Daniel : une lumière à Babylone

Daniel 11 : Guerres de la terre (d)

17 Janvier 2012 , Rédigé par Daniel à Babylone Publié dans #Le livre de Daniel

Daniel 11.31Et des forces[63] se tiendront là de sa part, et elles profaneront le sanctuaire de la forteresse[64], et ôteront le continuel, et elles placeront l’abomination qui cause la désolation[65]. (d'après Darby)

Imaginez une scène de théâtre, plongée dans l’obscurité, où un projecteur se déplace d’un acteur à l’autre en fonction du centre d’intérêt dramatique. Le chapitre 11 de Daniel est cette scène balayée par un projecteur qui illumine aux bons endroits le drame des 2 300 années de Daniel 8.14. Verset après verset, la prophétie inspirée se focalise sur le pouvoir objet de l’attention divine. Chacun de ces pouvoirs joue un rôle clé par rapport à l’action de Yahveh sur la Terre.

A présent l’attention se porte sur la Rome papale et les allusions au chapitre 8, aux versets 11 à 13 en particulier, se précisent. Ce verset 31 du chapitre 11 vient donc éclairer Daniel 8.11-13, où nous avons vu ce pouvoir religieux, associé au pouvoir politique, élever, « sanctifier » le « continuel dans la transgression » (le paganisme) et jeter ainsi « la vérité par terre » (voir p. 112-113).

A l’époque qui nous intéresse ici (Ve et VIe siècles), la capitale de l’Empire romain s’est déplacée à Constantinople et Rome est livrée aux pillages. L’évêque de Rome apparaît donc, dans un Empire christianisé, comme la personne clé de l’Occident. La papauté est ici sous les projecteurs : elle est en train d’absorber l’essence du paganisme tout en plaçant ses forces vives sous contrôle militaire. Elle reformule les croyances païennes à sa manière et les impose comme des dogmes, avec l’aide des « bras » armés de l’Empereur.

Le « sanctuaire de la force » profané ou pénétré[66] par cette coalition politico-religieuse est probablement « la ville éternelle », qui va jouer un rôle clé pour l’identité de l’Occident chrétien. Distinct du terme qodesh (Daniel 8.14), le terme hébreu miqdash employé ici peut désigner un autre « sanctuaire » que celui de Yahveh, nous l’avons remarqué au chapitre 8 (voir Ésaïe 16.12 et Ézéchiel 28.18 où ce terme peut désigner un sanctuaire païen et même celui de Satan).

La vision (chazon) du chapitre 8 nous a montré deux facettes du phénomène qui cause du tort à Yahveh et fait du mal aux hommes : « le continuel dans la transgression » (8.12) et « la transgression qui désole » (8.13), cette dernière phase étant pire que la première (voir chap. 8). Certes le paganisme, en s’opposant continuellement au Créateur, cause du tort aux fidèles de Yahveh, particulièrement au temps de l’exil à Babylone. Mais « l’abomination qui désole », la papauté, est plus dangereuse car elle prétend occuper la place du Messie lui-même tout en « sanctifiant » le paganisme. Ce développement inattendu et unique dans l’histoire des civilisations n’a pas échappé aux historiens, nous l’avions noté. Citons ici encore deux auteurs : « Plus le christianisme supplantait les cultes païens, plus il en prenait les caractéristiques[67]. » « Le paganisme est une éclipse perpétuelle de la grâce divine. De nombreux chrétiens vivent sous cette ombre néfaste[68]. »

En Daniel 8.11, le continuel était « élevé ». Ici, en 11.31, Rome franchit un pas de plus : le continuel est « supprimé »[69] purement et simplement. Il n’a plus de raison d’être puisque le « christianisme » l’a récupéré : il serait même dangereux pour sa pérennité. Rappelons que les persécutions contre les païens, et les hérétiques, commencent dès le IVe siècle. Par la suite la papauté cherchera toujours à s’allier aux puissances politiques ou à les éliminer si l’alliance s’avère impossible. Les soi-disant successeurs des apôtres de Jésus ont abandonné l’alliance sainte (11.30) par laquelle Yahveh s’engageait à les protéger et les soutenir. Ils ont recherché la protection et le soutien du bras séculier, les « forces » militaires et gouvernementales[70]. Or cela est pire que le paganisme.

En s’arrogeant l’autorité du Christ, la religion papale revêt son habit, mais elle reste fondamentalement païenne : voilà ce que Dieu montre à Daniel dans cette vision de « l’idolâtrie qui désole ». L’enseignement de Jésus est tout opposé à cela, car ses paroles engendrent une foi authentique chez celui qui les apprécie et les observe avec soin. « Amen[71], amen, je vous le dis, déclare-t-il, celui qui entend ma parole et qui croit celui qui m’a envoyé (Yahveh) a la vie éternelle ; il ne vient pas en jugement, il est passé de la mort à la vie. » (Jean 5.24) En effet le ministère et l’enseignement de Jésus confirment de façon éclatante la véracité de la Torah, des livres prophétiques et des Psaumes. Voilà la raison principale pour laquelle le livre de Daniel est parvenu jusqu’à nous.

Daniel 11.32Il fera apostasier[72] par des intrigues[73] les profanateurs de l’Alliance[74], mais le peuple de ceux qui connaissent leur Dieu agira avec fermeté[75].

Les meilleures choses peuvent être corrompues. Les êtres humains n’ont jamais entendu un enseignement plus beau et plus puissant que celui de Jésus. Le Messie est venu magnifier notre compréhension de la Torah. Ses ennemis les plus acharnés n’ont pu le prendre en faute. Son message reste aujourd’hui inattaquable. Satan lui-même a appris à ses dépends l’inutilité de l’opposition frontale. Il lui fallait corrompre les disciples du grand Maître : attaquer de l’intérieur. Pour cela, il s’est servi des évêques et principalement de l’évêché de Rome, la papauté. Afin de pervertir plus sûrement et durablement « ceux qui transgressent l’alliance[76] », l’ange déchu et ses armées ont dû procéder par étapes :

a) Certains Pères de l’Église ont commencé très tôt à interpréter la Bible selon des modes de pensée qui lui étaient étrangers. Le concept d’amour désintéressé, si prégnant dans les écrits des disciples de Jésus, fut sans doute un des premiers à s’altérer. Dans les écrits en grec qui nous sont parvenus, il s’exprime par le substantif agapè et le verbe agapaô[77]. Mais le concept d’éros, très présent dans la pensée héllénistique, s’est progressivement intégré au concept original d’agapè[78]. Parallèlement, l’Église absorbait la croyance en l’immortalité naturelle de l’âme[79]. Éros, dans ce contexte mystique et religieux, représentait l’aspiration naturelle de l’homme à s’élever vers le divin ; agapè, incarné par le Messie Jésus, manifestait l’abaissement de la divinité vers l’homme, par pure bonté[80].

b) Afin de gagner davantage de païens à la nouvelle religion d’État, les pouvoirs politiques et religieux ont altéré les enseignements de la Bible pour permettre la vénération des images. Cependant l’adoration des images est formellement interdite par la Torah. Afin de couvrir cette irrégularité, le second commandement du décalogue sera abrogé et le dixième divisé en deux, dans le catéchisme romain[81].

c) Le véritable jour de repos, le sabbat, mémorial de la création, fut progressivement délaissé puis interdit. Logiquement, l’observation du dimanche, fête du soleil chez les païens, fut la première imposition légale formulée par la coalition — « abominable » selon Daniel — entre l’Église et l’Empire romain, en 321. Ainsi la marque de l’autorité divine fut abandonnée au profit de la marque de l’autorité ecclésiale. Le repos sabbatique est en effet un des principaux signes de l’alliance du Créateur avec des hommes (voir Exode 20.8­11, 31.13 ; Ésaïe 56.4 ; Ézéchiel 20.20). Il est significatif que ce signe d’appartenance ait été l’un des premiers éléments de la Bible hébraïque attaqués par le christianisme, par antisémitisme et par opportunisme politique.

d) La Bible fut soustraite à la vue des fidèles. On la prétendit trop diffcile à comprendre et seulement accessible au clergé. Ce faisant on réduisait au silence l’Esprit divin.

e) La croyance erronée en la survie de l’âme après la mort ouvrit la voie à la vénération des saints. On détourna ainsi l’attention des fidèles qui se porta sur les mérites d’hommes ordinaires au lieu de rester fixée sur le Messie divin. Lui seul en effet peut expier (kaphar[82]) les péchés. L’importance croissante de la Vierge Marie dans ce domaine a abouti à son association au processus de rédemption[83].

f) Les ecclésiastiques s’arrogèrent l’autorité de pardonner les péchés, mais seul Yahveh, par son Messie, peut le faire. L’Église enseigna aux fidèles à se fier à des œuvres méritoires au lieu de compter seulement sur la droiture et le salut offerts par Jésus, le Messie des messies.

g) La liberté religieuse fut bannie. Nombre de croyants furent contraints de professer ce que leur cœur n’approuvait pas, souvent à force de souffrances, physiques et morales. Le clergé avait en effet le droit de recourir à l’emprisonnement, la torture et la mise à mort, et il ne s’en priva pas. Pendant la Moyen-Age, la Renaissance, et jusqu’à l’aube de l’ère moderne, de nombreux croyants connurent le martyre. Leur seul tort était de ne pas reconnaître l’autorité et le pouvoir de l’Église en matière de rédemption. Pour eux, il s’agissait là du « mystère de l’iniquité[84] » prévu par l’apôtre Paul. Ils osèrent donc confesser Jésus comme leur seul Rédempteur.

Ici et là, à toutes les époques, il a toujours existé des croyants qui « connaissaient leur Dieu » (Daniel 11.32), fidèles aux enseignements du Messie Jésus. Parmi eux, les Vaudois du Piémont, reclus dans leurs montagnes alpines, méritent un hommage particulier. Ils ont participé activement à la préservation de la Parole divine et de sa lumière, annoncant ainsi la Réforme protestante. Ils ont gardé la foi dans le ministère du Messie, notre seul prêtre, dans le sanctuaire céleste. Ils ont souffert pour que nous puissions jouir aujourd’hui de la liberté religieuse. Ils sont morts pour que nous fassions vivre et luire encore davantage cette divine réalité. Actuellement encore, des milliers de personnes vivent en rapport avec cette œuvre céleste. Ils n’échangeraient leur foi contre rien au monde, car ils savent qui est leur bienfaiteur. Je vous souhaite vivement de faire partie de ces croyants-là.

Daniel 11.33Les gens réfléchis[85] du peuple en instruiront une multitude, mais ils tomberont sous l’épée, la flamme, la captivité et la spoliation, pendant des jours.

Voilà le sort réservé à tous ceux qui osèrent s’affranchir de la tutelle de Rome, et cela pendant « des jours », 1 260 en tout, soit plus de douze siècles (voir Daniel 7.25). Parmi les premiers, les Vaudois que nous venons de mentionner furent de fidèles disciples du Messie Jésus. Leur épopée commence à Lyon dès le XIIe siècle ; leur mouvement s’étendit et survécut aux massacres, au moins jusqu’au XVIIe siècle. Déguisés en marchands ambulants pour déjouer leurs ennemis, ils parcoururent l’Europe, communiquant les lumières bibliques à la population ignorante qui voulait bien les écouter. Ils gagnèrent ainsi nombre de cœurs au Grand-Prêtre céleste, qui seul peut garder nos pieds du mal[86].

Daniel 11.34-35Lorsqu’ils tomberont, ils recevront un peu d’aide, mais une multitude se joindra à eux par des intrigues[87]. 35Parmi les gens réfléchis, il en est qui tomberont, afin d’être affinés, purifiés et blanchis jusqu’au temps de la fin, car il doit venir à sa date.

Les Vaudois ne furent pas seuls à remettre au jour la Parole biblique. L’Angleterre connut John Wycliffe (1324-1384), la Bohême, Jean Huss et Jérôme de Prague (v. 1370-1416), l’Allemagne, Martin Luther (1515-1546), dont la traduction de la Bible à créé de fait la langue allemande. Le monde francophone dut beaucoup à Lefèvre d’Etaples (1537), Jean Calvin (1509-1564), Clément Marot et d’autres. Malgré leurs défauts et leurs erreurs, ces personnes, et d’autres, ont contribué à la restauration de l’autorité céleste, détournée par l’Église, et il convient de saluer leurs efforts. Grâce à leur enseignement de la Bible, le Grand-Prêtre céleste reprit vie dans l’esprit enténébré des populations européennes. Ni les pouvoirs humains ni les pouvoirs surnaturels ne pouvaient l’empêcher, car ils n’ont aucune prise sur le temple céleste où siège le Tout-Puissant, représenté par son Messie.

Cependant la Réforme de l’Église ne fut pas suffisante et se corrompit. Fatigués des disputes théologiques et institutionnelles incessantes, les réformateurs eurent recours à leur tour aux bras gouvernementaux pour faire triompher la « vérité », au lieu de compter sur le Représentant céleste de l’humanité. A peine sorti des pages de l’Écriture sainte, empoussiérées par les siècles, le précieux message salvateur fut altéré par des intérêts personnels ou nationaux. Les Églises protestantes se mirent elles-aussi à courtiser le pouvoir. « Beaucoup de gens se rallieront hypocritement à eux », avait prévenu l’ange (Daniel 11.34, Semeur). Mais la réforme, le retour à Yahveh, n’attend que nous pour reprendre ! Entrons dans la lignée de ceux qui marchent à la lumière du Messie, à savoir les lois divines (Psaume 119.105). Ceux qui connaissent leur Dieu agiront.

Le temps de la fin devait venir « à sa date » (Daniel 11.35). Or, en 1793, 1 260 ans exactement après l’édit de Justinien (voir 11.29-30 et commentaires), la France invalide l’autorité de l’Église sur la nation. Cinq ans ans plus tard, le pape est arrêté et déporté : son pouvoir temporel est annihilé pour la première fois. Le temps de la fin annoncé par Daniel a désormais commencé !

 

Notes :

[63] Littéralement : « des bras » (zeroah) ; souvent des forces militaires, mais pas toujours : voir Daniel 11.6, où ce terme apparaît deux fois.

[64] En hébreu, miqdash maoz ; maoz vient de la même racine, azaz, que le terme az, « bouc », apparu en 8.5 et 8.23. Miqdash, « lieu consacré », signifie aussi : « asile, lieu de refuge, forteresse, lieu de gloire ». Voir par exemple Psaume 78.69 ; 96.6 ; Ésaïe 8.14. Il ne désigne pas toujours le le sanctuaire de Yahveh : Ésaïe 16.12 ; Ézéchiel 28.18 ; 45.4 ; Amos 7.13. Voir aussi Lévitique 16.33 ; 2 Chroniques 30.8..

[65] Le terme employé ici, shiqqouts, se rencontre 26 fois dans la Bible hébraïque. Il se rapporte toujours à l’idolâtrie ou l’occultisme. On le rencontre trois fois dans Daniel : 9.27, 11.31 et 12.11. Les termes : sanctuaire, forteresse, continuel, abomination portent tous le démonstratif ha.

[66] Le terme chalal en 11.31, presque toujours rendu en français par « profaner », peut être associé au pillage : Ézéchiel 7.21-22. Il est parfois traduit par « récolter, cueillir » : Deutéronome 20.6 ; Jérémie 31.5. Mais l’idée générale est celle de pénétrer dans un endroit particulier ou interdit.

[67] The History of the World, Londres : Word Locke, p. 167.

[68] Alexander Balmain BRUCE, The Galilean Gospel, Edimburg : Macniven and Wallace, 1882, p. 96.

[69] En hébreu suwr, au Hifil, à l’accompli, qui peut signifier : « faire partir, déplacer, emmener au loin, déposer », ou « mettre de côté, rejeter, abolir ».

[70] Les Hébreux sont aussi tombés dans un travers semblable. Les prophètes ont comparé cette trahison à l’infidélité conjugale. Dans l’Apocalypse, l’apôtre Jean compare l’Église à une prostituée qui flirte avec le pouvoir.

[71] En hébreu, la racine aman peut signifier « soutenir, nourrir, élever un enfant, avoir confiance, être fidèle, être fiable, être durable ».

[72] Chaneph au hiphil : « rendre impur, souiller, corrompre, séduire ».

[73] Même racine, chalaq, qu’en 11.21, voir note correspondante

[74] Littéralement : « ceux de l’alliance qui causent la méchanceté » ou « ceux qui rendent l’alliance méchante » (en en déformant le sens).

[75] Plus littéralement : « ceux qui connaissent leur Dieu donneront du courage (aux autres) et ils agiront » (ce dernier verbe à l’accompli, conséquence du précédent). « Fermeté » correspond à l’hébreu chazaq qui peut signifier : « fortifier ; prévaloir ; être fort, courageux ; être ferme, résolu ». Il est ici au mode causatif (hiphil), à l’inaccompli, d’où cette traduction. Chazaq fait écho à chalaq, « intrigues », employé au début du verset. Ce type de jeu sur les assonances, comme l’emploi d’un même mode verbal (ici le causatif) tout le long d’une phrase, est fréquent dans la littérature hébraïque.

[76] Version de Jérusalem.

[77] Agapaô et ses dérivés sont utilisés plus de 300 fois dans le NT. Agapaô est connu dans le grec profane dans le sens « d’accueillir avec affection » (un enfant, un hôte). Il peut signifier encore : « s’attacher à, se contenter de ». Dans la LXX, il sert à traduire plusieurs verbes hébreu, surtout ahav, verbe au sens très large, et parfois racham, qui porte l’idée de compassion.

[78] Les deux concepts ont fusionné dans la notion latine de « charité » (caritas), moyen terme entre les deux et pilier philosophique des doctrines papales.

[79] Cette croyance d’origine « asiatique » (Babylone) et égyptienne s’accordait parfaitement avec le dualisme grec (opposition entre la matière et l’esprit). La Bible au contraire est une des rares sources de l’Antiquité à défendre l’unité indivisible de l’être humain. C’est pourquoi la Torah et les prophètes s’opposent vigoureusement à toute tentative de contacts avec les prétendus défunts (Deutéronome 18.10-11 ; Ésaïe 8.19-20 ; Ecclésiaste 9.4-5).

[80] Agapè n’a pas le caractère chaleureux de philéô ni la force magique d’éros, le concept cher à Platon. Il est presque inexistant dans le grec profane (10 fois chez Homère). Dans la LXX, on le trouve 4 fois, dans les livres poétiques (Ecclésiaste 9.6 ; Cantique 8.6-7). Mais les premiers chrétiens l’ont chargé de sens au point d’en faire un nouveau concept qui a « bouleversé le monde » gréco-romain (Actes 17.6). On peut le rapprocher de l’hébreu chesed, traduit par « bonté, miséricorde, fidélité, amour, faveur, grâce » mais aussi « reproche, honte, crime », cette dernière famille de sens s’appliquant particulièrement à la crucifixion du Messie. La racine chasad peut signifier : « être bon, être aimable, montrer de la bonté », ou « recevoir des reproches, avoir honte de, être rendu honteux ». Pour en savoir plus sur agapè, voir Robert J. WIELAND, Le mot qui tourna le monde à l’envers, Bagard : Vérité Présente, 1990.

[81] La nécessité d'un catéchisme se fait sentir lors des campagnes d’évangélisation ordonnées par Charlemagne (800-814), « empereur des Romains » sacré à la basilique Saint-Pierre. Il soumit les Saxons, un peuple païen irréductible, au bout d’un quart de siècle de luttes. Il en massacra 4 500 près de Verdun, femmes et enfants, à titre de représailles. Ses relations avec le pape Adrien Ier ne furent pas sans nuages, mais il s’appuya tout au long de son règne sur l’Église. Le christianisme formait le ciment entre les peuples de l’Empire, qui n’avaient en commun ni la langue ni les mœurs. Charlemagne est considéré comme le père de l’Europe moderne. (D’après http://francehistoire.free.fr)

[82] A la base, cette racine signifie « couvrir, recouvrir, enduire ». Voir Genèse 6.14. Au mode intensif, elle peut se traduire par « apaiser » (Genèse 32.20) Elle est utilisée pour désigner le couvercle du coffre sacré dans le saint des saints.

[83] Au concile d’Éphèse, en 431, le pape Célestin Ier définit et proclame la « maternité divine ». Au Concile du Latran, en 649, le pape Martin ier proclame sa « virginité perpétuelle ». Le 8 décembre 1854, Pie IX définit le dogme de « l’immaculée conception » qui préserverait la Vierge, dès sa conception, de la tâche du péché originel. Le 1er novembre 1950, Pie XII définit le dogme de l’assomption de Marie, « en âme et en corps ». En 1951, à Amsterdam, elle aurait demandé elle-même, lors d’apparitions, à être nommée « co-rédemptrice, médiatrice et avocate », mais cette question reste controversée. En réalité, ce personnage surnaturel n’a probablement rien de commun, malgré ses prétentions, avec Marie, la mère du Messie mentionnée par les Écritures.

[84] 2 Thessaloniciens 2.7, cf. Apocalypse 17.5 ; « iniquité » traduit le grec anomia qui vient du radical anomos : « païen, celui qui transgresse la loi ».

[85] Racine sakal au hiphil (participe) : « considérer, être prudent ou perspicace, réfléchir, enseigner, prospérer ». Même emploi en Daniel 1.4 (« doués de toute sagesse ») ; 11.35 ; 12.3, 10 (« les gens réfléchis comprendront »). Même racine en 9.13 (« nous n’avons pas discerné ta vérité ») ; 9.22, 25.

[86] Voir Psaumes 40.2, 56.13, 116.8 ; Proverbes 3.21-26 ; Habakuk 3.19.

[87] Même terme qu’en 11.21.

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