Daniel : une lumière à Babylone

Daniel 11 : Guerres de la terre (e)

17 Janvier 2012 , Rédigé par Daniel à Babylone Publié dans #Le livre de Daniel

Daniel 11.36-39Le roi fera tout ce qu’il voudra ; et il s’enorgueillira et s’élèvera[88] au-dessus de tout dieu ; il proférera des choses étranges contre le Dieu des dieux ; et il prospérera jusqu’à ce que la colère[89] soit consommée, car ce qui est décrété sera exécuté. 37Il n’aura égard ni aux dieux de ses pères, ni à l’amour des femmes[90] ; il n’aura égard à aucun dieu ; car il s’élèvera au-dessus de tout. 38Mais, à la place, il honorera le dieu des forteresses. Il honorera avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses et avec les choses les plus désirables, un dieu que n’ont pas connu ses pères. 39Et il agira ainsi dans les remparts des forteresses[91] avec un dieu étranger : à ceux qui le reconnaîtront, il multipliera la gloire ; il les fera dominer sur plusieurs et leur partagera le pays en récompense. (Ostervald)

« Le roi » : l’article défini, indique qu’il faut relier ce passage au précédent ; il s’agit donc d’un pouvoir qui occupe l’attention à ce moment-là de l’histoire, c’est-à-dire au temps de la fin. La longue nuit tire à sa fin, les 1 260 ans de domination papale s’achèvent, le protestantisme a libéré des multitudes de la servitude romaine. A présent, le plus fidèle partenaire de Rome, la France, rejette à son tour les enseignements de l’Église. Là, les mensonges de la papauté n’auront réussi qu’à encourager le vice. Par réaction, l’immoralité la plus déplorable sévit dans l’une des nations les plus cultivées d’Europe ; et la cruauté sanguinaire de Rome trouve un pendant athée dans les excès de la Révolution française.

Pour mieux comprendre à quel point ce phénomène a frappé les esprits, plaçons-nous du point de vue des croyants de l’époque. Au début du XIXe siècle, une partie du protestantisme semble sortir de sa torpeur : on s’aperçoit tout à coup que les livres de Daniel et de l’Apocalypse sont descellés, ouverts à l’étude et à la compréhension. Douze siècles de ténèbres s’achèvent à peine et déjà nombre de sociétés bibliques florissent, principalement dans le monde anglosaxon. On traduit et l’on publie les Écritures à tours de bras. Un mouvement de réveil interconfessionnel se forme autour de l’attente du retour du Messie Jésus. C’est le temps des Lumières : la fin du monde approche !

Ces croyants, d’origine chrétienne, comprenaient le livre de Daniel à peu près comme nous. Leur joie ne connut plus de limites quand ils parvinrent à assembler les pièces du puzzle prophétique en un tout cohérent. La complémentarité frappante existant entre Daniel et l’Apocalypse de Jean était pour eux précieuse : ils l’appelaient la « vérité présente », selon l’expression de Pierre, un disciple de Jésus. De plus, l’actualité venait confirmer régulièrement leur interprétation du livre de Daniel.

Des événements graves en France attirèrent d’abord leur attention. La France, nation puissante, venait de se faire remarquer sur le plan international en aidant les États-Unis à accéder à l’indépendance[92]. Le soulèvement général de cette nation, en 1789, leur sembla accomplir avec précision la prophétie ci-dessus. Chaque détail trouvait sa place dans le tableau inspiré brossé par Daniel. Un projecteur semblait balayer la France et les yeux du monde occidental se fixaient sur elle. En 1793, les gouvernants écartèrent ouvertement l’Église catholique du pouvoir ; Louis XVI, représentant de longue alliance entre le pouvoir politique et l’Église, fut d’ailleurs guillotiné, le 21 janvier. Les politiques rejetèrent en même temps ce qu’ils connaissaient du christianisme. Pour faire bonne mesure, ils livrèrent la Bible aux flammes, tout en ignorant son contenu. La nation française niait officiellement l’existence de Dieu, fait banal au niveau individuel, mais sans précédent au niveau législatif ! Le 4 juillet 1776, les treize colonies anglo-américaines avaient déclaré : « Tous les hommes ont été créés égaux. » A présent le gouvernement français, « le roi » (Daniel 11.36), déclarait l’inexistence du Créateur.

L’évêque de Paris se joignit au concert et avoua publiquement avoir été berné toute sa vie par la religion « chrétienne » ; il nia explicitement l’existence de Dieu. Beaucoup de croyants suivirent son exemple.

Le jeune pouvoir n’eut pas de considération pour le « Dieu de ses pères » : on interdit le culte chrétien et l’on confisqua les objets en métal précieux. Les cloches furent refondues en canons et les ouvrages religieux réduits en cendres. La semaine de sept jours, précieux legs de la culture hébraïque au monde occidental, céda la place au décadi, pendant un temps. La dimension sacrée du mariage fut abolie : ce dernier fut réduit à un simple accord entre deux parties, résiliable selon leur bon vouloir. Cette décision dut être rapidement revue, car elle donna immédiatement lieu à de nombreux abus[93]. Ainsi, « ce que les femmes désirent » le plus, l’attention soutenue et fidèle de l’homme qu’elles aiment, fut méprisé.

Très vite, les excès de la Révolution alarmèrent les responsables de la nation. Si les besoins religieux du peuple n’étaient pas satisfaits, tout ordre social disparaîtrait bientôt. Ils fabriquèrent donc une nouvelle divinité, que « leurs pères n’avait pas connue ». On choisit une femme de réputation douteuse pour incarner la déesse de la Raison et on la proposa au culte populaire en substitut du Dieu traditionnel, à Notre-Dame de Paris. Des cérémonies semblables, qui dégénéraient souvent en orgies, se tinrent dans toute la France.

Dans l’optique des politiques de l’époque, le culte de la déesse raison devait maintenir la cohésion sociale et la loyauté nationale, alors que les armées française songeaient déjà à partir à la conquête du monde pour y porter le nouvel esprit révolutionnaire. Ce nouveau pouvoir athée, imprévu et pourtant prévisible, partageait bien l’état d’esprit et les ambitions de l’ancien Empire romain. Il avait donc tout à fait sa place ici dans la prophétie de Daniel.

Quand il n’est pas altéré, l’enseignement du Messie Jésus peut exercer une influence bénéfique sur la société : progrès intellectuels et techniques l’accompagnent ainsi que la liberté et une légitime prospérité. Au contraire, le paganisme revêtu de l’habit chrétien laisse le cœur humain assujetti à l’orgueil et au culte de la personnalité : l’élévation (gadal) continuelle (tamid) rencontrée au chapitre 8. Cette disposition naturelle de l’homme tend toujours à produire des excès et de la haine, comme ce fut le cas dans la Révolution française, surtout à partir de 1793 et jusqu’en 1799. « Je marcherai à l’aise, car je recherche tes directives », chantait le roi David (Psaume 119.45). L’enseignement du Messie Jésus n’abolit pas un seul commandement de la Torah ; pourtant son joug n’est pas pesant mais léger, en effet il le porte avec nous étant lui-même porteur de l’humanité (Matthieu 11.28-30).

Les chefs de la Révolution et de l’athéisme français voulaient agir dans l’intérêt du peuple et du gouvernement : ils détenaient l’autorité, « les places fortes » évoquées par Daniel (voir 11.39 et note). La confiscation des terres nobiliaires est une des mesures les plus efficaces et significatives de la Révolution. Les deux tiers du territoires, dont une bonne partie était possession ecclésiale, se vendit aux enchères en petites parcelles. La fin de Daniel 11.39 se lit d’ailleurs mot à mot : « et du territoire il partagera avec (be) un gain[94] », d’où la traduction : « en partageant la terre pour un rendement » (Jérusalem). La prophétie ne pouvait être plus précise.

Des vagues de terreur révolutionnaire émergera bientôt une figure non moins spectaculaire : Napoléon Bonaparte, héritier avoué de l’impérialisme romain. Ce personnage éminent du XIXe siècle s’appuiera en partie sur l’Église.

Au début de ce siècle, nombre de chrétiens, protestants et catholiques, ont reconnu leur histoire récente dans cette partie de Daniel 11. Si nous vivions à cette époque, cela nous sauterait aux yeux également.

L’actualité prophétique du XIXe siècle est-elle toujours d’actualité ? Nous pensons que oui, car nombre de signes indiquent qu’à cette époque le Messie Jésus se trouvait dans la possibilité de revenir sur Terre. Il a été d’ailleurs attendu par nombre de ses fidèles, en ces débuts du « temps de la fin ». Ceux-ci, de diverses origines confessionnelles, avaient fondé leurs convictions eschatologiques sur une étude sérieuse et approfondie des prophéties bibliques. Leurs conclusions étaient plausibles et sensées ; ce qu’ils ont découvert reste valable. La Parole du Tout-Puissant ne peut faillir ; ce sont ses fidèles qui ont failli. Ils n’ont pas saisi, par la suite, la « justice éternelle[95] » que le Messie avait établie autrefois (Daniel 9.24) et qu’il comptait bien à présent leur communiquer avec plénitude depuis son temple céleste. Leur échec dans ce domaine a retardé la conclusion du conflit qui oppose le Messie au satan, l’ange rebelle que nous avons déjà évoqué au chapitre 3[96]. Ce délai supplémentaire ne remet pas en question l’interprétation de la prophétie, encore moins son exactitude. Le délai résulte d’un manque de discernement et d’humilité qui a fait obstacle à la puissance des bonnes nouvelles en provenance du trône céleste. Dans son Apocalypse, au chapitre 18, l’apôtre Jean, digne héritier de Daniel, voit la bonne nouvelle[97] illuminer la Terre entière : un quatrième ange arrive en renfort et le message brille finalement de toute sa clarté.

Daniel 11.40Au temps de la Fin, le roi du Midi s’affrontera avec lui ; (puis) le roi du Nord déferlera sur lui avec ses chars, ses cavaliers et ses nombreux navires : il viendra dans les pays, qu’il envahira et traversera. (Jérusalem) (ponctuation modifiée d’après la conjugaison hébraïque)

Après une longue éclipse romaine et papale, puis une révolution athée en Europe, les personnages principaux du chapitre 11, le roi du Nord et le roi du Sud, rentrent en scène. Ces puissances se sont jusqu’alors illustrées dans les portions correspondantes de l’ancien empire d’Alexandre le Grand. Rien n’indique qu’il faille changer ici de modèle d’interprétation. L’ange qui s’adresse à Daniel s’est apesanti sur les nombreux conflits entre le Nord et le Sud afin d’écarter tout doute possible au sujet de l’accomplissement de la dernière partie de la prophétie. Le roi du Sud est donc toujours lié au territoire égyptien, occupé par la culture islamique[98] pendant des siècles, comme l’ancien territoire du roi du Nord, gouverné par la Turquie pendant plus de 400 ans.

La prophétie de ce chapitre s’est montrée jusque-là relativment claire : elle n’a pas fait appel à des symboles. L’ange décrit donc ici un conflit impliquant le Nord et le Sud, « au temps de la fin », qui, nous l’avons vu, commence vers 1798. Or, nombre de croyants de l’époque l’ont observé, une guerre semblable eut lieu à cette époque, entre la France et l’Égypte, puis entre la France et la Turquie soutenue par l’Angleterre. La France venait de mettre fin au pouvoir politique de Rome, en février[99], mais elle n’était pas suffisamment puissante pour s’attaquer à la redoutable flotte anglaise. Elle pouvait tenter cependant d’affaiblir économiquement sa rivale en entravant ses relations commerciales en Méditerranée. Talleyrand, alors ministre des Relations extérieures, voyait dans l’Égypte une proie facile[100]. Il s’agissait aussi d’abattre le pouvoir illégitime des Mamelouks, indépendants de fait de Constantinople, tout en ménageant la Turquie, théoriquement toujours souveraine des lieux. La caste militaire des Mamelouks s’était rendue coupable de nombreuses exactions, non seulement à l’égard des ressortissants français en Égypte mais aussi des minorités chrétiennes, dont la France assurait la protection depuis des siècles. Le général Bonaparte fut donc envoyé en Égypte par le Directoire pour porter les lumières françaises dans le monde islamique[101].

Il embarque à Toulon le 19 mai 1798 ; 170 savants l’accompagnent[102]. Il s’empare de Malte[103] le 11 juin, échappe de justesse à la flotte anglaise et débarque à Alexandrie le 1er juillet. La victoire des Pyramides du 21 juillet lui ouvre la route du Caire, où les Mamelouks sont écrasés. Bonaparte les poursuit en remontant le Nil.

Mais une mauvaise nouvelle vient vite tempérer cette ardeur conquérante : la flotte française, stationnée à Aboukir, est anéantie par l’amiral Nelson, les 1er et 2 août. Bonaparte est immobilisé. Début septembre 1798, le sultan de Turquie, jaloux de la France et exaspéré de voir l’Egypte, longtemps reliée à l’Empire ottoman, devenir province française, déclare la guerre à la France, avec les encouragements des ambassadeurs anglais à Constantinople[104]. Bientôt une armée turque de 50 000 hommes marche vers l’Égypte. Bonaparte décide de se porter à sa rencontre. Il s’empare d’El-Arish en février 1799 puis de Jaffa, début mars.

Cependant un corps de l’armée turque s’est retranché à Saint-Jean-d’Acre[105], au nord de la baie d’Haïfa, et des nuées de musulmans se réunissent dans les montagnes de Samarie, prêts à assaillir les Français quand ils assiégeront le fort. Entre temps, Sir Sidney Smith arrive à Saint-Jean-d’Acre avec deux bateaux anglais : il renforce la garnison turque et capture le dispositif de siège que Napoléon avait envoyé par mer depuis Alexandrie. Très vite, apparaît à l’horizon une flotte turque comprenant des bateaux anglais et russes : les « nombreux navires » du roi du Nord.

Les Français atteignent la forteresse le 18 mars. Malgré ses efforts, Napoléon ne peut prévaloir et, après 61 jours de siège, il abandonne la partie, pour la première fois de sa carrière, et se replie vers l’Égypte le 17 mai[106]. Il arrive au Caire le 14 juin. La victoire de Bonaparte à la seconde bataille d'Aboukir[107], le 25 juillet 1799, évitera à l’armée française d’être prise à revers par un débarquement anglais. Fasciné par le pays et flatté de marcher sur les pas d’Alexandre et de César, Bonaparte, qui avait songé à adopter la religion musulmane[108], décide cependant, début août, de regagner la France où d’autres défis l’attendent… Ces événements, d’actualité à la fin du XVIIIe siècle, ont ouvert les yeux des étudiants de la Bible et ont fortifié leur conviction de l’imminence des « temps de la fin ».

Daniel 11.41Il envahira[109] aussi le pays, joyau (des pays), et de grandes multitudes succomberont. Et voici ceux qui échapperont à ses coups : Edom, Moab et la région extrême des fils d’Ammon. (Colbo)

Ce « pays de beauté » (Darby), ou « de gloire » (Ostervald), est la Palestine (cf. Ézéchiel 20.6, 15). Effectivement les forces ottomanes, avec l’appui brittanique, reconquérirent la Palestine, à peine affranchie du joug islamique turc, et repoussèrent Français et Égyptiens. Il est très remarquable que les populations situées au Sud et à l’Est de la Mer Morte, anciens territoires des Édomites, des Moabites et des Ammonites, restèrent hors de la ligne de passage des Turcs. Ils échappèrent ainsi aux pillages et aux destructions. Ce détail lui n’a pas échappé aux chercheurs bibliques de l’époque.

Daniel 11.42-43(Puis) il étendra la main sur les pays, et le pays d’Égypte ne pourra en réchapper. 43Il se rendra maître des trésors d’or et d’argent et de tous les joyaux d’Égypte, et les Libyens et les Nubiens[110] lui emboîteront le pas.

Le 13 mars 1801, une flotte anglaise débarque à Aboukir, afin d’aider les Turcs à reprendre l’Égypte. Le 28 mars des renforts turcs arrivent par mer depuis la Syrie. Dès mi-mai, toute l’armée française est confinée au Caire et à Alexandrie. Le Caire capitule le 27 juin suivie par Alexandrie le 2 septembre. On signe les premiers accords le 1er octobre, à Londres. Les Égyptiens doivent accepter, à contre-cœur, de dépendre de nouveau de la Turquie.

Le général ottoman Méhémet Ali (1769-1849) prend le pouvoir dans ce pays en 1803-1804. Il élimine les Mamelouks et fait de l’Égypte un état moderne[111]. Mais, selon le récit de la voyageuse Clara Erskine Clément, le nouveau pacha semble s’être soucié d’abord de s’assurer définitivement le gouvernement de l’Égypte[112]. Pour cela, il envoya beaucoup de contributions à Constantinople, au moyen de lourdes collectes d’impôts et de nombreuses expropriations déguisées.

Méhémet Ali finit pourtant par s’opposer à la Turquie (1831-1839) et, en 1840, la perte de l’Égypte[113] confirme la lente désagrégation de l’Empire ottoman, qui marque tout le XIXe siècle, avant l’effondrement final, début XXe.

Daniel 11.44Mais des nouvelles de l’orient et du nord le tourmenteront ; il sortira en grande fureur pour détruire et exterminer la multitude.

Dans les mêmes périodes, une région montagneuse, au carrefour entre l’Orient et le Nord, par rapport à la Turquie, devient le prétexte à de nombreux conflits : le Caucase. Point de jonction entre la Russie et la Perse, à cheval sur la Mer Noire et la Mer Caspienne, le Caucase est convoité par la Russie au moins depuis le XVIIIe siècle, époque à laquelle il est encore sous la double influence ottomane et perse. Mais le XIXe siècle voit les tsars devenir menaçants pour la Turquie. Dès 1801, la Russie annexe la Géorgie. Entre 1813 à 1828, c’est au tour de la Perse de perdre ses provinces caspiennes. En 1828, La Russie déclare la guerre à la Turquie…[114]

Parmi les régions caucasiennes, l’Arménie, coincée entre la Turquie et la Perse, retient particulièrement notre attention par rapport à la prophétie ci-dessus. L’Arménie est partagée entre ses deux puissants voisins dès le XVIe siècle. A partir du XVIIIe siècle elle devient un sujet de rivalité importante entre la Russie, d’une part, et la Turquie et la Perse d’autre part. Le XIXe siècle voit la progression des conquêtes russes et le développement du nationalisme arménien. Les Arméniens, chrétiens en partie dispersés dans l’empire ottoman et la Perse[115], recherchent la protection de la Russie contre le joug musulman[116]. Les conséquence en sont tragiques : les massacres, venus réprimer les révoltes dès 1894, culminent dans le génocide de 1915-1916, où un million d’Améniens, au moins, périront[117].

Mais, dans le même temps, l’Empire ottoman arrive à sa fin : il pert les Balkans[118], puis la Syrie pendant la Première Guerre mondiale. Après 1917, il n’en reste rien : Syrie, Palestine, Liban, Irak et Arabie sont placés, par décision de la Société des Nations, sous protectorat britannique et français et, en 1922, la Palestine connaît le même sort. La religion musulmane reste alors le seul lien, ténu, entre les territoires de l’ancien royaume héllénistique au Moyen-Orient.

Daniel 11.45Puis il dressera les tentes de ses quartiers entre les mers, vers la montagne de sainte beauté. Il s’en ira jusqu’à son terme : pour lui aucun secours. (d’après Jérusalem et Darby)

Ici, la localisation géographique est une fois de plus très claire. Puisque l’on vient d’évoquer le territoire caucasien, lui aussi placé entre les mers, l’ange à soin de préciser : « entre les mers, sur[119] la magnifique montagne sainte » (Semeur), désignant ainsi sans erreur possible Jérusalem, placée entre la Méditerranée et la Mer Morte. Le mot yamim, « mers[120] », peut en effet désigner toute étendue d’eau importante, y compris le lac de Galilée et même le Nil. Quant au mot traduit par « palais » ou « quartiers », ‘appeden, il constitue probablement une dérivation perse de paddan, « champ, plaine »[121], la racine correspondante signifiant « étendre, prolonger ».

Jérusalem est le pôle de la Palestine ; et la Palestine est elle-même devenue, au XXe siècle, le pôle symbolique du monde arabo-musulman[122]. Plus précisément, l’État palestinien, symbole de ses revendications, constitue comme un prolongement symbolique de l’ancien monde ottoman et perse ; et le Dôme du Rocher, dressé depuis longtemps[123] « sur la sainte montagne », fait vraiment figure de bannière du « campement musulman » au Moyen-Orient.

Cependant il convient de rester prudent, le dernier mot n’a pas encore été dit sur ce point. Rien ne prouve en particulier que le personnage du verset 45 soit toujours le roi du Nord des versets précédents. Il pourrait aussi s’agir d’un successeur de cette troisième puissance apparue en Daniel 11.16, qui ne répond à aucune appellation et qui absorbe toute l’attention jusqu’au « temps de la fin » (11.40), bref d’un digne successeur de Rome, mais, cette fois, au niveau mondial.

Dans le partage de la Palestine prévu par l’Onu en 1947, juifs et arabes devaient recevoir des parts à peu près égales du territoire avec toutefois un zone arabe importante centrée sur Jérusalem et englobant tout la Judée. Cependant, au cœur de cette région arabe, Jérusalem et ses environs devaient constituer une zone internationale, donc sous le contrôle des autres nations.

Les événements de 1948 ont perturbé les prévisions de l’Onu. Les possessions palestiniennes en Judée ont été sans cesse grignotées par le nouvel État d’Israël et les Palestiniens ont le sentiment d’avoir été abandonnés par le monde.

Que va-t-il se passer à présent ? Le gouvernement mondial, évoqué dans l’Apocalypse de Jean (chapitre 13), trouvera-t-il un « prolongement » (‘appeden) à Jérusalem, « la montagne sainte » ? Parviendra-t-il à y fonder son autorité, pour quelques brèves heures, avant de s’effondrer sous ses propres mensonges religieux ? Ou bien ce verset annonce-t­il seulement la fin de l’islam conquérant, qui seul s’oppose encore efficacement au nouvel ordre mondial ? Nous devrions le savoir dans un avenir très proche. De toute manière, quand cette puissance, quelle qu’elle soit, « arrivera à sa fin, sans que personne lui soit en aide », Micaël, le grand chef, pourra enfin intervenir et sauver son peuple, tandis qu’une détresse sans précédent s’abattra sur l’humanité (Daniel 12.1).

Le rôle des croyants aujourd’hui est de collaborer efficacement avec Micaël, toujours retenu dans le temple céleste, afin que cette issue dramatique, fondamentalement heureuse puisqu’elle annonce la fin définitive du mal, ne soit plus retardée, comme elle l’a été pendant un siècle. Courage ! Il y a encore de l’espoir !

Placée au carrefour entre l’Asie et l’Europe, la Turquie n’a cessée d’être menacée depuis le début des « temps de la fin ». Elle s’est défendue avec acharnement contre les Russes en 1853, puis de nouveau en 1877 (voir note 118). Chaque fois une aide inespérée des autres nations lui a permis de se maintenir. En grand péril pendant les deux guerres mondiales, elle a pourtant échappé à la destruction. L’Europe de l’Ouest et les États-Unis voulaient à tout prix en effet la soustraire à la domination russe. La Turquie s’est accrochée à la mince bande de terre qui la relie à l’Europe et, à l’heure où nous écrivons, des pourpalers sont ouverts en vue de son adhésion à l’Union européenne.

Les nations comprennent aujourd’hui plus que jamais que la clé du pouvoir universel doit pouvoir ouvrir la serrure du Moyen-Orient. Cette région a le pouvoir d’ôter la paix du monde. La soif du pétrole semblent prédominer sur les autres besoins. Le prix du baril influence l’économie de la plupart des nations du monde. L’islam, qui semblait assoupi, s’est lancé dans une nouvelle guerre sainte afin de ravir la suprématie mondiale aux États-Unis[124].

Nous l’avons vu, la prophétie de Daniel 11 gravite pour l’essentiel autour du Moyen-Orient et de la Palestine. Il est certain qu’elle va connaître là aussi son dénouement. Mais quelque chose semble retenir encore ce dénouement, pourtant déjà entrevu par nombre de croyant au XIXe siècle[125].

Il est très probable en effet qu’à la fin du XIXe siècle tous les ingrédients politiques et religieux nécessaire à la clôture de l’histoire humaine étaient disponibles. Mais une chose, au moins, a empêché l’intervention dramatique de Micaël, le chef de l’humanité : ses fidèles n’étaient pas disposés à l’accueillir ! « Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard, mais il fait preuve de patience envers vous, ne voulant pas que quelques-uns périssent mais que tous parviennent à la conversion. » (2 Pierre 3.9)

Des anges retiennent l’éclatement final des civilisations afin de permettre à l’Esprit divin d’agir encore avec puissance sur notre planète. Depuis 100 ans, des multitudes de personnes, prisonnières des ombres du polythéisme, ont fait connaissance avec le Messie. Combien grande devrait être notre reconnaissance pour ce retard, douloureux pour tous, mais salvateur pour plusieurs. Cependant, quand le verset 45 de Daniel 11 sera accompli, il ne sera plus possible de dire oui au Sauveur des hommes.

Alors Micaël se lèvera, quittera le temple céleste, et viendra sur la Terre, non comme Sauveur mais comme Souverain. Alors ce décret du gouvernement céleste s’appliquera : « Que l’injuste commette encore l’injustice et que l’impur vive encore dans l’impureté, mais que le juste pratique encore la justice et que le saint se sanctifie encore. » (Apocalypse 22.11)

En attendant ce jour dramatique, les nations observent avec anxiété la fin du « roi » de Daniel 11.45, tandis que les fidèles du Créateur guettent pleins d’espoir la sortie du Grand-Prêtre du lieu très-saint. « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur ! » (Hébreux 3.7­8)

PrièreSeigneur, notre cœur se serre devant la solemnité des événements en cours et à venir, dans le ciel et sur la terre. Bientôt ce monde va disparaître. Tu espères que tes fidèles trouvent en Jésus, ton Messie, le vrai libérateur du péché et de l’égoïsme : Seigneur, que ton attente ne soit pas vaine ! Écris notre nom dans ton livre de vie. Amen.

Notes :

[88] Plus précisément : « il s’exaltera (ruwm, cf. 8.11) et se grandira » (gadal, voir chapitre 8). Colbo : « Il se montrera altier et hautain ».

[89] Hébreu za‘am : « colère, indignation, révolte, exaspération ».

[90] Plutôt : « l’objet du désir des femmes » (Darby).

[91] Hébreu mibtseré maoz : « les lieux forts des forteresses » (Darby). Colbo : « Il agira dans l’intérêt des villes fortes » ; maoz, au sens figuré, peut aussi désigner les moyens de protection humains, comme l’État.

[92] Victoire de Yorktown sur le général anglais Cornwallis en 1781, avec l’appui de La Fayette et Rochambeau.

[93] Pour plus de détails, voir l’ouvrage d’Uriah SMITH

[94] « Partagera » : hébreu chalaq, « diviser, répartir, allouer, partager, recevoir une portion » ; « un gain » : machiyr, « prix, gages, échange, payement, salaire, récompense, gain ».

[95] En hébreu, tsadaq ‘olam ; tsadaq signifie « être juste, être droit ». Cette qualité est très souvent attribuée à Yahveh. La justice ou droiture par la foi n’est pas propre au Nouveau Testament. Connue dès les temps les plus reculés, elle fut l’expérience de personnages illustres de l’Ancien Testament : Noé, Abraham, Moïse…

[96] Dans Ésaïe 14.12, le terme hébreu heylel, « le brillant, l’étoile du matin », vient de la racine halal, qui signifie « briller, luire » ou « louer, célébrer », mais aussi « se vanter, se glorifier », et même « agir follement, en insensé ». La lettre yod ajoutée dans heylel indique probablement que ce terme dérive des modes hithpaël et hithpolel qui correspondent précisément à ces deux dernières familles de sens. Ce terme n’est employé qu’une seule fois dans la Bible. Soucieuse d’éviter le polythéisme et de ménager la toute-puissance divine, la Bible hébraïque reste très discrète sur les anges rebelles à Yahveh et sur leur chef, satan, « l’adversaire ». Ce dernier apparaît pourtant au début du livre de Job, sans doute le récit le plus ancien de la Bible. Le début de ce livre n’a d’ailleurs nullement un caractère métaphorique. De plus, les deux passages d’Ésaïe 14 et d’Ézéchiel 28 (quo vide) nous livrent des détails qui ne peuvent s’appliquer qu’à un être céleste. Les rois de Babylone et de Tyr deviennent alors un prétexte, une métaphore, pour en parler à termes couverts.

[97] En grec, euangélos, qui a donné le mot « évangile ».

[98] Ce pouvoir, soulignons-le, cherche toujours à associer la politique à la religion, comme l’ont fait avant lui la papauté et les peuples de l’Antiquité.

[99] Voir chapitre 7. En Italie, Bonaparte a délégué ses pouvoirs au généraux Berthier et Desaix.

[100] « L’Empire ottoman, écrit-il dans un Rapport destiné au Directoire, ne durera pas. La République devrait prendre ses mesures pour saisir, parmi ses débris, ceux qui pourraient lui convenir. Je mets sans hésiter, au premier rang, l'Égypte. (…) Pourquoi nous sacrifierons-nous plus longtemps pour une Puissance (la Turquie) dont l’amitié est équivoque et qui touche à sa ruine ? L’Égypte n’est rien pour la Turquie qui n’y a pas l’ombre d’une autorité. » Talleyrand est l’ancien évêque d’Autun.

[101] L’ambitieux et déjà populaire Bonaparte se pose alors en vainqueur du pape et libérateur des musulmans.

[102] Suite à cette expédition, on découvrit la pierre de Rosette qui permit à Champollion d’établir un dictionnaire et une grammaire des hiéroglyphes. Bonaparte s’assura la collaboration enthousiaste des maîtres de l’École des Langues orientales. Ces érudits rédigèrent à son intention des notes précises sur l’état de la Syrie et de l’Égypte : leurs populations, leurs armées, les religions pratiquées, les ressources du pays, etc.

[103] Les chevaliers de Malte sont les ennemis des musulmans.

[104] Fin décembre, William Pitt, premier ministre anglais, obtient un renversement d’alliance de la part de la Turquie qui accepte de se joindre à la coalition anglo-austro-russe et d’attaquer les Français en Égypte.

[105] Cité prise et fortifiée par les Croisés en 1104, reprise par les musulmans en 1187, puis par la coalition franco-anglaise en 1191. Les croisés la perdront définitivement le 18 mai 1291, date qui marque la fin du siège commencé en 1290 par les Mamelouks et la fin de la présence des Croisés en Terre sainte.

[106] « L’échec devant Saint-Jean-d’Acre a eu des conséquences néfastes énormes sur les évènements qui déchirent le Moyen-Orient depuis deux siècles. En effet, Napoléon avait déjà rédigé une proclamation qui établissait un état d’Israël et tracé ses frontières avec l’état palestinien. » www.napoleonicsociety.com

[107] Le 14 juillet 1799, une armée turque débarque à Aboukir : 18 000 fantassins et cavaliers turcs, transportée par 60 bateaux escortés par 5 vaisseaux de guerre turcs et la flottille britannique du commodore Sidney Smith.

[108] L’histoire de l’islam tient une place importante dans la prophétie apocalyptique. Nombre de chercheurs s’accordent en effet pour reconnaître ce phénomène socio-religieux dans le neuvième chapitre de l’Apocalypse de Jean. Peut-être Dieu veut-il ici aussi attirer notre attention sur ce point. L’islam reste aujourd’hui sous les feux de l’actualité, plus que nous ne pouvions l’imaginer quelques décennies en arrière. Cependant le rôle exact tenu par l’islam dans les événements derniers reste imparfaitement défini. C’est pourquoi nous préférons nous en tenir pour l’instant à l’application historique la plus évidente et attendre d’éventuelles lumières supplémentaires.

[109] Ce verbe à l’accompli, comme les verbes de la proposition précédente, à laquelle il faut rattacher ce début du verset. Ce n’est pas un nouvel épisode, il s’agit donc toujours ici du roi du Nord.

[110] Original : koushim. Les Égyptiens de l’Antiquité appelaient Kush le territoire éthiopien situé au Sud de l’Égypte, aujourd’hui le Soudan. Partiellement islamisé au XVIe siècle, le Soudan est conquis en 1820-1821 par les Égyptiens. La Lybie pour sa part, autrefois sous la tutelle des Ptolémées, est conquise par les Turcs au XVIe siècle. Après une brève période d’indépendance (1710), elle retombe sous l’administration d’Istanboul en 1835. Aujourd’hui encore ces anciens territoires du Roi du Nord et du Sud restent à majorité islamique modérée (sunnite) : Turquie, Syrie, Égypte, Lybie et Soudan.

[111] A noter qu’en 1844, l’Empire ottoman réforme son système monétaire sur le modèle européen.

[112] ''Constantinople, The City of Sultans"", Estes and Lauriat, 1895. 309 pages. Citée par Uriah Smith.

[113] En 1840, les nations européennes interviennent pour éviter que la Turquie, affaiblie, tombe sous la coupe Égyptienne. La Turquie renonce à son indépendance et se place sous la protection de l’Europe. Le 11 août 1840, la nouvelle en parvient à Alexandrie. Cette fin de l’indépendance de l’Empire ottoman avait été prévue, au XIXe siècle, par des croyants du mouvement interconfessionnel de réveil dit « de l’avent ». Nombre de chercheurs avaient en effet calculé à l’avance cette date du 11 août 1840 à partir des indications chiffrées de l’Apocalypse de Jean. Voir à ce sujet, Robert J. WIELAND, L’Évangile dans l’Apocalypse, Bagard : Vérité Présente, 1991, chapitre 9.

[114] Pour plus d’informations, voir l’article d’Eva KOCHKAN, Caucase : L’expansion russe (Voir aussi caucase.over-blog.com).

[115] Par exemple, vers 1860, on compte environ 250 000 Arméniens à Constantinople, soit presque le quart de la population. Plus généralement, la conquête russe du Caucase a entraîné de vastes mouvements migratoires dont on observe encore aujourd’hui les effets.

[116] Pour plus de détails voir : « La renaissance de la nation arménienne, de la poussée russe à la Première Guerre mondiale » sur www.clio.fr, rubrique Chronologie.

[117] A l’heure où nous écrivons, la Turquie nie toujours ce génocide.

[118] Selon Uriah Smith (1832-1903), les « nouvelles de l’Orient et du Nord » font allusion à la guerre de Crimée (1853-1856) entre la Turquie et la Russie. Cette dernière convoitait en effet la région stratégique du Bosphore et des Dardanelles. Cependant, géographiquement et politiquement, les tensions entre Ottomans et Arméniens répondent mieux à la description donnée par la prophétie. La guerre de Crimée n’était qu’une étape dans le processus que nous avons résumé ci-dessus et dont Uriah Smith n’a pu voir l’issue de son vivant. Durant ce conflit, la France et la Grande-Bretagne apportent pour la première fois leur soutien à la Turquie contre la Russie. En 1876-1878, à l’issue de la révolte de la Bosnie serbe et de la Bulgarie, l’Empire ottoman traverse une crise grave et manque d’être écrasé par la Russie. Il faut l’intervention de l’Angleterre pour sauver de nouveau « l’homme malade » de l’Europe. Au début du XXe siècle, les Balkans seront encore le théâtre de guerres sanglantes, à l’origine de la Première Guerre mondiale.

[119] La préposition le peut en effet prendre ce sens. D’autre part, les traductions du type « entre les mers et la montagne » sont à rejeter comme incompatibles avec le texte hébreu, qui emploie deux prépositions différentes.

[120] A noter que, si yamim peut être traduit par un singulier comme par un pluriel, le mot « montagne » lui est ici clairement au singulier.

[121] Dans la Genèse, paddan-aram, « plaine des araméens », désigne la Mésopotamie ; ‘appeden, en revanche, n’est employé qu’ici.

[122] Les tensions entre juifs et arabes s’y font jour dès la fin des années 1920.

[123] Erigée en 691, cette mosquée de Jérusalem est le plus ancien monument de l’islam.

[124] Plusieurs commentateurs voient dans le deuxième monstre d’Apocalypse 13 une alliance politico-religieuse animée par les États-Unis et l’Église universelle. Certains suggèrent que le terrorisme poussera la papauté et l’islam modéré à s’unir. En effet, selon la Bible, deux mouvements religieux principaux subsistent à la fin de l’histoire humaine : a) celui de ce monstre apocalyptique, autoritaire et intolérant ; b) et celui de la « Bonne nouvelle éternelle » (Apocalypse 14), constitué par nombre de personnes soutenues par le Messie Jésus depuis le sanctuaire céleste. Voir Robert WIELAND, L’Évangile dans l’Apocalypse, Bagard : Vérité Présente, 1991, chapitre 13.

[125] Durant le grand réveil de l’avent (1830-1845), un vaste mouvement interconfessionnel a rassemblé des centaines de milliers de croyants, aux États-Unis et dans le reste du monde. Les prophéties apocalyptiques ont livré des trésors insoupçonnés et nombre d’indices montrent que l’Esprit de Dieu soutenait ce mouvement. Lire le témoignage d’Ellen White, qui en a connu les plus forts moments, dans La tragédie des siècles, encore disponible jusqu'il y a peu aux Éditions Vie et Santé.

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