Daniel : une lumière à Babylone

Procréation médicalement assistée : bientôt l’ouverture d’un vrai débat de fond ?

28 Juin 2017 , Rédigé par Daniel Publié dans #Sexualité

« Tout dépend du chef de l’État », titrait ce matin le journal gratuit 20 Minutes, au sujet de la décision du Comité national d’éthique, qui vient de rendre un avis favorable à l’ouverture de la PMA aux couples de femmes. À présent, le calendrier législatif dépend de la décision du président Emmanuel Macron : il peut soit engager la procédure immédiatement, soit considérer que cette question éthique n’est pas prioritaire, par rapport à l’urgence sociale et économique, et reporter ces modifications législatives à 2018. L’année prochaine, en effet, une révision de la loi de bioéthique est prévue : cette question de la PMA pourrait s’insérer sans problème dans la réflexion qui sera menée.
 
Le chef de l’État est face à un choix crucial, qui peut déterminer en partie le taux de confiance et d’estime que peuvent lui porter une partie significative des électeurs catholiques. Va-t-il donner un signal fort aux partisans des défenseurs de l’égalité à tout prix ainsi qu’aux associations homosexuelles en manque de reconnaissance sociale, en engageant immédiatement une réforme législative sur ce point délicat ? Ou bien va-t-il, prudemment, attendre la tenue d’une réflexion générale, prenant en compte toutes les données relatives à la reconnaissance des droits des homosexuels et des familles, monoparentales ou non ? En fait, il nous semble que, dans cette affaire, Emmanuel Macron doit choisir entre le « tout de suite », synonyme d’immaturité et de précipitation, et « l’attendre », synonyme de maturité et de prudence.
Bien sûr, il faut souhaiter qu’il choisisse la deuxième option, ne serait-ce que pour nous éviter le déferlement des discours intolérants et radicaux des associations catholiques ultra, comme Le Salon Beige et beaucoup d’autres. Ces mouvements radicaux sont réellement plus préoccupés de restaurer la domination du catholicisme romain sur la société, telle qu’elle s’exerçait de façon cruelle et totalitaire sous l’ancien Régime, que du bonheur ultime des familles, selon nous. Ces catholiques dominateurs et intolérants veulent imposer leur loi à tout le monde, et d’abord la pratique du repos dominical, avec l’appui des syndicats. Si le président Macron passait immédiatement à la réforme de la PMA, ils ne manqueraient pas de saisir cette occasion pour diaboliser ce président, qui a manifestement l’appui de la franc-maçonnerie eu égard à la facilité et la rapidité avec laquelle il est arrivé au pouvoir exécutif. Visiblement, le parti socialiste a été jugé obsolète et a été complètement lâché par la franc-maçonnerie depuis quelques temps… Mais ce ne sont là que des spéculations, bien sûr.
 
Pour revenir à la bioéthique, il est certain que les gouvernements précédents, en voulant légiférer ce qui au fond n’est pas complètement « légiférable », se sont menottés eux-mêmes. Aujourd’hui, les exigences croissantes d’une population de plus en plus irresponsable, exigeante et décadente, qui confond sa connexion permanente à internet avec la réalité, déferlent l’une après l’autre. Chaque pas législatif franchi en oblige un suivant. L’exemple du mariage homo, qui a profondément divisé la société française, est là pour en témoigner. Il aurait été bien plus sage (mais les socialistes d’alors étaient-ils sages ?) de s’en tenir au PACS, forme plus moderne de mariage civil, plébiscité d’ailleurs par les couples hétérosexuels sans engagement religieux. Ou bien de proposer aux associations de lutte contre les discriminations envers les personnes d’orientation LGBT de se concerter pour trouver un nouveau nom, une nouvelle identité, convenable pour « sacraliser » cette union d’un nouveau genre.
Pourquoi en effet s’imposer d’adopter le même mot, « mariage », que celui utilisé par les couples traditionnels ? Quel manque d’imagination ! L’être humain est pourtant un être de parole : alors pourquoi ne pas inventer un nouveau mot pour cette union, objectivement différente, si l’on veut l’officialiser ? C’est là qu’il y a quelque chose de malsain, quelque chose qui ne veut pas rester à sa place et qui veut empiéter sur le terrain de l’autre. Donc faire une loi spécifique pour l’union homosexuelle, pourquoi pas, mais pourquoi vouloir, à tout prix, au risque d’une fracture sociale très violente, nommer cela « mariage » ? C’est là qu’une partie des communautés gays et lesbiennes a manqué le coche lors de la proposition de loi Taubira. Ces communautés semblent souffrir de ce qui pourrait être interprété (à tort ?) comme un complexe d’infériorité, que rien au fond ne peut justifier. Aucun être humain n’est par nature inférieur à un autre, quelles que soient ses orientations, déviantes ou non.
 
La seule chose qui peut contredire la légitimité des pratiques des personnes LGBT, c’est une reconnaissance du Dieu Créateur, unique, personnel et bon, que la Bible hébraïque nous révèle. En effet, sortir du plan que ce Dieu-là a prévu pour nous au sujet de la sexualité dès la création du monde, c’est refuser son amour et son autorité. C’est éminemment dommage. Mais c’est un choix qui doit rester possible. On conçoit cependant qu’il ne peut s’agir là que d’un choix personnel, libre, contre lequel aucune religion ni aucun État n’a le droit de s’opposer.
A fortiori, il n’était pas du tout prudent ni avisé pour les gouvernements de légiférer cette question, mais seulement de veiller à ce que le bien-être et la liberté de tous soient respectés, à commencer par le bien-être des enfants, qui, eux, n’ont pas demandé à venir au monde ! Il aurait donc fallu, très tôt, y compris pour les couples hétérosexuels, encadrer beaucoup plus strictement l’accès à la procréation médicalement assistée, afin d’en limiter l’accès autant que possible pour empêcher sa marchandisation, désormais inévitable. La digue est ouverte, on ne pourra plus la refermer. En l’ouvrant maintenant aux homosexuels, on ne fera qu’aggraver l’état psychique des enfants, des parents et de toute la société. Sans parler de la menace que ce projet de loi, même encore relativement lointain, fait peser sur la paix sociale et sur la démocratie. Car un certain catholicisme aura beau jeu de s’appuyer sur cette perversion manifeste de l’humain pour justifier ses tentatives de ré-emprise sur la démocratie, jugée insuffisante pour réguler la société. Ainsi, en outrepassant ses compétences, la démocratie est en train de creuser elle-même son lit de mort ! C’est prophétique : nous allons vers la fin de l’histoire des civilisations.
 
Pourquoi la bioéthique n’est-elle pas entièrement légiférable ? Tout simplement parce que l’être humain est incontrôlable, imprévisible et surtout « impossédable ». Pourquoi ? Parce que l’être humain a été créé à l’image de Dieu et qu’il est une personne, comme Dieu et les anges, c’est-à-dire un être de parole. Donc on n’a pas le droit de le posséder, ce n’est pas un objet.
C’est pour cette raison, précisément, que le Fils a accepté l’immense humiliation et l’immense souffrance d’être séparé de la gloire divine, physiquement à l’incarnation puis spirituellement à Gethsémané, pour que nous puissions accéder de nouveau à la Vie (voir la dernière prédication de Christophe Michel sur la chaîne You Tube de la Sentinelle des temps). Dieu accorde une énorme valeur à l’être humain, il est prêt au sacrifice suprême pour l’arracher à la destruction totale et définitive qui le menace, destruction que Dieu a suspendue tout le long de l’histoire des civilisations.
 
Oui, l’être humain est impossédable. L’esclavage ou le viol sont reconnus comme des crimes. Pourquoi pas aussi les autres formes de possession, plus psychiques ? Les exigences de certaines personnes par rapport à la possession ou l’obtention d’un enfant, quelle que soit leur orientation sexuelle ou leur situation maritale, peuvent être démesurées, irréalistes, infantiles. Ces exigences devraient donc, pour le bien de tous, être beaucoup plus et beaucoup mieux encadrées par les pouvoirs publics. L’existence de techniques médicales poussées peut être un bienfait pour la société, mais elle n’engendre pas automatiquement tous les droits, surtout dans les cas où ces droits relèvent clairement du fantasme et des projections psychiques problématiques. L’enfant est une personne à part entière, dès sa naissance, voire avant, comme l’a montré la célèbre psychanalyste Françoise Dolto, et non un objet de convoitise.
Je veux un enfant, je le projette, je l’imagine déjà dans mon esprit. OK. Maintenant, j’arrive à avoir un enfant, tant mieux. Je ne peux pas en avoir, tant pis. Si j’aime VRAIMENT les enfants, des centaines de milliers d’entre eux ont besoin de parents adoptifs. C’est sur la simplification du processus d’adoption que les législateurs devraient plancher plutôt que sur la valeur légale et civile de ce que les gens font dans leur lit (ou ailleurs).
Pour être adulte, il faut accepter le « non », l’existence d’impossibilités, voire d’interdits. On ne peut à cet égard être mère (ou père) et propriétaire en même temps. Soit on est parent, et on a un enfant à charge, soit on est propriétaire et l’on a un esclave. Vous ne pourrez pas vivre les deux expériences en même temps (mais vous pouvez passer de façon bi-polaire de l’une à l’autre, ce qui est épuisant psychiquement, pour le parent et pour l'enfant, mais c’est une pathologie). De même la bisexualité, par exemple, n’est qu’une pratique, ce n’est pas une nature, encore moins un état civil. Il faut se montrer adulte !
 
À propos d’interdits, si l’être humain est impossédable, le Créateur aussi est impossédable. C’est pourquoi le dogme romain de l’immortalité naturelle de l’âme est un blasphème, qui cherche à déposséder Dieu d'une de ses caractéristiques essentielles connues (voir notre série d’articles sur l'immortalité de l'âme ici).
C’est pourquoi aussi, le dogme romain de l’immaculée conception, en voulant faire de Marie la «mère de Dieu», est une forme sublimée très élaborée de l’inceste total :
— inceste père-fille (entre Dieu et Marie, sa créature, donc sa fille)
— inceste mère-fils (entre Marie et son Fils, qui se trouve être, par ailleurs, son Créateur, donc son Père).
Marie n’est pas la mère de Dieu, mais bien de Jésus, nuance importante ! Marie ne peut être le Créateur de son créateur, pas plus que le prêtre romain lors de l’imaginaire « transsubstantiation ». Du reste, dans les Évangiles, Jésus parle toujours de son Père, jamais de sa « mère », mais il emploie pour parler à Marie le mot générique « femme », beaucoup plus neutre (Jean 2:3-4 Darby, Jean 19.26). Jésus est particulièrement clair sur ses liens avec sa famille d’adoption terrestre, dont fait partie sa mère, quand il s’agit d’affirmer sa filiation divine : Marc 3.31-35.
Rappelons que le dogme de l’immaculée conception, qui coupe Marie du génome humain, et donc qui coupe le Rédempteur de l'humanité qu'il est venu sauver, a été inventé de toutes pièces par Pie IX en 1854, ce pape violemment opposé à la liberté de conscience et ouvertement partisan du recours à la force pour défendre ou imposer sa religion.
 
L’enfant est distinct de ses parents. L’homme est distinct de la femme. C’est dans la distinction, la différentiation, que le bonheur, l’équilibre et finalement une véritable forme de justice peuvent se réaliser, ici-bas et dans la vie future ! Voir notre série d’article De l’indistinct à la séparation, ou des ténèbres à la lumière. Souhaitons alors que les débats politiques et législatifs sur la bioéthique, proches ou futurs, permettent de mettre en valeur ces caractéristiques distinctives essentielles de l’être humain, afin que nous puissions jouir encore un peu de tranquillité dans nos familles, dans notre société et dans nos régions. Que Dieu puisse préserver, en toute miséricorde, le peu de temps de prospérité et de paix relatives qu’il nous reste à vivre en France. Amen.

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