Daniel : une lumière à Babylone

Le grand leurre du millénium

14 Février 2013 , Rédigé par Daniel à Babylone Publié dans #Prophéties

Comment une simple parole de Jésus fait voler en éclat les croyances naïves des chrétiens au sujet des mille ans de l’Apocalypse.

Dans son Apocalypse, au chapitre 20, l’apôtre Jean, un proche de Jésus, décrit une période de mille ans, suivant le retour du Christ et la résurrection des croyants. Pendant cette période, les croyants fidèles règnent avec Jésus, dans le Ciel, et participent au jugement du monde. Oui, mais que reste-t-il de la Terre et de ses habitants impénitents ?

La croyance selon laquelle ces mille ans correspondent, sur Terre, à une ère de paix et de prospérité reste tenace, dans les milieux évangéliques comme chez les Témoins de Jéhovah. Selon ces croyants en effet, les humains impénitents disposeraient d’une seconde chance pendant cette période probatoire supplémentaire. Ils auraient la chance de vivre alors dans un monde apaisé aux aspérités considérablement adoucies. Cette croyance, ici sommairement résumée, prend différentes formes et nuances en fonction des milieux religieux. En tous cas, son existence démontre que le dogme de la lutte pour la survie et de la sélection naturelle des plus « aptes » ne répond pas aux aspirations profondes de l’être humain…

Ces croyances relatives aux mille ans de l’Apocalypse prétendent se fonder sur la Bible. Pourtant tout esprit critique et réfléchi ne manquera pas de remarquer qu’elles posent au minimum un sérieux problème éthique. Car les personnes qui vivraient sur Terre durant ce millénium imaginaire connaîtraient de bien meilleures conditions physiques et morales que les générations qui nous ont précédées et reposent à présent dans le silence de la tombe. Comment un Dieu juste et bon pourrait-il créer une telle inégalité de traitement face à l’accès au salut ? Pourquoi les heureux terriens du millénium auraient-ils plus de facilité que leurs aïeux à accéder à la restauration et à la réintégration dans la famille céleste ?

Cela est contraire à l’enseignement donné par les Psaumes, en particulier, où l’on voit constamment celui qui veut être fidèle à Dieu souffrir et subir de la part des « méchants » toutes sortes d’oppressions, tandis que ces derniers semblent prospérer. Voir par exemple le Psaume 73, premier du second livre des Psaumes où Asaph s’exclame :

« Et les voilà ces impies qui, toujours tranquilles, accroissent leur fortune ! En vérité, c'est en vain que j'ai gardé mon cœur pur et lavé mes mains en signe d'innocence. J'étais frappé chaque jour, corrigé chaque matin. » Mais il ajoute immédiatement : « Si j'avais dit : “Je vais calculer comme eux” j'aurais trahi la race de tes fils. » (v. 12-15, TOB).

Le défi de celui qui croit au Dieu créateur est justement de montrer les principes divins au sein d’un monde qui fonctionne selon les principes inverses. Voilà le parti pris des « fils » du Dieu unique et personnel. Qu’ils soient des hommes ou des anges, « la race des fils » sont mis au défi de choisir de manifester les principes divins d’amour, de justice, de patience, de tolérance, de bonté et de dévouement qui prévalent partout dans les univers, sauf parmi les hommes et les anges déchus. C’est ce choix qui peut faire honneur au gouvernement divin. C’est cette fidélité dans l’adversité qui justifie les actions entreprises par le gouvernement céleste par rapport à la Terre. Ces actions visent à mettre fin au mal et à la mort, à la concurrence et à la lutte pour la survie et à réhabiliter de nombreuses personnes victimes de ce système. Lucifer, le chef des esprits dévoyés, l’a bien compris quand il vient accuser Job devant l’assemblée universelle d’être fidèle à Dieu au sein de la prospérité, c’est-à-dire par intérêt personnel.

Un millenium de paix et de prospérité ne pourrait que servir la cause du diable. C’est maintenant, dans les pires conditions, que Dieu souhaite démontrer à l’univers qu’il a sur Terre des fils et des filles réhabilitables. Jésus, LE Fils, en a fait la preuve absolue en foulant lui-même notre sentier et en en assumant toutes les difficultés et tous les dangers. C’est pour cela que le dogme de l’immaculée conception et l’institution papale sont véritablement sataniques en s’opposant d’emblée à la mise en place d’un pont, d’un vrai pontifex maximus, à la fois humain et divin, qui seul peut relier la famille humaine à la famille divine (voir notre article sur l’échelle de Jacob ici). En réussissant à imposer à la chrétienté le principe d’un pape et la croyance babylonienne en un fils d’une nature immaculée née d’une mère elle-même immaculée, Satan tente de renverser les plans de Dieu. Et là où il n’a pas réussi à séparer Jésus de l’humanité, il tente de le séparer de la divinité, comme chez les Témoins de Jéhovah, mouvement né dans le contexte d’une amitié franc-maçonne… comprenne qui peut !

C’est pourtant Jésus qui, d’une seule parole, balaie d’avance, et avec quelle lucidité, toutes les interprétations fantaisistes concernant l’état de la Terre pendant les mille ans de l’Apocalypse. Dans l’un de ses derniers discours prophétiques, où il décrit son retour et la fin du monde, Jésus exclut radicalement tout espoir d’un millenium de paix et de prospérité. Au contraire, comme Daniel, il fait coïncider son retour avec une époque de détresse sans précédent sur la Terre :

« Priez pour que vous n'ayez pas à fuir en hiver ni un jour de sabbat. Il y aura alors en effet une grande détresse, telle qu'il n'y en a pas eu depuis le commencement du monde jusqu'à maintenant et qu'il n'y en aura jamais plus. » Matthieu 24.20

Les Témoins de Jéhovah parlent d’une ère de paix et de prospérité sur la Terre, mais Jésus lui parle de cadavres et de vautours, suite à son retour, un image conforme à la désolation de la Terre évoquée par le prophète Jérémie (chapitre 4) :

« Comme l'éclair qui jaillit au levant se voit jusqu'au couchant, ainsi sera l'avènement du Fils de l'homme. Où que soit le cadavre, là se rassembleront les vautours. » Matthieu 24.27-28

Les Témoins de Jéhovah annoncent la restauration de la Terre, mais Jésus annonce son bouleversement et sa dévastation, à son retour :

« Aussitôt après la détresse de ces jours-là, le soleil s'obscurcira, la lune ne brillera plus, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées» Matthieu 24.29

 

Ce n’est qu’après les mille ans et après le jugement dernier que la Terre sera restaurée, comme le suggère fortement le livre de l’Apocalypse (21.1). Toute la création est altérée, dégradée, par la mort et par la violence. Dieu ne restaure pas sa création dans le péché. Il va d’abord régler TOTALEMENT et définitivement le problème du mal, un problème de conflit spirituel. Ensuite il restaurera sa création. Sur le fond, la « théologie » des Témoins de Jéhovah se révèle donc ici, une fois de plus, peu différente du catholicisme romain papal qui permet « l’absolution » dans le péché, même dans la pédophilie et l’homosexualité de ses prêtres, sans un réel changement du cœur et de l’esprit.

Le monde chrétien se prépare à faire du retour du Christ une immense fête de célébration, mais Jésus, lui, parle d’une immense lamentation :

« Alors le signe du Fils de l’homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l’homme venir sur les nuées du ciel avec beaucoup de puissance et de gloire. Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre. » Matthieu 24.30-31

Jésus nous met en garde :

« En vérité, je vous le déclare, cette génération [qui connaîtra tous ces bouleversements] ne passera pas que tout cela n'arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. » Matthieu 24.34-35

La génération qui connaîtra le retour de Jésus, peut-être la nôtre, n’aura pas le temps de passer le flambeau à la génération suivante : ce monde aura pris fin avant, en l’espace de quelques années seulement. Il n’y aura pas de génération suivante, pas de millénium, de quelque nature que ce soit : seulement un grand silence sur la Terre ! Plus de paroles inconséquentes ou perverses pour contrer les paroles de Dieu ! La parole de Dieu, elle, source de toute vie, ne disparaîtra pas : « mes paroles ne passeront pas », assure Jésus à ses disciples pour les rassurer.

 

Enfin, clou de la démonstration, vient la comparaison avec l’époque de Noé. Comme le suggère la prophétesse Ellen White dans son commentaire sur Matthieu 24, cette comparaison entre la fin du monde actuel lors du retour de Jésus et la fin de l’ancien monde lors du déluge universel, suffit à elle seule à éclaircir notre horizon prophétique de tout brouillard millénariste.

Tels furent les jours de Noé, tel sera l'avènement du Fils de l'homme ; car de même qu'en ces jours d'avant le déluge, on mangeait et on buvait, l'on se mariait ou l'on donnait en mariage, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche, et on ne se doutait de rien jusqu'à ce que vînt le déluge, qui les emporta tous. Tel sera aussi l'avènement du Fils de l'homme. Matthieu 24.37-39

On ne peut être plus clair : le retour de Jésus entraînera la destruction de tous les êtres humains qui ne seront pas enlevés au Ciel avec lui. Comme au jour du déluge, ils seront tous emportés. Aucun millénium en vue, aucune restauration de la terre à ce moment. Le millénium voit la Terre transformée en un grand charnier, comme le voyait déjà le prophète Esaïe, près de huit siècles av. J.-C. :

Car l’indignation de YAHVEH [porte] sur toutes les nations, il les livre au carnage. Leurs blessés sont jetés, leurs cadavres exhalent leur puanteur et les montagnes ruissellent de leur sang. Ésaïe 34.2-3

Dans ses visions prophétiques, Ellen White voit la même scène quand elle écrit :

« Mon attention fut de nouveau attirée vers la Terre. Les méchants avaient été détruits et leurs corps gisaient à sa surface. » L’histoire de la rédemption, p. 428

Et, quant à l’aspect de la planète elle-même, Ellen White la décrit ainsi :

« La Terre ressemblait à un affreux désert. Les villes et les villages formaient des monceaux de ruines. Les montagnes qui avaient été remuées de leur place avaient laissé d’immenses gouffres ; des roches brisées, lancées par les eaux ou projetées du sein de la terre, étaient disséminées à sa surface. Des arbres énormes avaient été déracinés et couchés sur le sol. » ibidem.

Dans un chapitre ultérieur, le prophète Esaïe commente ainsi cette désolation :

Qui a fixé une mesure au souffle du SEIGNEUR, qui lui donne des conseils ? C’est lui qui réduit les princes à rien et qui ramène au chaos les juges de la terre. Ésaïe 40.13, 14, 23

Et l’apôtre Jean, dans sa description des mille ans postérieurs au retour de Jésus, précise :

« Les autres morts ne reprirent pas vie jusqu’à ce que les mille ans soient achevés. » Apocalypse 20.5

Si, du point de vue de l’apôtre Jean, tout le monde sur Terre est mort pendant les mille ans, il est logique qu’il prenne la peine de préciser que personne d’autre ne va ressusciter pendant cette période, d’autant que beaucoup de fidèles ressuscitent au retour de Jésus, avant d’être enlevés au Ciel avec les survivants.

 

« Tels furent les jours de Noé, tel sera l'avènement du Fils de l'homme. » Avec beaucoup de perspicacité, Ellen White commente ainsi ce rapprochement entre les deux périodes :

Le Christ indique ensuite les conditions qui doivent prévaloir dans le monde, au moment de sa venue: “Comme aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il à l’avènement du Fils de l’homme. Car dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche; et ils ne se doutèrent de rien, jusqu’à ce que le déluge vienne et les emporte tous: il en sera de même à l’avènement du Fils de l’homme.” On voit que le Christ ne promet pas un millénium temporel, mille ans pendant lesquels on pourra se préparer en vue de l’éternité. Il nous dit qu’il en sera du temps où reviendra le Fils de l’homme comme des jours de Noé.

Qu’en était-il aux jours de Noé? — “L’Eternel vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre, et que toutes les pensées de son cœur étaient chaque jour dirigées vers le mal.” Les antédiluviens s’étaient détournés de Jéhovah, refusant de se conformer à sa sainte volonté. Ils avaient voulu suivre les idées perverties de leur propre imagination profane. Cette méchanceté amena leur destruction ; aujourd’hui le monde suit la même voie. Rien n’annonce un millénium de gloire. Les transgresseurs de la loi de Dieu remplissent la terre de leurs mauvaises actions. Courses de chevaux, paris, jeux de hasard, dissipation, volupté, passions indomptables auront bientôt rempli le monde de violence. Ellen White, Jésus-Christ, chapitre 69, p. 633.

 

Pourquoi la vision de Jésus de la fin du monde est-elle si noire ? Pourquoi ne nous ménage-t-il pas une sortie un peu plus convenable ?

Jésus ne souhaite pas nous tromper, mais nous avertir, pour que nous échappions à la destruction générale de l’humanité à son retour :

Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d’échapper à toutes ces choses qui arriveront et de paraître debout devant le Fils de l’homme. Luc 21.34-36.

Rester debout quand tout le monde s’écroule, voilà qui est possible et même certain si nous faisons confiance à Jésus plutôt qu’aux religieux et aux organisations.

Fustigeant au passage les religieux, en particulier les dirigeants de son Eglise, l’Eglise adventiste du septième jour, Ellen White commente la prophétie de Jésus ainsi :

Le Christ avait dit, en annonçant la destruction de Jérusalem : “En raison des progrès de l’iniquité, l’amour du plus grand nombre se refroidira. Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. Cet Evangile du royaume sera prêché dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin[de Jérusalem].” Cette prophétie aura un second accomplissement. L’iniquité abondante de ce jour-là a son pendant en notre génération. Il en est de même de la prédiction relative à la proclamation de l’Evangile. Dès avant la chute de Jérusalem, Paul, poussé par le Saint-Esprit, pouvait déjà écrire que l’Evangile avait “été prêché à toute créature sous le ciel”. De même aujourd’hui, avant la venue du Fils de l’homme, l’Evangile éternel doit être annoncé “à toute nation, tribu, langue et peuple”. Dieu “a fixé un jour où il va juger le monde selon la justice”. Le Christ nous fait savoir quand ce jour viendra. Il ne dit pas que tout le monde se convertira, mais que “cet Evangile du royaume sera prêché dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin.” En annonçant l’Evangile au monde, il nous est donné de hâter le retour de notre Seigneur. Nous ne devons pas seulement attendre le jour de Dieu, mais nous devons le hâter. Si l’Eglise du Christ avait fidèlement accompli la tâche assignée par le Seigneur, le monde entier serait déjà averti, et le Seigneur Jésus revenu, avec puissance et grande gloire. Jésus-Christ, chapitre 69, p. 634

Que de souffrances auraient pu être évitées, si les croyants, en particulier les adventistes, n’avaient pas retardé et ne retardaient encore le dénouement final ! Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, en accord avec le livre des Psaumes, nous pouvons prier YAHVEH ainsi, dans ce style hébraïque si typique qui alterne sans transition le je et le nous, l’individuel et le collectif :

Toi qui nous as tant fait voir de détresses et de malheurs,

tu vas à nouveau nous laisser vivre.

Tu vas à nouveau m'élever hors des abîmes de la terre.

Tu rehausseras ma dignité, et à nouveau tu me réconforteras.

Psaume 71.20-21

Sur terre, il n’y a que l’abîme pendant les mille ans, que la mort. Dieu souhaite que le plus possible d’êtres humains échappent à cet abîme. Dieu souhaite nous réélever à la dignité de fils de Dieu, au même titre que les habitants du Ciel. Destin sublime.

Alors, je m'accompagnerai de la harpe

pour te célébrer, mon Dieu, et ta fidélité ;

sur la cithare, je jouerai pour toi, Saint d'Israël !

Je jouerai pour toi, mes lèvres chanteront de joie,

car tu as racheté ma vie.

Psaume 71.22-23, TOB

Amen, c’est vrai, cette parole est fiable.

Pour approfondir la réflexion, lire tout le chapitre 69 du livre Jésus-Christ, d’Ellen White, chapitre intitulé Sur le Mont des Oliviers.

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