Rappelons quelques faits historiques. L’Eglise chrétienne a été récupérée par le pouvoir romain au 4e siècle, à l’époque de l’Empereur Constantin. Ce début d’une folle course au pouvoir a engendré de profondes mutations dans sa théologie et ses pratiques. Une des premières conséquences a été la mise à distance des juifs, pourtant à l’origine du mouvement messianique dit chrétien. Le mépris de plus en plus affiché vis-à-vis des juifs a repoussé de plus en plus les juifs loin de la foi au Messie Jésus. Dieu tiendra l’Eglise pour responsable de cette véritable déchristianisation des juifs messianiques qui s’est opérée progressivement pendant les premiers siècles de notre ère.

De plus en plus arrogante, l’Eglise chrétienne, devenue romaine, a valorisé de plus en plus le jour de repos officiel de l’empire romain, le dimanche, et délaissé de plus en plus le shabbat biblique que YAHVEH avait béni pour toute l’humanité dès la création du monde. Le shabbat a été de plus en plus stigmatisé comme « juif » et ainsi la loi de Dieu méprisé et rejetée. Plus tard, et a postériori selon sa coutume, l’Eglise romaine a même prétendu que le changement, ahurissant d’audace, du Shabbat au dimanche prouvait qu’elle possédait l’autorité divine pour le faire !!!

Au début du 6e siècle, l’évêque de Rome était devenu LE chef de la chrétienté. L’Eglise était tombée tout entière sous une emprise malsaine, antijuive et donc fondamentalement antichrétienne ! L’Eglise chrétienne ne s’est jamais complètement dégagée de cet abus de pouvoir, malgré les réformes.

En conséquence, à partir du 6e siècle, les chrétiens ont dû choisir entre la soumission à l’évêque de Rome ou la marginalisation. Des milliers, peut-être des millions, de croyants ont dû choisir entre l’abandon des principes de leur foi ou la désocialisation, la persécution, les tortures… Le début du 6e siècle, avec la conversion de Clovis, marque aussi le début du Moyen-âge, c’est-à-dire le début d’une fantastique régression, humaine, sociale, artistique, scientifique, médicale… quoiqu’on en dise. L’Eglise était désormais assise sur « le trône de Satan », selon les termes de l’apôtre Jean, le disciple préféré de Jésus. Il en fut ainsi pendant plus de douze siècles, conformément à ce qu’avaient annoncé les prophètes sémites de l’Antiquité (St Jean dans son Apocalypse, au premier siècle, et avant lui Daniel, à Babylone, au 6e siècle av. J.-C.).

Rappelons aussi que, durant les croisades, nombre de juifs et de juives ont été, au passage molestés, spoliés, violés… par des « chrétiens ». Grâce à Dieu, les juifs ont quand même survécu et surtout ont fait survivre les textes originaux de la Bible et la mémoire de la sainteté du jour du Shabbat, tout le long du Moyen-âge. «Souviens-toi du jour du repos», rappelait déjà le décalogue au XIVe siècle av. J.-C. Les humanistes et les réformateurs ont à cet égard une dette de reconnaissance envers les juifs. Ils ne l’ont pas toujours reconnu, les juifs étant toujours plus ou moins considérés comme les « assassins du Christ ». Quelle réduction historique globalisante et quel contresens théologique ! Mais l’Eglise n’a reculé devant aucune vilennie pour conserver son pouvoir sur les consciences.

Rappelons enfin que, tout le long du Moyen-âge et jusqu’à l’époque contemporaine, l’Eglise romaine n’a guére apprécié — c’est le moins que l’on puisse dire — les efforts de différentes personnes pour remettre en valeur, traduire, diffuser les écrits bibliques, des écrits hébraïques, sémites. Le déclin spirituel du protestantisme, depuis le 19e siècle, et la récupération du mouvement bibliste par les jésuites ne doivent pas nous faire oublier cette réalité. L’Eglise romaine ne valorise la Bible qu’en tant que celle-ci ne remet pas en cause son autorité. Si on laissait vraiment parler la Bible, celle-ci deviendrait vite insupportable.

Si l’Eglise « chrétienne » a vraiment renoncé à l’antisémitisme qu’elle remette le repos du Shabbat à l’honneur et qu’elle délaisse le culte dominical ! Si l’Eglise « chrétienne » veut vraiment adorer le Créateur révélé par les Sémites, qu’elle renonce à ses dogmes contre-nature, comme celui de la supériorité « spirituelle » de la virginité sur l’union hétérosexuelle, librement consentie. La sexualité qui transmet la vie a été établie par YAHVEH aux origines du monde. Elle peut servir de rempart contre l’inceste et la pédophilie.

Malheureusement les prophéties bibliques prévoient un autre scénario. La chrétienté ne se dégagera pas de l’emprise maléfique sous laquelle elle est tombée. C’est pourquoi le message du troisième ange de l’Apocalypse (14), invite solennellement les croyants d’aujourd’hui à refuser de se soumettre à l’autorité qui usurpe celle de Dieu en prétendant changer Ses lois et imposer à la place ses propres lois et jours fériés aux croyants. Comme l’écrivait Marie Durand sur les pierres de sa prison : « RESISTER ».