Dans notre premier billet sur l'origine du mal (Le mal extraterrestre (1)), nous avons souligné les principes philosophiques à l'origine du mal. Ces principes sont révélés clairement dans le récit de la Torah (troisième chapitre de la Genèse). Reprenons maintenant ce texte dans son contexte, en partant de la fin du chapitre 2.

 

25 Or ils étaient tous deux nus, l'homme et sa femme, et ils n'en éprouvaient point de honte. 1 Mais le serpent était rusé, plus qu'aucun des animaux terrestres qu'avait faits Yahveh-Dieu. Il dit à la femme : « Est-il vrai que Dieu a dit : vous ne mangerez rien de tous les arbres du jardin ? »  2 La femme répondit au serpent : « Les fruits des arbres du jardin, nous pouvons en manger; 3 mais quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez point, sous peine de mourir. » 4 Le serpent dit à la femme : « Non, vous ne mourrez point ; 5 mais Dieu sait que, du jour où vous en mangerez, vos yeux seront dessillés, et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal. »

« Le serpent était rusé, plus qu'aucun des animaux terrestres qu'avait faits Yahveh-Dieu.» Cette façon de souligner la différence révèle une anomalie. Tout ce que Dieu avait créé était très bon. Voilà un animal qui n'est pas (qui n'est plus) comme les animaux qu'à faits Yahveh-Dieu. Il n'est plus tout à fait naturel. Il est sous l'emprise d'une force surnaturelle.

 

6 La femme jugea que l'arbre était bon comme nourriture, qu'il était attrayant à la vue et précieux pour l'intelligence ; elle cueillit de son fruit et en mangea ; puis en donna à son époux, et il mangea. 7 Leurs yeux à tous deux se dessillèrent, et ils connurent qu'ils étaient nus. 8 Ils entendirent la voix de Yahveh-Dieu, parcourant le jardin du côté d'où vient le jour. L'homme et sa compagne se cachèrent de la face de Yahveh-Dieu, parmi les arbres du jardin.

Adam et Havah, le premier couple humain, a rencontré le cheroub perverti dont parle le prophète Ézéchiel. Havah a cru aux mensonges de celui qui se cache derrière le magnifique serpent. Elle s'est laissée enjôler, elle a pris goût, sans s'en rendre compte, à la manipulation. Et de très mauvaises surprises l'attendent pour l'avenir (voir ci-dessous).

Adam ne dit rien. Il abdique. Il ne prend pas ses responsabilités. Adam se laisse infantiliser. Peut-être a-t-il peur de perdre sa femme ? On se souvient qu'il s'était trouvé très seul après avoir passé en revue les animaux. Dieu peut-il sauver sa compagne ? Si non, lui en redonnera-t-il une deuxième aussi sensationnelle ? Tout se bouscule dans sa tête. Pour la première fois, il choisit de ne pas jouer son rôle d'homme, de protecteur. Adam ne prend pas la parole. Il ne fait pas usage de cette capacité essentielle à sa virilité. En conséquence, son psychisme va s'altérer durablement. Seul l'esprit divin pourra restaurer ses capacités spirituelles.

Havah s'est laissée séduire. Adam a refusé de prendre position. Chacun, à sa manière, d'homme ou de femme, se laisse gagner par ce mal, nouveau et mystérieux. Leur conscient et leur subconscient s'altèrent subtilement. Ils font alors un constat angoissant : la présence lumineuse et protectrice de l'esprit divin les a quittés. En résultat la nudité leur paraît honteuse. Il se sentent insuffisant : il leur manque quelque chose. Il leur manque l'essentiel : la Vie. La mort a déjà commencé son œuvre. Pire : la présence protectrice et réconfortante de Dieu — sa voix —, est maintenant source de terreur. Il faudra désormais tout un travail, conjoint entre l'esprit humain et l'Esprit divin, pour que nous apprenions à considérer Dieu sous son vrai jour. Pour que la présence de Dieu soit appréciée et recherchée. Mais Dieu ne nous abandonne pas dans cette triste situation : Yahveh prend l'initiative du dialogue. Il montre déjà par là que le « serpent » l'a calomnié : Yahveh se soucie de l'autre et non de lui-même.

 

9 Yahveh-Dieu appela l'homme, et lui dit : « Où es-tu ? » 10 Il répondit : « J'ai entendu ta voix dans le jardin ; j'ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. » 11 Alors il dit : « Qui t'a appris que tu étais nu ? Cet arbre dont je t'avais défendu de manger, tu en as donc mangé ? » 12 L'homme répondit : « La femme - que tu m'as associée - c'est elle qui m'a donné du fruit de l'arbre, et j'ai mangé. » 13 Yahveh-Dieu dit à la femme : « Pourquoi as-tu fait cela ? » La femme répondit : « Le serpent m'a entraînée, et j'ai mangé. »

L'homme persiste dans une attitude infantile : il tente de transférer sa culpabilité. Ce travers va se répéter dans le couple par la suite ! Comme si Adam n'aurait pas pu dire à Havah : « Écoute, moi je ne suis pas d'accord avec ce que tu fais. Je pense que tu devrais présenter tes excuses à Dieu. Moi je ne mange pas de ce pain-là ! » D'autre part Adam précise : « la femme que TU m'as associée », rejetant ainsi indirectement sa culpabilité sur Dieu ! C'est exactement ce que l'ange déchu voulait lui faire dire : le mal est de la faute de Dieu. Adam n'est plus lui-même : du témoin de la bonté divine il s'est transformé en missionnaire des thèses sataniques ! Le mal produit déjà ses fruits amers. Mais Yahveh-Dieu ne va pas l'abandonner à ce triste sort, car ce serait en partie injuste. En effet, le cheroub perverti est plus fort et plus intelligent que l'homme : le combat était inégal. Seule la confiance en la bonté de Dieu et en la justesse de ses paroles aurait permis à Adam et Havah de remporter la victoire sur l'ange déchu. Il en est de même aujourd'hui.

A la manière d'un habile thérapeute, fin connaisseur de l'esprit humain, Yahveh mène avec brio son interrogatoire afin d'amener l'homme et la femme, chacun pour sa part, à verbaliser sa culpabilité et son mal. « Pourquoi as-tu fait cela ? » Analyse ! Réfléchis sur le sens de ce qui est arrivé. Donner un sens va t'aider à ne pas répéter tes erreurs.

 

14 Yahveh-Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu es maudit entre tous les animaux et entre toutes les créatures terrestres : tu te traîneras sur le ventre, et tu te nourriras de poussière tous les jours de ta vie. 15 Je ferai régner la haine entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne : celle-ci te visera à la tête, et toi, tu l'attaqueras au talon. »

« Je ferai régner la haine entre toi et la femme. » Cette traduction formulée de façon un peu négative cache une merveilleuse nouvelle : Dieu ne nous abandonne pas entre les griffes du pervers. Sinon c'en aurait été fini de l'humanité. Dieu s'interpose, il fait tiers entre l'humanité en déroute et le cheroub perverti pour empêcher la fusion destructrice. L'être humain garde malgré tout la possibilité de revenir à Dieu et de délaisser les mensonges du « serpent ». Le serpent mordra au talon : il insufflera dans les civilisations son venin pseudo-philosophique mortel. Les grandes et les petites religions porteront sa marque. Mais l'humanité va bénéficier d'une grâce inouïe : portée par le Messie et avec l'aide de l'Esprit divin elle va être en mesure d'écraser la tête du serpent, c'est-à-dire de détruire la source même du venin, la source du mal. La bonté de Dieu et la vérité de ses paroles vont suffire, pour anéantir, définitivement, la source même de tout mal. C'est le pari de Dieu et de son Messie. Voulez-vous tenir ce pari avec eux ? Celui qui a dit autrefois « faisons l'homme à notre image » cherche actuellement à reproduire l'expérience du Messie dans d'autres êtres humains. Chaque être humain est sollicité pour répandre le contre-poison divin au venin du serpent.

Le serpent se traînera désormais sur le ventre. Il ne sera plus cet être magnifique, coloré et ailé, que l'on retrouve tout autour du globe. Partout le serpent est symbole de force, de vie, de guérison, de contact bienfaisant avec le surnaturel… sauf dans la culture hébraïque où il symbolise le mal et la mort. Là, pas de magnifiques dragons ailés, comme en Chine, pas de cobra sur fond d'énergie solaire comme en Égypte. Non ! Folles créatures humaines égarées ! Le serpent vous a menti ! Il ne peut rien faire pour vous. Il ne peut vous apporter ni prospérité, ni bonheur, ni bonne fortune. Chaque bonheur, chaque sourire de la vie dont vous jouissez, n'est dû qu'à la grâce divine et à l'influence apaisante de son Esprit. Prenez-en conscience et soyez reconnaissants ! Car, les prophéties hébraïques et messianiques sont claires, l'Esprit divin va se retirer peu à peu de notre planète ! Comment survivre ? En jouissant constamment de la présence de l'Esprit divin en soi. Où trouver l'esprit divin ? La réponse du serpent : il est déjà naturellement en vous, puisque vous êtes des dieux. Le résultat : l'angoisse et la mort. La réponse de Dieu : je promets de rester à vos côtés, tous les jours jusqu'à la fin du monde. Si vous voulez connaître mon Esprit, ouvrez les révélations bibliques : ces écrits sont pleins de mon Esprit ! Le résultat : la paix intérieure, même dans les circonstances les plus difficiles et la Vie, pour toujours. Et cela marche, je le sais par expérience et je ne suis pas le seul !

 

16 A la femme il dit : « J'aggraverai tes labeurs et ta grossesse ; tu enfanteras avec douleur ; la passion t'attirera, vers ton époux, et lui te dominera. »

Ici, il faut tenir compte du style littéraire de l'époque. Bien sûr ce n'est pas Dieu qui provoque ces souffrances liées à la maternité, mais il les permet. Pour la Bible hébraïque, il n'y a qu'un seul Dieu, le mal n'est pas une deuxième force, comme dans les philosophies orientales. Le mal est une anomalie, il ne devrait pas être mentionné, normalement. Dieu prend sur lui toute la responsabilité de la situation, alors qu'il n'est coupable de rien ni de ce qui est arrivé ni de ce qui va arriver. Dieu assume son travail de Créateur jusqu'au bout. Cela va lui coûter un sacrifice immense, sacrifice d’ailleurs annoncé dans la suite du récit.

D’autre part le mal introduit un déséquilibre dans le couple. La femme a pris l'initiative de chercher de nouvelles idéologies. Pourquoi pas. Mais elle s'est laissée abuser par un ange pervers : c'est sa faute originelle. L'homme, lui, a abdiqué ses responsabilités, c'est sa faute originelle. A présent, insécurisé, infantilisé, l'homme va se venger et faire payer très cher à la femme son erreur de jugement. Quoi de plus cruel et injuste ! Ayant toujours peur de perdre sa « mère nourricière », il va vouloir la contrôler, l'asservir, de peur qu'elle ne s'émancipe à nouveau. Il va vouloir la posséder jusque dans son intimité sexuelle, ayant du mal à accepter que la fusion soit impossible (et d'ailleurs non souhaitable). De l'entente parfaite entre deux êtres libres et indépendants, on va passer à la possession. La femme, de son côté, aura toujours peur de perdre l'estime et l'admiration de son compagnon et tombera souvent dans une forme d'asservissement. Seul l'action de l'Esprit divin pourra limiter ou empêcher (avec la collaboration humaine) les violences et les dérives !

 

17 Et à l'homme il dit : « Parce que tu as cédé à la voix de ton épouse, et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais enjoint de ne pas manger, maudite est la terre à cause de toi : c'est avec effort que tu en tireras ta nourriture, tant que tu vivras. 18 Elle produira pour toi des buissons et de l'ivraie, et tu mangeras de l'herbe des champs. 19 C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, - jusqu'à ce que tu retournes à la terre d'où tu as été tiré : car poussière tu fus, et poussière tu redeviendras ! » 20 L'homme donna pour nom à sa compagne « Ève » parce qu'elle fut la mère de tous les vivants.

« Tu as cédé à la voix de ton épouse. » Décidément l'homme (masculin) est contradictoire : quand il ne fallait surtout pas suivre sa femme, il l'a fait, et quand il faudrait l'écouter davantage, quand elle lui fait part, dans son langage, de ses besoins affectifs profonds, il est beaucoup moins enclin à l'écouter… Comme s'il ne voulait pas reconnaître sa faiblesse. Pourtant, avouer sa faiblesse dans sa façon de se situer vis-à-vis du féminin, ce serait un premier pas vers la maturité. L'homme adore la femme, mais son vrai besoin est ailleurs. C'est un père qu'il cherche inconsciemment. Comme dit Marcel Rufo, c'est en cherchant son père que l'on devient un homme. Pas en se construisant des déesses imaginaires. Le chemin de la maturité psychique est là. Ce besoin du Père, de l'origine, est également présent chez la femme, bien qu'il s'y exprime différemment, puisque le masculin n'est pas le féminin. La fusion est donc impossible et c'est sain ainsi. Chacun des deux sexes peut ainsi, et ainsi seulement, exister et s'épanouir en propre, avec ses particularités spirituelles.

En mangeant du fruit défendu, en recevant les mensonges du serpent, l'être humain s'est mis en porte-à-faux vis-à-vis de la Vie. Il pensait tirer d'un simple fruit, de la Nature, de SA nature, les ressources divines. Mais la nature elle-même va le démentir. Privée de la présence de l’Esprit divin, cette merveille d’organisation vivante qu’est le corps (et le cerveau !) humain se décompose lentement et redevient de la poussière, c’est-à-dire du carbone, de l’hydrogène et de l’oxygène. La nature, laissée à elle-même, ne peut que produire désordre et chaos. C'est la dure leçon qu'Adam, le cultivateur, et ses successeurs vont devoir apprendre ! La nature n'est vraiment organisée que par la Parole de son Créateur. Une bonne nouvelle se cache néanmoins derrière ce triste constat : Yahveh ne se contente pas de créer, mais il soutient, entretient, protège sa création. Les fantastiques potentialités adaptatives de la nature sont l'œuvre du Créateur et il veille sur leur évolution. Nous en jouissons, à des degrés divers, à chaque instant ! Cependant Dieu avait délégué une partie de cette tâche à l'homme (voir Genèse 1.26 et 2.15). Les regrettables abus anti-écologiques de notre époque contemporaine justifient, hélas ! ce triste constat que fait Jean, le disciple du Messie Jésus, dans son Apocalypse : « Il est temps de détruire ceux qui détruisent la Terre. »

 

21 Yahveh-Dieu fit pour l'homme et pour sa femme des tuniques de peau, et les en vêtit.

C'est le premier sacrifice de la Torah. C'est Yahveh lui-même qui offre le sacrifice, ce n'est pas un humain ! LE MESSIE EST LA. Tous les espoirs sont permis. C'est Yahveh qui nous vêt, ce n'est pas la nature. Son vêtement nous protège totalement, comme le goudron protégeait l'arche de Noé, comme le couvercle de l'arche de l'alliance, où l'on aspergeait le sang de la victime du kippour, protégeait le coupable de la mort éternelle.

 

22 Yahveh-Dieu dit : « Voici l'homme devenu comme l'un de nous, en ce qu'il connaît le bien et le mal. Et maintenant, il pourrait étendre sa main et cueillir aussi du fruit de l'arbre de vie; il en mangerait, et vivrait à jamais. » 23 Et Yahveh-Dieu le renvoya du jardin d'Éden, pour cultiver la terre d'où il avait été tiré. 24 Ayant chassé l'homme, il posta en avant du jardin d'Éden les chérubins, avec la lame de l'épée flamboyante, pour garder les abords de l'arbre de vie.

Dieu ne veut pas que le mal vive à jamais. Ce serait une souffrance sans fin dans l'univers. Pour réintégrer la création terrestre dans l'harmonie universelle, il lui faudra d'abord prouver devant l'assemblée céleste que l'être humain peut, grâce au Messie et à l'Esprit divin reposant sur lui, obéir à Dieu, librement. Il faudra prouver que cette réintégration peut se faire SANS RISQUE. Désormais l'être humain va passer par une longue et douloureuse mise à l'épreuve. Mais nous venons de le voir, il n'est pas seul dans cette épreuve. Un Autre, représentant d'une autre humanité, marche à ses côtés et le portera dans les moments difficiles, dans la vallée de l'ombre de la mort dont a parlé David. Quel réconfort ! Courage !

Intéressant de noter que le jardin est gardé par des cheroub, des flamboyants, des êtres du même niveau que le cheroub pervers décrit dans Ézéchiel 28, mais restés fidèles à Yahveh. Ainsi, nous pouvons être sûrs que le reste de l'univers est protégé du mal et qu'une barrière invisible sera placée entre lui et ses anges, d'une part, et nous, d'autre part, pour que les dommages restent limités. A nous de ne pas déplacer cette barrière et de ne pas céder à la peur face à leurs intimidations !