dans la solitude psychique, devait l’aider à comprendre, par son vécu personnel, l’intensité et la grandeur du sacrifice consenti par Dieu pour racheter l’être de parole qu’il avait créé à son image parfaite.

L’ordre de Dieu déclencha dans le cœur d’Abraham une grande souffrance, mais un ange intervint et Isaac échappa à la mort. Aussi la souffrance d’Abraham s’arrêta, elle connut une limite. Au contraire, quand Dieu livra son Fils au déshonneur et à la mort, les anges fidèles à YAHVEH ne reçurent pas l’autorisation de s’interposer pour le protéger. Aucune voix céleste ne se fit entendre pour dire : «arrêtez, cela suffit !» Pour nous sauver de la mort éternelle, l’Oint de Dieu dut renoncer à la vie, jusqu’au bout. On ne pouvait imaginer de preuve plus grande de la compassion et de l’amour infini de Dieu pour ses créatures. Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous, comment, avec son Fils, ne nous donnerait–il pas tout ? s’exclame l’apôtre Paul (Romains 8.32).

Ce drame de trois jours, demandé par Dieu à Abraham, préfigure et dévoile le mystère de la Rédemption. Pour sauver les pécheurs, Dieu a livré à la mort son Fils unique afin de pouvoir, en toute justice, justifier l’impie (Romains 4.5), c’est-à-dire le rendre juste, lui ôter son statut et son caractère d’impie. Cela devait se faire dans le respect de la justice éternelle sur laquelle reposent les univers. Tout en justifiant le coupable qui reconnaît la valeur du sacrifice de Jésus, Dieu devait être reconnu juste (Romains 3.26).

La mise à mort du Christ est l’application de la justice divine sur le péché afin de l’éliminer. En appliquant la condamnation de la loi divine sur le mal, cette mort nous libère de la condamnation. En effet, Dieu nous a placés et portés symboliquement dans son Fils, c’est pourquoi il a dû revêtir notre nature humaine déchue. Ainsi sa mort devient notre mort et donc la mort de notre malédiction, la mort de notre mort. Cela était absolument nécessaire.

Il fallait qu’il reste parfaitement juste tout en portant notre nature affaiblie. Il fallait qu’il reste soumis aux lois de Dieu tout en nous portant, nous qui sommes insoumis par nature, afin de nous rendre soumis, par libre choix et grâce à son pouvoir agissant en nous. Nous sommes vraiment sauvés par la justice du Christ.

Pour conclure remarquons qu’en Eden, Dieu avait interdit à Adam et Eve de toucher au fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Cet ordre était simple et n’impliquait aucune souffrance, pas même une frustration tant le jardin d’Eden était par ailleurs riche en arbres de toutes sortes. En revanche l’ordre de Dieu à Abraham de se préparer à immoler son fils unique, le fils de la promesse et de la bénédiction, impliquait un déchirement indescriptible. Cela nous permet d’entrevoir l’immensité du déchirement divin lorsque le Fils de Dieu quitta son Père pour revêtir la nature humaine déchue et pour mourir d’une mort atroce, privé de la lumière de son Père. L’amour de Dieu et du Messie pour nous dépasse toute conception et toute expression.

Tout cela, Dieu et le Christ l’ont fait pour nous écarter du mal et nous ramener à eux. Telle est l’immense bénédiction que le Messie Jésus a apportée. Elle est disponible pour tous les êtres humains.

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