Daniel : une lumière à Babylone

Le Serviteur de YAHVEH (11) : Le serpent de bronze ou le Mal mis au pilori

17 Mars 2013 , Rédigé par Daniel à Babylone Publié dans #Le Messie

Le serpent d’airain dressé par Moïse sur un poteau dans le désert du Sinaï n’est pas qu’un lointain précurseur du caducée qui trône en haut de votre pharmacie préférée. C’est un symbole messianique des plus puissants, annonciateur de la croix salvatrice du Messie Jésus et de la guérison de la morsure du serpent de l’Eden…

 

Durant leurs quarante années d’errance surveillée dans le désert du Sinaï, les Hébreux ont affronté toutes sortes de dangers. Fidèle à son engagement depuis la sortie de l’Egypte, YAHVEH a protégé le peuple qu’il s’était choisi. Mais les descendants de Jacob, réduits en esclavage pendant plusieurs générations par les Egyptiens, étaient-ils capables d’apprécier les bons soins que le Créateur leur prodiguait, malgré leurs révoltes répétées contre lui et contre son serviteur Moïse ?

Dans le livre des Nombres (BaMidbar), au chapitre 21, après une victoire éclatante sur les Cananéens, le peuple s’impatiente une fois de plus, suite à un détour. Ce détour, pour éviter le pays d’Edom, le pays des belliqueux cousins des Hébreux descendants d’Esaü, était nécessaire. « Le peuple se mit à critiquer Dieu et Moïse : Pourquoi nous avez vous fait monter d’Egypte ? Pour que nous mourions dans le désert ! Car il n’y a ici ni pain ni eau et nous sommes dégoûtés de ce pain de misère ! » (21.5) Ce pain de misère, faut-il le préciser, c’est la manne, ce panus angelicus fourni aimablement par le Ciel pendant toutes ces années passées dans le désert. C’est de ce pain, dont ils sont maintenant lassés, dont leurs lointains descendant judéens s’enorgueilliront pourtant plus tard, face au Messie qui se prétend le vrai pain descendu du ciel, celui qui donne sa vie au monde (Jean 6.33-36). La fierté nationale n’est pas toujours logique.

Dans le désert, Dieu a protégé les Hébreux, miraculeusement. Ils n’ont pas forcément apprécié ce don à sa juste valeur. Alors, maintenant, juste et miséricordieux pédagogue, Dieu va leur ôter partiellement et momentanément sa protection, afin qu’ils apprennent à apprécier la différence. Soudain, le camp est envahi par le passage de dangereux reptiles venimeux. Leur morsure produit chez leurs infortunées victimes une violente inflammation et une mort rapide. Sans la protection de Dieu, l’humain est très vulnérable au venin du péché.

Les Hébreux comprennent alors qu’ils ont été très prétentieux et ingrats. La leçon est efficace. Le peuple vient trouver Moïse en disant : « Nous avons péché en critiquant le SEIGNEUR et en te critiquant ; intercède auprès du SEIGNEUR pour qu’il éloigne de nous les serpents ! » (21.7) Seul YAHVEH a le pouvoir de nous éloigner du mal, seul lui peut s’interposer entre nous et nos tentations.

Alors Moïse intercède pour le peuple et le SEIGNEUR lui dit : « Fais faire un serpent brûlant et fixe-le à une hampe : quiconque aura été mordu et le regardera aura la vie sauve. » Dès que le mal nous a atteint de son venin mortel, il faut que quelqu’un s’interpose pour nous libérer de son étreinte malveillante et nous délivrer de son pouvoir pervers. Ici Moïse, en tant que prophète, que porte-parole de YAHVEH, est une image vivante du Messie qui va s’interposer entre nous et le mal : il intercède, il s’interpose (hébreu palal, v. 7), il « mime » l’intervention divine et s’y associe par la foi et par les actes.

Moïse fabrique une image en bronze du mal qui frappe le camp hébreux et l’accroche sur une perche, pour qu’elle soit bien en évidence. Le sens de la racine hébraïque correspondante (nassass) porte l’idée d’une bannière, d’un étendard, d’un signe ou d’un signal. Tous ceux qui regardent cette étrange bannière sont guéris. Il y a là un premier enseignement : pour guérir de son mal, il est nécessaire de le regarder en face. Rien ne sert de le cacher ou de l’ignorer. Mais regarder son mal ne donne pas pour autant le pouvoir de le vaincre ou d’en guérir. Alors à quoi sert ce symbole ?

 

Au verset 8, YAHVEH promet que quiconque verra ce serpent après avoir été mordu conservera la vie. Le texte emploie ici le verbe hébreu courant ra’ah pour voir, regarder, observer, au Qal. Cependant au verset 9, le narrateur précise que ce regard n’est pas insignifiant : il est chargé d’intention et d’intelligence. Ici celui qui regarde le serpent a la vie sauve. En hébreu, c’est une racine différente qui est employée : nabat, au hiphil, mode causatif, qui porte l’idée de veiller à, de faire attention à quelque chose. La simple vue du serpent de bronze ne suffisait pas en soi, mais elle pouvait changer le regard que la victime portait sur le mal qui la frappait. C’est un regard à la fois intelligent et croyant, qui cherchait la guérison et qui appréciait les moyens mis en œuvre pour cette guérison, le regard du cœur et de l’intelligence.

Ceux qui avaient été mordus ne pouvaient se préserver des effets du venin fatal : ils allaient mourir. Même si leurs proches se précipitaient au sanctuaire pour offrir un sacrifice sanglant, le venin injecté par le serpent continuerait d’agir, quels que soient les mérites éventuels antérieurs de celui qui avait été mordu, son obéissance aux règles de la Torah, par exemple. Dieu seul pouvait faire quelque chose pour la victime du serpent. Pour cela, il fallait croire au remède divinement prescrit. Il fallait regarder pour vivre. Mais regarder quoi au juste ?

Un autre passage de la Torah nous donne une clé pour décrypter toute la puissance de ce symbole messianique, car il s’agit bien d’un symbole messianique, comme nous allons le voir plus bas. Dans les Devarim, Moïse transmet aux Hébreux un commandement de YAHVEH riche de signification :

« Si un homme, pour son péché, a encouru la peine de mort et que tu l’aies mis à mort et pendu (talah) à un arbre (ets), son cadavre ne passera pas la nuit sur l’arbre ; tu dois l’enterrer le jour même, car le pendu est une malédiction de Dieu. Tu ne rendras pas impure ta terre, celle que le SEIGNEUR ton Dieu te donne comme patrimoine. »  (Deutéronome 21.22,23)

Le vocabulaire employé est certes différent de celui employé pour le serpent d’airain. Le pendu ici n’est pas un étendard. Il n’a pas besoin d’être mis en évidence, il l’est déjà par le fait qu’il est un être humain et non une simple statue de bronze comme le serpent de notre récit. L’horreur de la scène est déjà une mise en évidence en soi. La racine hébraïque employée pour « pendre », talah, comporte d’ailleurs, comme la racine nassass (la perche où le serpent d’airain est mis en bannière), l’idée d’exposition, de mise en évidence.

Il existe donc bien une analogie entre la situation du pendu à un arbre, donc à du bois, et le serpent d’airain mis en évidence sur une perche ou un étendard. Dans la Bible, l’être humain est souvent symbolisé par un arbre ou par du bois, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament. Par exemple, dans le prophète Ézéchiel, au chapitre 15 que nous citons ici in extenso, parce qu’il associe la destruction du « bois » humain à l’infidélité toutes deux, l’infidélité et la destruction, étant des conséquences de la morsure du serpent et de son infection venimeuse :

Il y eut une parole du SEIGNEUR pour moi : « Fils d’homme, en quoi le bois (ets) de la vigne serait-il meilleur que tous les autres bois, ses branches, meilleures que celles des arbres (ets) de la forêt ? En tire-t-on du bois, pour en faire un ouvrage ? En tire-t-on une cheville, pour y suspendre (talah) quelque chose ? Voici la vigne mise au feu : ses deux extrémités, le feu les a dévorées, le milieu est brûlé ; conviendra–t-il à quelque chose ?

Quand il était intact, on n’en faisait rien ; une fois que le feu l’a dévoré et brûlé, en fera-t-on encore quelque chose ? C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur DIEU : Comme je mets au feu le bois de la vigne, de préférence au bois de la forêt, ainsi je brûle les habitants de Jérusalem. Je tourne mon visage contre eux ; ils sont sortis du feu, mais le feu les dévorera ; alors vous connaîtrez que je suis le SEIGNEUR, moi qui tourne mon visage contre eux. Je fais de ce pays un désert [là justement ou l’on rencontre des serpents venimeux, là où sera aussi Satan pendant les mille ans, sur la Terre désolée] à cause de l’infidélité qu’ils ont commise — oracle du Seigneur DIEU. » Ézéchiel 15, TOB.

En résumé : l’être humain contaminé par le venin du serpent, sujet à l’infidélité, est, sans l’intervention divine, voué à la destruction, frappé par la malédiction, imprésentable devant Dieu et devant disparaître avant le coucher du soleil comme le malheureux condamné à la pendaison. Cette dernière règle sera par la suite strictement observée : voir notamment Josué 8.29 ; 10.26.

C’est peut-être le livre d’Esther qui nous livre les occurrences concomitantes les plus dramatiques des deux mots hébreux correspondant à « pendu » (talah) et à bois (ets) ou arbre (ets) ». Là, la malédiction de la pendaison nous révèle peut-être plus qu’ailleurs dans l’Ancien Testament l’issue glorieuse du conflit entre le bien et le mal. Lire Esther 2.14, 5.14, 6.4, 7.9, 7.10, 8.7, 9.13, 9.25. Huit fois, dans le livre d’Esther ces deux termes sont associés, dont sept dans le cadre de l’attaque menée par Haman contre les Juifs. Haman à dressé la potence (le bois) pour Mardochée, fidèle à Dieu, mais c’est lui qui finalement y sera pendu, ainsi que ceux qu’il aura entraîné dans la guerre contre YAHVEH et ses fidèles (ici symbolisés par les dix fils d’Haman). Pas de doute, Haman est une figure frappante de l’anche déchu, du serpent de l’Eden, finalement lui-même pendu à ce bois maudit dont il voulait se rendre maître par séduction, par perversion de la parole, et si besoin, par la force et par le meurtre. Notons que ces méthodes feront recette aussi parmi les humains, notamment parmi certains ordres religieux… Voir par exemple la célèbre question « Est-il juste de tuer un tyran ? », si souvent posée avec fourberie comme sujet de dissertation. La réponse des jésuites à cette question, et donc, depuis quelques jours, celle du pape, est la même que celle de Judith : « IUSTUM NECAR REGES IMPIOS », en plein accord avec les principes du terrorisme islamiste et du Coran*, mais en opposition avec la pensée divine qui préfère mourir pour ses ennemis, afin de leur donner une chance de changer, plutôt que de les supprimer d’emblée afin de s’emparer de leur pouvoir.

* Pour les Illuminatis, l’islam intègre n’est qu’un concurrent, et non un réel opposant, un concurrent à manipuler puis à éliminer quand il sera devenu superflu.

 

Bref, fermons cette petite parenthèse sur l’actualité et revenons à notre texte.

 

Aux yeux des Hébreux, harcelés par les serpents venimeux, le serpent d’airain, entortillé autour d’une perche, semble avoir été figé, paralysé par le feu divin purificateur (le bronze), alors qu’il s’apprêtait à finir d’étouffer sa victime, qui n’avait que du bois pour lui résister. Il n’est plus, selon le sens du terme hébreu employé dans le texte, qu’un simple étendard : toute sa puissance s’est évanouie. Ésaïe le prophétisait indirectement quand il écrivait, prévoyant la déroute des Hébreux infidèles devant leurs ennemis :

« Mille et un seront sous la menace d’un seul. Sous la menace de cinq, vous prendrez la fuite, jusqu’à n’être plus qu’un signal (toren, mât, hampe de drapeau) au sommet d’une montagne, un étendard (nassass) sur une colline. » Ésaïe 30.17

De même, frappé de la malédiction divine, le serpent angélique ne reste, en face de la puissance divine qu’un inoffensif porte-étendard, tous ses soldats ont pris la fuite devant cette puissance surnaturelle supérieure. Et nous allons voir que cette puissance réside dans le Messie, donc dans quelqu’un qui a pris la nature de l’être humain, en plus de la sienne propre. Espoir sublime, véritable pont(ife) entre Dieu et les hommes, seul être méritant d’être appelé « mon père ». Tous les autres sont des blasphémateurs.

 

Oui ce bois dont les humains sont faits est maudit parce que contaminé par le venin du serpent. Mais le serpent lui-même, la source du mal, est à son tour maudit, suspendu au bois humain, inondé du feu divin purificateur. En voyant la cause de son mal ainsi paralysée, privée de sa force maléfique, mise en évidence, mise au pilori et maîtrisée, le fidèle hébreu reprend courage. Le mal spirituel qui l’a frappé est certes plus fort que lui, plus fort que le bois de sa chair, mais il existe aussi quelqu’un de plus fort que son mal.

L’alliance morbide entre le serpent angélique et le bois humain était au départ contre nature. La puissance divine se devait de s’interposer pour contrarier toute fusion, par essence mortelle, entre les deux. Voir notre article sur le sujet ici.

Oui, décidément, maudit sois quiconque est pendu au bois, et le serpent de l’Eden, ondulant dans l’arbre au fruit défendu, le premier !

Mais si la source de la malédiction est ainsi maudite, condamnée à mort à son tour, alors c’est que YAHVEH est capable de convertir la malédiction en bénédiction ! Il n’en faut pas plus pour rendre l’espoir, et donc la foi, au malheureux israélite mordu par le serpent.  Alors Dieu peut lui donner la guérison. Il survivra à la morsure du serpent.

 

Cependant, pour que la guérison soit définitive, il faudra quand même que le bois contaminé soit mis à mort, afin que le feu divin puisse le purifier complètement. Comment détruire le mal qui a contaminé le bois tout en préservant l’être humain ? C’est ici que le Messie, le Médiateur, entre en scène.

 

Comme le serpent de bronze fabriqué par Moïse, le Messie est exposé, mis en bannière :

En ce jour–là, le rejeton d’Isaï sera comme un étendard (hébreu nassass) dressé pour les peuples ; les nations se tourneront vers lui, et sa demeure sera glorieuse. Esaïe 11.10.

N’oublions pas que la bannière est un signe de triomphe, c’est l’annonce d’une libération :

Il élèvera un étendard (nassass) vers les nations ; il recueillera les exilés d’Israël, et rassemblera les dispersés de Juda, des quatre bouts de la terre. Ésaïe 11.12

Sur une montagne nue dressez une bannière. Elevez la voix vers eux, faites des signes avec la main, et qu’ils franchissent les portes des tyrans ! Esaïe 13:2

Alors Ésaïe lance cet appel :

Vous tous, habitants du monde, habitants de la terre, voyez la bannière qui se dresse sur les montagnes [le Messie, emblème vivant du serpent vaincu, paralysé], écoutez la trompette qui sonne [appel au repentir et au Kippur] !

La voilà, cette bannière triomphante, ce serpent pendu au bois, maudit, figé dans le bronze, inoffensif pour toujours ! Et c’est le Messie lui-même qui flotte, tel un étendard : « En ce jour-là, le rejeton d’Isaï sera COMME un étendard (nassass) dressé pour les peuples » (11.10).

Notez le « comme ». Nous sommes bien dans la pensée sémitique, dans un langage imagé, analogique. Il faut de l’intelligence céleste, spirituelle, surnaturelle, pour saisir toute la force de l’image et éviter de l’appliquer à tort et à travers, selon un logique analytique, purement humaine et dissimulant toujours nos appétits secrets de pouvoir et nos désirs cachés de régression !

 

Maintenant pourquoi au juste le Messie est-il semblable, analogue, à cet étendard, tout de même un peu étrange, fabriqué par Moïse dans le désert ? Une fois de plus, c’est le Messie Jésus qui, en s’identifiant de façon si convaincante avec le fameux Messie sauveur et souffrant annoncé par Ésaïe, va nous fournir la réponse. D’abord ne manquons pas sa déclaration de foi, puisqu’elle est directement reliée à notre sujet :

« Dans le désert, Moïse a élevé sur un poteau le serpent de bronze. De la même manière, le Fils de l’homme doit, lui aussi, être élevé pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui aient la vie éternelle. » Jésus dans Jean 3.14-15, extrait de son entretien avec Nicodème, un docteur juif de haut niveau.

En regardant la bannière dressée par Moïse, le serpent de bronze, l’Israélite cherchant du secours voyait la cause de son mal, maudite, paralysée, mise hors d’état de nuire. Il y a de l’espoir !

En regardant la bannière dressée par Dieu, le Messie Jésus, l’être humain cherchant du secours voit son mal guéri, sa révolte maîtrisée, sa chair humaine soumise à l’Esprit divin, son cœur réconcilié avec le Père de la Parole. Il voit la puissance morbide du serpent paralysée, annihilée, et ce, dans sa propre chair. Il y a de l’espoir !

         Maintenant, ceux qui sont unis au Christ Jésus ne peuvent plus être condamnés.

En effet, quand quelqu’un est uni au Christ Jésus, la loi pour lui, c’est l’Esprit Saint qui donne la vie. Cette loi m’a libéré de la loi du péché et de la mort.

La loi de Moïse ne pouvait pas faire cela, parce que la faiblesse des êtres humains l’a empêchée d’agir. Mais Dieu a pu le faire : il a envoyé son Fils dans un corps semblable à celui des pécheurs pour les libérer du péché. Par là, Dieu a condamné le péché qui agit dans les êtres humains.

Il a agi ainsi pour que nous soyons capables de vivre comme la loi le demande. Ainsi, ce n’est plus une façon de voir humaine qui nous dirige, c’est l’Esprit Saint.

En effet, ceux qui suivent leur façon de voir obéissent à leurs désirs humains, mais ceux qui suivent l’Esprit Saint obéissent à ce que l’Esprit désire.

Quand quelqu’un suit ses désirs humains, il va vers la mort, quand quelqu’un suit l’Esprit Saint, il va vers la vie et vers la paix. — Epître de Paul aux Romains, 8.1-6, Parole de Vie.

Oui, c’est stupéfiant, le Messie s’est identifié aux pécheurs, aux êtres humains déchus, rebelles aux lois divines. Mais, s’il a porté notre nature de rebelles, c’est pour vaincre cette rébellion sur son propre terrain et donc la condamner comme illégitime, la condamner à disparaître, pour toujours ! Nous sommes un mauvais bois, mais le messie, comme le serpent, a été pendu au bois. Là, sur la croix, la destruction totale, la séparation définitive d’avec Dieu et d’avec la vie a été actée : c’est le sort qui attend tout mauvais bois destiné à être brûlé, comme Ézéchiel l’avait compris déjà (voir ci-dessus).

Or le Messie Jésus lui-même s’est comparé à du bois : « Car si l’on traite ainsi l’arbre vert (moi, le Fils de Dieu), qu’en sera-t-il de l’arbre sec (vous de simples êtres humains pécheurs) ? » Luc 23.31. Oui, le bois vert a porté la nature du bois sec et l’a mise à mort. Cette nature pervertie, qui produit le mal, avant même de s’en rendre compte, Jésus l’a clouée sur la croix, condamnée, maudite, pendue au bois, paralysée.

Et remarquez que cela a été fait en respectant scrupuleusement les règles de la Torah :

le corps du Messie n’a pas passé la nuit sur le bois de la croix (Matthieu 27.57 ; Jean 19.38). Les deux évangélistes les moins « juifs » précisent même que c’était le début du shabbat (Marc 15.42, Luc 23.54), montrant que cette donnée ne leur était pas indifférente. Ainsi le corps de Jésus a été déposé dans la tombe, loin de l’infamie du Calvaire, grâce à l’intervention de Joseph d’Arimathée et de ses amis, dont Nicodème (Jean 19.39). Comme quoi les paroles bienfaisantes de Jésus à Nicodème n’avaient pas été sans porter du fruit ! Étonnante puissance de la parole !

Celui qui est pendu au bois est un symbole de malédiction, de réprobation divine éternelle. C’est à ce sort insupportable que Jésus s’est soumis, pour moi, pour vous, pour tout être humain dans le monde, quelle que soit sa condition et quels que soient ses crimes.

Comme l’affirme l’apôtre Paul, dans son langage si hébraïque, que le grec sémitisé des textes originaux rend de façon un peu étrange, mais avec quelle force néanmoins :

Car si nous avons été identifiés avec lui dans la ressemblance de sa mort, nous le serons donc aussi dans la ressemblance de sa résurrection ;

sachant ceci, que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit annulé, pour que nous ne servions plus le péché.

Car celui qui est mort est justifié du péché.

Or si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. (Romains 6.5-8, Darby).

 

C’est bien pour que nous ne soyons plus esclaves de Satan (le serpent ancien) et de ses anges que Jésus a consenti cette étonnant sacrifice et mené cette lutte acharnée contre le mal, sur notre terrain miné. Satan et ses anges utilisent les faiblesses de notre nature dégénérée, mais Jésus, par son esprit, nous communique les forces pour leur résister, comme il leur a résisté lui-même en portant notre nature déchue. Notre victoire dépend de notre regard sur le Messie et sur son sacrifice. Ce sacrifice donne la guérison et la vie. Comment le considérons-nous ?

Les Hébreux devaient regarder le symbole du serpent d’airain pour survivre. Refuser de croire et de regarder, c’était se condamner à périr. Dans ce symbole, les Hébreux voyaient le Rédempteur à venir. En regardant le Rédempteur venu, nous voyons notre nature pécheresse condamnée à mort, détruite, et la vie du Rédempteur couler dans notre esprit par la foi. Il importe donc de maintenir ce regard, de garder les yeux fixés sur Jésus, pour reprendre les termes de l’auteur de l’épître aux Hébreux (12.2). Tant que notre regard, notre attention, notre affection, notre intérêt restent mobilisés par le Christ, le mal ne peut dominer sur notre volonté. Le péché n’a plus de pouvoir sur nous. Gardons donc les yeux fixés sur Jésus, c’est notre combat jusqu’à son retour.

Voilà pourquoi Satan et ses collaborateurs, angéliques et humains, feront tout pour nous distraire ou nous effrayer… pour nous empêcher de les voir tels qu’ils sont, pendus au bois, figés dans le bronze, réduit à un bannière, une bannière triomphante parce qu’elle annonce déjà avec une certitude aveuglante la fin du mal et de la mort, la fin des pouvoirs totalitaires et religieux, qui accablent ce monde pour quelque temps encore, qu’ils soient « chrétiens » ou « islamiques ».

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