Daniel : une lumière à Babylone

Comment la voyance pervertit notre sens du sacré

5 Août 2010 , Rédigé par daniel-lumiere-a-babylone.over-blog.com Publié dans #Actualité

Le sacré c’est ce qui pose une frontière entre nous et l’autre. En particulier entre nous et Dieu. Le sacré c’est ce qui sépare, qui met à part, dans une place particulière, pour un usage particulier. Voir l’usage qui est fait des mot « saint(e) » et « sanctifier » dans la Bible hébraïque.

 

Aujourd’hui, Eliette Abecassis, auteur estimé, nous invite à redécouvrir la voyance. Elle nous suggère de « retrouver notre intuition » (sic). Selon son voyant (et gourou ?) Anaël, « la voyance est en chacun de nous ». Je vois pour ma part dans cette démarche une confusion mentale qui cache une tentative plus ou moins consciente d’auto-divinisation.

 

Cette invitation à la voyance était déjà celle du serpent de l’Eden : « Vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux ». Or la suite de l’histoire de l’humanité a prouvé, très vite, le caractère mensonger et pervers de cette nouvelle « philosophie », qui enchanta, littéralement, ve, notre ancêtre commun. Nos yeux se sont certes ouverts, mais sur notre nudité, soudainement devenue honteuse, car privée de l’aura de la présence divine. (voir Le mal extraterrestre)

 

En cherchant en nous la source de la lumière, pour mieux voir, nous sommes manipulés par des anges pervers qui nous plongent dans la confusion mentale : confusion entre nous et Dieu, confusion entre le Créateur et la créature, confusion entre nos attributs et les attributs de l’Autre, confusion aussi entre nous et l’autre, en tant qu’humains.

 

La confusion entre nous et l’autre (humain), est typique de notre société incestueuse (voir Vers une société incestueuse et Homo ou Hétéro ?). Elle se reproduit dans le phénomène spirite — ou pour le moins auto-suggestif et hypnotique — de la voyance. La voyance prétend entrer dans les secrets de notre vie intime. Elle prétend pénétrer notre avenir. Elle donne à un simple humain, non mandaté par Dieu, un accès prétendu aux ressorts cachés de la destinée. Elle instaure une relation malsaine entre deux humains : elle est fondamentalement irrespectueuse de l’altérité qui les constitue chacun individuellement. La frontière entre moi et l’autre disparaît, comme par enchantement. C’est une illusion mortelle.

 

La confusion entre le Créateur et la créature est plus sûrement mortelle encore. C’est le venin du serpent de l’Eden. C’est le désir meurtrier des commencements du monde : celui de tuer le Père pour prendre sa place. Cela peut donner lieu à toutes sortes de pathologies graves et c’est aussi ce qui fonde, par exemple, le refus homophile et le refus pédophile de la sexualité, donc de la diversité, le terme « hétérosexualité » étant un pléonasme.

 

Quatre frontières mais une Porte

 

Pour éviter ces fusionnements pathogènes, Yahveh, le Créateur a pourtant institué, mis à part, plusieurs niveaux de sacrés, plusieurs types de frontières. Le récit fondateur de la Torah (Genèse 1 à 3) nous en livre au moins quatre.

 

a) Une frontière entre nous et les animaux, dont nous sommes nommés responsables hiérarchiques (Nettement plus sain sur le plan psychique que la théorie de l’évolution ! Voir Evolution mais pas fusion). Le respect de cet ordre divin nous aurait évité bien des déboires écologiques. Le problème est que notre pathologie, que la Bible appelle le péché, nous pousse sans cesse à rechercher l’uniformité, quand la nature nous invite à la diversité, et à aspirer à l’homogénéité alors que la vie exige l’hétérogénéité.

 

b) Une frontière entre nous-mêmes : Dieu nous a créé sexués, mâle et femelle. La sexualité nous fonde en tant qu’humains différents, égaux en valeur, certes, mais inégaux en aspirations et en fonctions. Seule la sexualité permet la transmission de la Vie, donc de la Parole. Homo et sexuel sont deux termes s’excluant mutuellement. La faussement nommée « homosexualité » n’est qu’un fantasme. On ne peut parler que d’homophilie.

 

c) Une frontière entre le bien et le mal, entre la Vie et la Mort, symbolisée par un interdit : le fameux arbre de la connaissance du bien et du mal. La loi de l’interdit de l’inceste, qui nous fonde en tant qu’humains, ainsi que la loi de l’ascendance et de la descendance, dont nous aimerions parfois tant nous affranchir, sont déjà présents implicitement dans ce premier interdit.

 

d) Une frontière entre Dieu et nous, implicite dans le geste créateur même et dans les commandements et interdits formulés par Yahveh. Cette frontière est implicite, parce que Dieu est indicible, étant lui-même la source de tout dire. Un point de rencontre est institué cependant : le septième jour de la semaine est consacré pour un usage spécial : il est béni, sanctifié. Le temps devient sacré : il prend une qualité spéciale, entre le coucher du soleil du vendredi soir et celui du samedi soir. Par le portail du shabbat, le lien avec le Père fondateur se concrétise d’une manière unique. Par le portail du shabbat, une restauration de notre filiation nous est ouverte. Pour nous humains, entrer dans « l’éternité » c’est d’abord s’humaniser et non se diviniser.

 

La voyance ignore cette porte d’entrée privilégiée vers le Père, vers la lumière, vers l’authentique « voyance ». Elle méprise les frontières, les barrières de sécurité posées par le Père pour nous protéger du contact pervers avec certains anges. La voyance anesthésie nos capacités d’appréhender le surnaturel et nous met à la merci de toute manipulation perverse. Des êtres malveillants peuvent alors se jouer de notre vie et la pousser dans toutes sortes de direction, y compris la mort. Des personnes sont mortes pour avoir écouté les « prédictions » des voyants. Car si ces prédictions sont menaçantes (cela arrive rarement évidemment…), la terreur et un faux sens de la fatalité risquent de s’emparer de nous et de nous pousser à agir justement dans le sens qui va provoquer la catastrophe annoncée. C’est de la manipulation perverse.

 

Les prédictions « positives » ne sont pas plus saines ni plus profitables, car en orientant habilement notre comportement, elles nous masquent d’autres réalités (moins valorisantes) et empêchent des prises de conscience salutaire. Sans compter qu’elles nous font subtilement abdiquer notre libre-arbitre, donc une part essentielle de notre humanité. L’astrologie, quoique beaucoup plus grossière, fonctionne dans le même registre auto-hypnotique. On étudiera avec intérêt la confrontation entre Daniel, haut fonctionnaire babylonien de l’époque de Nabuchodonosor (début VIe siècle av. J.-C.), et les mages et les devins de sa cour (voir Daniel chapitre 2).

 

La voyance nous fige. Elle nous plonge dans la confusion en masquant les frontières. Elle nous fait perdre ainsi pied dans le combat spirituel invisible qui se déroule sans cesse autour de nous. Elle nous fait perdre le sens du sacré et le pervertit : ce qui devrait être recherché en dehors de nous est recherché à l’intérieur de nous. Le sacré, qui devrait servir à séparer et à clarifier, devient outil de fusion et de confusion. Utilisation perverse de ce qui sert à identifier pour signifier une fausse identité. Perte tragique des repères. Signe parmi d’autre d’une société humaine qui se déshumanise progressivement pour devenir la proie d’un surnaturel malveillant. Signe d’une société qui a choisi la voie du suicide plutôt que celle du retour à l’authentique Paternité. D’où la divinisation de la femme, affichée partout, d’où aussi le culte incestueux de la déesse mère et de l’enfant qui réincarne le mari défunt… Vieux comme le monde !! Religion et perversion vont de pair et l’islam a beau jeu de nous renvoyer à nous-mêmes, voire de nous envoyer promener quand nous voulons lui faire la leçon ! (Cela dit nous avons parfois de bonnes raisons de le faire quand même !) Heureusement, en tous cas, que Yahveh ne va pas nous abandonner à ce triste sort !!! Vive Lui.

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