Daniel : une lumière à Babylone

« Le chrétien doit-il observer le sabbat ? » ou les dix commandements sont-ils pérennes ? (10)

23 Août 2017 , Rédigé par Misha Publié dans #Sabbat

Nouvelle version, août 2017

Sommaire général

Dans l’épisode précédent, nous avons vu pourquoi la loi des dix paroles, expression parfaite et intemporelle de la loi du Ciel, est pourtant impuissante à produire la vraie foi en nous. En effet, la loi, pour divine que soit son origine, n’est pas une personne. Une fois mise par écrit, une fois coupée de la Parole, elle peut très bien rester lettre morte et outil illusoire d'auto-justification. C’est ce qui s’est passé pour les Hébreux au pied du mont Sinaï. Puisqu’ils ont refusé d’entendre la parole, il a fallu la mettre par écrit (voir l’épisode 3). C’est pourquoi la Parole a dû devenir chair, afin de revivifier la loi des dix commandements dans l’humanité, collectivement, et dans les cœurs, individuellement, au moyen de la foi du Christ. La foi du Christ en la justice et la bonté divines peut inspirer à son tour dans nos cœurs la foi en cette justice et cette bonté divines, exprimées dans les dix commandements. Alors les dix paroles reprennent vie en nous, dans nos cœurs d’abord, dans notre pratique ensuite.

C’est ce qui s’est passé à l’époque des apôtres du Christ : la droiture et la pureté divines ont repris vie, dans les cœurs des juifs d’abord, dans le cœur des grecs et des romains ensuite. C’est ce que raconte le Nouveau Testament dans le livre des Actes. Les auteurs de l’article « Le chrétien doit-il observer le sabbat ? auraient-ils lu le livre des Actes avec des lunettes déformantes ?

 

Galates 3.19-20 : la loi est le fruit du travail d’un Médiateur

C’est un fait bien connu des psychothérapeutes, une loi n’existe que grâce à une parole. S’il y a une loi, donc une société possible, c’est parce qu’il existe des personnes porteuses de cette loi. La loi de l’interdit de l’inceste en est le meilleur exemple. Or la prégnance et la nécessité de la loi chez l’être l’humain n’est qu’un reflet particulier d’un fait universel : l’univers ne peut exister que parce qu’il repose sur des lois et ces lois ne peuvent exister que parce qu’une personne, une parole, est digne de porter cette loi. Or cette Personne, le Créateur, est digne de porter la loi (cf. Apocalypse 4.11) et il a été jusqu’à porter la loi dans notre chair : il est devenu l’Agneau immolé (Apocalypse 5.9). Amour incompréhensible ! Toute loi juste et bonne est fondée sur cet amour divin et inconditionnel (Romains 13.10).

Or, dans Galates 3.19, utilisé comme «texte-preuve » par les auteurs de l’article «Le chrétien doit-il observer le sabbat ?» pour tenter de justifier la péremption des dix paroles divines, Paul nous donne des informations des plus intéressantes sur la loi de Moïse. La loi de Moïse ne se réduit pas au décalogue, répétons-le, même si la Torah rapporte l’événement historique de la proclamation orale et publique du décalogue sur le Sinaï. Mais la loi de Moïse, considérée globalement, contient le décalogue. Elle est introduite par le décalogue, elle est inspirée par le décalogue. Alors écoutons bien ce que Paul dit de la loi de Moïse ici, car cela devrait pouvoir s’appliquer au décalogue sans problèmes :

Pourquoi donc la loi ? Elle a été donnée ensuite à cause des transgressions, jusqu’à ce que vînt la postérité à qui la promesse avait été faite ; elle a été promulguée par des anges, au moyen d’un médiateur. Galates 3.19, version Segond

Nous constatons, à première lecture de cette traduction, pourtant non neutre, que Paul présente ici la loi sous le jour le plus positif. La loi est le fruit du travail d’un médiateur. Or un médiateur, grâce à la puissance de la parole, peut nous persuader de respecter les principes divins, et, dans le cas du Médiateur divin, il peut nous rendre carrément capables d’appliquer les principes divins, dans l’état d’esprit de Dieu lui-même.

Disons tout de suite que la postérité d'Abraham à qui la promesse a été faite est le Christ lui-même. Nous ne sommes que ses cohéritiers. Et, comme Waggoner le démontre dans L'Evangile dans le livre des Galates (partie 7 :La postérité et son héritage), la venue du Christ ici considérée est la seconde venue, celle que les chrétiens de l'époque de Paul attendaient. Nous renvoyons le lecteur à sa démonstration biblique irréfutable.

Dans Galates 3.19, Paul explique que la loi de Moïse, précédée et introduite par la proclamation orale du décalogue, a été «donnée ensuite, à cause des transgressions» (version Segond). Or le texte original emploie ici le verbe προστίθημι qui ne signifie pas «donner» mais «ajouter, additionner». La loi de Moïse, écrite, est donc une addition, un ajout à une loi universelle déjà existante, transmise oralement depuis l’origine des temps et exprimée oralement en direct par YAHVEH au Sinaï. Le sabbat de la création, indépendamment de toute tradition juive postérieure, ne peut que faire partie de cette loi universelle. Il est donc normal que le récit de Moïse, dans l’Exode, commence par la proclamation du décalogue, en juste préambule à toutes les ordonnances morales qui suivent et qui en sont un développement circonstancié.

Il faut garder à l’esprit que cette «loi» qui est «ajoutée» désigne, dans l’esprit de Paul et de ses lecteurs, l’ensemble des prescriptions morales données à Moïse. Le décalogue énonce les principes éternels divins, les principes vitaux à la base de toutes ces prescriptions particulières. Il a été prononcé, oralement, parce que les Hébreux l'avait oublié après 400 ans en Egypte, puis il a dû être mis par écrit à cause du manque de foi du peuple d'Israël en la capacité de YOHVAH à écrire cette loi directement dans leurs cœurs.

Ainsi les lois morales données par Dieu aux Hébreux à la sortie d'Egypte ne sont qu'une version amplifiée, soulignée, des lois qu'il avait communiquées à Adam et Eve dès la sortie du jardin d'Eden, ces principes moraux, dont le sabbat fait indéniablement partie, observés également scrupuleusement par Abraham. Si les descendants d'Abraham avaient gardés fidèlement ces principes divins, le don de la loi au Sinaï n'aurait pas été nécessaire (cf. Ellen White, Patriarches et prophètes, chapitre 32, La loi et les alliances, p. 340)

De plus, la suite de Galates 3.19 nous apprend que cette loi, adaptée au peuple hébreu sortant d’Égypte vers le XIVe siècle avant notre ère, a été « promulguée par des anges au moyen d’un médiateur ».

Pourquoi «par des anges» ? Peut-être pour faire une distinction entre l'ensemble des prescriptions transmises par Moïse et le décalogue. En effet, le décalogue a été promulgué au Sinaï par YAHVEH lui-même en personne, non par des anges, et à l'ensemble du peuple, directement, non à Moïse en particulier ou à un autre prophète. Cependant, il est sûr que les anges ont joué un rôle dans cette communication céleste particulière comme dans les autres qui ont suivies. C'est cela que Paul veut souligner ici. Les anges sont soucieux de trouver sur terre, des êtres humains désireux d'adopter les principes de vie céleste (voir 1 Pierre 1.12 et aussi Genèse 19.15, 28.12, 32.1, Psaume 91.11, Matthieu 13.39-49, 18.10, 24.31, Luc 12.8-9, 15.10, 1 Corinthiens 4.9, 1 Timothée 5.21, Hébreux 12.22, 13.2, ).

Pourquoi «au moyen d’un médiateur» ? Parce ce que seul un Médiateur peut nous relier à nouveau à Dieu et nous rendre vraiment capables d’entrer dans la bénédiction signifiée par Ses lois.

Seuls nous serons toujours incapables d’entrer dans la bénédiction rattachée à la soumission aux lois divines. Mais, avec un Médiateur, tout est possible à celui qui croit (Marc 9.23) en la véracité des paroles de Dieu… et d’abord qui accepte cette médiation, bien entendu. Voilà la bénédiction qui a été promise à Abraham le croyant : c’est une vie de confiance dans les paroles de Dieu et dans la justice qu'il nous impute sans conditions et qu'il désire nous communiquer. C’est une vie sans meurtre, sans adultère, sans idolâtrie, sans convoitise, sans prétentions arrogantes et blasphématrices (Rome et ses dogmes, le dimanche), sans prendre le nom de Dieu en vain, sans manque de respect pour ses parents (ou pour ses enfants), sans extorsions ni déprédations d’aucune sorte, que ce soit sous couvert de légalité (emplois fictifs ou abusifs) ou non, bref, une vie droite et HEUREUSE. Une vie où l’on prend plaisir à se réunir chaque sabbat pour adorer YAHVEH, représenté par son Médiateur, Jésus. YAHVEH est la cause et la source de ce bonheur, et il est nommément désigné au cœur du décalogue, dans le quatrième commandement !

Elle n’est pas belle cette épître aux Galates ? L’étude sérieuse de l’épître aux Galates révèle plein de bonnes nouvelles, en fait. Nous n’avons fait là qu’une première lecture de Galates 3.19. Un examen plus complet du texte original nous apprend aussi que dans la phrase « la loi a été ajoutée ensuite à cause des transgressions » :

  • Le mot grec pour «transgressions» (παράβασις) implique l’idée d’une violation accompagnée d’un mépris, d’un manque de considération, pour les lois divines éternelles, fondées sur l’amour agapè. C’est toujours d’actualité en milieu chrétien.

  • Le mot grec rendu ici par «à cause de» est le substantif χάρις, utilisé de façon adverbiale, et que l’on traduit le plus souvent par « grâce » dans le Nouveau Testament. «À cause des transgressions», dans le texte original, porte donc l’idée de «par grâce, par faveur, par bon plaisir par rapport aux transgressions». Impossible à rendre de façon synthétique en français, bien sûr, mais nous comprenons que la loi de Moïse a été ajoutée, après des milliers d’années de transgression de la loi universelle sur la Terre, par pure grâce, pour faire du bien aux hommes par l’intermédiaire de Moïse et des Hébreux, pour les conduire vers Dieu et vers son Médiateur et non pour les décourager. Hélas, les Hébreux ont un peu échoué dans la réalisation de cette mission bienfaisante, par manque de foi et de bonne volonté. La première alliance, qu’ils ont imposée à Dieu au Sinaï, a été un échec. Nous avons expliqué comment et pourquoi dans l’épisode 3.

Remarquons, dans le verset suivant (Galates 3.20), que si le Médiateur est unique (Dieu lui-même en la personne de son Fils), les autres médiateurs ne sont pas uniques et n’interviennent pas forcément de façon unique :

Or le médiateur n'est pas d'un seul : mais Dieu est un seul. (Version Martin)

ὁ δὲ μεσίτης ἑνὸς [génitif] οὐκ ἔστιν, ὁ δὲ θεὸς εἷς [nominatif] ἐστιν.

Le génitif employé ici pour l’adjectif numéral «un» (ἑνὸς), employé pour les médiateurs humains, nous renvoie au fait qu’un médiateur humain a une origine, il a été engendré, tandis que Dieu lui n’est pas engendré, il existe par essence, d’où le nominatif. Dieu n’est pas engendré mais il peut engendrer, n’en déplaise au Coran, sinon nous n’existerions pas ! Cependant, en amont de cette considération linguistique, le sens général du verset 20 est assez clair : un médiateur n’est jamais un cas unique et pérenne, sauf s’il s’agit de Dieu lui-même.

Or ce Médiateur divin unique est à la fois «semblable à ses frères» (Hébreux 2.17), donc à la fois issu d’une lignée humaine et semblable à Dieu (cf. Hébreux 1.3). Un tel personnage ne peut être qu’unique, assurément ! Selon le Nouveau Testament, ce Médiateur unique est Jésus-Christ (1 Timothée 2.5). C'est Lui qui a écrit les dix paroles divines au Sinaï, suite au refus du peuple de l'écouter en direct. C'est par Lui que toutes les lois morales subséquentes ont été «ajoutées» (προστίθημι, Galates 3.19) au Sinaï.

C'est de Jésus dont Etienne parle quand, dans son discours devant le tribunal religieux juif, il précise que Moïse a reçu des «oracles vivants» de la bouche «d'un ange» (Actes 7.38). Le Médiateur auquel Moïse a eu à faire était au minimum un ange, et non un simple être humain. Le Médiateur de Galates 3.20 ne peut en aucun cas être Moïse lui-même (cf. Waggoner, L'Evangile dans le livre de Galates, «La loi ajoutée au Sinaï». Moïse n'est qu'un prophète, un simple secrétaire de Dieu ! Notez que selon Etienne, un disciple héroïque de Jésus-Christ, la loi est présentée comme des «oracles vivants» : elle n'est pas destinée à devenir lettre morte après la croix. Elle doit vivre dans nos vies, par l'Esprit du Christ. Encore une fois, elle n'avait pas vocation à devenir un écrit !

Moïse a joué un rôle de médiateur entre les Hébreux et YAHVEH plus d’une fois, par exemple pour demander à Dieu de ne pas les anéantir, suite au veau d'or (Exode 32.32), mais cela a été ponctuel. Avant lui et après lui, d’autres personnes ont tenu aussi un rôle temporaire authentique de médiateur entre Dieu et certaines populations. Abraham, à un certain moment de sa vie, a été un médiateur pour la population de Sodome. David et nombre de prophètes se sont parfois positionnés en médiateurs entre les Hébreux et YOHVAH, dans des circonstances particulières, que la Bible rapporte avec une impartialité historique sans faille.

Mais personne, sauf le divin MESSIE, n’a été ni ne peut être un médiateur absolu, constant et inamovible. C’est pourquoi la médiation des prêtres catholiques n’est qu’une vaine prétention blasphématrice, pressentie comme « abominable » dans les prophéties de Daniel. Cette prêtrise usurpatrice trahit par ses prétentions son incapacité à nous mettre réellement sur le chemin de la réconciliation avec Dieu et avec ses dix paroles. Un médiateur humain n’est pas forcément envoyé par Dieu.

Galates 3.21-22 : le péché n’est pas le maître de la loi

La Loi donc a-t-elle été ajoutée contre les promesses de Dieu ? Nullement. Car si la Loi eût été donnée pour pouvoir vivifier, véritablement la justice serait de la Loi. Mais l'Écriture a montré que tous les hommes étaient pécheurs, afin que la promesse par la foi en Jésus-Christ fût donnée à ceux qui croient. Galates 3.21-22, version Martin.

Cette traduction fait un peu charabia (elle date du XVIIIe siècle). Mais au moins elle n’interprète pas le texte faussement. Même quand elle dit que «l'Écriture a montré» (verset 22) au lieu de «l’Écriture a enfermé» (3.22, Segond) elle reste dans les limites du champ sémantique du verbe συγκλείω, qui porte aussi l’idée de conclusion, et du verbe κλείω dont il dérive, qui porte aussi l’idée d’appeler, nommer déclarer et pas seulement d’enfermer.

L'image de la prison est certes ici évoquée : notre transgression des lois divines nous met sous mandat d'arrêt. Nous sommes tous des prévenus, tant que nous restons dans nos péchés ou que nous nous fabriquons notre propre justification devant Dieu, avant la croix et après la croix. Ce n'est pas une question d'époque : il n'y a pas l'époque de la loi d'un côté puis l'époque de la foi de l'autre. Passer du salut par les oeuvres au salut par la foi et inversement est possible à toutes les époques.

La loi nous aide à prendre conscience de nos péchés et nous pousse à rechercher un avocat, un Médiateur. Bonne nouvelle, ce Médiateur existe et sa justice parfaite, parfaitement réglementaire puisque réalisée dans la même chair que la nôtre, peut se substituer à notre péché et nous être communiquée par la foi. Ainsi la loi nous conduit effectivement à Christ : cela ne veut pas dire qu'elle n'est plus en vigueur. Au contraire !

La loi n'est pas contre les promesses de Dieu : Abraham a respecté la loi tout en croyant à la promesse de la justice, de la sanctification et de la rédemption. Les croyants d'aujourd'hui feraient bien de suivre ses traces d'un peu plus près ! Aujourd'hui comme hier, l'Ecriture montre que «tous les hommes» (Galates 3.22, Martin) sont pécheurs. Les conditions de salut sont  donc les mêmes aujourd'hui qu'à l'époque d'Abraham : par la foi dans le sacrifice substitutif, offert par Dieu lui-même et qui englobe toute l'humanité.

«Les hommes», effectivement, ne se trouve pas dans le texte original. Celui-ci, plus sobre, se contente d’un adjectif neutre pluriel (à l’accusatif) : τὰ πάντα, les tous. Cependant l’ajout de l’article défini (τὰ) devant l’adjectif πᾶς indique bien que le texte fait référence à quelque chose ou à quelqu’un de déjà mentionné, de déjà connu dans le texte, exactement comme en hébreu.

Alors qui sont ces «tous» ? La réponse se trouve plus haut au verset 14 : «Afin que la bénédiction d'Abraham parvînt aux Gentils» (Galates 3.14, Martin). Tous les hommes, tous les êtres humains sont concernés, les descendants d’Abraham et les Gentils, car tous ont été créés en Adam et tous revivront en Christ ! (1 Corinthiens 15.22) Il n'y a donc pas lieu de faire une distinction entre les juifs et les chrétiens : la loi est la même pour tous ! τὰ πάντα, « les tous », « ceux-là tous » fait référence ici au fameux כָּל hébreu, emblème de l’aspect inclusif (nous dirions englobant) de la pensée hébraïque dont dérive le concept « en Christ », très présent dans les écrits de Paul. Car la Bonne Nouvelle est un fait, et non une simple proposition de la part de Dieu. En insistant sur le fait que le salut provient de Christ et non de notre observation des lois divines, pourtant nécessaire par ailleurs, Paul reste fidèle à la Bonne Nouvelle, tout simplement.

Cependant la traduction de Louis Segond, «l’Écriture a tout renfermé sous le péché», est ici un peu trop concise et absolue. «Tout  veut tout dire et rien dire en français. Il fallait donc préciser qui est derrière ce «tout». Bravo à la traduction Martin pour avoir précisé «tous les hommes», juifs et gentils également, de la même manière. Du reste la dernière révision de la version Segond rend cette phrase de façon plus fidèle que la version de 1910 (cf. Galates 3.22, Segond 21). La version Semeur, plus dynamique donc moins littérale, est également intéressante ici, quoique interprétative : «Mais voici le verdict de l'Écriture : l'humanité entière se trouve prisonnière de sa culpabilité devant Dieu.» (3.22, Semeur).

L’Écriture est fiable et honnête : elle ne peut que reconnaître l’universalité du péché depuis que tous ont péché «en Adam». Mais l’Écriture ne détermine pas cet état de fait. L’Écriture est impuissante à communiquer la vie, mais elle n’a pas pour but non plus de nous emprisonner dans le mal. La loi nous signifie que nous sommes esclaves du mal et elle nous pousse ainsi vers le chemin de la libération. C'est notre péché qui nous enferme, c'est à cause du mal qui est en nous que nous sommes des prévenus, mis en prison en attente du jugement, ce n'est pas à cause de la loi. L’Écriture ne nous rend pas esclaves du péché : c’est le péché qui nous rend esclave de nos propres désirs. Par conséquent la traduction de la TOB, « l’Écriture a tout soumis au péché dans une commune captivité », est trop interprétative. Associer les Écritures au péché, c’est insulter Dieu qui a donné les saints écrits. Carton rouge une nouvelle fois à la TOB* !

* La TOB semble meilleure dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau Testament. Cela s’explique peut-être par le fait que nombre de traducteurs, chrétiens, n’ont que peu d’intérêt personnel pour l’Ancien Testament. Aussi, tous les efforts interprétatifs des théologiens et des traducteurs se portent sur le Nouveau Testament. L’Ancien testament, étant réputé à tort ne plus nous concerner, est traduit souvent de façon plus objective, avec moins de distorsions interprétatives que pour le Nouveau.

C’est en révélant au plus haut degré la justice et l’amour divins que le décalogue nous fait prendre conscience de notre mal, pas en présentant une liste d’interdits qui feraient une sorte de publicité pour le mal. Non, cela c’est une perversion satanique, une vision déformée de la sainte loi de Dieu. C’est notre nature pervertie qui transforme l’interdit en objet de désir, ce n’est pas la loi qui fabrique du péché en présentant des critères de sainteté trop élevés pour nous ! C’est notre nature et notre péché qu’il faut accuser, pas la loi de Dieu.

C’est notre nature pervertie qui a été crucifiée avec Christ, ce n’est pas la sainte loi de Dieu. En Christ, notre chair a été anéantie, mise à mort (voir notre analyse de Galates 2.20 dans l'épisode 7). Les chrétiens évangéliques ignoreraient-ils jusqu’au sens premier de la croix ? Rome a-t-elle réussi à ce point son travail de sape du protestantisme ?

Ainsi, si l’Écriture montre que tous les hommes sont pécheurs (Galates 3.22), ce n’est pas pour les «enfermer» dans la désobéissance, dans le sens de les condamner à pécher jusqu’à ce que vienne une nouvelle «dispensation» (sic). Non, l’Écriture n’est là que pour poser le diagnostic, pour signaler. Et comme tous, à l'exception de Jésus, nous avons péché, nous sommes tous condamnés a priori à mort, ayant besoin d'être grâciés et d'être rendus présentables devant le Ciel.

L'Ecriture est aussi un guide : elle nous indique que, grâce au Médiateur, le péché n’est pas une fatalité. Grâce à ce que Jésus a souffert en portant notre chair, le péché n’est pas le maître ultime et nous ne devons donc pas lui donner consciemment la moindre autorisation de régner sur nos vies. Amen.

 

Galates 3.24 : la loi, le pédagogue du Christ

Dans Galates 3.24, autre « texte-preuve » utilisé dans le paragraphe «1.2. Quel est le rôle de la loi ?» de l’article «Le chrétien doit-il observer le sabbat ?» pour tenter de justifier la péremption des lois divines, surtout du sabbat, Paul présente la loi sous le jour le plus positif, un nouvelle fois. Paul y décrit en effet les lois des Hébreux, developpement des dix paroles universelles, non pas comme un outil au service du péché, comme le laissent entendre les théologiens évangéliques, mais comme un outil au service de la justice :

Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi. Galates 3.24, Louis Segond

C'est clair, d'après la fin du verset, le but même de la loi est de nous amener là où nous pourrons être justifiés par la foi. Tant qu'il y a sur terre des personnes ayant besoin d'être justifiées devant Dieu, la loi reste donc utile ! Les lois données à Moïse, détaillées dans les deux livres centraux du Pentateuque, sont présentées ici sous les traits d’un pédagogue, certes prêt à nous fouetter en cas de désobéissance, mais qui dirige nos regards vers le Christ, en tout temps et en tout lieu et jusqu'au retour de Jésus.

L'acceptation courante de ce verset selon laquelle la loi a été (et donc ne serait plus) un pédagogue, et qu'elle nous conduit jusqu'à Christ (sous-entendu jusqu'à l'époque de sa première venue seulement) est une erreur d'interprétation majeure, comme Waggoner le démontre dans La loi dans le livre des Galates (partie 9, La loi morale amène à Christ). Ici, à cause de la subjectivité évidente des traducteurs, le recours au texte original grec est précieux. Il dit en effet :

 ὥστε ὁ νόμος παιδαγωγὸς ἡμῶν γέγονεν, εἰς Χριστόν,

Ainsi la loi notre pédagogue est devenue (ou devient), en direction du Christ,

ἵνα ἐκ πίστεως δικαιωθῶμεν.

Afin que nous soyons justifiés (rendus justes) à partir de la foi.·

Le verbe γίνομαι (devenir) est ici conjugué au parfait de l'indicatif actif (γέγονεν), un temps qui n'a pas d'équivalent en français, mais qui se rapproche peut-être du présent progressif anglais. Il n'implique pas que l'action soit entièrement dans le passée et terminée. Comme l'aoriste, il décrit un phénomène sans le fixer dans un cadre chronologique précis.

Quant à la la préposition grecque εἰς (vers, en direction de), elle implique un mouvement, elle ne peut pas désigner une date ni une période délimitée. Elle n'est d'ailleurs jamais suivie du datif, mais toujours de l'accusatif.  C'est bien d'une relation directe entre le Christ et le croyant dont Paul parle ici et non d'une «dispensation».

La  vraie foi, que le Christ nous communique, brise la dureté de notre coeur et nous conduit à lui abandonner volontairement tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons. Tant que nous n'exerçons pas ce type de foi, nous continuons à pécher plus ou moins volontairement et la loi garde son rôle de pédagogue ou de surveillant pour nous, quelle que soit l'époque où nous vivons.

Ce n'était pas le cas de Paul et des apôtres. La foi avait véritablement transformé leur vie. La foi avait oeuvré dans leur vie. La loi ne jouait plus pour eux ce rôle de gendarme qui met en prison dans l'attente d'un jugement. Cet «emprisonnement», causé par notre état de pécheur et non par la loi elle-même, confirme la validité de la loi et nous permet de réfléchir aux conséquences de nos actes. Il suscite le désir d'être grâcié (voir le commentaire de Waggoner, partie 9, La loi morale amène à Christ, au milieu de la partie, quand il parle de «prison»).

C'est pourquoi Paul poursuit en disant : «la foi étant venue nous ne sommes plus sous un pédagogue» (Galates 3.25). «Nous», c'est-à-dire nous qui croyons «du coeur» (Romains 10.10) et avons donc la certitude de la justification et de la sanctification en Christ. Pour nous, la foi est venue, et la loi ne nous met plus en prison puisque nous ne la transgressons plus dans les faits. Mais il y a dans le monde des millions de personnes qui n'ont pas la foi en Christ : les justes principes de Dieu peuvent encore servir, pour eux, à les éloigner du mal, à les convaincre du caractère pécheur de leur nature et donc à les pousser à chercher un Médiateur. 

Comme le démontre Waggoner dans La loi dans le livre de Galates (partie 11, Sous la loi, ou condamné), être «sous la loi» (ὑπὸ νόμον, 1 Corinthiens 9.20), ou sous la malédiction (ὑπὸ κατάραν, Galates 3.10), ou sous le péché (ὑπὸ ἁμαρτίαν, Galates 3.22) ou sous un pédagogue (ὑπὸ παιδαγωγόν, Galates 3.25), sont des expressions équivalentes qui signifient sous la condamnation de la loi, soumis au péché, reconnu transgresseur des lois divines. Que l'on soit juif ou non, que l'on vive avant ou après la croix, cela ne change rien pour Dieu ! Dans deux endroits seulement du Nouveau Testament, «sous la loi» veut dire «soumis à la loi» : Romains 2.12 et 1 Corinthiens 9.21. Mais dans ces deux passages, le grec est différent, la préposition ὑπὸ n'est pas employée ; les expressions ἐν νόμῳ et ἔννομος (littéralement dans la loi) sont employées respectivement. Nuance. Décidément on ne peut pas se fier aux traducteurs.

Or, contrairement au datif (employé dans ἐν νόμῳ), l'accusatif (employé dans ὑπὸ νόμον) ne désigne pas un point exact dans l'espace ou le temps. En effet ὑπὸ + accusatif signifie «sous» avec la nuance au fond de. C'est un situation ou l'on est submergé et accablé, au fond du trou, sous le poids de quelque chose qui nous dépasse. Certes ὑπὸ + datif peut signifier sous l'influence de. Mais précisément Paul n'emploie jamais le datif (ὑπὸ νόμῳ) mais l'accusatif (ὑπὸ νόμον). ὑπὸ νόμον, «sous la loi», ne désigne donc ni une période de temps, ni un régime légal particulier pendant lequel la loi serait supposée s'exercer, mais une situation de condamnation par la législation divine, qui concerne toute l'humanité de toutes les époques.

Etre libéré de la condamnation que la loi porte sur le péché (par la sainteté de sa nature même) ne peut se faire que par le sacrifice du Christ, accompli pour le monde entier (Hébreux 2:9 ; 2 Corinthiens 5:15). Cela n'implique nullement que la loi soit périmée ou abolie : ce serait abolir le gouvernement porteur de cette loi, en l'occurence le gouvernement de Dieu, ce qui serait très grave. Au contraire, la réalité de la justification, manifestée en Christ, confirme que la justice demandée par la loi ne peut pas être abolie. En cas de transgression des principes divins, la mort du coupable est exigée. La justice, la réhabilitation, exige donc que nous soyons crucifiés avec Christ (Galates 2.20), c'est-à-dire que nous ayons une foi vivante dans ce fait accompli pour tous les hommes, dans cette incarnation réelle et ce sacrifice consentis d'avance de toute éternité (Jean 17.5; 1 Pierre 1.19-20 ; Apocalypse 13.8). Cette foi vivante nous sépare et nous libère dès à présent du péché, en tant qu'actes coupables et en tant que pensées coupables (voir ce que dit Jésus de la relation qui existe entre les pensées et les actes dans le sermon sur la montagne).

La loi de Moïse, sorte d'ajout (προστίθημι, Galates 3.19) ou de développement écrit de la loi universelle orale en vigueur depuis le jardin d'Eden, n'était pas, selon Paul, comme un diable qui poussait les Hébreux à fauter en présentant des interdits déraisonnables, en décourageant les fidèles par des exigences trop élevées. Certes l'Ecriture n'aurait pas été nécessaire si les descendants d'Abraham avaient gardé la loi dans leur coeur. Mais l’Écriture ne nous ficelle pas dans une prédestination infantilisante pour autant. Au contraire, elle nous appelle à la responsabilité individuelle. Comme l'a démontré brillamment Ellet Waggoner dans The Gospel in Galatians (version française ici), la loi conserve un rôle de pédagogue aujourd'hui pour nous, tant que nous n'exercons pas toute notre foi en Christ pour nous libérer du péché et nous sanctifier, nous rendre conformes à la loi divine dans l'esprit comme dans les actes.

La loi reste aujourd'hui un guide pédagogique, indiquant les normes de la justice parfaite divine et révélant par contraste le péché. Cependant, si nous restons rebelles à l'Esprit qui inspire cette loi, l’Écriture se transforme en surveillant impitoyable prêt à nous fouetter et nous emprisonner en cas de désobéissance, à nous condamner à mort. À nous de voir ce que nous voulons : un dialogue constructif et intelligent avec les Écritures et avec l’Auteur de la loi ; ou bien des coups de fouets pour tenter de nous ramener sur le droit chemin. Chacun sa méthode. Apparemment, les juifs de l’Antiquité ont souvent opté pour la seconde méthode : Paul le reconnaît ici en toute humilité.

Avant, dit Paul en substance, nous étions sous la garde de la loi, enfermés dans la désobéissance. Non parce que la loi nous poussait à désobéir, mais parce que nous voulions désobéir, parce que nous voulions nous satisfaire nous-mêmes. Ce n'était pas ce que voulait la sainte loi de Dieu ! Nous étions dans ce triste état de péché et/ou dans cette illusion religieuse de la propre justice parce que nous ne reconnaissions pas la grâce de Dieu et que nous cherchions à faire valoir notre propre justice devant Lui, et non parce que le Christ n'était pas encore venu sur terre. C’est notre nature et notre attitude vis-à-vis de la loi qui peut faire problème, pas les justes exigences divines, ni l'époque où nous vivons.

Selon Galates 3.24, la loi de Moïse a conduits les croyants au Christ, quand ils n'avaient pas une foi vivante en ses mérites, pour qu'ils soient justifiés par la foi, c’est-à-dire rendus justes, pas pour qu'ils puissent transgresser le décalogue en toute impunité ! C’est aussi ce que Paul écrit aux Romains : la médiation du Christ a pour but d’accomplir «en nous»  (Romains 8.4) la justice divine exprimée dans les lois morales écrites pour Israël. Cette médiation du Christ doit donc accomplir «en nous» la justice exprimée en clair dans le décalogue, car le décalogue est la substantifique moelle de la loi de Moïse. Voilà la véritable justification par la foi, celle qui implique une réponse et une collaboration de l’homme, et donc, à terme, une rénovation intérieure complète.

Galates 3.23-29 : nous, les juifs, et vous, les païens

Cependant les auteurs de l’article «Le chrétien doit-il observer le sabbat ?» interprètent Galates 3.24 comme voulant dire que «La loi est donc notre conducteur jusqu’à Christ». Les auteurs semblent comprendre qu’après le Christ la loi (sous-entendu des dix commandements) ne sert plus à rien ou ne s’applique pas aux chrétiens. Qu’en est-il ? Dans quelle mesure la loi, en tant que principes, formulés idéalement dans le décalogue, peut-elle nous conduire AU Christ, dans l’absolu, et dans quelle mesure la loi de Moïse dans son ensemble a-t-elle conduits les juifs JUSQU’À l’époque du Christ ? L’analyse plus approfondie du texte dans son contexte devrait répondre à ces questions.

Une première observation de Galates 3.23-29, dans n’importe quelle traduction, fait apparaître successivement deux «personnages» : «nous» et «vous» :

23 Avant que la foi vînt, nous étions enfermés sous la garde de la loi, en vue de la foi qui devait être révélée. 24 Ainsi la loi a été comme [grec : est devenue] un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi. 25 La foi étant venue, nous ne sommes plus sous ce [grec un] pédagogue. 26 Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ ; 27 vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. 28 Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. 29 Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham, héritiers selon la promesse. Galates 3.21-29, version Louis Segond

Deux pronoms personnels sont ici employés successivement : «nous» et «vous». D’après le contexte général de l’épître aux Galates, dont avons parlé dans l’épisode 7, Paul, qui est juif, s’adresse à des juifs qui veulent imposer la circoncision à des non juifs convertis au messianisme de Jésus de Nazareth. Paul, étant un imitateur de Jésus-Christ sincère et engagé, s’identifie sans hésiter à son peuple et il emploie le nous, alors même que beaucoup de juifs ne le reconnaissent plus comme un des leurs.

« Nous les juifs, dit-il en substance, nous étions soumis à la loi de Moïse, en particulier à la circoncision. Toutes ces lois pointaient vers le Christ ! Maintenant que nous avons été justifiés par la foi, que nous avons renoncé à tirer une justice valable aux yeux de Dieu de notre observation de la loi, nous ne devons plus voir dans notre circoncision une preuve de notre acceptation par Dieu ! Nous n’aurions jamais dû le faire d’ailleurs. Abraham lui même ne l'a pas fait (cf. Romains 4.11). La circoncision est seulement un témoignage de notre FOI en Dieu, une purification physique qui indique une purification morale, que seul Dieu peut faire en nous*. Mais comme nous, les juifs, nous avons été rebelles dès la révélation du Sinaï, la loi de Moïse s’est transformée en pédagogue : elle nous donnait des coups de fouets chaque fois que nous nous révoltions contre elle. Parfois elle nous condamnait même à mort ! Souvenez-vous de la révolte de Coré, par exemple. »

* Sur la circoncision, voir Waggoner, opus cité, partie 1, La circoncision.

« Pourtant Dieu, poursuit Paul, ne nous a pas donné la loi par Moïse pour nous fouetter mais pour nous détourner de notre propre justice et nous guider vers le Messie, le Christ, et sa justice parfaite, ce que nous n’avions pas compris. Maintenant que nous, les juifs, nous connaissons le Christ, la loi de Moïse n’est plus un père-fouettard pour nous : nous ne sommes plus sous le fouet d’un pédagogue. Car maintenant, nous avons renoncé à notre rébellion contre la justice divine. Maintenant tous les rituels et l'observation de la Torah ne sont plus des prétextes pour nous auto-justifier (les œuvres de la loi) ou pour nous mortifier (par le pédagogue et son fouet). Maintenant la loi est devenue pour nous, les juifs, et pour vous les païens, un fabuleux manuel des justes et éternels principes de la justice divine, formulés de façon concise dans le décalogue et incarnés en Jésus de Nazareth. »

Voilà pour le nous, les juifs. Notez que si, du point de vue des théologiens évangéliques, la loi de Moïse ne concerne que les juifs, ce que dit Paul ici sur le nouveau rapport entre les juifs et cette loi ne devrait logiquement concerner que les juifs ! Par conséquent, de ce point de vue, «nous ne sommes plus sous un pédagogue» ne devrait concerner que les juifs et donc ne pas pouvoir être utilisé comme argument pour ne plus observer les dix commandements. Bon, çà c’est pour la petite histoire.

Il est vrai que les païens, eux, ne se soumettaient pas ou peu aux rituels et aux lois juives, sauf exception, bien sûr. Ruth est un exemple éminent de ces exceptions. Notons pourtant, comme Paul l’explique dans Romains 2.14-15, que les païens eux-mêmes ont toujours perçu et appliqué des éléments de la loi divine universelle, orale, malgré le péché, grâce à Dieu et à l’influence modératrice du Saint Esprit qui met des limites à l’expression du mal sur la Terre, et parfois avec la collaboration des Hébreux les plus pieux.

Cependant, avant la confirmation du salut donnée par la croix de Christ, les païens, sauf exception, étaient généralement plutôt rebelles à la loi divine, en partie par la faute de Satan et de ses religions idolâtres. Mais les Hébreux, au lieu d'informer les païens des bienfaits des lois divines, ont été souvent rebelles : le « pédagogue » a donc dû employer le fouet pour les juifs et leurs adhérents. Cependant, juif ou pas, Hébreu ou pas, la rébellion qui est en nous, par nature, est fondamentalement la même et la solution à cette rébellion contre les principes divins signifiés par les dix paroles est la même : la révélation de la croix qui bouleverse les cœurs et les réconcilie avec la justice divine.

D’ailleurs, dans la deuxième partie de Galates 3.21-29, introduite par un «car» (3.26), Paul passe du nous, les juifs, au vous et même au «vous tous» (3.27).

« Vous tous, juifs, grecs, romains, dit Paul en substance, c’est dans la croix du Christ, dans la vie protectrice dont il vous a tous revêtus (3.27), qu’il faut chercher l’assurance d’être justifié et transformé par Dieu. Vous tous, vous êtes donc, du point de vue de Dieu et de son Christ, des enfants d’Abraham, que vous soyez circoncis ou non. Par conséquent, la bénédiction promise à Abraham et visant « toutes les familles de la terre » (Genèse 28.14) est accessible à vous tous, dans les mêmes conditions, exactement, que vous soyez juifs, que vous soyez païens convertis au judaïsme ou païen tout court. La règle est la même pour tout le monde, la loi de Dieu est la même pour tout le monde ! »

« Alors, je vous en prie, que les juifs ou les convertis au judaïsme n’essayent pas d’imposer leur pratique des lois communiquées à Moïse aux païens, que ce soit la circoncision ou d’autres rituels. Cela n’a pas de sens puisque maintenant vous vous reconnaissez tous rassemblés en Christ. Vous êtes devenus des enfants d’Abraham, avant sa circoncision (Romains 4.10-12), des enfants de la promesse, que dis-je, des enfants de Dieu, réconciliables avec ses dix paroles ! Aussi, tous, nous choisissons de nous soumettre de bon cœur aux justes principes signifiés par le décalogue, tous, juifs, grecs et romains. Nous n’avons pas besoin d’être fouettés par un surveillant ! Vous respectez déjà tous le sabbat comme jour d’adoration, montrant bien ainsi que vous avez reconnu que Jésus, le messie qui descend «d'Abraham l'hébreu» (Genèse 14.13), est le Créateur révélé dans le Pentateuque et le seul Dieu qu’il faut adorer. Alors que demander de plus ?? Contraindre des croyants à observer les rituels symboliques juifs ne servirait à rien et ne produirait rien de bon, puisque la foi ne peut jaillir de ces rituels ! Au contraire, c'est quand on a déjà la foi que le rituel peut avoir du sens pour manifester cette foi. »

Voilà donc le sens de ce passage (Galates 3.21-29), tel qu’on peut le percevoir en tenant compte du contexte général de l’épître aux Galates et des pronoms personnels employés.

Mais quelle est belle cette épître aux Galates, à bien y regarder ! Paul est vraiment l’homme de la réconciliation entre juifs et païens, par le Christ et autour du décalogue. Paul n’est pas un propagateur de la théorie des dispensations qui, en dressant un mur au milieu de l’histoire du salut, dresse un mur entre les peuples. Ce mur de séparation a été renversé par l'apôtre Paul par l'Esprit de Dieu. Ce mur sera reconstruit par Rome, plus tard, dans la suite de l’histoire du christianisme, notamment au moyen du repos dominical. Ce n’était pas la position des premiers apôtres.

Paul est très fier d’être juif, pas de doute, il le laisse montrer dans plusieurs épîtres. Mais Paul n’est pas orgueilleux. Ainsi, dans Galates 3.23-25, Paul, en tant que juif, fait son mea culpa national :

« Si nous, les juifs, veut-il dire, nous avions été moins rebelles au pied du Sinaï, nous aurions pu facilement comprendre que nous étions, par nature, incapables d’obéir aux dix commandements. Alors nous ne nous serions pas engagés à obéir à Dieu par nos propres forces (Exode 19.8). Obéir à Dieu, dans notre être charnel et vendu au péché (Romains 7.14) ne pouvait être qu’une grâce, accordée par l’Esprit divin, dans l’attente de la promesse de celui qui devait venir (Romains 5.14), et qui doit revenir aujourd'hui. En effet, il n’était pas nécessaire que, pendant des siècles, nous nous rebellions contre Dieu et que la loi nous fouette comme un simple surveillant. Dieu n’a jamais donné une loi quelconque pour cela. Ni le rappel de la loi orale dans le décalogue, ni les prescriptions de Moïse n’avaient pour pu de nous mortifier ! C’est Rome, la toute-puissante, qui nous mortifie, nous les juifs, ce n’est pas YOHVAH ! »

« Dieu n’a jamais voulu ces échecs à répétition pour les juifs ! Il voulait seulement nous bénir au Sinaï. Mais nous avons REFUSÉ d’écouter davantage la parole divine prononcée en direct. Alors la loi est DEVENUE (γέγονεν) un pédagogue, elle s’est changée en maître à fouetter. C’est dommage, mais, en attendant la révélation de la croix qui devait changer complètement nos cœurs, il n’y avait pas d’autre solution, car nous n’avons pas laissé le choix à Dieu. Car nous, les juifs, nous n’avons pas laissé la parole divine toucher nos cœurs au pied du Sinaï ! »

« La loi, cette si belle et juste loi de Dieu, a été réduite au rôle de père-fouettard (pédagogue), à cause de notre incrédulité. Quelle tristesse ! Mais maintenant c’est fini, grâce au Christ, grâce à la croix ! Moi, Paul, je ne doute plus un instant de la grâce transformatrice de Jésus : La foi étant venue, nous ne sommes plus soumis à un surveillant (Galates 3.25, Nouvelle Bible Segond). Grâce à la foi du Christ qui change nos cœurs, plus besoin de coups de fouets pour obéir à Dieu ! Tous, juifs et païens, nous acceptons la justice du Christ, qui était écrite dans la loi, par la foi et de bon cœur, sabbat compris ! Car ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ! »

Ainsi, avec le décalogue, nous avons tous accès, juifs et non juifs, à l’essentiel de la volonté de Dieu pour l’humanité. La loi de Moïse avec ses toutes ses prescriptions morales et cérémonielles est une grâce divine concrète, circonstanciée, que les juifs ont vénérée à juste titre, Paul ne le nie pas. Mais la loi de Moïse n’est qu’une préfiguration de la réconciliation totale entre l’homme et Dieu. Or cette réconciliation totale est manifestement formulée dans les promesses faites à Abraham et dans les dix paroles, que dis-je dans les dix promesses. Cette réconciliation totale est rendue possible par la médiation du Christ, dans le désert de la tentation, à Gethsémané, à la croix et dans le sanctuaire céleste !

Notes sur la traduction Segond 1910 de Galates 3.22-29.

Le verset 23 porte : « Avant que la foi vînt, nous étions enfermés sous la garde de la loi ». Cela donne l’impression que la loi de Moïse était,en elle-même une prison, alors qu’elle était une image magnifique du salut. De fait, le texte original dit plutôt :

« Avant que la foi vînt, nous étions inclus, rassemblés (συγκλείω) sous la protection (φρουρέω) de la loi. »

C’est assez différent. La loi de Moïse a été, ou devait être, pour les Hébreux puis pour les juifs, un rempart protecteur contre la confusion et la violence dans lesquelles baignaient les cultures moyen-orientales de l’époque, et non une contrainte. Elle nous mène en prison quand on la transgresse, ce qui est une conséquence normale de nos actes.

Le verset 24 dit bien que la loi de Moïse est devenue [grec γέγονεν] un pédagogue (un maître à fouetter) pour conduire les juifs à Christ. La loi est bien devenue quelque chose qu’elle n’était pas ou pour lequel elle n’avait pas été conçue. D’où les œuvres tirées de la loi dont nous avons déjà abondamment parlé, c’est-à-dire la valeur méritoire que nous pouvons être tentés d’attribuer à notre obéissance à la loi.

Par ailleurs, le verset 24 dit bien que la loi a conduits les juifs au Christ ou vers le Christ (préposition εἰς), afin qu’ils soient justifiés par la foi. Or, nous l'avons déjà souligné plus haut, la préposition εἰς indique toujours un mouvement et une direction, pas une période de temps. Étant donné que le complément est ici une personne, le Christ, εἰς doit désigner un mouvement et une direction vers cette personne. Par conséquent, l’interprétation de εἰς comme signifiant jusqu’à, donc comme séparant l’histoire en périodes distinctes, n’est pas plausible grammaticalement. Dans les faits, il est clair que la loi de Moïse a été perçue par nombre de juifs comme un surveillant, prêt à fouetter, jusqu’à ce que vienne le Christ, jusqu’à la révélation de la croix. Mais c'est uniquement parce qu'il n'avaient pas la foi d'Abraham et n'étaient donc pas circoncis de coeur (Romains 2.25-29). C’est donc bien vers un événement, la croix, et une personne, le Christ, que la loi pointait, ce n’est pas vers une nouvelle ère ou dispensation.

Dans Galates 3.25, le texte original dit bien que nous (les juifs) « ne sommes plus soumis à un surveillant » (celui qui tient le fouet). La traduction de Louis Segond «nous ne sommes plus soumis à ce pédagogue» est non seulement inexacte mais propre à être utilisée de façon tendancieuse. Paul ne vise pas ici une loi particulière. Paul ne vise d’ailleurs aucune loi ici, mais il vise un vécu par rapport à la loi, un statut accordé à la loi. La loi peut être vécue comme un père-fouettard par des croyants rebelles à la volonté de Dieu exprimée si clairement dans les dix paroles. Au contraire, si nous avons été transformés par la foi du Christ, la loi n’est plus un surveillant pour nous, elle est une expression des principes de vie divins, symbolisés par des rituels dans la loi de Moïse, exprimés en clair dans les dix paroles de Dieu.

 

«La loi» ou «une loi» : usage des articles définis et indéfinis dans Galates 3.

Dans Galates 2, nous avons noté que Paul restait très général, en omettant tout article devant le mot loi (νόμος) (voir l’épisode 7). Or ici, dans Galates 3, Paul écrit de façon plus différenciée.

En étudiant Galates 3.1-5, au début de l’épisode 8, nous avons constaté que dans le texte original le mot loi, dans l’expression « œuvres de la loi » restait sans article, comme au chapitre 2. Dans la suite du texte, Galates 3.6-9, Paul témoigne de l’extension de la bénédiction d’Abraham aux Gentils (les incirconcis). Le mot loi n’apparaît pas.

Au verset 10, Paul revient sur l’idée des « œuvres de la loi » ou « œuvres tirées d’une loi » (ἐξ ἔργων νόμου), c’est-à-dire sur le mérite que l’on peut s’attribuer en observant une loi, quelle qu’elle soit. Pas d’article défini non plus au début du verset 10. L’article apparaît cependant à la fin du verset pour parler du livre de la loi. C’est normal, outre qu’il s’agit linguistiquement d’une transcription d’un état construit hébreu, on parle ici de quelque chose de forcément défini : LE livre de la loi. Ce ne peut être n’importe quel livre : c’est la révélation écrite de la volonté de Dieu pour les hommes ! Il s’agit clairement du Pentateuque dans son ensemble, rédigé pour pallier à l'oubli de la loi orale, transmise depuis le jardin d'Eden. Paul est ici à la fois juif (fidèle à la Torah comme révélation divine) et protestant (attaché aux Ecritures comme norme de la conduite et nos relations avec Dieu).

Au verset 11 cependant, l’article défini devant le mot « loi » disparaît, dès que Paul reprend sa réflexion théologique générale : « Or que par une loi (ἐν νόμῳ) personne ne soit justifié devant Dieu, cela paraît par ce qui est dit : que le juste vivra de la foi (ἐκ πίστεως). » (Galates 3.11, d’après la version Martin)

À noter que l’absence d’article défini devant le mot foi (πίστεως) n’a pas de signification particulière, la foi étant, ici, un concept très général. Le texte ne fait pas apparaître de discussion sur plusieurs types de foi. La loi, en revanche, n’est pas un concept général : ce sont des ordonnances précises, des règles qui permettent la vie et l’organisation d’une société. Il faut donc savoir de quoi l’on parle.

Au verset 12, l’article défini (ὁ) apparaît de nouveau devant le mot loi. « Or la Loi n'est pas de la foi; mais l'homme qui aura fait ces choses, vivra par elles. » (Martin). À la fin de l’épisode 9, nous avons analysé ce verset et rappelé que la loi dans l'épître aux Galates se réfère aux lois divines, aux lois morales, comme Waggoner l'a démontré il y a plus d'un siècle. D’après le contexte et l’objet final de la lettre, c'est la circoncision qui semble préoccuper les destinataires (voir Galates 5.6 et 11). Cependant la circoncision n'est pas un loi morale, mais un rituel qui devait servir à manifester sa foi. Paul part donc de cette préoccupation des Galates pour repréciser les vraies conditions de la justification : un coeur bouleversé et donc animé par la foi, la foi du Christ et la foi en Christ.

Au verset 13, contrairement au verset 11, l’article défini revient devant le mot loi pour parler de la malédiction de la loi dont Christ nous a rachetés en étant crucifié : «Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi (τῆς κατάρας τοῦ νόμου).» La malédiction attachée à quiconque transgresse les principes divins, quels qu’ils soient et quelle qu’en soit la forme concrète, est celle de la mort éternelle, juste anéantissement qui doit purifier l’univers du péché. Voilà la mort que le Christ a affronté en portant en lui notre nature déchue jusqu’à la mort de la croix (Philippiens 2.8). Comme nous l’avons déjà souligné dans l’épisode 9, c’est bien notre malédiction qui a été crucifiée avec Christ et non la loi ! La malédiction n’est pas dans la loi mais bien dans notre incapacité à observer la loi, c’est-à-dire dans notre chair.

Un peu plus bas, au verset 17, après avoir parlé de la promesse à Abraham, qui inclut les Gentils, Paul englobe toute la loi de Moïse avec ses prescriptions et ses rituels, quand il parle de «la loi qui est venue quatre cent-trente ans après» (Galates 3.17, Martin). L’article défini est bien présent ici : il s’agit d’une loi définie. D'ailleurs le texte original ne parle pas exactement de «la loi, [virgule] qui est venu 430 ans après» mais, mot à mot, de «la qui est venue 430 ans après loi» ! Ce n’est pas la loi universelle et intemporelle sur laquelle tout le gouvernement de Dieu repose qui est directement désignée ici, bien qu'elle soit à la base de cette loi venue 430 ans après. Cette loi désignée par Paul comme étant «ajoutée» (3.19) 430 ans après est une reformulation, un développement circonstanciée et surtout une mise par écrit, devenue nécessaire 430 ans après les promesses faites à Abraham et répétées aux patriarches. C’est la loi de l'Exode et du Lévitique, avec toutes ses prescriptions morales, dont le décalogue est le résumé parfait.

Le sabbat universel, bien que mentionné dans ces prescriptions, au même titre que l'interdiction du meurtre par exemple, n'appartient pas en première instance à cette loi venue 430 ans après, puisqu’il remonte à la création du monde. La loi de Moïse va seulement préciser, contextualiser, la loi universelle du repos hebdomadaire du septième jour de la création, afin d’en préciser l’application dans la société hébraïque de l’époque, très tôt lors de l’Exode, à l’occasion du don de la manne (Exode 16.22-26), avant même la proclamation orale du décalogue (Exode 20) ! Au fait ce n'est pas le sujet : le propos de Paul n'est pas d'annuler la loi mais de montrer que la loi n'annule pas les promesses faites à Abraham.

Au verset 18, «Car si l'héritage est par la loi, il n'est point par la promesse», l’article disparaît de nouveau : nous sommes dans une réflexion théologique générale :

εἰ γὰρ ἐκ νόμου ἡ κληρονομία, οὐκέτι ἐξ ἐπαγγελίας· Mot à mot :

Car si à partir d’une loi est l’héritage, ce n’est pas à partir d’une promesse.

La préposition ἐκ est utilisée, indifféremment pour la loi et pour la promesse. Ainsi la provenance, l’origine, la parole fondatrice de l’héritage est bien une promesse et non une loi. C’est un engagement d’une Personne et non une règle impersonnelle, pour utile qu'elle soit. Nous sommes bien dans une réflexion générale sur les conditions d’attribution de l’héritage du salut. Aucune loi, aucune législation, aucun gouvernement, n’est remis en cause ici. Ce n'est pas le propos !

Verset 19 : «Pourquoi donc la loi ?» (τί οὖν ὁ νόμος). L’article défini est de retour. Paul parle de nouveau d’une loi bien définie, l'ensemble des lois formulées au Sinaï. Cette loi a bien été ajoutée (προσετέθη) à la loi universelle orale préexistante, nous l’avons vu.

De même, au début du verset 21 : La loi est-elle donc (ὁ οὖν νόμος) contre les promesses de Dieu ? Bien sûr que non ! Le discours de Paul sur la loi de Moïse est parfaitement logique et cohérent.

Cependant au milieu du verset 21, l’article défini disparaît de nouveau, puisque Paul fait de nouveau une réflexion générale : «S'il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la (grec : une) loi.» (3.21, Segond).

De même au verset 23 : «Avant que la foi vînt, nous étions gardés sous la (grec : une) loi.» (Martin). Nous étions gardés par une loi, mis en détention provisoire, sous une loi (grec : ὑπὸ νόμον), à défaut de vouloir nous soumettre à l’Esprit et d’être gardés par l’Esprit du Christ ! Ce n’est pas une loi en elle-même qui est visée, c’est un état de fait, une relation avec cette loi.

Verset 24 : «La loi est devenue un pédagogue» : retour de l’article défini. Les lois données par le Christ à Moïse devaient faire l’admiration de toutes les nations alentour et rendre gloire au Dieu d’Israël. Elles ont été réduites à un maître armé d’un fouet, à cause de l’incrédulité des Hébreux vis-à-vis des promesses de Dieu d’écrire ses lois dans les cœurs. Cette promesse du salut implanté au cœur de l’être humain était déjà contenue dans les promesses antérieures, la promesse du Sauveur faite à Ève dans le jardin d’Éden et la promesse faite à Abraham de bénir toutes les nations grâce à sa descendance messianique.

 

Essai de retraduction des principaux passages de Galates 3

Réécrivons maintenant les passages clés du chapitre 3 par rapport à la loi en respectant la présence ou l’absence de l’article défini dans le texte original et tout cela va être limpide. Nous ajoutons certaines prépositions grecques entre parenthèses pour plus de précision.

1 Ô Galates insensés qui vous a ensorcelés… alors que Jésus-Christ a été dépeint sous vos yeux comme crucifié ?

2 Avez-vous reçu l’Esprit à partir des (ἐκ) œuvres [tirées] d’une loi, ou à partir d’une (ἐκ) écoute pleine de foi ? [il s’agit bien de deux vécus spirituels et non de deux statuts juridiques ou de deux époques]

5 Celui donc qui vous donne l'Esprit… est-ce à partir des (ἐκ) œuvres [tirées] d’une loi, ou à partir d’une (ἐκ) écoute pleine de foi ?

10 Mais tous ceux qui sont des (ἐκ) œuvres d’une loi, sont sous une malédiction car il est écrit : maudit est quiconque ne persévère pas dans toutes les choses qui sont écrites au Livre de la loi pour les faire.

11 Or que par (ἐν) une loi personne ne soit justifié devant Dieu, cela paraît par ce qui est dit : que le juste vivra de la foi.

12 Or, la loi ne provient pas de (ἐκ) la foi ; pourtant (ἀλλὰ) celui qui mettra ces choses en pratique vivra par (ἐν) elles.

13 Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, quand il a été fait malédiction pour nous…

17 Quant à l'alliance qui a été auparavant* confirmée par Dieu en Christ, la [cette**] loi qui est venue quatre cent-trente ans après ne peut pas l'annuler…

* Alliance faite en Éden, après la chute, cf. v. 19. ** L’article défini grec peut être une traduction du démonstratif hébreu ה.

18 Car si l'héritage venait d’une (ἐκ) loi, il ne viendrait plus d’une (ἐκ) promesse.

19 Pourquoi donc la loi [de Moïse] ? Elle a été ajoutée par grâce par rapport aux transgressions jusqu'à (ἄχρις) ce que vienne* la semence à laquelle la promesse a été faite**. Elle a été promulguée par des anges, par le ministère*** d'un Médiateur.

 * ἔλθῃ, subjonctif aoriste actif de ἔρχομαι. L'aoriste ne dénote aucune valeur temporelle mais seulement un aspect de l'action, sauf au mode indicatif. Or ici nous sommes au subjonctif.  ** ou «à laquelle la promesse est faite» ; grec : ᾧ ἐπήγγελται, parfait de l'indicatif  moyen-passif de ἐπαγγέλλω, annoncer, promettre, professer. La traduction «avait été faite» est donc incorrecte, surtout au vu de l'aoriste qui précède. C'est une interprétation liée à la théologie des dispensations. Paul parle bien ici de la seconde venue du Christ. Voir Waggoner, opus cité, partie 7, La postérité et son héritage.  *** En grec : la main d’un médiateur, hébraïsme.

21 La loi [de Moïse] est-elle donc contre les promesses de Dieu ? Loin de là ! S'il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement d’une (ἐκ) loi.

23 Or avant que la foi vînt, nous [les juifs] étions gardés par (ὑπὸ) une loi, rassemblés, dans l'attente de la foi qui devait être révélée.

24 La loi [de Moïse] est ainsi devenue notre surveillant, [pointant] en direction du (εἰς) Christ, afin que nous soyons justifiés par (ἐκ) la foi.

25 Mais [pour nous], la foi étant venue, nous ne sommes plus sous un surveillant,

26 parce que vous êtes tous enfants de Dieu par la foi en Jésus-Christ.

27 Car vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ.

Loué soit YAHVEH !

(Traduction d’après le texte original réutilisant des éléments de la version Martin et Segond 1910)

Pour tout comprendre sur la loi dans les Galates, procurez-vous sans tarder le petit ouvrage de Waggoner, concis et puissant, intitulé La loi dans le livre de Galates, auprès de la Sentinelle des temps (6 €+ le port). Gloire à Dieu pour ce «très précieux message» ! (Ellen White)

(À suivre)

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