Daniel : une lumière à Babylone

Le Fils de l'homme

1 Septembre 2010 , Rédigé par daniel-lumiere-a-babylone.over-blog.com Publié dans #Prophéties

Le titre énigmatique « Fils de l’homme » apparaît 77 fois dans les évangiles. Dans ce contexte, il fait clairement allusion au Fils d’homme de Daniel 7.13, personnage divin qui reçoit la royauté des mains du Très-Haut lui-même. D’où l’importance cruciale du livre de Daniel pour tous les croyants.

Dans les quatre évangiles, Jésus aimait particulièrement se désigner comme «le Fils de l’homme». Non pas pour s’appesantir sur notre humanité déchue, qu’il avait revêtue, mais paradoxalement pour affirmer son origine divine. On se souvient en particulier de cette réplique pendant son procès : «Vous verrez le Fils de l'homme siégeant à la droite du Tout-Puissant et venant sur les nuées du ciel.» (Matthieu 26.64 ; Marc 14.62) Le Fils de l’homme est aussi celui qui est assis à la droite de Dieu ! Rappelons que ce blasphème apparent coûtera la vie à Jésus. Certes il avait aussi choisi librement de la donner, pour tous les hommes, et cela avant que le monde fut, dès la fondation du monde : lire Jean 17.24 ; Hébreux 9.24-26. Voir aussi Matthieu 13.35 et Luc 11.50.

Cependant l’objectif des quatre évangélistes est d’abord de montrer que Jésus — celui qui aime se présenter comme le Fils de l’homme — est le messie que la Torah, les prophètes et les Psaumes ont annoncé de multiples manières : par des prophéties, par des rituels et un sanctuaire, dont la structure, le mobilier et même la décoration évoquaient la défense divine dans le grand conflit entre Dieu et Satan. Au milieu de ce foisonnement de symboles qui participe à la richesse de la Bible hébraïque, le «Fils de l’homme» est pourtant très rarement mentionné. En fait la seule apparition explicite de ce personnage, intrigant mais essentiel pour les humains, est nichée au cœur du livre de Daniel. Autant dire que le livre de Daniel devrait être le livre le plus important de l’Ancien Testament pour les chrétiens, et même pour les croyants quels qu’ils soient.

Daniel voit ce «Fils d’homme» recevoir la royauté universelle, comme s’il était Dieu lui-même (Daniel 7.9-14). Si, dans les évangiles, Jésus, qui se prétend Fils de Dieu, se dénomme jusqu’à 77 fois comme le Fils de l’homme, c’est qu’il veut clairement qu’on l’identifie comme le «Fils d’homme» de Daniel, Fils d’homme qui exerce une autorité divine. Jusque-là tout le monde devrait être d’accord !

Certes Jésus portait une chair dégénérée, affaiblie par 4 000 ans d’hérédité (environ…). Jésus descendait de David selon la chair (Romains 1.3), comme en témoignent ses deux généalogies (Matthieu 1 et Luc 3). Certes, il n’est pas le produit d’une «immaculée conception», pas plus que sa mère. Mais il est né avec l’Esprit de Dieu en lui, afin de prouver que l’Esprit de Dieu peut maîtriser la chair au point de faire vivre l’humain sans fauter. Le Messie est là pour nous aider à voir Dieu et à reconnaître son action au sein de l’humanité déchue.

Déjà, au temps des patriarches, Dieu se cachait derrière l’anonyme «ange de l’Éternel», plusieurs fois rencontré dans la Torah et les prophètes. Abraham l’avait rencontré alors qu’il s’apprêtait à offrir son fils en sacrifice, comme Dieu le lui avait demandé. Abraham croyait que Dieu pouvait ressusciter son fils des morts (Genèse 22 ; Hébreux 11.19). Il est intéressant de noter cependant que la première apparition de l’ange de l’Éternel est antérieure. C’est à une femme qu’il apparaît pour la première fois, à Agar, la servante d’Abraham et la mère d’Ismaël (Genèse 16). Ismaël n’est pourtant pas l’enfant de la promesse, la Torah est très claire là-dessus. Dieu s’était engagé à ce que Sarah ait un fils. Mais la mission de l’ange de YAHVEH est universelle : il est là pour secourir tout être humain, quelle que soit sa position sociale et quelles que soient ses origines ethniques ou familiales. Jésus a montré, par sa vie au service des autres, qu’il remplissait la même mission, avec la même qualité.

Au-delà de la nature d’homme mortel qu’il porte, Jésus veut que l’on discerne en lui Mikaël, l’ange mystérieux mentionné plus loin dans Daniel. Mikaël nous renvoie à Dieu lui-même car Mikaël est en hébreu une question. Ce nom signifie littéralement : «Qui [est] comme Dieu ?», mi étant en hébreu un pronom interrogatif. Mikaël est un mystère, une interrogation à laquelle nous sommes invités à répondre. Dieu ne s’impose pas, il renonce à sa toute-puissance pour nous atteindre. Depuis la chute d’Adam, Dieu s’adresse à l’humanité par des questions : «Où es tu ?» demandait-il à Adam après la faute dans le jardin d’Éden (Genèse 3.9).

L’existence même de ce Mikaël nous interroge : «Qui est comme Dieu ? Qui le représente le mieux ? Qui en donne la meilleure image ?» Questions cruciales, car, la Torah y insiste, il nous est strictement interdit de définir nos propres représentations de Dieu. Ce serait de l’idolâtrie. Pour que l’on puisse se faire une idée de sa personne, Dieu propose donc, à nous et à l’univers entier, Mikaël. Dieu est le seul immortel, invisible, il habite une lumière inaccessible (1 Timothée 6.16). Adonai ehad, enseigne pour sa part la Torah, fidèle à l’unité indivisible de Dieu. Mais si Dieu est un et invisible, il peut se montrer sous différentes formes visibles, afin de communiquer avec ses créatures, afin de proposer un modèle, un idéal avec lequel s’identifier. Aux anges, il se montre sous la forme d’un ange (d’où la jalousie, injustifiée, de Lucifer). Aux hommes, il s’est montré comme un véritable homme, en tous points (Philippiens 2.5-8 ; Hébreux 2 ; 4.15). Il n’avait rien pour attirer le regard (Ésaïe 53.2).

Le Fils d’homme, Mikaël, l’Oint ou Messie, autant de termes pour désigner Celui qui a pour mission à la fois de représenter l’humanité devant la Cour céleste et de donner aux humains limités une juste représentation de Dieu et une juste représentation de l’homme, de l’homme tel que Dieu le conçoit, c’est-à-dire un homme restauré à la perfection morale de Dieu. Voilà quel messie YAHVEH nous a envoyé : son représentant direct, «le grand chef» attendu aussi à la fin des temps (Daniel 12.1). Le messie souffrant et le messie glorieux sont donc une seule et même personne, de même que Dieu, dans ses manifestations diverses (nuée lumineuse, buisson ardent, voix, murmure doux et léger, ange, etc.) est une seule et même Personne. Le Messie doit être un digne représentant de Dieu, afin d’exercer en pleine légitimité ses fonctions : la justice (tsedakah) et le rachat (goël). Or Dieu est irreprésentable. Seul Dieu peut représenter Dieu. Le Messie ne peut donc qu’être Dieu. Le messie ne peut qu’être unique puisque Dieu est unique. D’où le nom de Mikaël.

Daniel est le seul livre de la Bible à mentionner Mikaël (10.21, 12.1), en dehors de l’Apocalypse de Jean, bien sûr. C’est aussi le seul livre de la Bible à mentionner explicitement l’ange Gabriel, en dehors des évangiles. Dans Daniel 9, Gabriel annonce l’onction du messie comme devant avoir lieu vers la fin des 70 semaines d’années, soit 490 ans après le rétablissement complet de Jérusalem (483 exactement), c’est-à-dire selon les meilleurs calculs en l’an 26-27 de notre ère, la date du baptême de Jésus, selon les données historiques fournies par l’évangile de Luc. Or Le même ange Gabriel annonce aussi à Marie la conception surnaturelle de Jésus, dans l’évangile de Luc (vers 5 av. J.-C. ?). Gabriel annonce Mikaël. Mikaël est la seule image de Dieu valable, la seule qui ne soit pas déformée, parce qu’elle vient entièrement de Dieu lui-même. Mikaël EST Dieu. Voilà le message que Gabriel essaye de communiquer à Daniel. On comprend que Daniel ait été choqué ! Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle Daniel a été choqué par les visions qu’il a reçues…

Daniel est particulièrement important à l’époque où nous vivons, époque où, selon les évangiles, le Fils de l’homme doit venir avec puissance, avec tous ses anges, pour mettre fin à ce monde de souffrance et de mal. Daniel est la source de l’Apocalypse de Jean. Pas de juste compréhension possible de l’Apocalypse si l’on évite une étude approfondie des prophéties du livre de Daniel. Cette étude ne peut faire l’économie des textes originaux car les traductions du livre de Daniel ne sont pas du tout fiables, biaisées par des traditions et des croyances populaires souvent erronées. Pourtant, sur un plan prophétique, Daniel est bien le livre de référence pour les croyants du XXIe siècle. Cela ne minimise en rien d’ailleurs l’importance des autres livres de la Bible hébraïque, livres dont la Torah reste la Source, la référence incontournable.

Néanmoins, pour ceux qui attendent le retour du Fils de l’homme, et donc le début de la deuxième phase du jugement céleste, les prophéties du livre de Daniel marquent des points de repères précieux, notamment sur le plan chronologique. Le livre de Daniel nous apprend notamment que, depuis les années 1840, la fin des 2300 jours-années, la première phase du jugement céleste est commencée. Nous vivons à l’époque de l’ouverture et de l’examen des dossiers, à l’époque de la purification du sanctuaire céleste, illustrée autrefois par le Yom Kippour hébreu. C’est l’époque où les fidèles du Créateur, des croyants de toutes origines (Apocalypse 5.9), font un sérieux examen de conscience et collaborent enfin pleinement avec l’Esprit divin. Yahveh va enfin réussir à reproduire l’image morale de son Messie dans son peuple : un peuple qui garde tous ses commandements, dans le même esprit que Jésus et grâce à la même foi que la sienne. Reste à résoudre la question du retard que semble avoir pris le plan divin. Car, depuis plus de 150 ans déjà, le jugement a commencé. Plus question de fixer des dates ! Depuis un siècle et demi, le retour en gloire de Jésus est imminent ! Ceux qui refusent obstinément Dieu ou qui veulent prendre sa place sont en danger de mort.

Ensuite va commencer la deuxième étape du jugement céleste : celle de la vérification, celle de la délibération des jurés. Les jurés, constitués initialement de milliers (millions ?) d’anges et d’êtres célestes (voir Daniel 7) seront alors élargis aux croyants restés fidèles à Dieu. Ces croyants fidèles ressusciteront au retour glorieux du Messie Jésus ou bien seront transformés en un clin d’œil s’ils sont encore vivants à ce moment tant attendu (1 Corinthiens 15.52). Ensemble, vivants transformés et ressuscités seront enlevés au ciel, tandis que le reste de l’humanité rendra l’âme de terreur (Luc 21.26, 23.30) ou bien tournera sa rage contre ses semblables (Ésaïe 34.2). Pendant cette deuxième phase du jugement céleste, la Terre sera en repos : plus d’être humain en vie (Jérémie 4.25, Apocalypse 20.5). Satan restera seul avec ses anges pour méditer sur sa conduite. Sa souffrance morale sera terrible. Mais il ne se repentira pas pour autant.

Alors, plus de doute, le livre de Daniel ne peut qu’être l’objet de toutes les attentions de la part des croyants actuels, particulièrement de ceux qui reconnaissent que Jésus est Celui qui a été annoncé par la Torah et les prophètes. Ces croyants qui veulent prendre position pour Yahveh, et donc résister à l’emprise perverse et intolérante de ses ennemis, seront bientôt l’objet d’une haine sourde et universelle. Oui, le livre de Daniel est la lampe qui brille aujourd’hui dans le lieu obscur de notre monde (2 Pierre 1.19) et ceux qui s’attachent à la lumière divine ne peuvent qu’être émerveillés de la richesse des informations que Dieu a révélées à Daniel.

Le livre de Daniel est vraiment le livre de chevet pour les croyants d’aujourd’hui. Mais en est-il bien ainsi dans la réalité ?? « Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la Terre ? » demandait déjà Jésus (Luc 18.8).

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