Daniel : une lumière à Babylone

Le Serviteur de YAHVEH (13) : Un prophète comme Moïse !

10 Novembre 2013 , Rédigé par Daniel à Babylone Publié dans #Le Messie

Dans les Devarim (Deutéronome), Moïse énonce de la part de YAHVEH des règles de vie et des principes, communautaires et individuels, qui conservent aujourd’hui une grande valeur, symbolique et pratique. Au chapitre 18, après avoir fixé les droits patrimoniaux des officiants du sanctuaire (les hommes de la tribu de Lévi), il aborde le sujet du ministère prophétique, qu’il oppose aux superstitions et à l’occultisme ordinaires. YAHVEH saisit cette occasion pour annoncer la venue du véritable prophète et prêtre et roi : le Messie, successeur ultime de Moïse.

 

Quand tu seras arrivé dans le pays que YAHVEH ton Dieu te donne, tu n’apprendras pas à agir à la manière abominable de ces nations-là : il ne se trouvera chez toi personne pour faire passer par le feu son fils ou sa fille, interroger les oracles, pratiquer l’incantation, la magie, les enchantements et les charmes, recourir à la divination ou consulter les morts. Car tout homme qui fait cela est une abomination pour YAHVEH, et c’est à cause de telles abominations que YAHVEH ton Dieu dépossède les nations devant toi.

Tu seras entièrement attaché à YAHVEH ton Dieu. (Deutéronome 18.9-13, d’après TOB)

Voilà le fondement de toute spiritualité, de toute religion authentique, clairement posé, au cœur du passage : être entièrement attaché au Créateur. Voilà le devoir de tout homme et le but de tout l’homme. Remarquons que la mise en garde contre les pratiques occultes reste d’une singulière actualité, même à notre époque dite rationaliste. Mais voyons maintenant le deuxième volet du texte, positif cette fois, celui qui nous dévoile les caractéristiques du vrai Messie.

Ces nations que tu déposséderas écoutent ceux qui pratiquent l’incantation et consultent les oracles. Mais pour toi, YAHVEH ton Dieu n’a rien voulu de pareil : c’est un prophète comme moi que YAHVEH ton Dieu te suscitera du milieu de toi, d’entre tes frères ; c’est lui que vous écouterez.

C’est bien là ce que tu avais demandé à YAHVEH ton Dieu à l’Horeb*, le jour de l’assemblée, quand tu disais : « Je ne veux pas recommencer à entendre la voix de YAHVEH mon Dieu, je ne veux plus regarder ce grand feu : je ne veux pas mourir ! »** Alors YAHVEH me dit : « Ils ont bien fait de dire cela. C’est un prophète comme toi que je leur susciterai du milieu de leurs frères ; je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui ordonnerai. (Deutéronome 18.14-18, d’après TOB)

* autre nom du Mont Sinaï.  ** Exode 20.18-19.

Voilà des critères importants par lesquels on reconnaîtra le vrai successeur de Moïse, le vrai Messie. Après les ténèbres spirituelles de l’occultisme et des superstitions universelles, voici, par l’humble intermédiaire du peuple hébreu, la lumière de la Parole authentique. Après les paroles détournées, ambigües et parfois perverses des oracles, le Créateur va faire toute la lumière. Il va parler par un intermédiaire fiable : un prophète comme toi, assure Dieu, un prophète comme moi, répète Moïse dont la parole a été précédée par celle de Dieu.

Simple prétention orgueilleuse voire manipulation religieuse de la part de Moïse ou annonce authentique d’un Messie à venir ? Car cette déclaration est pour le moins étonnante, même si Moïse est indiscutablement le plus grand prophète du peuple hébreu.

Il est surtout frappant que le « successeur » de Moïse sorte des rangs du peuple d’Israël, du « milieu de tes frères ». Le vrai porte-parole de Dieu sera donc un homme comme tous les hommes, comme Moïse. Il ne se présentera pas comme ces créatures qui abondent dans les mythologies païennes, fantastiques ou monstrueuses, mi-dieux mi-hommes, ni comme un ange de lumière comme Satan aux temps de la fin.

La dimension humaine du Messie est ici fortement soulignée et cela nous invite à réfléchir sur le Messie en tant qu’être humain. Car nul doute que si Dieu a fait des choses extraordinaires par l’intermédiaire de Moïse, il en fera d’au moins aussi grandes par son Porte-parole ultime, le Messie.

 

Ce qu’il faut retenir, dans ce passage clé de la Torah, est que Moïse est défini comme un type du Messie à venir. En étudiant la vie de Moïse, on peut donc se faire une idée de ce que doit être le Messie ultime, un prophète comme lui.

 

Cette étude revêt une importance particulière depuis que Jésus de Nazareth s’est présenté comme étant ce Messie. En comparant la vie et l’œuvre de Moïse avec la vie et l’œuvre du Messie Jésus, telle qu’elle nous est rapportée dans les quatre évangiles canoniques, qui sont les plus fiables historiquement, nous devrions pouvoir nous faire une idée assez juste de la valeur de la messianité de Jésus de Nazareth. Car Jésus s’est toujours présenté comme un porte-parole de YAHVEH, du Créateur unique et personnel qui s’est révélé avec tant de force aux Hébreux sur le mont Horeb.

 

a) Pendant quarante ans dans le désert, YAHVEH a nourri le peuple hébreu, placé sous la conduite de Moïse, grâce à la manne. Voir Le Serviteur de YAHVEH (8). Quand, par deux fois, le Messie Jésus a multiplié miraculeusement de la nourriture, nourrissant plusieurs milliers de personnes à partir de quelques vivres, la foule, enchantée, s’est exclamée : « Celui–ci est vraiment le Prophète, celui qui doit venir dans le monde. » Première analogie entre Moïse et Jésus.

 

b) Par Moïse, YAHVEH a transmis aux hébreux et au monde un résumé intemporel des principes divins sur lesquels le gouvernement céleste repose : les dix commandements. Or selon les disciples de Jésus, témoins oculaires directs de son ministère, Jésus a accompli une œuvre semblable et en tous cas complémentaire : il a montré dans sa vie et son caractère la réalité des principes contenus dans les dix commandements. Ce faisant, il a pleinement justifié le maintien éternel de ces principes. Moïse a apporté au monde la formulation de ces principes, Jésus en a apporté la réalisation, la concrétisation au sein de l’humanité. L’apôtre Jean concentre cette révélation dans cette formule étonnante : « La Loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. » (Jean 1.17).

Seule la grâce, la faveur inouïe accordée par YAHVEH à l’humanité, par le don de son Fils, accomplissant toute la loi dans la chair, dans notre chair, pouvait révéler aussi parfaitement l’amour divin formulé dans les dix commandements. Seule la vérité, l’authenticité du caractère divin dans le Messie incarné, pouvait convaincre les hommes et les anges de l’inaltérabilité des lois célestes. Jésus, d’ailleurs, aimait résumer les dix commandements à l’aide de deux formules très simples mais profondes de la Torah : « Tu aimeras le SEIGNEUR ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». (Devarim 6.5 et Vayyicra 19.18, cités par Jésus dans l’Évangile selon Matthieu, 22.36-40)

 

c) Moïse a fait sortir le peuple d’Israël d’Egypte, « de la maison de servitude », pour le dire dans le langage hébraïque imagé. Mais ce n’était pas qu’une image : cet esclavage était bien réel et douloureux pour les Hébreux. Pourtant, à peine sorti d’Egypte, les Hébreux, impatients, demandent à Aaron, en l’absence de Moïse, de leur fabriquer une idole : le veau d’or. Ils retournent déjà à l’esclavage des superstitions et de l’occultisme, au culte des forces de la nature, au lieu de rester fidèle au culte du Créateur de la nature. La délivrance de l’esclavage d’Égypte, la « sortie de Babylone », était une condition nécessaire et préalable à une délivrance beaucoup plus profonde : celle de l’esclavage du péché, de la révolte contre le Père-créateur.

Or personne ne peut nous délivrer de la révolte contre le Père, sinon le Fils qu’il a envoyé. C’est le message de Jésus au peuple juif d’il y a deux mille ans : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui commet le péché est esclave du péché. L’esclave ne demeure pas toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. Dès lors, si c’est le Fils qui vous affranchit, vous serez réellement des hommes libres. » Jean 8.34-36. Et il explique : « Vous êtes la descendance d’Abraham, je le sais ; mais parce que ma parole ne pénètre pas en vous, vous cherchez à me faire mourir. » Les religieux de l’époque couraient un grand danger : celui de se rendre coupable de meurtre, soit une violation flagrante de l’un des dix commandements, parce qu’il refusaient de reconnaître en Jésus le prophète « comme Moïse » qui devait venir dans le monde.

Remarquons que le disciple de Jésus qui nous rapporte ces paroles, Jean, était au départ lui aussi un représentant assez typique du fanatisme religieux meurtrier de l’époque, comme le rapportent sans complaisance les évangiles (par exemple dans Luc 9.49-56, sauf TOB). L’apôtre Jean est donc un témoin vivant de la puissance de la parole de Jésus pour transformer un meurtrier potentiel en un homme adouci et entièrement soumis aux commandements de la Torah. La parole de Jésus, l’ayant « pénétré », pour parler hébreu, a transformé son caractère. La parole de Jésus est donc bien la parole de YAHVEH, notamment quand il reprend ses disciples violents en leur disant : « Le Fils de l’homme n’est pas venu faire périr les hommes, mais les sauver. » (Luc 9.56) Dommage que l’islam ne se soit pas inspiré de ce principe divin.

 

d) Moïse, sur les indications de YAHVEH, a fait construire dans le désert un sanctuaire, une maison ou Dieu habiterait avec son peuple. Le Messie Jésus, lui, a construit la véritable tente, le vrai sanctuaire, où l’Esprit divin peut demeurer avec l’être humain : sa personne unique, son corps. Par sa vie sans péché puis par sa résurrection, il donne à l’humanité un nouveau corps ou le Créateur et sa créature peuvent cohabiter sans risque et éternellement.

Lorsque Jésus purifia le temple de Jérusalem, chassant les marchands qui profanait ce lieu par leur trafic et le profit qu’ils en retiraient aux dépends des adorateurs, les responsables religieux, stupéfaits, vinrent lui demander de prouver qu’il avait l’autorité pour opérer une telle réforme : « Quel signe nous montreras-tu, pour agir de la sorte ? » Il put alors répondre sans crainte : « Détruisez ce temple et, en trois jours, je le relèverai. »

Alors les religieux rétorquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour construire ce temple et toi, tu le relèverais en trois jours ? » Mais lui, précise l’évangéliste, parlait du temple de son corps. Aussi, lorsque Jésus se releva d’entre les morts, ses disciples se souvinrent qu’il avait parlé ainsi, et ils crurent à l’Ecriture ainsi qu’à la parole qu’il avait dite. (Jean 2.18-22) Une fois de plus, Jésus se montre garant de l’Ecriture, des textes sacrés de la Torah, et il démontre qu’il est bien le porte-parole de Dieu. Dans l’ultime révélation de la Bible, le même apôtre Jean, contemplant en vision la Jérusalem céleste, celle qui ne dépend ni des manœuvres politiques et militaires ni des vicissitudes humaines, ni de l’activité satanique, remarque : « Mais de temple, je n’en vis point dans la cité, car son temple, c’est le Seigneur [YAHVEH], le Dieu tout–puissant ainsi que l’agneau. » (Apocalypse 21.22, TOB) L’agneau pour le sacrifice, le temple, Jérusalem… tous les symboles hébraïques se rejoignent et concordent en une  merveilleuse réalité : YAHVEH et son peuple sont enfin réconciliés, réunis, et habitent ensemble ! Voilà un message que seul le prophète « comme Moïse », celui qui devait venir, le Messie, le Fils unique venu du Père, pouvait porter.

 

e) Moïse a intercédé bien des fois pour le peuple hébreu, alors que YAHVEH faisait mine de vouloir le détruire, par exemple lorsque les douze espions revinrent de Canaan et que le peuple voulut retourner en Egypte, à la « maison de servitude ». Ou encore lors de leur régression dans l’idolâtrie au pied du mont Sinaï, pendant que Moïse se tenait devant YAHVEH sur le sommet (Nombres 14.19-20 ; Deutéronome 9.11-19). De même, depuis son ascension, le Fils, le Messie Jésus, intercède en faveur de l’humanité. « C’est pourquoi il est en mesure de sauver d’une manière définitive ceux qui, par lui, s’approchent de Dieu, puisqu’il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur. » (Hébreux 7.25) Voilà une déclaration des plus réconfortantes. Après avoir été prophète comme Moïse, le Messie est devenu prêtre, comme Aaron. Un jour il deviendra roi, comme David ! Louez YAHVEH pour cela ! (en hébreu : alléluia).

 

f) Après avoir parlé en direct avec Dieu, sur le mont Sinaï, Moïse, quand il redescendit dans le camp hébreu, dut se voiler la face, tant son visage rayonnait, simple reflet pourtant de la gloire de YAHVEH (Exode 34.29-35). De même le « Fils », dont il est question dans le Psaume 2, dut cacher sa divinité dans son humanité pour pouvoir nous approcher. Saul de Tarse, un brillant docteur juif du début de notre ère, qui a étudié aux pieds de Rabbi Gamaliel*, écrit à la communauté chrétienne macédonienne de Philippes, après sa conversion au Messie Jésus :

« Comportez-vous ainsi entre vous, comme on le fait en Jésus Christ : lui qui est de condition divine n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être l’égal de Dieu. Mais il s’est dépouillé, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes, et, reconnu à son aspect comme un homme, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix. » (Philippiens 2.5-8, TOB)

*Notons que, selon le livre des Actes, le rabbin Gamaliel prônait un attitude tolérante et prudente envers la « secte » chrétienne (5.34), par opposition à la majorité du sanhédrin de l’époque qui prônait une attitude persécutrice.

C’est vrai, celui qui était le Fils du Psaume 2, ne s’est pas cramponné à sa position souveraine, comme l’aurait fait Lucifer le heylel*, le fou dont parle le prophète Ésaïe (14.12), ou plus simplement le pape (quand il n'est pas en phase de séduction). Non, le Fils a bien voulu se dépouiller de l’éclat de sa splendeur divine pour devenir un homme, « du milieu de nos frères », afin de venir jusqu’à nous sans que nous soyons anéantis par sa présence. Voilà la vraie gloire du Créateur : celle qui consiste à descendre pour s’occuper de ses créatures comme il convient à un Etre aussi élevé et aussi noble, de cœur et d’esprit…

*Voir Daniel 3, note 15 (en fin de page)

 

Le Messie qui se comporte comme se comporterait Dieu lui-même, tel qu’il s’est révélé à Moïse, miséricordieux, compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, mais qui ne tient pas le coupable pour innocent (d’où la mise à mort inévitable), est le vrai Messie. C’est lui qu’il faut écouter. C’est ce qu’avait reconnu notre savant disciple de Gamaliel, qui conclut :

C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a conféré le Nom qui est au–dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse, dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que le Seigneur, c’est Jésus Christ, à la gloire de Dieu le Père. (Philippiens 2.9-11, TOB)

C’est vrai, quiconque s’abaisse sera élevé. Alors, soyons de vrais Hébreux, fidèles au Dieu unique et créateur : souvenons-nous que Moïse nous recommande de prendre vis-à-vis du Messie la seule attitude qui convienne : « Vous l’écouterez ». Amen

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