Daniel : une lumière à Babylone

1 Corinthiens 12.3 : Le Sauveur est le Seigneur

10 Mars 2011 , Rédigé par daniel-lumiere-a-babylone.over-blog.com Publié dans #Textes commentés

De l’Esprit, de l’Esprit, encore de l’Esprit ! Tel est le cri inconscient de l’âme humaine assoiffée, dont l’esprit se dessèche sans le contact rafraîchissant avec l’Esprit du Créateur, qui est aussi l’Esprit de Jésus et du «Dieu qui est le Sauveur de tous les hommes, surtout des croyants» (1 Timothée 4:10). C’était aussi la préoccupation des croyants au messie Jésus de Corinthe à l’époque de Paul (vers 50 apr. J.-C.). Aussi Paul, bon pédagogue et bon pasteur, vient dans sa première lettre à cette assemblée, rappeler quelques règles essentielles afin que les croyants soient sûrs d’être dans le bon état d’esprit au sujet des « phénomènes spirituels » (1 Corinthiens 12.1, Traduction œcuménique de la Bible).

Paul rappelle tout d’abord aux Corinthiens qu’avant leur conversion au messie Jésus, ils étaient déjà familiers des phénomènes surnaturels dont ils étaient les jouets (12.2). A présent, c’est différent : les phénomènes spirituels doivent être maîtrisés et répondre à des critères de véracité bien précis. Mais, avant de leur en donner plusieurs exemples, relatifs au don de prophétie comme à celui des langues, Paul prend bien soin au préalable de souligner l’essentiel : la position de ces phénomènes par rapport au messie Jésus. Quel enseignement sur Jésus, Yoshua, celui qui sauve, en ressort-il ?

«C’est pourquoi je vous le déclare, dit-il, personne, parlant sous l’inspiration de l’Esprit de Dieu, ne dit : «Maudit soit Jésus», et nul ne peut dire : «Jésus est Seigneur», si ce n’est par l’Esprit Saint.» (TOB) Quand Paul ici écrit «je vous le déclare», il utilise le verbe gnôridzô, qui signifie «faire connaître, faire découvrir». C’est presque une révélation qu’il veut leur faire. C’est dire que ce préambule est important. Voyons-en à présent les deux propositions.

 

Personne sous l’inspiration divine ne dit : «maudit soit Jésus». Le terme traduit ici par «maudit» et, dans d’autres traductions, par «anathème» est anathema. Or l’anathema désigne une chose offerte, dévouée à un dieu, pendue au mur ou sur une colonne du temple, une chose offerte sans espoir de rachat, un animal ou une personne vouée à la destruction, à l’interdit. Cette définition semble pourtant assez bien convenir à Jésus, au premier abord. En effet, Jésus n’est-il pas offert pour nos péchés, pendu au bois, donc symboliquement maudit de Dieu, destiné à la mort sans espoir de retour ? Oui, mais Jésus n’est pas un simple anathème, la preuve, il est ressuscité. Jésus n’est pas une simple créature, un vulgaire bouc émissaire, comme le bouc pour Azazel du rituel hébraïque ancien. Jésus n’est pas le sacrifice que les hommes offriraient à Dieu pour l’apaiser : aucune créature, si élevée soit-elle n’aurait ce pouvoir.

Jésus n’est pas sacrifié, comme dans la messe, mais il offre sa vie. Son amour divin pour nous le fait descendre du Ciel pour affronter l’angoisse inimaginable de cette mort infâme, à Gethsémani. Cette mort est quelque part anathème mais c’est aussi «la mort pour tous» selon l’auteur de l’épître aux Hébreux. Dieu — je parle en termes de fonction et non d’essence — descend pour opérer, chirurgicalement, au cœur même de la chair de ses créatures. Ce faisant, il risque lui-même l’anéantissement, au moindre faux pas. Seul Dieu lui-même était moralement capable de s’engager jusque là.

Cependant, il garde une liberté souveraine et divine : sa mort, bien qu’inévitable, n’est pas une simple fatalité, mais le résultat d’un plan concerté et d’un choix maintenu jusqu’au bout. Subir la mort pour tous les hommes : seul le Créateur pouvait se mettre dans cette position. Qu’une simple créature, même la plus élevée de l’univers, subisse la mort à la place de tous les hommes, ce serait non seulement pure injustice, mais totalement inefficace. Inacceptable «juridiquement», du point de vue de l’assemblée céleste.

Mais, ici, celui qui s’offre à la mort totale et définitive, la seule mort acceptable conséquemment à la révolte contre le Père, est le législateur lui-même, le médiateur par qui la loi et été promulguée, mise en valeur. Et Jésus est celui qui porte les créatures : donc «en lui» — selon l’expression inclusive hébraïque favorite de Paul — toutes ses créatures humaines déchues vont pouvoir en toute sécurité subir la mort totale, «anathème», la mort que le mal qui les ronge doit engendrer. Jésus passera victorieusement toutes les épreuves et il ressuscitera. Seul ce qui a été voué par interdit (anathème), c’est-à-dire notre haine de Dieu, ne ressuscitera pas avec lui. C’est pourquoi aujourd’hui son Esprit suffit à nous LIBÉRER de ce mal. Cette haine du Père est anathème, vouée à la destruction pour toujours avec tous ceux qui résisteront jusqu’au bout au Saint-Esprit.

Jésus a porté l’anathème mais il n’est pas anathème parce que Jésus n’est pas une créature, mais le représentant du Créateur et Sauveur — je parle toujours en termes de fonctions et non d’essence. Faire de Jésus une créature, même particulière, c’est faire de lui un anathème, un objet destiné à la destruction pour toujours, ce qui sera effectivement le sort de toute créature s’obstinant à prendre la place que seul le Créateur a le droit et le pouvoir d’occuper. Faire de Jésus une créature, c’est réduire Jésus au mal qu’il a porté. Ce mal ne l’a pas contaminé, grâce à sa soumission à son Père. C’est pourquoi Dieu l’a SOUVERAINEMENT élevé (Philippiens 2), selon la loi énoncée par Jésus lui-même dans les évangiles : quiconque s’abaisse sera élevé. Rien ne prouve davantage la divinité de Jésus que ce trait de caractère dont il a fait preuve avec cette intensité : l’abaissement. C’est pourquoi aussi Paul poursuit en disant :

 

Nul ne peut dire : «Jésus est Seigneur», si ce n’est par l’Esprit Saint. Seul l’Esprit de Dieu peut nous conduire à admettre la présence de Dieu en Jésus. «Pour nous — c’est Paul qui écrit — il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui tout vient et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus–Christ, par qui tout existe et par qui nous sommes.» (1 Corinthiens 8.6) Bel exemple de parallélisme hébraïque. Paul, ici, n’est pas en train de faire de savantes distinctions pour essayer de définir avec précision la NATURE de Dieu et celle de Jésus. Cela n’aurait aucun sens pour lui. Par le biais du parallélisme hébraïque, il se contente de souligner la communauté de fonctions qui existe entre Dieu et son «fils». Celui qui sauve (Joshua, Jésus) est le Seigneur (Adonaï). Dieu est le Sauveur, comme le NT le répète avec force. Le Sauveur et le Seigneur ne font donc qu’un : ils agissent comme un et c’est tout ce qui compte pour nous.

Nous pouvons donc, avec assurance et par l’Esprit, appeler Jésus notre SEIGNEUR, c'est-à-dire notre ADONAÏ (terme mis pour YAHVEH dans la Bible hébraïque). Le fait même qu’il soit devenu un être humain et même qu’il ait porté pour un temps notre chair déchue témoigne avec force que Jésus est bien le Seigneur. Seul l’Esprit de Dieu peut nous conduire à confesser cette MERVEILLEUSE réalité. Notre raisonnement théologique ne le peut pas. Ici notre logique est impuissante : elle doit s’agenouiller devant son Créateur. Il n’y a qu’un seul Seigneur, comme il n’y a qu’un seul Sauveur et les deux ne font qu’un ! Si nous n’acceptons pas, comme de petits enfants, cette réalité qui nous dépasse, c’est que nous cherchons à nous élever à la place de Dieu, comme Lucifer. Deux possibilités s’offrent alors à nous :

— réduire Jésus à une créature, ce qui fait de lui une sorte de robot humain parfait, marionnette entre les mains de Dieu, sans aucune volonté salvatrice propre, solution choisie par les prétendus Témoins de Jéhovah, secte fondée par des jésuites pour diverses expérimentations en milieu non soumis à la papauté ;

— adhérer au dogme de l’immaculée conception qui préserve Marie, la mère de Jésus, de l’hérédité humaine, faisant de Jésus une sorte de robot divin, sans lien de sang réel avec nous, solution choisie par l’Église catholique et sous, des formes plus éloignées, par nombre de «protestants».

On le voit, les deux solutions ne sont que deux déclinaisons de la même pensée fondamentale : Dieu ne peut pas cohabiter avec la chair, donc il ne peut pas nous sauver. Dans les deux cas nous sommes fatalement condamnés au salut par les œuvres, à la rédemption de l’homme par l’homme, déguisée sous toute sorte de religiosité et sous l’apparence d’une grande dévotion à la divinité ou à soi-même.

On dit parfois que Jésus avait une nature humaine non déchue. C’est une réflexion sur l’essence, sur la nature de Jésus, plutôt que sur sa fonction. Or c’est sa fonction qui nous sauve. En disant que Jésus avait une nature non déchue, on signifie aussi que l’essence (divine) implique forcément une fonction (nature non déchue), ce qui sous-entend que nous sommes capables de maîtriser précisément l’essence de Dieu et Son champ d’action possible ! Or, dans la pensée hébraïque biblique, c’est l’inverse : c’est la fonction qui prouve l’essence : Jésus a porté la nature déchue, donc il est Dieu. Car seul Dieu pouvait faire cela, pour tous les hommes.

Il vaut donc mieux de beaucoup faire confiance à Dieu et accepter le Sauveur qu’il nous donne, sachant que Dieu est le Sauveur, comme Paul le répète trois fois dans sa première lettre à Timothée. Le Sauveur est donc Dieu. Il y a donc bien UN SEUL SEIGNEUR, une seule foi et une seule immersion (Éphésiens 4.5) dans sa mort (Romains 6.3). Sachant que si nous sommes ensevelis EN CHRIST nous sommes aussi RESSUSCITÉS EN LUI, AFIN QUE NOUS MARCHIONS EN NOUVEAUTÉ de VIE (Romains 6.4). Comment, dans le référentiel de la foi biblique hébraïque, une créature pourrait-elle produire cet effet miraculeux ???

Ainsi, grâce à l’Esprit de Dieu, nous sommes libres de choisir la VIE et de rejeter les mensonges sataniques colportés par des hommes pervers, assoiffés de pouvoir, accablés de frustrations. Merci à Dieu pour sa Parole ! Merci pour son Esprit qui imprègne la Parole et qui nous guide dans sa compréhension analogique. Car Dieu a «renfermé» tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous (Romains 11.32), mais c’est un autre débat…

 

Autres traductions de 1 Corinthiens 12.3

(Darby) C’est pourquoi je vous fais savoir que nul homme parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit, Anathème à Jésus ; et que nul ne peut dire Seigneur Jésus, si ce n’est par l’Esprit Saint.

(Jérusalem) C’est pourquoi, je vous le déclare : personne, parlant avec l’Esprit de Dieu, ne dit : « Anathème à Jésus », et nul ne peut dire : « Jésus est Seigneur », s’il n’est avec l’Esprit Saint.

(Martin) C’est pourquoi je vous fais savoir que nul homme parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit que Jésus doit être rejeté ; et que nul ne peut dire que par le Saint–Esprit, que Jésus est le Seigneur.

(Nouvelle Bible Segond) C’est pourquoi je vous certifie que personne, en parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit : « Anathème à Jésus ! », et que personne ne peut dire : « Jésus est le Seigneur ! », sinon par l’Esprit saint.

(Parole de Vie) C’est pourquoi je veux vous faire savoir une chose : si quelqu’un parle avec l’aide de l’Esprit de Dieu, il ne peut pas dire : « Que Jésus soit maudit ! » Et sans l’aide de l’Esprit Saint, personne ne peut dire : » Jésus est le Seigneur. »

(Semeur) C’est pourquoi je vous le déclare, si un homme dit : « Maudit soit Jésus », ce n’est en aucun cas l’Esprit de Dieu qui le pousse à parler ainsi. Mais personne ne peut affirmer : « Jésus est Seigneur », s’il n’y est pas conduit par l’Esprit Saint.

(Traduction littérale de Young) wherefore, I give you to understand that no one, in the Spirit of God speaking, saith Jesus is anathema, and no one is able to say Jesus is Lord, except in the Holy Spirit.

Commenter cet article

janic 15/03/2011 12:44


En grec comme en français (pour les versions que je possède) ne mettent de majuscules qu'aux noms propres, c'est pourquoi les mots: esprit, saint, dieu sont en minuscule alors que Jésus est écrit
avec une majuscule.
Donc rajouter des majuscules aux noms communs précédents, c'est de l'interprétation de texte.(ce que chacun peut effectivement faire à sa guise, mais cela ne doit pas se transformer en dogme)


Daniel de Babylone 15/03/2011 11:28


Bon, excusez moi de m'être énervé, mais la traduction littérale que vous proposez, d'ailleurs correcte à première vue, comprenait elle aussi des majuscules et des minsucules mélangées. Donc on n'a
pas compris la cohérence de votre argumentation et l'on a eu l'impression, à tort semble-t-il, que c'est vous qui preniez les gens pour des imbéciles… Proposez-nous vore vision du Christ. On est
impatient de la découvrir à présent.


janic 15/03/2011 08:28


"PS : les minuscules n'existent pas dans les copies qui nous sont parvenues : le texte tout entier est écrit en majuscules, sans ponctuation ni même espace entre les mots."
ce qui revient au même puisque la distinction ne peut-être faites. Votre interprétation n'a pas plus, ni moins d'ailleurs, de valeur que n'importe quelle autre interprétation. Alors cessez, vous
aussi, de vous prendre pour le seul, le bon, l'unique exégète biblique. "Vous serez mesuré avec la mesure dont vous vous serez servi" et prendre les autres (moi en l'occurence et la multitude
d'autres exégètes) pour des "imbéciles".


Daniel de Babylone 14/03/2011 21:35


PS : les minuscules n'existent pas dans les copies qui nous sont parvenues : le texte tout entier est écrit en majuscules, sans ponctuation ni même espace entre les mots. Alors arrêtez d'être
ridicule avec cet argument de mauvais témoins de Jéhovah débutant. Les règles de la typographie française sont indépendantes du (mauvais) grec employés par les juifs messianiques pour traduire leur
pensée hébraïque. On met des majuscules si l'on juge que le contexte et le sens le justifient, dans la typographie française : c'est une traduction, pas une formule magique.
Je ne veux plus voir ce mauvais faux argument prétexte sur mon blog : merci d'utiliser une vraie réflexion (ce que vous n'allez pas manquer de faire : au passage décrivez-nous votre christologie,
svp, parce que critiquer, cela vous avez su beaucoup faire, mais cela n'a aucun intérêt : on ne sait même pas ce que vous croyez, vous (si vous croyez quelque chose, on peut se le demander). Alors
à vous la parole : QUI est Jésus pour vous ??? Sauveur, Seigneur, les deux, ni l'un ni l'autre ?? Et soyez bref, si possible… pas comme moi !!!


janic 12/03/2011 09:46


Et traduction littérale à partir du grec:
"C'est pourquoi je vous fais connaitre que personne parlant par l'esprit de dieu (avec des minuscules)dit: Jésus anathème et personne ne peut dire: Seigneur Jésus, sinon par l'esprit saint (avec
des minuscules aussi)"