Daniel : une lumière à Babylone

Genèse 3.15 : La tête et le talon

3 Avril 2011 , Rédigé par daniel-lumiere-a-babylone.over-blog.com Publié dans #Textes commentés

Le SEIGNEUR DIEU dit au serpent : «Je mettrai l’hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance. Celle–ci te meurtrira à la tête et, toi, tu la meurtriras au talon.» Genèse 3.14, 15, TOB.

Le verbe hébreu shuwph rendu ici par le verbe meurtrir (TOB) n’est utilisé que dans trois passages de la Bible. C’est peu pour établir sa lexicographie :

— Genèse 3.15, notre passage, qui contient deux occurrences de ce verbe (ce qui est rarement mis en évidence dans les autres traductions).

— Job 9.17 : Lui qui dans l’ouragan m’écrase et multiplie sans raison mes blessures (TOB).

— Psaume 139.11 : Si je dis : Au moins que les ténèbres m’engloutissent, que la lumière autour de moi soit la nuit ! (TOB)

Cependant, dans ces trois passages, le même verbe hébreu, shuwph, a été rendu dans la traduction des Septante (LXX, vers 270 av. J.-C.) par trois verbes grecs différents. Cette diversité providentielle va nous aider à reconstituer le champ sémantique de shuwph. Ainsi nous cernerons plus précisément les enjeux du combat spirituel évoqué dans cette prophétie messianique, prophétie que nous avons commentée par ailleurs dans Le Serviteur de YAHVEH (2).

Dans Genèse 3.15, shuwph est rendu par le verbe grec têreô qui signifie surveiller, tenir sous sa garde, ce qui suggère que les traducteurs de la LXX percevaient plutôt bien le sens spirituel de cette prophétie. Le Messie, descendant de la femme, réussira en effet à tenir en échec la tête du tentateur, donc à garder ses idées venimeuses sous contrôle, à les maintenir à distance de son esprit. De son côté, le tentateur surveillera et même harcèlera le Messie : il sera sans cesse sur ses talons. Il ne cessera pas de le surveiller pour trouver une occasion favorable où lui faire commettre un faux pas, jusque dans les moments les plus cruels de la crucifixion. Mais il ne réussira pas ! Jésus restera ferme : il révélera la vérité sur le caractère de Dieu quoiqu’il lui en coûte. Le mensonge n’aura aucune prise sur son esprit. Au contraire le mensonge sur Dieu sera par lui dévoilé, donc annihilé, tenu sous contrôle. D’où la blessure au talon, et ce n’est pas par hasard si, plus loin dans la Genèse, le mensonge est justement associé au talon*.

Dans Job 9.17, Job a le sentiment qu’un ouragan s’abat sur lui et l’écrase. Ici le verbe  shuwph est rendu dans la LXX par le verbe grec ektripsô qui signifie écraser, extraire, faire jaillir par le frottement ou par le choc. C’est ce qui se passe en effet lorsque l’on écrase la tête d’un serpent venimeux. Le venin, qui symbolise les mensonges sur le divin, jaillit au grand jour. Il ne peut plus être injecté. Cette victoire a néanmoins un prix : le «talon» qui écrase la tête du serpent doit lui aussi rejeter la crédulité aux mensonges sataniques auxquels il a cédé. Cette lutte va engendrer des frottements entre l’humanité du Messie et les forces du mal. Le mensonge doit être extrait de notre esprit humain, ce qui ne peut se faire qu’en collaboration avec le Messie divin qui a porté la nature humaine.

Dans Psaume 139.11, le roi David reconnaît que même les ténèbres les plus épaisses ne peuvent le soustraire au regard bienveillant de Dieu, qui a séparé dès les origines la lumière des ténèbres. Même si ces ténèbres s’abattent sur lui ou l’engloutissent (TOB), Dieu rend la nuit lumineuse comme le jour (verset 12). Ici le verbe hébreu shuwph a été rendu en grec par le verbe katapateô qui signifie marcher sur, fouler aux pieds, ce qui est très concrètement ce qu’il faut faire : écraser la tête du serpent pour mettre fin à son action venimeuse dans l’humain. Mais pour ce faire, il faut dissiper les ténèbres de la méconnaissance de Dieu qui environnent l’être humain. Et pour réussir cela, le Messie devra lui aussi marcher sur nos talons, fouler aux pieds le chemin de notre humanité, celle qui a été touchée, au talon, par les mensonges du serpent. Toutes nos actions sont contaminées par ce venin de l’auto divinisation, donc de l’égocentrisme. Comme l’avait déjà compris le prophète Ésaïe (64.5), prophète messianique par excellence, tous nos actes de justice sont comme un vêtement pollué ! Mais le Messie lui, nous communique réellement SA justice, pour la reproduire en nous, dans notre marche, sur notre chemin.

 

En résumé, nous pouvons dire que la victoire de YAHVEH sur le serpent de l’Eden, dans notre vie, requiert que nous marchions dans les sentiers de la justice, à cause de Son Nom (Psaume 23.3), ce nom qui est au-dessus de tout nom (Philippiens 2.9). Cela n’est possible que parce que le Messie a foulé ce sentier avant nous, au prix de sa vie. Ainsi la tête du serpent a été foulée aux pieds. Ainsi le venin de ses mensonges a jailli au grand jour. Ce venin a été extrait, laborieusement, au prix d’une «meurtrissure» grave pour le Messie. Ces mensonges doivent maintenant être extraits de notre esprit, grâce à la révélation de la bonté et de la beauté morale de Dieu, grâce au Messie. Malgré le harcèlement constant du diable sur notre nature humaine, sensible et faible, le mal peut être circonscrit, maintenu à distance, tenu sous contrôle dans notre esprit, par la foi, afin que nous manifestions dans notre vie les fruits de l’Esprit. Afin que ce soit la tête qui commande dans notre vie et plus le talon. Jacob l’a vécu, nous pouvons le vivre aussi. Vive notre grand DIEU et SAUVEUR, le Messie Jésus !

 

* Le talon dans la culture hébraïque fait référence à l’histoire de Jacob (yaaqov), ainsi nommé parce qu’il tenait son frère par le talon (eqev en hébreu) à la sortie du sein maternel (Genèse 25.26). Par la suite, c’est par la ruse, le mensonge, que Jacob prend à Ésaü son droit d’aînesse. En revanche, quand Jacob renonce à la ruse et reconnaît ses torts, au bout d’une longue nuit de lutte avec Dieu, Dieu change son nom de Jacob (talon) en Israël : celui qui lutte avec, et non contre, Dieu. Ce thème du talon, déjà présent dans cette première prophétie messianique, est aussi un indice littéraire pour montrer que c’est le même auteur, Moïse en première instance, qui rédige le bereshit et l’histoire des patriarches. C’est un argument de plus en faveur de l’unité de la Torah.

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christ amour ignamout 18/05/2017 17:30

merci

christ amour ignamout 18/05/2017 17:29

la femme étant l'épouse et Jésus son époux, alors ici se révèle un mystère des fils, donc la postérité de la femme qui est l'épouse ou l'église; et sa postérité sera donc les chrétiens qui écraseront la tête du serpent conformément à Genèse 3-15, et d'ici il les mordra les talons qui est la séduction, tentation, monsenge, bref sa semence sera permanent, mais pour ceux qui sont des veritables, lors que le venin sera liberer il seront blaisser et le sang coulera; or que type de sang: SANG DE JESUS, plus puissant que toute les remedes de la terre. Apocalypse 12: 15 ils ont vaincus a cause du sang de l'agneau et de la parole de leur temoignage.

NOUS SOMMES PLUS QUE VAINQUEURS EN JÉSUS! D’où Jacob lorsqu'il lutta avec et non contre DIEU, était devenu de DIEU d’où sa nouvelle identité.

merci que DIEU aide ce mouvement a aller plus loin!