Daniel : une lumière à Babylone

Pour qui les adventistes peuvent-ils voter dimanche 23 avril 2017 ?

21 Avril 2017 , Rédigé par Daniel Publié dans #Actualité

Bon, ce n'est vraiment pas dans nos habitudes ni dans notre vision de l'avenir de donner des consignes de vote, c'est vrai. Mais là, l'étau de Rome se resserre vraiment autour du vrai protestantisme et surtout autour du monde et il nous paraît utile de réfléchir à notre devoir de citoyen de la République française. Car la République est menacée, vraiment, et si la République est menacée, la Liberté est menacée, surtout celle qui nous tient le plus à cœur, la liberté religieuse et la liberté de conscience. La liberté de croire et de ne pas croire est essentielle à l'existence de la foi authentique

Oui, la démocratie est menacée en France par la droite catholique radicale, nous voulions déjà vous l'écrire après la malheureuse défaite du républicain modéré Alain Juppé, lors des élections du parti Républicain, mais nous nous sommes abstenus par prudence. Pourtant nous le savions déjà, la défaite de la droite chiraquienne, qui avait encore quelque chose de Gaulliste, et la victoire inattendue d'un candidat manifestement soutenu par l'esprit intolérant et sectaire qui sous-tend toujours l'État du Vatican, laissent présager le pire pour l'avenir proche. Et surtout cette victoire de la droite catholique révèle l'intrusion de l'État du Vatican dans la politique et la société française. C'est une déclaration de guerre.

L'obstination même avec lequel le candidat François Fillon s'est maintenu, malgré les attaques les plus déstabilisantes, n'est qu'un écho lointain de l'esprit totalitaire, arrogant, avec lequel Rome a maintenu son emprise intolérante et ultra-autoritaire sur la chrétienté depuis le VIe siècle :

"Je suis là, je suis de droit divin, je suis le pape, je suis le candidat des Républicains, et personne ne me fera bouger !" "Même quand je suis en tort, j'ai raison." "Il est légitime de tuer les hérétiques et de leur mentir. Ce n'est pas un péché." "Il est légitime de tromper l'Etat et de voler l'argent des contribuables pour le profit ultime de Rome et de sa politique religieuse intolérante et oppressive." "Rome est infaillible et a toujours raison. Rome ne peut pas être abolie. Rome est supérieure à tous les Etats et tous les gouvernements". "Le candidat de Rome, aussi véreux qu'il pourrait être, ne peut pas être retiré de la course à la présidentielle."

Depuis que la Manif pour tous, animée secrètement par des catholiques radicaux qui ont flirté avec le maoïsme (cela sent le jésuitisme à plein nez !), a créé un mouvement populaire, la laïcité est menacée en France. Déjà, depuis plusieurs mois, on entend dans certains transports en commun francilien des bribes de conversations, entre gens visiblement bien nés et bien pensants, tels que : "il faut rétablir la peine de mort", "il faut les faire euthanasier ou castrer chimiquement" (à propos des criminels sexuels et même de DSK !). Ces propos sont authentiques, nous les avons entendus de nos propres oreilles.

L'opinion publique est sous pression. La France est menacée de se diviser radicalement et irrémédiablement. L'entente civile, la Concorde d'autrefois, est menacée par le radicalisme catholique. Rome cherche manifestement à prendre aujourd'hui sa revanche sur le camouflet que la France lui a infligé voici 200 ans déjà. Déjà le parti socialiste, rempart de la laïcité autrefois, est menacé de disparition. La République chancelle sous les coups de Rome.

Alors que peut-on faire, sinon pour éviter, du moins pour retarder autant que possible cette issue fatale et préserver la paix civile et surtout la Liberté, l'Egalité et la Fraternité, ces valeurs détestées de tous temps par Rome ? Essayons de raisonner froidement et de mettre tout affect de côté afin de savoir que faire dimanche pour rester adventistes tout en remplissant nos devoirs de citoyens.

 

Préserver la démocratie et préserver la paix sociale

Pour éviter un nouveau déni de démocratie, c'est-à-dire, pour éviter d'avoir un face à face "Marine Le Pen - Autre candidat" au second tour, il me paraît évident qu'il faut voter massivement et utilement dès le premier tour, afin d'écarter d'emblée le Front dit «national» et de mettre les Français devant un VRAI choix démocratique de politique et de société au second tour. Si les Français ne sont pas responsabilisés ainsi, ils risquent de perdre tout à fait le sens de leur responsabilité de citoyen. Il est déjà presque trop tard pour cela ! Alors n'ouvrons pas un boulevard au totalitarisme mondial qui vient quand nous pouvons encore avoir notre mot à dire. Votons donc, et votons utile.

Abandonnons sans hésiter nos rêves d'enfant : voter pour un petit candidat au premier tour est totalement inutile et même nuisible, puisque cela permet à des partis anti-démocratiques d'être présents au second tour et potentiellement de prendre le pouvoir et de précipiter la fin de la République française : la fin de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité. Même si un petit candidat obtient 8 % ou même 10 % des voix au premier tour, cela n'aura aucun impact sur notre pays, ni sur les décideurs politiques futurs (évidemment), ni sur l'opinion publique. Admettons cette dure réalité et faisons raisonnablement notre deuil à ce sujet.

Alors pour qui le chrétien adventiste peut-il voter ? Pour le candidat qui protègerait le plus la Liberté, l'Egalité et la Fraternité et qui a le plus de chance d'être élu. Trois candidats paraissent se rapprocher de cet idéal : François FILLON, Jean-Luc MELANCHON, et Emmanuel MACRON. J'écarte d'emblée le candidat du parti socialiste, qui ne semble pas avoir la carrure requise. En choisissant le mauvais candidat, le PS a fait le même type d'erreur que le parti démocrate aux Etats-Unis en choisissant Hilary CLINTON, avec le résultat que l'on sait, et l'on a pas fini de s'en mordre les doigts, apparemment. Alors ne faisons pas une erreur similaire aujourd'hui en France et réfléchissons maintenant pour savoir pour lequel des trois, FILLON, MELANCHON ou MACRON, il est le plus judicieux, notamment pour un adventiste, de voter ce dimanche 23 avril.

1) FILLON : ce candidat ne devrait pas être soutenu par un adventiste conséquent, car il est manifestement le candidat de Rome. Ce n'est un secret pour personne et la presse en rend compte : Fillon est soutenu, certains journalistes disent "téléguidé", par au moins une association catholique conservatrice, puissante, possédant des médias, notamment une télévision sur Internet, et donc capable de peser sur l'opinion publique pour imposer ses vues religieuses à la société civile. Voter pour Fillon, c'est voter en réalité pour l'État du Vatican et donc pour la mort programmée de la laïcité. Aucun vrai adventiste ne devrait prendre part à un tel virage politique éminemment anti-protestant.

Ainsi, voter pour Fillon, selon nous, ce serait approuver indirectement tous les crimes directs et indirects de Rome des quinze derniers siècles, depuis les croisades jusqu'aux persécutions des protestants en passant par l'Inquisition, la pédophilie couverte par la hiérarchie, l'homosexualité imposée, les ossuaires de nouveau-nés retrouvés sous plusieurs couvents en Espagne, sans parler des coups d'États, des guerres à motif religieux plus ou moins avoués qui ont ruiné économiquement l'Europe jusqu'au XIXe siècle au moins, et tant d'autres horreurs publiques et de drames personnels, de vies psychiquement détruites par la contrainte sociale imposée par la religion et par les dogmes infernaux et contre-nature de Rome.

Rappelons que la Liberté, l'Egalité et la Fraternité sont les trois valeurs que Rome déteste par dessus tout, comme on peut le lire dans ses textes officiels. Voir par exemple un extrait de ces textes officiels dans La Tragédie des Siècles, p. 612, § 5. Par conséquent, voter pour le candidat Républicain de Rome, cela revient à voter pour une version allégée de l'Extrême droite. C'est voter pour l'intrusion du programme religieux totalitaire de Rome dans la politique française et donc pour la fin programmée de la démocratie en France.

Le scénario Fillon contre Le Pen au second tour est donc le pire scénario possible, car aucun adventiste conséquent ne pourrait aller voter dans ces conditions. Il faut tout faire pour empêcher cette éventualité morbide et donc voter soit pour MELANCHON, soit pour MACRON.

2) MELANCHON : ne vous y trompez pas, malgré son manque de carrure politique et la faiblesse de son programme économique, le charismatique Mélanchon peut séduire des électeurs adventistes. Il est le seul a défendre la laïcité de l'Etat et de la société civile et l'égalité de TOUS les citoyens, de façon aussi complète et radicale. Il mérite vraiment d'être félicité sur ce point, car la laïcité est la condition essentielle de l'existence du protestantisme, le rempart indispensable contre l'anarchie du féodalisme autant que contre le retour de l'esprit de l'Ancien Régime.

Cependant réfléchissons. Si Mélanchon était élu, la totalité de l'électorat catholique se sentirait exclus et se dresserait facilement contre l'Etat pour le diaboliser, sous l'impulsion des associations catholiques radicales. Ces associations malfaisantes qui prétendent défendre la famille se multiplient actuellement. Elles sont capables de manipuler l'électorat catholique, même modéré. Le pays serait livré alors au chaos social et politique.

Catholiques modérés et radicaux seraient disposés à faire passer leur allégeance implicite à l'Etat du Vatican avant leur devoir patriotique, si les circonstances le demandaient. Or un chrétien adventiste fera tout ce qui est en son pouvoir pour préserver la paix civile et la concorde dans son pays, car non seulement cela correspond aux valeurs évangéliques de paix et de tolérance mais c'est une condition préalable indispensable à la diffusion du message évangélique.

Enfin si Mélanchon était élu, le résultat serait le retour en force de l'extrême droite au quinquennat suivant. Ce serait reculer pour mieux sauter dans le vide. L'histoire de la République nous l'enseigne clairement. Donc un adventiste conséquent et responsable ne votera pas pour Mélanchon.

3) Il ne reste donc plus que MACRON. Hélas. Mais Macron a l'immense avantage d'être politiquement au centre et donc de pouvoir rassembler un électorat très divers. C'est celui qui divisera le moins la société française, c'est celui qui garantira le mieux la paix civile et la tolérance (pas la paix internationale peut-être, mais ça, cela dépend aussi de la bête qui monte de la terre d'Apocalypse 13…). La présence au côté d'Emmanuel Macron d'un catholique modéré respecté, François BAYROU, a de quoi rassurer les catholiques raisonnables qui pourront ainsi se rallier plus facilement au nouveau gouvernement, en gardant l'espoir légitime de faire entendre leur voix sur les sujets de société qui leur tiennent à cœur. Ce faisant, si Macron est élu, les catholiques radicaux seront davantage isolés et donc moins nuisibles à la société et à l'opinion française, pour un temps. Ainsi la transition imposée par la mondialisation vers une société soumise aux désidératas de Rome pourra se faire plus en douceur. Cela n'est pas à négliger.

En votant pour Macron, nous, adventistes, nous pouvons peut-être nous aménager, à nous-mêmes et à nos concitoyens, un semi-répit de cinq ans. Ce répit ne serait vraiment pas du luxe au vu de l'état général apparent de l'Eglise adventiste en France… Cinq ans de plus pendant lesquels nous pourrions continuer de nous former et de faire valoir les connaissances évangéliques et prophétiques qui sont les nôtres sans trop d'obstacle, dans un climat général délétère, certes, mais où la tolérance prévaudra encore un peu. Pendant ces cinq ans, nous pourrions prendre des forces spirituelles, dont nous allons avoir besoin très bientôt.

Alors dimanche, votons, et votons Macron, même si nous désapprouvons profondément la Gestation Pour Autrui et ses dérives prévisibles…

 

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