Daniel : une lumière à Babylone

La vraie Pierre angulaire des croyants

23 Mai 2013 , Rédigé par Daniel à Babylone Publié dans #Réflexions

« Sur ce roc, je bâtirai mon Église », assurait Jésus à Pierre il y a près de deux mille ans. Depuis cette promesse a été largement investie, pas toujours à bon escient. Une hiérarchie ecclésiale avide de pouvoir a menti sur le vrai rôle de saint Pierre dans l’Église chrétienne. Puis,  « aux temps de la fin », suite à des manigances politiques d’inspiration maçonniques, la figure lumineuse du Messie Jésus a continué d’être voilée aux yeux des hommes dans une grande mesure. Pourtant Jésus demeure, inchangé et pleinement accessible, rayonnant vers toute âme avide de son amour. Bientôt, le Ciel entier s’exclamera, avec le psalmiste : « La pierre que les maçons ont rejetée est devenue la pierre angulaire ! » Psaume 118.22 (TOB)

 

Et moi, je te dis aussi que tu es Pierre [grec petros, pierre, caillou], et que sur cette pierre [grec petra, roc, rocher] je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. Matthieu 16.18 (Chanoine Ostervald, version catholique).

Ce jeu de mot de Jésus, entre pétros et pétra, intraduisible en français, a déjà fait couler beaucoup d’encre. Mais on a fait aussi couler beaucoup de sang, en prenant cette déclaration comme prétexte pour fonder abusivement la suprématie de l’apôtre Pierre sur ses collègues, posant ainsi les bases théologiques de la dictature religieuse. Aux tortures physiques de l’Inquisition ont succédé les tortures psychiques de la Contre-Réforme, parfois choisies avec masochisme, comme la fameuse « réservation mentale » des jésuites, qui permet de mentir impunément, notamment aux « hérétiques », et d’autres perversités. Sans parler de la mainmise sur l’éducation.

Dans un contexte prophético-historique post-babylonien , correspondant à peu près à l’ère dite chrétienne (voir les prophéties de Daniel 2 et Daniel 7), où tous les symboles des pouvoirs terrestres, politiques, armés et religieux, se sont centralisés à Rome, le pouvoir romain, successeur de Babylone, de la Perse et des Macédoniens, est devenu l’archétype de l’ordre mondial absolu, imposé à tous et donc intolérant, rêvé par Lucifer depuis la séparation de la famille humaine d’avec la famille céleste. Cette centralisation des pouvoirs va toujours pencher vers le totalitarisme, malgré parfois des apparences républicaines et démocratiques après l’arrivée des « lumières » maçonniques au XVIIIe siècle. Le fameux consulat romain, qui inspirera tant Bonaparte puis Napoléon, est un bon exemple de cette « démocratisation » du totalitarisme.

Cependant, puisque le pouvoir temporel recherche toujours une légitimisation religieuse pour avoir le droit d’oppresser ou de réprimer les populations en toute impunité (comparez avec l’attitude actuelle des Etats-Unis et de l’Etat d’Israël) et puisque le but du Satan et de ses anges reste fondamentalement religieux, l’apôtre Pierre, en tant que figure marquante du christianisme, était l’emblème tout trouvé pour servir de drapeau au nouvel ordre mondial qui s’est mis en place après la chute de l’empire romain d’Occident (voir Daniel 12). Dans ce cadre, la déclaration de Jésus ci-dessus était le prétexte théologique rêvé pour des religieux corrompus pour légitimer leur domination des consciences… et leur penchant pour la richesse, voire le luxe, voire la luxure dans certains cas (pédophilie aujourd’hui ?). Légitimé par la figure de Pierre récupérée, le nouveau pouvoir totalitaire mondial, de nouveau centralisé à Rome et figuré par l’évêque de Rome, rebaptisé pape, a légitimé du même coup une société médiévale fondée sur les ordres, sur les inégalités sociales criantes, face à l’accès aux ressources comme face à la loi, et sur l’esclavage, économique ou physique. Rappelons que cette société médiévale ne prendra totalement fin qu’avec le nouvel ordre juridique et étatique d’inspiration maçonnique instauré par Napoléon. A titre anecdotique, remarquons qu’en Europe de l’Ouest les trois pays que Napoléon n’a pu soumettre et où son armée n’a pu séjourner, l’Angleterre, la Suède et l’Espagne, restent aujourd’hui des monarchies, constitutionnelles, c’est vrai. La Belgique, terre d’élection des jésuites, modelant les esprits à partir de la célébrissime université de Louvain, et toujours monarchique, est un cas particulier.

Le siècle des « Lumières » maçonniques, puisant à la spiritualité « égyptienne », adorant la créature au lieu du Créateur, a en effet quelque peu changé la donne médiévale, au moins en apparence. Grâce aux « révolutions », savamment orchestrées, la monarchie de droit héréditaire et « divin » a été remise en question et le pouvoir a été donné au « peuple », c'est-à-dire aux légistes et à la bourgeoisie, ces derniers restant sous contrôle des idéologues qui, dans l’ombre, gardent une maîtrise relative des événements. Remarquons cependant que même l’illustre Napoléon, le plus puissant des prosélytes maçonniques, a fini par s’effondrer sous les coups de boutoir des coalitions pro-vaticanes, grâce indirectement aux russes, il est vrai. Les puissances de ce monde savent comment se débarrasser de leurs « outils » quand ils deviennent trop encombrants ou stupides. Hitler a subi le même sort, et « grâce » aux russes encore une fois !

Ces messieurs et leurs alliés angéliques dans le monde surnaturel n’avaient pas alors encore tous les atouts en main pour réaliser leur rêve de contrôle universel des populations : ce n’était qu’une « phase expérimentale », qui a tout de même fait des millions de morts. Les choses deviennent différentes aujourd’hui, « grâce » en particulier à la croissance exponentielle de la technologie… Même le pape actuel, issu de l’ordre des jésuites, est présent personnellement sur internet. Et, en France, terre maçonnique d’élection, dans le prolongement géographique des arcs de triomphe napoléoniens du carrousel du Louvre et de la place de l’Etoile — ces derniers encadrant symboliquement la place de la Concorde et son phallique obélisque ajouté par la monarchie de juillet en 1836 — se dresse, à la Défense, un nouvel arc érigé par le plus maçonnique des présidents français. La pyramide du Louvre, ouvrant désormais la marche, rappelle les origines spirituelles, « égyptiennes », au sens biblique du terme, du mouvement satanique qui conduit le monde vers son destin tragique. Indice supplémentaire que, même s’il est spirituellement centralisé à Rome, le Nouvel Ordre mondial n’aura que les apparences du christianisme : il en reniera ce qui en fait, ou plutôt qui en ferait, la force.

 

Mais dégageons-nous maintenant des miasmes morbides des enjeux des pouvoirs terrestres et angéliques pervers, appelés à être balayés par la venue de Micaël (voir Daniel 12), pour considérer plus attentivement les sains et merveilleusement positifs propos de Jésus.

Moi aussi, je te dis que tu es Pierre [grec petros] ; et [or, mais, même, pourtant, etc.] [c’est] sur ce roc [-là] [grec kai epi tautei tei petrai] [que] je bâtirai mon assemblée, et les portes du Hadès ne prévaudront pas contre elle. Matthieu 16.18 (Darby, version protestante).

Remarquons l’hébraïsme caché derrière l’expression emphatique tautei tei petrai, « ce roc-là », non rendue par la plupart des traductions, qui rappelle le « démonstratif » hébreu . C’est un indice parmi d’autres que le texte a été pensé en araméen et non en grec.

Cependant, au lieu de rentrer ici dans une ennuyeuse exégèse, parlons plutôt du contexte de cette déclaration, plus utile à nos lecteurs et déjà riche d’enseignement. D’autres chercheurs l’ont déjà mis en relief bien avant nous. Rappelons-le ici néanmoins.

     Des opposants religieux demandent à Jésus de faire un miracle pour prouver sa divinité (Matthieu 16.1), comme l’avait fait avant eux et dans le même esprit Lucifer dans le désert de la Tentation. Ces « juifs » tentent par là d’affirmer leur autorité religieuse, sérieusement remise en question par le charisme et l’intelligence supérieure de Jésus et surtout par la cohérence irrécusable existant entre son enseignement et son comportement. Jésus, comme souvent, les renvoie aux prophéties bibliques qu’ils sont censés bien connaître (ici Jonas), prophéties suffisantes pour le légitimer, et il refuse d’entrer en discussion (16.2-4). Notons que Jésus les traite de « race méchante et adultère », (doux Jésus ???) montrant par là le peu d’estime que le Ciel a pour les religieux qui fondent leurs prétentions et leur autorité sur autre chose que sur les révélations divines (sur le pouvoir temporel par exemple), fussent-ils à Rome.

     Jésus met en garde ses disciples contre l’état d’esprit, extrêmement pernicieux, de ce type de religieux (16.5-12). Jésus montre par là qu’il redoute que son Eglise tombe un jour elle aussi dans ce piège diabolique. A RAISON.

     Jésus, à présent éloigné géographiquement des religieux et de leur zone d’influence spirituelle méphitique, peut parler plus librement avec ses disciples de sa messianité divine (16.13-18). La question à l’origine de la fameuse mais impulsive réponse de Pierre, « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (16.16), doit retenir toute notre attention : « Qui disent les hommes que je suis, moi, le Fils de l'homme ? » (16.13, Ostervald et Darby sont d’accord ici et le mot anthropos est bien employé deux fois en grec).

L’enjeu est là : il y a un Fils de l’homme, un être humain particulier, qu’en pensent les autres êtres humains ? Qu’en pensez-vous ? De la réponse que l’on donne à cette question dépend le salut final de l’humanité, de notre humanité personnelle et de celle de tout croyant. C’est là-dessus, sur la réponse que l’on donne à l’action divine, que l’Eglise de Jésus va se fonder, et non sur des filiations semblables à celle des monarchies humaines, qu’elles soient royales ou papales, filiations évoquées par les « alliances humaines » de Daniel 2.40-41. Là-dessus, l’idéologie maçonnique révolutionnaire a raison : le népotisme est l’ennemi de tout progrès, que ce soit dans la société civile ou religieuse, dans l’Eglise catholique ou dans l’Eglise adventiste du septième jour… Bonaparte n’aurait pas dû transgresser cette règle démocratique.

 

Qui est donc pour nous ce Fils de l’homme ? L’enjeu est crucial, si nous osons dire, parce que cet homme-là, particulier, est parfaitement résistant au mal mais il n’est pas le fruit d’une immaculée conception pour autant. Sa résistance au mal vient de sa filiation divine (« spirituelle ») et non de sa filiation humaine (« charnelle »), comme il l’affirme constamment dans les évangiles, celui de Jean en particulier. D’où aussi les généalogies assez explicites par rapport à son hérédité potentiellement défaillante que l’on trouve dans les évangiles selon Matthieu (chapitre 1) et selon Luc (chapitre 3). C’est bien NOTRE chair qu’il a portée et non celle d’une sainte vierge fantasmatique, où s’accrocheraient nos désirs incestueux inconscients (inceste père-fille, comme inceste mère-fils, Jésus étant aussi le représentant du Père, ne l’oublions pas).

Faisons donc bien attention, que nous soyons catholiques ou protestants, car, selon Jésus, ce qui semble le plus important pour nous n’est pas qui est ce Fils de l’homme, sa nature échappant en bonne part à notre compréhension limitée, mais ce que nous disons de ce Fils de l’homme. Ce que nous enseignons, ce que nous dogmatisons et surtout ce que nous en pratiquons. « Que disent les hommes à mon sujet ? Qu’est-ce qu’ils en font ? » s’inquiète Jésus. « Et vous, mes disciples, mes fidèles, qui dites vous que je suis ? »

La réponse de Pierre, jaillie du cœur, montre sa foi. Car c’est en croyant du cœur (le lev hébraïque, qui embrasse la volonté) que l’on parvient à la justice (Épître de Paul aux Romains, 10.10). La suite de l’expérience de Pierre, plutôt humiliante, montre cependant qu’il n’avait pas encore mesuré toute l’étendue et les implications de sa réponse. Quoi ? Ce Fils de l’homme est aussi « le Fils du Dieu vivant » ? Mais oui ! Donc la famille humaine et la famille divine peuvent être réunies, réconciliées, rapprochées, sans qu’aucune des deux ne perde ses caractéristiques propres. Merveilleuse nouvelle ! Le mal n’est plus une fatalité. Rien, ni sur la Terre (le monde naturel, celui des humains) ni dans l’Hadès (le monde inférieur, surnaturel, des anges déchus) ne peut faire obstacle à notre rédemption sans notre accord. Donc, si nous le permettons, nous ferons bientôt partie de la société des anges, près du trône de Dieu, comme l’apôtre Jean l’a vu dans son apocalupsis (révélation, en grec). Reconnaissance suprême, réintégration sociale absolue. La Vie et le Bonheur sont là, possibles, certains, accessibles à tous !

Nul doute que Jésus peut bâtir son Eglise sur une telle réalité, réalité qu’il a lui-même forgée, patiemment, douloureusement, triomphalement. Il a fallu toute la perversité de Satan et de ses anges pour voiler aux yeux des religieux et donc du peuple cette lumineuse ouverture sur notre avenir et en faire un simple népotisme, une nouvelle monarchie religieuse fondée sur la soi-disant succession de Saint Pierre et sur la filiation « immaculée » de la soi-disant « mère de dieu », ce dernier blasphème étant aussi proprement inhumain que les Exercices spirituels d’Ignace de Loyola.

Quelle responsabilité pour « l’Eglise », « l’assemblée » (version Darby), de partager cette nouvelle-là, d’en informer le monde ! Les vrais Lumières sont là. Certes ce n’est pas en puisant aux sources théologiques polluées de la jésuitique université de Louvain que les futurs pasteurs adventistes de la faculté adventiste de théologie de Collonges-sous-Salève apprendront comment partager ces nouvelles, après tout subversives. Mais laissons-là les courbettes des religieux devant les pouvoirs et les autorités de ce monde de ténèbres pour retourner aux lumineuses vérités des révélations bibliques.

 

Voilà donc ce que nous pouvions dire, entre autres, pour le contexte immédiat de la fameuse déclaration de Jésus à saint Pierre. Réfléchissons à présent au contexte plus large. Que disent les auteurs bibliques sur ce roc (grec petra), roc séculaire, insubmersible, inébranlable, sur lequel Jésus compte structurer son « armée » de fidèles témoins, dans ce monde pourri par la philosophie du profit issue des mensonges de Lucifer et corrompu par les manipulations perverses de ses disciples d’inspiration maçonnique ?

Et d’abord qu’en dit Pierre, le saint apôtre romain catholique, lui-même ???

« Si vous avez goûté que le Seigneur est bon, approchez-vous de lui [et pas des prêtres], pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu, et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, en vue d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ ; car il y a dans l’Ecriture : Voici, je pose en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse, et celui qui croit en elle ne sera point confondu. L’honneur est donc pour vous qui croyez. Mais, pour les incrédules, la pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la pierre angulaire et une pierre d’achoppement et un rocher de scandale. Ils s’y achoppent pour avoir désobéi à la parole. » 1 Pierre 2.3-8, cité dans Ellen WHITE, Jésus-Christ, p. 594, §2.

Voilà, on pourrait s’arrêter là, tout est dit. La Pierre sur laquelle Jésus entend bâtir son Église, c’est lui-même, selon saint Pierre. A l’appui de sa « démonstration » (démonstration analogique, fondée sur la conviction et non sur la logique mathématique), Pierre appelle même en renfort un prophète de la Bible hébraïque, Ésaïe en l’occurrence (28.16 et 8.14). Pierre se réfère à Ésaïe et Ellen White se réfère à Pierre, montrant une fois de plus que « les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes » (1 Corinthiens 14.32), dans l’inspiration biblique du moins, une inspiration authentiquement hébraïque et divine (ce qui n’est pas forcément partout, ni des écrits des Mormons ni des visions de Pie XII…). Le lecteur pourra aussi rechercher dans une concordance biblique les différentes occurrences prophétiques des mots pierre, roc, rocher, etc. Il fera assurément une riche moisson, divine et non humaine.

Notez que les opposants à la pierre vivante sont ceux qui désobéissent à la parole. Par rapport à cette prééminence de la parole, nous renvoyons ici nos lecteurs aux écrits de Alonzo T. Jones et Ellet J. Waggoner,deux auteurs adventistes fameux en leur temps sur les sujets de la foi et de la parole.

Ceux qui désobéissent à la parole sont ceux qui veulent remplacer la PIERRE éternelle, Jésus, vrai Homme et vrai Dieu, par une pierre de leur propre cru, par exemple saint Pierre en tant que pape, prétendu pontifex maximus, c’est-à-dire substitut du Christ. Or le Christ, le Messie hébraïque, est le seul pont valable entre Dieu et les hommes. Attention ! Tous ceux qui désobéissent à la parole, d’une façon ou d’une autre, sont susceptibles de participer, de près ou de loin, à l’esprit de la papauté, donc à celui de Satan. A bon entendeur…

« Au contraire, pour ceux qui croient, le Christ est un sûr fondement. Car ils sont tombés sur le Rocher et s’y sont brisés. Ceci veut dire soumission au Christ et foi en lui. Tomber sur le Rocher et s’y briser signifie renoncer à la propre-justice, aller au Christ avec une humilité enfantine, en se repentant de ses transgressions, en croyant à l’amour qui pardonne. C’est aussi par la foi et l’obéissance que nous sommes édifiés sur le fondement du Christ. » Ellen WHITE, Jésus-Christ, p. 594 §3.

Continuons à citer largement cet auteur inspiré pour souligner une fois de plus la cohérence entre les prophètes bibliques et les vrais prophètes non bibliques. Tous, prophètes et apôtres, puisent abondamment aux mêmes eaux vives de la pensée inspirée prophétique hébraïque. En témoignent ci-dessous le nombre impressionnant de citations et d’expressions tirées des écrits des prophètes ou des apôtres bibliques, toujours utilisées dans le même esprit qu’eux.

« Juifs et Gentils peuvent également bâtir sur cette pierre vivante. Elle est assez large et assez forte pour soutenir le poids et le fardeau du monde entier [ce qui n’est certainement pas le cas de la papauté, en tous cas pas pendant la Seconde guerre mondiale]. Unis au Christ, la pierre vivante, tous ceux qui sont édifiés sur ce fondement deviennent autant de pierres vivantes. Bien des personnes veulent se façonner, se polir, s’embellir par leurs propres efforts; elles ne peuvent devenir des pierres vivantes faute d’être unies au Christ. Personne ne peut être sauvé en dehors de cette union. Impossible de résister à la violence des tentations si l’on ne possède en soi la vie du Christ. Il n’y a de sécurité éternelle que pour celui qui construit sur le fondement solide. Aujourd’hui, quantité de gens construisent sur des fondements non éprouvés. Quand la pluie tombe, et que la tempête fait rage, produisant une inondation, la maison s’écroule, n’étant pas fondée sur le Rocher éternel, la pierre angulaire, le Christ-Jésus. » Ellen WHITE, Jésus-Christ, p. 594 §4.

« Pour ceux qui “s’y achoppent pour avoir désobéi à la parole”, le Christ est un rocher de scandale. Mais “la pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la pierre angulaire”. Tout comme la pierre rejetée, au cours de sa mission terrestre le Christ a été négligé et maltraité. “Il était méprisé, abandonné des hommes. Homme de douleurs, connaissant la souffrance, il inspirait le mépris ... et nous n’avons fait aucun cas de lui.” Mais le moment de sa glorification approchait. Par sa résurrection d’entre les morts il allait être “déclaré Fils de Dieu avec puissance”. Il sera manifesté en qualité de Seigneur du ciel et de la terre à sa seconde venue. Ceux qui étaient sur le point de le crucifier le reconnaîtront alors dans sa véritable grandeur. A la vue de l’univers, la pierre rejetée deviendra la pierre angulaire. » Ellen WHITE, Jésus-Christ, p. 595 §1.

“Et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera.” Le peuple qui rejetait le Christ assisterait bientôt à la destruction de sa capitale et de sa nation [en l’an 70 après Jésus-Christ]. Sa gloire s’évanouirait, dispersée à tous les vents comme de la poussière. Or qu’est-ce qui a amené la destruction des Juifs ? C’est le rocher sur lequel ils eussent pu bâtir en toute sécurité. Mais la bonté de Dieu a été méprisée, la justice bravée, la miséricorde dédaignée. Les hommes se sont mis en opposition avec Dieu ; tout ce qui aurait pu contribuer à leur salut a été changé en un moyen de destruction. Tout ce qui tendait à la vie, dans la pensée de Dieu, est devenu instrument de mort [on croirait lire ici une définition de l’enseignement d’Ignace de Loyola]. Le sang versé au Calvaire a entraîné leur ruine présente et future. Il en sera de même au grand jour final, quand le jugement frappera ceux qui auront rejeté la grâce divine. Le Christ, rocher de scandale, leur semblera alors une montagne vengeresse. La gloire de son visage, qui apportera la vie aux justes, sera un feu consumant pour les méchants. Le pécheur sera détruit pour avoir rejeté l’amour et méprisé la grâce. Ellen WHITE, Jésus-Christ, p. 595 §2.

« Par des images variées et des avertissements répétés Jésus montra ce qui arriverait aux Juifs qui rejetaient le Fils de Dieu. Ses paroles s’adressent à tous ceux qui, dans tous les siècles, refusent de le recevoir comme leur Rédempteur. Tous ces avertissements les concernent. Le temple profané, le fils désobéissant, les méchants vignerons, les constructeurs dédaigneux : tous ont leur contrepartie dans l’expérience de chaque pécheur qui, s’il ne se repent, subira la condamnation annoncée. » Ellen WHITE, Jésus-Christ, p. 596 §1.

 

Qui dites vous que Jésus est ? Aimez-vous Jésus et son enseignement ? Aimez-vous la mission qu’il vous propose, glorifier Dieu en prenant soin de vos semblables et en manifestant le même amour que celui qu’il a manifesté en portant notre chair ? Aimer Jésus, aimer le Fils de l’homme et le Fils du Dieu vivant, tout est là.

D’où la question de Jésus à Pierre lorsqu’il retrouve ses disciples, après sa résurrection, au bord du lac de Galilée :

« La question que le Christ adressa à Pierre a une profonde signification. Il n’y a qu’une condition à remplir pour être disciple et pour entrer au service de Jésus. “M’aimes-tu?” demande-t-il. C’est la chose essentielle. Quand bien même Pierre eût possédé toutes les qualités, il n’aurait pu, sans l’amour du Christ, être un berger fidèle pour le troupeau du Seigneur. La connaissance, la bienveillance, l’éloquence, la reconnaissance et le zèle sont de précieux auxiliaires dans cette bonne œuvre ; mais, si le cœur n’est pas rempli de l’amour de Jésus, l’œuvre du ministre chrétien est vouée à un échec certain. » Ellen WHITE, Jésus-Christ, p. 815 §1.

Après son reniement honteux, Pierre était en bien mauvaise position pour jouer un rôle dans la future assemblée des croyants en formation. Non seulement il n’était pas appelé à dominer sur l’ensemble de l’Eglise, tel un pontife arrogant et hypocrite, mais il risquait à présent de ne plus avoir la confiance de ses pairs. Il fallait que Jésus le réhabilite, vraiment, non dans ses supposés pouvoirs mais dans son humanité de disciple, soumis à Jésus et égal à ses pairs. Mais, encore une fois, le commentaire divinement inspiré est bien plus pertinent que tout ce que nous pourrions déblatérer. Nous n’en citons ici que quelques extraits, pertinents à l’appui de notre critique de la prétendue primauté de Pierre.

« Les paroles: “Suis-moi”, renfermaient pour Pierre de riches instructions. Cet enseignement ne s’appliquait pas seulement à sa mort, mais à chaque détail de sa vie. Jusqu’à ce moment-là, l’esprit indépendant de Pierre avait essayé d’élaborer des plans pour l’œuvre de Dieu, au lieu de se conformer simplement aux plans divins. Mais il n’avait rien gagné en courant devant le Seigneur. Jésus lui dit: “Suis-moi.” Ne cours pas en avant, car tu devrais affronter seul les armées de Satan. Laisse-moi aller devant toi : ainsi tu ne seras pas vaincu par l’ennemi. » Ellen WHITE, Jésus-Christ, p. 816 §2.

« Tandis que Pierre marchait auprès de Jésus, il s’aperçut que Jean les suivait. Il eut le désir de savoir ce que l’avenir réservait à cet autre disciple, et il dit à Jésus: “Et celui-ci, Seigneur, que lui arrivera-t-il? Jésus lui dit: Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe? Toi, suis-moi.” Pierre aurait dû penser que le Seigneur lui révélait ce qui lui était le plus utile. C’est le devoir de chacun de suivre le Christ, sans s’inquiéter de la tâche assignée à d’autres. En disant, à propos de Jean: “Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne”, le Seigneur ne s’engageait nullement à le maintenir en vie jusqu’à son retour. Il ne faisait qu’affirmer sa puissance suprême, et remarquer que même s’il lui avait plu d’agir ainsi, cela ne regardait Pierre en aucune façon. L’avenir de Jean et de Pierre était entre les mains du Seigneur. L’un et l’autre n’avaient qu’à le suivre, avec obéissance. » Ellen WHITE, Jésus-Christ, p. 816 §3.

« Combien de personnes ressemblent à Pierre aujourd’hui ! Elles s’occupent tellement des affaires et des devoirs d’autrui, qu’elles en négligent leur propre devoir. Notre tâche consiste à regarder au Christ et à le suivre. Nous apercevons des fautes et des défauts de caractère chez nos voisins car l’humanité est pleine d’infirmités. Mais nous trouverons la perfection en Christ ; c’est en le contemplant que nous serons transformés. » Ellen WHITE, Jésus-Christ, p. 816 §4.

« Jean parvint à un âge très avancé. Il assista à la destruction de Jérusalem, et vit la ruine de son temple majestueux, — symbole de la ruine finale du monde. Jusqu’à ses derniers jours Jean suivit de près le Seigneur. Il ne cessa pas d’adresser aux églises cette recommandation pressante : “Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres. […] Celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.” » Ellen WHITE, Jésus-Christ, p. 817 §1.

Remarquez qu’il est question avant tout d’amour du prochain plutôt que d’exercice du pouvoir ou de l’autorité ecclésiale.

« Pierre fut réintégré dans l’apostolat, mais les honneurs et l’autorité qui lui ont été conférés par le Christ ne lui ont pas donné la suprématie sur ses frères. C’est ce qui ressort de la réponse du Christ à la question de Pierre: “Et celui-ci, que lui arrivera-t-il?” Jésus répond : “Que t’importe? Toi, suis-moi.” Pierre n’a pas été placé à la tête de l’Eglise. La faveur que le Christ lui a témoignée en lui pardonnant sa défection, et en le chargeant de paître son troupeau, ainsi que la fidélité avec laquelle Pierre a suivi le Christ, lui ont gagné la confiance de ses frères. Grande était son influence dans l’Eglise. Mais Pierre n’oublia jamais l’enseignement que le Christ lui avait donné, près de la mer de Galilée. Ecrivant aux églises sous la direction du Saint-Esprit, il [Pierre] leur dit :

[Car, en effet, il convient de laisser le dernier mot à l’apôtre Pierre lui-même !]

“J’exhorte donc les anciens qui sont parmi vous, moi, ancien comme eux [et non primus inter pares !], témoin des souffrances du Christ et participant à la gloire qui doit être révélée : Faites paître le troupeau de Dieu qui est parmi vous, non par contrainte, mais de bon gré selon Dieu ; ni pour un gain sordide, mais avec cordialité; non en tyrannisant ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau; et, lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous remporterez la couronne incorruptible de la gloire.” 1 Pierre 5.1-4. Ellen WHITE, Jésus-Christ, p. 817 §2 et 3.

« Moi, simple ancien (presbuteros et non episcopos, évêque, en grec), comme eux » : sans prérogative ni pouvoir particulier, soumis au Christ comme eux. Le grec dit « ancien avec eux », comme le traduit plus justement la TOB, pour mieux souligner que tous travaillent ensemble, en toute égalité et respect mutuel, comme il convient à des imitateurs du Christ. Aucun pape, aucune curie romaine en vue, ici. Aucune administration hiérarchisée, même pieusement et démocratiquement dénommée « conférence générale » non plus.

Où et quand le Christ a-t-il imposé des rituels, des dogmes, une hiérarchie ecclésiale ? Quand a-t-il écrasé les autres de son arrogante supériorité ? Quand s’est-il arrogé le pouvoir de modifier et d’interpréter les lois divines ? Quand s’est-il réservé l’autorité d’enseigner et d’expliquer les saints écrits ? Quand a-t-il thésaurisé les écrits des prophètes pour les tenir hors de la portée du peuple, jugé ignorant et trop stupide pour comprendre toutes les subtilités de la théologie ou du sanctuaire céleste ? Quand a-t-il persécuté et poursuivi en justice ses opposants ?

Le très crispé White Estate et l’administration de l’Église adventiste du septième jour en général feraient bien de s’inspirer davantage de l’attitude de l’apôtre Pierre que de celle de la papauté.

 

Ainsi, à la lumière des Saints Écrits, les propos de Jésus à Pierre deviennent clairs : « Moi aussi, je te dis que tu es petros, simple caillou, issue des lignées humaines faillibles. MAIS, sur cette petra-là, particulière, dont tu viens de parler, sur ce roc sur lequel tu mets ta foi (« le Christ, le fils du Dieu vivant »), je bâtirai mon Église. Pas de doute.

Simple caillou humain, Pierre peux être déstabilisé, même balayé par l’adversité. Mais le roc du Fils, vrai homme et vrai Dieu, ne peut pas être ébranlé. Tout être humain peut s’y poser et s’y (re)construire, avec l’ensemble des croyants, égaux dans la soumission au Christ. AMEN.

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