Daniel : une lumière à Babylone

« Un prêtre, c’était pour moi comme si Dieu me touchait »

5 Juillet 2017 , Rédigé par Daniel Publié dans #Sexualité, #Actualité, #Immortalité

Comment la pédophilie des prêtres découle du dogme romain de l’immortalité de l’âme.

Le journal 20 Minutes d’aujourd’hui (5 juillet 2017) a choisi de titrer sur le énième scandale de pédophilie qui ternit la réputation de l’Église catholique française. Année après année, les langues des victimes se délient, souvent bien après la prescription des faits, malheureusement. Petit à petit se dévoile le triste tableau de la sexualité d’un clergé qui se voit, théoriquement, imposer l’abstinence pour pouvoir exercer ses fonctions. En cause, l’autorité romaine qui prétend que la virginité a une valeur « spirituelle » supérieure au mariage. Sous-entendu, non avoué, la sexualité est salie par le péché, donc elle rend impropre à toute fonction religieuse décisive.

Saint Pierre, un des piliers de l’Église chrétienne primitive, était pourtant marié. Marie elle-même était fiancée au moment de la conception de Jésus. Le célibat ou la virginité, surtout quand ils ne sont pas choisis, ne sont porteur d’aucune supériorité religieuse aux yeux du Créateur et de la cour céleste. En revanche les actes d’attouchement sexuels sur des enfants, actes par définition imposés et criminels, sont regardés avec horreur par l’assemblée des anges et des juges célestes. Jésus lui-même, pourtant défenseur de la non-violence, peu prompt à la lapidation comme le montre l’épisode de la femme adultère, qui préfère ressusciter les morts que de condamner à mort, déplore cependant :

« Quiconque scandalise un de ces petits qui croient en moi, il lui vaudrait mieux qu'on lui pendît une meule d'âne au cou, et qu'on le jetât au fond de la mer. » (Matthieu 18.6 ; Marc 9.42 ; Luc 17.2, Martin)

C’est avec regret et des larmes dans les yeux que Dieu se résoudra finalement à ôter la vie définitivement au pécheur obstiné, mais il ne pourra pas éviter cette issue au jugement dernier. L’âme étant mortelle, l’âme qui pèche (la personne) doit mourir (Ézéchiel 18.4). C’est pourquoi Christ a porté toute l’humanité en lui et l’a menée à sa juste destination ultime sur la croix, pour que nous puissions recevoir la vie comme un cadeau et donc cesser de pécher, volontairement.

Scandaliser un de ces petits…, Scandaliser, en grec σκανδαλίζω, signifie faire chuter, faire trébucher, tendre un piège. Quelle est le piège dans lequel les victimes des prêtres pédophiles tombent ? Dans le piège de prendre Dieu pour un bourreau et de ne plus croire en lui. Pour être scandalisées, ces victimes sont scandalisées, même traumatisées à vie, comme tout enfant victime d’attouchements sexuels de la part d’un adulte. Le journal 20 Minutes cite aujourd’hui quelques témoignages poignants comme celui-ci :

« Il m’a caressé le sexe. J’étais tétanisé. Un prêtre, c’était pour moi comme si Dieu me touchait. »

« Comme si Dieu me touchait », c’est bien là un des nœuds du problème. Car si le prêtre n’était pas considéré comme un représentant de Dieu sur la terre, les parents auraient moins de mal à croire les plaintes de leurs enfants à ce sujet. Or c’est tout le contraire. Les victimes elles-mêmes ne se scandalisent pas de n’avoir pas été crues : « ce n’était pas entendable », constatent-elles résignées. Pourquoi ? Parce qu’un prêtre est un dieu sur la terre, donc ces histoires de pédophilie sont forcément inventées ! Dieu peut-il faire du mal à des enfants ? Apparemment oui ! C’est Dieu qu’un clergé apostat assigne au tribunal en se comportant ainsi !

Encore aujourd’hui, l’Église française (mais pas que) et ses soutiens ont dû mal à croire en l’incroyable. Témoin le journal Direct Matin (CNews Matin) (dont le soutien général au catholicisme romain est patent) qui ne consacre même pas une brève à ce nouveau scandale majeur de pédophilie ! Il préfère parler du « Saint du jour » (sic) ou de l’arrestation du pape Pie VII le 5 juillet 1809 sur l’ordre de Napoléon (tout un drame, en effet). Sans surprise, le même journal avait déjà fait l’impasse totale sur l’annonce du Comité national d’éthique concernant l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes. Le journal réserve sans doute ses forces pour couvrir comme il se doit les manifestations futures qui se dérouleront à n’en pas douter pour s’opposer à une éventuelle décision de l’État allant dans ce sens…

La pédophilie a fait un tort immense à l’Église catholique française et par-delà au christianisme. Comment lutter efficacement contre la pédophilie, si on ne la croit pas possible à la base parce que le prêtre est divinisé ? Comment admettre que les prêtres puissent être attirés par les garçons si on ne veut pas avouer, enfin, qu’ils ont été très souvent abusés sexuellement dès leur entrée au séminaire et que l’homosexualité imposée a contaminé tout le système hiérarchique catholique romain depuis des siècles ?

Oui, Rome est une grande malédiction pour le christianisme et d’abord pour l’Église catholique. L’Église catholique française a-t-elle les forces pour réagir contre les dogmes insensés et l'autorité abusive de Rome ? Peut-elle se réformer et donc se révolter contre l’autorité illégitime de Rome ? La réponse est non. Pourquoi ? Parce que l’Église est trop attachée, depuis des siècles, au dogme et à la croyance (au sens le plus primitif du terme) de l’immortalité naturelle de l’âme.

En effet, si le pape ou n’importe lequel de ses cardinaux, de ses évêques ou de ses prêtres peut être crédité, abusivement, d’un pouvoir surnaturel et d’une autorité divine, c’est principalement parce que son âme est considérée comme immortelle. Possédant en lui cette étincelle de l’immortalité et donc de la divinité, il peut être crédité d’attributs divins, comme celui de pardonner les péchés ou de créer le corps et le sang du Christ pendant la messe-sacrifice.

De plus, si l’âme seule importe, ce que fait le prêtre dans son corps peut paraître, à tort, moins important que ce qui se passe par rapport à son âme, plus précisément moins important que ce qu’il croit qu’il peut se passer par rapport à son âme. Et ce d’autant plus qu’il se croit investi de pouvoirs spéciaux supposés modifier le statut de l’âme devant Dieu. Ainsi armé contre la peur des tourments éternels (autre invention morbide de Rome), le prêtre peut d’autant plus facilement se laisser aller à répéter sur des enfants la violence qu’il a lui-même subie à son entrée au séminaire. Ainsi cette dissociation entre l’âme et le corps, anti-biblique, antihébraïque, tend un piège redoutable au clergé catholique romain, déjà mis à mal par l’homosexualité imposée.

Le clergé catholique romain est piégé par ses propres dogmes. À présent, la seule issue favorable semble une réforme de l'Eglise permettant aux prêtres l’accès à une vie sexuelle normale. Mais pour y arriver, malgré les avancées réformistes faites par les jésuites, actuellement au pouvoir, il y a encore du chemin à faire au Vatican, où la fonction sexuelle est encore largement considérée comme incompatible avec la fonction « divine » (sic). Quelle avancée bienfaisante la Réforme protestante a réalisé sur ce point !

Commenter cet article