Daniel : une lumière à Babylone

Le Serviteur de YAHVEH (12) : Une étoile est née

4 Août 2013 , Rédigé par Daniel à Babylone Publié dans #Le Messie

La prophétie de Balaam le devin ambigu, ou comment une prophétie messianique a pu être prononcée par un ennemi d’Israël, tout en étant dictée par Dieu !

 

Israël vient de s’installer sur les rives du Jourdain, dans le voisinage du royaume des Moabites. Le roi des Moabites, Balak, alerté de la présence de ce peuple près de ses frontières a entendu parler de la protection surnaturelle dont les Hébreux bénéficient. Aussi, plutôt que de l’attaquer avec son armée et de risquer une défaite militaire, il juge plus efficace de faire appel lui aussi au monde surnaturel pour tenter de maudire Israël. Ainsi, espère-t-il, Israël ne sera plus en faveur auprès des dieux et la puissance qui le protège disparaîtra. Pour réaliser ses projets occultes, il recourt aux services d’un devin réputé, Balaam, afin qu’il vienne et place Israël sous une malédiction grâce à ses incantations.

 

Mais YAHVEH ne peut rester inactif et laisser croire qu’il n’est qu’une force parmi d’autres dans le monde des esprits. Aussi prend-il l’initiative de contacter lui-même, directement, le prophète spirite. L’histoire entière vaut la peine d’être étudiée en détail (Nombres 22-24). Elle révèle de façon éclatante la supériorité du Dieu qui s’est révélé aux Hébreux sur toute autre force surnaturelle et sur toute tentative de sorcellerie. Nous nous attarderons ici sur le dénouement, à savoir la bénédiction prononcée par Balaam sur Israël.

 

Car, fait étrange, quand Balaam, avec l’autorisation de YAHVEH, veut lancer la malédiction des ténèbres contre le peuple d’Israël, YAHVEH s’interpose dans le processus spirite et met dans la bouche du devin ses propres paroles, des paroles de bénédictions ! Au grand dam du roi Balak, qui demande à Balaam à trois reprises de tenter de maudire Israël et qui s’exaspère de l’entendre le bénir et même d’apprendre que « l’occultisme ne peut rien contre Jacob » (Nombres 23.23).

La vénalité de Balaam ne sera guère récompensée car il va perdre ici un client de tout premier plan, comme le suggère avec une tournure typiquement sémite la conclusion du récit : « Balaam s’en alla et retourna dans son pays et Balaq s’en alla de son côté. » (Nombres 24.25). Balaam ne semble pas néanmoins en être resté là, car, selon Nombres 31.16, c’est suite à son influence sur les femmes madianites que les Hébreux ont été entraînés par elles à l’idolâtrie, juste après cet épisode (Nombres 25). Peut-être qu’impressionné par la puissance du Dieu des Hébreux, le devin a-t-il trouvé judicieux de tenter une synthèse religieuse entre ses croyances mésopotamiennes (Deutéronome 23.4) et la nouvelle religion monothéiste des Hébreux. Mal lui en a pris, car le même livre (Nombres 31.8) nous apprend aussi que Balaam perdra la vie, lors de la revanche militaire des Israélites sur Madian. Cette mise à mort est rappelée dans le livre de Josué (13.22).

Même si, aujourd’hui, il ne serait ni judicieux ni bon de procéder à cette sorte purification ethnique et religieuse à laquelle se sont livrés les Hébreux alors, on peut néanmoins remarquer qu’il n’est pas profitable de servir Dieu sous la contrainte comme l’a fait Balaam et qu’il n’est pas salvateur de céder aux sirènes du syncrétisme pour attirer plus de monde dans sa chapelle, quoiqu’en pensent les jésuites. Dieu ne peut nous sauver qu’au travers d’une collaboration intelligente avec lui, une collaboration librement et joyeusement consentie, une collaboration qui découle d’une profonde admiration pour sa personne et pour ses principes. Cette admiration pour Dieu naît d’une reconnaissance débordante pour ses bienfaits immérités mais souvent ignorés.

Les enseignements de l’épisode Balaam sont si importants que cet épisode est rappelé de nombreuses fois dans la Torah et les prophètes et jusqu’à trois fois dans le Nouveau Testament, comme on peut le vérifier à l’aide d’une concordance ou d’une base de données bibliques (voir par exemple Josué 24.9, Néhémie 13.2, Michée 6.5, 2 Pierre 2.15).

 

Ainsi, Balaam, le devin mésopotamien prononce, malgré lui, des paroles inspirées en faveur des Hébreux. Nous allons maintenant nous centrer sur le passage clé de ses oracles par rapport à notre préoccupation messianique :

« Je le vois, mais ce n’est pas pour maintenant ; je l’observe, mais non de près : De Jacob monte une étoile, d’Israël surgit un sceptre qui brise les tempes de Moab et décime tous les fils de Seth. » Nombres 24.17

Quatre informations au sujet du Messie nous parviennent ici.

a)     La venue de ce Messie, « aussi certaine que celle de l’aurore » (Osée 6.3), se fera dans un temps éloigné par rapport à l’époque de Balaam. Effectivement nous sommes alors aux alentours du XIIIe siècle avant Jésus-Christ. Aucun Messie ni même Rabbin de cette envergure ne se dégage de l’histoire juive avant le Messie Jésus.

b)     Ce Messie est comparé à un astre. La lumière émise par une étoile se diffuse dans l’espace dans toutes les directions. Une étoile servait à l’époque à s’orienter, à la manière d’une boussole. Le Messie ne sera pas qu’un simple porte-lumière, tel Lucifer, simple reflet de la lumière céleste, mais le Messie sera la source de la lumière. Le Messie sera donc un être divin et ses paroles comme ses actes éclaireront le monde. C’est pourquoi les prophéties annonçant sa venue sont comparées à des lampes qui brillent dans l’obscurité spirituelle de notre monde, jusqu’à ce que le jour vienne et que l’étoile du matin se lève dans nos cœurs, comme le visualise si magnifiquement l’apôtre Pierre (1 Pierre 1.19). Le Messie Jésus, qui a si souvent affirmé être « la lumière du monde », « la lumière de la vie » (Jean 8.12) déclare à l’apôtre Jean dans une vision : « Je suis l’étoile brillante du matin » (Apocalypse 22.16).

c)      Cette étoile divine qui vient éclairer notre triste monde sort de Jacob, c’est donc aussi un descendant des Hébreux. Le Messie a bien une origine humaine en plus de son origine divine. Il va porter la chair d’Adam et Eve dont nous sommes constitués. Pourquoi ? Pour réunir, relier, les deux essences, divine et humaine. Le Messie EST la seule vraie religion. L’apôtre Paul affirmait que dans le Messie habitait « corporellement toute la plénitude de la divinité » (Colossiens 2.9). « Corporellement » donc sous une forme humaine ! Mais la réunion entre le Créateur et ses créatures est encore mieux précisée par l’apôtre Pierre quand il écrit que la connaissance de Dieu et de son Messie, la réception de la puissance divine dans notre esprit par la foi en leurs promesses, nous destine d’ores et déjà à devenir « participants de la nature divine » ! (2 Pierre 1.1-4) Il y a de quoi avoir le vertige. Et, dès à présent, par son Esprit, le Messie veut introduire, dans notre nature humaine déchue sa nature spirituelle divine afin de régénérer notre esprit. Toujours dans le langage hébraïque, imagé, Paul parle de devenir « une même plante avec lui » (Romains 6.5), comme par le biais d’une greffe.

d)     Le sceptre, l’autorité royale du Messie divin, va faire cesser le mal, par l’anéantissement de l’auteur du mal, symbolisé ici par « les tempes Moab », et l’anéantissement de ses fidèles, représentés ici par « les fils de Seth ». Les fils de Seth est une expression hébraïque pour désigner les descendants de Moab, Moab étant lui-même un descendant de Seth, selon le principe hébraïque de l’inclusion. « Les fils de Seth » sont donc ici le peuple de Moab, tandis que « Moab » représente le pouvoir, politique et religieux, ce qui dirige le peuple. La prophétie complète de Balaam annonce d’ailleurs la destruction complète de Moab, d’Edom, d’Amalek et des Keniens (Nombres 24.17-24). Ces peuples ont cherché auprès des puissances maléfiques, des anges au service de Satan, de l’aide pour combattre les descendants de Jacob et donc indirectement s’opposer à leur Dieu.

Il y a là un symbole, une préfiguration de ce qui va se répéter à la fin de l’histoire des civilisations. Quand, dans les temps de la fin, les peuples et leurs dirigeants, cette fois au niveau mondial, entreront dans la même démarche diabolique, pour persécuter et occire ceux qui veulent rester fidèles à YAHVEH et donc garder ses commandements, shabbat compris, ils seront détruits également par la présence de Dieu venu au secours de son peuple. Le prophète Esaïe, par exemple, en a une prémonition quand il avertit les chefs du peuple Hébreux de son époque en ces termes :

« Ecoutez donc la parole du SEIGNEUR, vous, les railleurs qui gouvernez ce peuple à Jérusalem. 15 Vous dites : « Nous avons conclu une alliance avec la Mort, nous avons fait un pacte avec le séjour des morts [occultisme]. Le fléau déchaîné, quand il passera, ne nous atteindra pas, car nous nous sommes fait du mensonge un refuge et dans la duplicité nous avons notre abri. »

16 Cependant, ainsi parle le Seigneur DIEU : Voici que je pose dans Sion une pierre à toute épreuve, une pierre angulaire, précieuse, établie pour servir de fondation. Celui qui s’y appuie ne sera pas pris de court. [Le soutien du Messie est assuré à tous ceux qui lui resteront fidèles]

17 Je prendrai le droit comme cordeau et la justice comme niveau. Mais la grêle balaiera le refuge du mensonge, et les eaux emporteront votre abri. 18 Elle sera effacée, votre alliance avec la Mort, votre pacte avec le séjour des morts ne tiendra pas. Le fléau déchaîné, quand il passera, vous écrasera.

19 Chaque fois qu’il passera, il vous reprendra, car il repassera matin après matin, le jour et la nuit, et ce sera pure terreur d’en comprendre la révélation. 20 Le lit sera trop court pour s’y étendre, la couverture trop étroite pour s’y envelopper.

21 Oui, le SEIGNEUR va se lever comme à la montagne de Peracim, il frémira comme dans la plaine de Gabaon, au moment d’accomplir son œuvre, œuvre insolite, de faire son travail, travail étrange. » (Esaïe 28.14-21)

On comprend que, lors de la destruction de Jérusalem en 586 av. J.-C. et de la déportation des Hébreux en Mésopotamie, cette prophétie n’a reçu qu’un premier accomplissement. Il est clair qu’elle possède une portée plus large. Il est clair aussi que tout être humain est concerné, quelle que soit ses origines culturelles et religieuses, puisque même le peuple de Dieu, « à Jérusalem », n’est pas à l’abri de la colère divine s’il s’accroche à ses fautes. C’est pourquoi Esaïe conclut en avertissant :

« Et maintenant ne jouez plus les railleurs, de peur que vos liens ne se resserrent, car j’ai appris du Seigneur DIEU le tout–puissant que la destruction de tout le pays est décidée. » (Esaïe 28.22)

L’indignation légitime du Ciel par rapport à la Terre et à sa corruption par les mensonges de Lucifer sera insoutenable quand le gouvernement céleste se déplacera officiellement sur notre planète, avec à sa tête le Messie Jésus. L’amour infini même qui rayonne de sa personne constituera un sujet de terreur pour ceux qui auront adhérés jusqu’au bout aux principes sataniques de l’égoïsme et de l’autosatisfaction au mépris des autres. Cette « colère de Dieu » balaiera tout notre globe.

 

Dans un proche avenir, quand Satan incitera les impies à persécuter ceux qui persévéreront à garder les commandements du Messie Jésus — ces mêmes principes qu’il formulait déjà aux Hébreux sur le Mont Sinaï à l’époque de Moïse — l’histoire de Balaam sera une source de courage pour tous les fidèles de YAHVEH. Affermis par ses enseignements et s’accrochant à la promesse de la venue de l’étoile qui sort de Jacob, ils tiendront bon, incorruptibles, jusqu’au moment où Dieu interviendra pour les sauver de la destruction. La rage des impies, impuissants face aux fléaux qui frapperont la planète, se reportera en effet naturellement sur eux, à cause de leur différence et de leur fidélité à l’autorité divine. N’étant pas obéissants, sur ce point, au pape et aux puissants de ce monde, ils seront des boucs émissaires tout trouvés.

 

Mais confiants en l’amour infini de Dieu pour l’humanité, pour chaque être humain, rebelle ou non, ils resteront calme et intelligents, loin de l’hystérie collective meurtrière qui finira par anéantir toute l’humanité lors de l’apparition de jésus, quand les rebelles diront aux montagnes et aux rochers : « Tombez sur nous et cachez-nous de la face de celui qui est assis sur le trône, et de la colère de l’agneau. » (Apocalypse 6.16, citation de Osée 10.8, déjà cité par Jésus dans Luc 23.30). Le peintre anglais John Martin (1789–1854) a très théâtralement dépeint cette scène tragique dans le tableau intitulé The Great Day of His Wrath.

Mais les fidèles de YAHVEH seront heureux et en paix à l’apparition de leur Maître avec tous ses anges, car, comme l’auteur des Devarim, ils sauront que leur Créateur les aime et qu’il ont eu raison de tenir bon pour lui :

Le SEIGNEUR ton Dieu a refusé d’écouter Balaam, le SEIGNEUR ton Dieu a changé pour toi la malédiction en bénédiction, car le SEIGNEUR ton Dieu t’aime. Deutéronome 23.5

Voilà la vraie raison qui motive toute l’action et toute la politique céleste. Amen.

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