Daniel : une lumière à Babylone

Daniel 11 : Guerres de la terre (c)

17 Janvier 2012 , Rédigé par Daniel à Babylone Publié dans #Le livre de Daniel

Daniel 11.23-24A la suite[37] d’une convention qu’on aura passée avec lui, il agira avec perfidie ; il attaquera et aura le dessus avec peu de gens. (Colbo) 24Il entrera dans la prospérité et dans les provinces fertiles, et il fera ce que n’auront fait ni ses pères ni ses aïeux : il leur distribuera butin, prises et richesses, et il forgera des plans[38] au sujet des forteresses, et cela jusqu’à un certain moment. (Traduction libre)

L’ange nous a conduit sans ambiguïté jusqu’à l’époque du Messie, jusqu’à l’accomplissement des 70 semaines : le sacrifice du Prince de l’alliance. A présent, un nouveau parcours va nous mener jusqu’aux temps de la fin et au triomphe des fidèles de Yahveh. Pour cela, l’ange revient d’abord en arrière et ajoute certaines précisions afin que nous n’ayons aucun doute sur le déroulement des événements. Le verset 22 se terminait par le mot beriyt, « alliance », qui désigne l’alliance de Yahveh avec Abraham et ses descendants[39]. Or le verset 23 commence par un autre mot désignant une alliance et venant de la racine chabar qui signifie : « unir, joindre, associer, être allié ». On peut en déduire que ces « accords » (Tob) passés « avec lui » (avec Rome) concernent aussi les Juifs. Or cette alliance avec la ligue juive date de 161 av. J.­C., peu avant les heures glorieuses de l’Empire romain[40].

L’ange veut montrer qu’à partir de ce moment, Rome, puissance militaire encore modeste, va se développer grâce à ses ruses. Effectivement, à partir de cette époque, la suprématie de Rome s’étend inexorablement, sans doute davantage grâce à son organisation et son habileté politique qu’à ses conquêtes militaires. Plusieurs souverains abdiquèrent volontairement devant elle. Des peuples éloignés entendirent parler de l’efficacité de son système juridique et demandèrent à se placer sous sa protection. Rome redistribuait effectivement le butin de ses campagnes et le montant des taxes dans ses différentes provinces. Cette tentative de gouvernement équitable n’avortera que plus tard, lorsque Rome deviendra cruelle.

Les plans « au sujet des forteresses » peuvent désigner les travaux d’embellissement des villes comme les formidables machines de guerres inventées à cette époque (voir note 38).

L’expression « jusqu’à un certain temps », ou « pour un temps » (Darby, Ostervald, Jérusalem), a été comprise par certains comme désignant une année, par analogie avec Daniel 7.25, où un expression assez ressemblante est utilisé dans le texte araméen. Il s’agirait alors d’une année prophétique, soit 360 années littérales (voir chapitre 7), qui débuteraient en 31 av. J.-C., à la bataille d’Actium (voir ci-dessous) et s’achèveraient en 330 de notre ère, avec le déplacement du siège de l’Empire : Byzance devient officiellement la « Nouvelle Rome »[41]. En tous cas, l’ange souligne par là que la domination de Rome sur le monde ne sera pas éternelle.

Daniel 11.25-26Il excitera sa force et son courage contre le roi du Midi avec une grande armée. Le roi du Midi s’engagera dans la guerre avec une armée extrêmement grande et très puissante ; mais il ne tiendra pas, car on ourdira contre lui des machinations[42] : 26ceux qui mangeaient à sa table le briseront, son armée sera submergée et un grand nombre de victimes tomberont.

Antoine, Cléopâtre, Auguste : ces noms illustres sont liés de façon décisive à l’ascencion irrésistible de Rome et l’ange s’attarde de nouveau ici sur eux. La guerre de Rome contre le roi du Midi est ici celle d’Octave contre Marc-Antoine, retranché en Égypte et captif des charmes de Cléopâtre. Aucun des deux hommes ne voulait se contenter d’une moitié de l’Empire. Antoine et Cléopâtre assemblèrent leur flottes respectives ; les rois de Thrace et d’Asie mineure se joignirent à eux[43]. La puissance était de leur côté, mais la prophétie avait annoncé qu’ils ne tiendraient pas. Les forces d’Octave, commandées par l’amiral Agrippa, étaient plus professionnelles. Après plusieurs mois de course-poursuite, la flotte d’Antoine fut prise au piège dans le golfe d'Amvracique, au sud de l'île de Corfou, près d’Actium. Cléopâtre parvint à se dégager et à gagner la pleine mer. Antoine, découragé, l’imita, abandonnant sa flotte piégée par des vents défavorables à une défaite totale. Beaucoup de navires furent incendiés ou pris. Selon Plutarque, 5 000 hommes auraient perdu la vie, auxquels s’ajouteraient 6 000 blessés dont 1 000 n’auraient pas survécu[44]. C’était le 2 septembre 31 av. J.-C.

Écœurés par l’abandon d’Antoine, ses troupes, ses généraux, « ceux qui mangeaient à sa table », et une bonne partie de sa flotte se rendirent facilement. Certains auteurs ont parlé de trahison. Trahi également par Cléopâtre, qui lui avait laissé croire à sa mort, Antoine se suicida un an plus tard.

Daniel 11.27Ces deux rois-là, le cœur prêt à provoquer le mal, ont parlé mensongèrement à la même table ; mais cela n’a pas réussi, car il y a encore une fin à un temps fixé[45]. (Traduction libre[46])

Antoine et Octave n’avaient pas toujours été ennemis. Ils avaient gouverné ensemble. Mais dans leur cœur ils aspiraient tous deux à la domination universelle. Le mariage d’Octavie, soeur d’Octave, avec Antoine avait pour but de sceller cette amitié. Mais cela ne réussit pas : Antoine la répudia, sans doute à cause de Cléopâtre. L’impossible union entre le Nord et le Sud n’était pas à l’ordre du jour.

Daniel 11.28Il retournera[47] vers son pays avec de grandes possessions[48]. Puis, ayant des intentions hostiles contre l’alliance du sanctuaire, il les accomplira puis retournera dans son pays. (Traduction libre)

Octave était maintenant le maître du monde. Il s’empara des trésors des Ptolémées pour les ajouter à son éclatant triomphe à Rome, défilé qui dura trois jours, en l’an 29. On ramena d’Égypte une telle quantité de richesses qu’à Rome la valeur de l’argent baissa de moitié et le prix de toutes les marchandises doubla. Seule Cléopâtre manquait au tableau.

Le 16 janvier 27 av. J.-C., le sénat décerne à Octave le surnom d’Augustus, titre habituellement réservé aux divinités. Il cumule désormais à vie les plus hautes fonctions de la République. Comme Jules César[49], dont il hérite le nom, il reçoit l’autorisation du sénat de porter à vie le titre d’Imperator, d’ordinaire attribué aux généraux victorieux pendant leur triomphe. Dès l'an 28, il est officiellement Princeps senatus (premier sénateur), ce qui lui donne la primauté de parole dans l’assemblée législative[50]. En 13 av. J.-C., il est élu Pontifex maximus (Souverain pontife) et devient à ce titre le garant de la religion d’État. On l’honore sur les autels. Tout cela résulte de la bataille d’Actium, évoquée en 11.25-26.

Rome est à son apogée et le restera jusqu’à la fin du IIe siècle de notre ère[51]. Que fait Rome lorsqu’elle se sent forte et bien établie ? Elle s’attaque à « l’alliance sainte », au sanctuaire de Jérusalem en particulier. La petite corne du chapitre 8, aura d’ailleurs un comportement semblable, nous l’avons vu. N’oublions pas que les « rois » et « royaumes » mentionnés dans ce chapitre ne désignent pas toujours les mêmes personnes ni les mêmes époques. « Son cœur sera contre l’alliance sacrée » (11.28). « Son cœur » ici se réfère certainement à Rome, mais pas forcément à César Auguste. « L’alliance sainte » (beriyt qodesh) désigne le peuple juif et son sanctuaire.

Quand Vespasien fut lui aussi nommé « Auguste », à Alexandrie, en juillet 69 de notre ère, la révolte faisait rage en Palestine, où les Juifs ne supportaient plus le despotisme des gouverneurs romains[52]. Suite à sa nomination, Vespasien dut néanmoins se rendre immédiatement à Rome et laisser son fils, le général Titus, achever seul le siège de Jérusalem, qui dura cinq mois. La famine frappa si cruellement les assiégés que plusieurs femmes en vinrent à manger leurs enfants. Cela correspondait exactement à l’avertissement donné plus de mille ans auparavant par Moïse. Selon ce dernier, si les Hébreux refusaient d’écouter le grand prophète[53] que Yahveh leur enverrait, ils seraient privés de sa direction et de sa protection ; terribles en seraient les conséquences : « Dans la détresse et le désarroi où te réduira ton ennemi, tu mangeras le fruit de ton ventre, la chair de tes fils et de tes filles que Yahveh, ton Dieu, t’a donnés. » (Deutéronome 28.53) Quel sort affreux que celui d’un peuple qui rejette le Sauveur du monde ! En août 70, le magnifique temple lui-même fut détruit et toute la ville rasée.

Daniel 11.29-30A une certaine époque, il reviendra dans le Midi ; mais cela ne se passera pas comme la première fois ni comme la fois précédente. 30Les navires de Kittim[54] viendront chez lui et, découragé, il reviendra indigné contre l’alliance sainte, il agira et retournera. Puis il s’intéressera[55] à ceux qui abandonnent l’alliance sainte. (Traduction libre)

Nous voici maintenant à l’époque où l’Empire romain, menacé, affaibli et devenu ingouvernable, change peu à peu de visage. Avec Constantin Ier, la capitale de l’Empire se déplace à Byzance[56], le 11 mai 330. En 395, la cour de l’Empire d’Occident[57] abandonne temporairement Rome sous la menace barbare. Ensuite, parmi les peuples qui s’emparent de Rome, les Vandales d’Afrique du Nord se distinguent particulièrement. Depuis leur capitale, Carthage, il envoient leurs nombreux vaisseaux à l’attaque de l’Empire. Ils pillent Rome[58] en 455. En 476, la prise de Rome par Odoacre[59], roi des Hérules, confirme l’effondrement final de l’Empire d’Occident, sous la pression des barbares. Son partage entre les peuples européens, représenté par les pieds de fer et d’argile de la statue vue par Nabuchodonosor, devient inéluctable. Le prestige de Rome s’évanouit. Pourtant un autre pouvoir s’apprête à reprendre le flambeau, en dépît des barbares[60].

Comme en Daniel 7.21-25, une « petite corne », hostile à l’alliance sainte, émerge ici du terreau romain. Trois peuples représentant un obstacle potentiel à son ascencion politique se sont emparés successivement de Rome : les Vandales, les Hérules et les Ostrogoths. Nous les avons déjà rencontrés au chapitre 7, représentés par trois des dix cornes de la quatrième bête, Rome. Ces trois cornes, nous l’avons vérifié, ont été arrachées pour faire place à la petite, la papauté.

Justinien (527­-565), le souverain d’Orient, souhaite reconquérir la partie occidentale de l’Empire, à commencer par l’Afrique du Nord et Carthage. Il craint en effet que les « vaisseaux de Kittim » des Vandales ne pertubent ses opérations militaires en Italie et n’entravent les liaisons commerciales. Soucieux de garder le contrôle de l’Église et ayant besoin de son soutien, il décrète, en 533, que l’évêque de Rome, alors Jean II, sera la tête spirituelle de l’Église, d’Orient et d’Occident et le « correcteur des hérétiques ». Naturellement la papauté donna son approbation à ses projets de conquêtes, les Vandales étant des « ennemis du Christ ». Sur le plan théologique, les évêques de l’Église d’alors s’étaient déjà bien éloignés de « l’alliance sainte » du Messie Jésus[61].

Ainsi le gouvernement romain se rapprocha de ceux qui avaient abandonné « l’alliance sainte ». Il est très remarquable que 1 260 ans plus tard, exactement, en 1793, la Révolution française s’éleva contre la religion catholique et entama une politique de déchristianisation, au grand dam du reste de l’Europe. La papauté reçut un coup mortel cinq ans plus tard, en 1798 (voir chapitre 7). Le pape Pie VI fut arrêté par Bonaparte ; il mourut en détention, à Valence.

Or, 1260 ans plus tôt, en 538, les barbares ariens cédaient peu à peu devant les armées de Justinien. Bélisaire, son général, qui avait repris Carthage au Vandales, fin 533, occupa Rome le 10 décembre 536, puis prit Ravenne, la capitale des Ostrogoths, en 540. Certes dès 541 les Goths reprirent Rome ; mais, à partir de 536, le temps des ariens était compté et le pape pouvait compter sur l’Empereur pour s’en débarasser. Effectivement en 562, les combats cessèrent car Justinien contrôlait toute l’Italie. Le choix de la date de 538 est donc arbitraire ; pourtant l’ensemble des événements politiques et religieux du début du vie siècle, des années 530 surtout, accomplit remarquablement les prophéties de Daniel.

Sur le plan religieux, Justinien eut fort à faire avec les querelles christologiques et tenta de rapprocher les adversaires théologiques. Soucieux de préserver Soucieux de préserver l’unité de l’Empire, il n’hésita pas à remplacer les papes trop intransigeants[62] mais il dut aussi composer avec eux dans sa reconquête de l’Italie. Chrétien sincère, il s'estimait, comme Constantin Ier, le dirigeant suprême de l'Église. Le paganisme fut sanctionné. Il persécuta les Juifs, sans résultat au niveau des conversions.

Ainsi le pouvoir romain, du IVe au VIe siècle, causa de plusieurs manières des dommages à « l’alliance sainte », celle de Yahveh et de son Messie avec l’humanité. Ainsi naquit la papauté, qui allait connaître de beaux jours ; mais son apogée correspondrait à l’époque la plus sombre du monde Occidental et peut-être du monde tout court.

 

Notes :

[37] En hébreu, min, interprété ici dans un sens temporel, comme en Daniel 9.25 que le texte vient tout juste d’évoquer. La fin du verset suivant (11.24) pourrait indiquer d’ailleurs la fin de la période qui débute ici.

[38] « Il forgera des plans » correspond à l’hébreu : yechasheb macheshbotav. La même racine, utilisée deux fois, chashab, signifie « penser, projeter, estimer, calculer, inventer ». L’intention n’est pas toujours mauvaise : cf. Jérémie 18.18 et 29.11. Voir 2 Chroniques 26.15 ou elle est utilisée trois fois. Elle peut désigner la création artistique (voir Exode 35.32-35). Dans d’autres cas elle signifie « imputer, compter » (voir Genèse 15.6 et Psaume 106.31).

[39] Ce mot n’apparaît pas moins de 264 fois dans la Bible hébraïque, désignant presque toujours l’alliance de Yahveh avec des hommes.

[40] Opprimés par les Syriens, les Juifs sollicitèrent l’aide des Romains qui les écoutèrent et rédigèrent une convention intitulée : « Décret du sénat concernant une ligue d’assistance et d’amitié avec la nation juive ».

[41] C’est l’œuvre de Constantin le Grand (307-337). La ville ne prendra le nom de Constantinople qu’après sa mort.

[42] Plus littéralement : « on forgera des plans à son sujet ». En hébreu, même expression qu’en 11.24. Voir note 38.

[43] La flotte d’Antoine comprenait cinq cents bateaux, certains avec tours et catapultes, qui portaient 125 000 soldats, mais pas tous de métier. Les rois de Libye, de Cilicie, de Cappadoce, de Paphlagonie, de Comagène et de Thrace, se trouvaient là, en personne, et ceux du Pont, de Judée, de Lycaonie, de Galatie et de Médie avaient envoyé leurs troupes.

[44] Récit d’après www.herodote.net et www.wikipedia.org. Les textes de l’Antiquité sur la description de cette bataille sont peu précis, voire contradictoires.

[45] En hébreu mo‘ed, « endroit convenu, temps fixé, assemblée, réunion, signal ». Même terme au début du verset 29.

[46] Le futur, adopté logiquement par les traducteurs tout au long du chapitre, n’a pas d’équivalent direct en hébreu. L’hébreu ne connaît que deux conjugaisons : l’accompli et l’innacompli, avec des nuances pour chacun. Ici les deux verbes sont à l’inaccompli simple (sans waw) : ce n’est pas la suite du récit.

[47] Inaccompli avec waw : reprise du récit.

[48] Hébreu rekoush : traduit par « matériel » en 11.13 (Tob) et « richesses » en 11.24. Désigne les biens en général.

[49] Titre que l’on retrouve plus tard dans le Kaiser allemand et le czar russe.

[50] En 23 av. J.-C., suite à une maladie, Auguste se fait attribuer la puissance tribunicienne à vie. Elle lui garantit l’inviolabilité et lui donne le droit de proposer des lois au Sénat et d’opposer son veto à celles qui lui déplaisent. La censure l’autorise à dresser des listes de sénateurs, de chevaliers et de citoyens. Il fait éduquer à ses frais, à Rome même, les enfants des rois vaincus afin de les rallier à sa politique. (D’après www.herodote.net)

[51] Soit environ 360 ans (une année prophétique) après le début de l’ascension de Rome (cf. plus haut, 11.23-24). Dès la fin du IIe siècle, la menace barbare se précise, la pression du christianisme s’intensifie et les symptômes de crise économique et politique se multiplient.

[52] Dès l’an 66, les Zélotes, communauté originaire de Galilée, déclenchent une violente insurrection. Retranchés dans la forteresse de Massada, ils préféreront se donner la mort, le 2 mai 73, plutôt que de se rendre aux Romains.

[53] Jésus de Nazareth était à n’en pas douter le Messie annoncé par la Torah, les prophètes et les Psaumes. Mais les principaux chefs religieux de la nation refusèrent définitivement de le reconnaître comme tel et, à partir de l’an 34, cette heureuse nouvelle fut confiée aussi à des non-Juifs. Rappelons que l’an 34 correspond à la fin des 70 semaines de Daniel 9, période soustraite des 2 300 jours de Daniel 8 et spécialement réservée aux Judéens (voir chapitre 9).

[54] Kittim est un terme général pour tous les insulaires et habitants des côtes de la Méditerranée. A l’origine, il désigne les descendants de Javan, fils de Japhet et petit-fils de Noé (Genèse 10.4 ; Nombres 24.24).

[55] Hébreu : biyn. Même verbe qu’en 8.27 et 9.23. En voici quelques sens : « discerner, comprendre, avoir du discernement, être intelligent, considérer, regarder, remarquer, faire attention à ».

[56] Rebaptisée ensuite Constantinople, aujourd’hui Istanboul. A cette époque, le christianisme s’impose dans l’Empire et, à la différence de Rome, la ville sera dépourvue de temples païens et presque exclusivement chrétienne. Déjà en 293, Dioclétien avait déplacé le siège du gouvernement dans quatre villes proches des frontières les plus exposées aux invasions : Milan, Nicomédie, Sirmium et Trèves. Dioclétien abdique en 305 alors que les persécutions contre les chrétiens, initiées en 303, engendrent des troubles, et il meurt en 313, l’année de l’application de l’édit de tolérance. Sous son règne, Rome cessa effectivement d’être la capitale du monde.

[57] Cette année-là, l’Empire est partagé de fait entre les deux fils de Théodose Ier (378-395) qui, plus encore que Constantin, a imposé le christianisme par la législation et par la force (voir www.empereurs-romains.net).

[58] Rome avait déjà été mise à sac en 410, par les Wisigoths d'Alaric Ier. Mais cette fois les trésors du temple de Jérusalem, pris autrefois par Titus, furent emportés en Afrique. Moins d'un siècle plus tard (en 534), le général byzantin Bélisaire, envoyé par Justinien (voir plus bas), mit fin au royaume vandale et emmena le trésor à Constantinople. Ensuite on en perd la trace…

[59] Premier roi barbare d’Italie (476-493). Il reprend la Sicile aux Vandales. Il s’attaque à l’empire d’Orient et est assassiné par l’Ostrogoth Théodoric le Grand, qui envahit l’Italie dès 489 avec le soutien de l’Empereur. Théodoric (454-526) est arien mais tolère le catholicisme. Il favorise la paix entre Romains et Goths. Mais l’Empereur Justinien (527-565) mettra fin au règne des Goths en Italie. Sur ces sujets voir www.empereurs-romains.net et www.herodote.net.

[60] Dès le IVe siècle, les chrétiens sont devenus les vrais maîtres de l'État romain et cela en moins de 30 ans : entre 337 (mort de Constantin) et 363 (mort de Julien l'Apostat). Ce fait reste mal expliqué par les historiens.

[61] Dès le concile de Nicée (325), Constantin fait jeter l’anathème sur le sabbat biblique. Le culte de la reine du ciel, Marie, se manifeste vers 345 ; il est confirmé par le pape Sixte III en 432 puis souligné en 495 dans le cadre de la lutte contre le culte de Cérès. Dès 346, la fête romaine du soleil, le 25 décembre, se transforme en date de la naissance du Christ, suivie par le culte des saints (375), la prière pour les morts (400) et le baptême des nouveaux-nés (416).

[62] En 537, l’impératrice Théodora fait enlever le pape Silvère pour le remplacer par Vigile, supposé moins intransigeant envers l’hérésie monophysite.

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