Daniel : une lumière à Babylone

De l’indistinct à la séparation, ou des ténèbres à la lumière — (2) Le Shabbat

14 Mars 2017 , Rédigé par Misha Publié dans #Sabbat, #Textes commentés

Quand le génie du Créateur triomphe des forces confusionnelles grâce au repos fondé sur sa parole.

 

Dans l’épisode précédent, nous avons vu que, par la puissance de sa Parole, YOHVAH a créé, donc distingué, séparé les composantes environnementales entre elles et les différentes formes de vie « évoluant » dans cet environnement entre elles. Transmise à l’homme à sa création, la faculté de parler sert à son tour à distinguer l’être humain des autres êtres vivants. Ainsi la parole, attribut du Créateur, est partagée par le Créateur avec sa créature favorite. Preuve d’amour inouïe, désir avoué et intense de communiquer avec nous ! Mais Dieu est prêt à aller plus loin encore avec nous et il va le prouver dans la suite de l’histoire humaine.

 

7. Au septième jour, après avoir créé la merveille parlante prodigieuse qu’est l’être humain, placé dans le plus merveilleux des environnements naturels, le Créateur parachève son travail par une nouvelle distinction, cette fois DANS LE TEMPS. Dès le début de la création, YOHVAH avait divisé le temps en jours d’environ 24 heures (« un soir et un matin »). Il avait fixé ENSUITE dans le ciel des « luminaires » pour mieux distinguer la nuit du jour, au quatrième jour (Genèse 1.18).

A présent, en bénissant et mettant à part le septième jour (Genèse 2.1-4), YOHVAH crée de fait la semaine de sept jours, cette caractéristique indestructible de toute vraie civilisation. Plutôt que de laisser le temps suivre son cours de manière indistincte, jour après jour, il met à part le septième jour de la semaine. Pour le dire en hébreu il le « sanctifie » ou le « proclame saint », selon les traductions de Genèse 2.3 (וַיְקַדֵּשׁ אֹתוֹ). Ce septième jour, qui correspond à notre samedi gréco-romain, est de plus béni par Dieu (וַיְבָרֶךְ). YOHVAH en fait un jour anniversaire de son travail créateur, à célébrer sans exception, ni altération ! Voir notre série d’articles sur le shabbat ici.

YOHVAH renforce la distinction entre le septième jour et les autres jours de la semaine en lui donnant indirectement un nom : shabbat, c'est-à-dire arrêt, cessation, repos. La racine שׁבת, cesser, s’arrêter, se reposer, est en effet employée deux fois (Genèse 2.2 et 2.3), chaque fois pour dire que Dieu arrête là son travail de créateur. Une nouvelle distinction est posée ici : entre le travail et le repos. Aucun état intermédiaire confusionnel n’est envisagé entre les deux. N’avons-nous pas besoin aujourd’hui encore de faire cette distinction dans nos vies, pour notre équilibre et celui de nos familles ? Le repos du sabbat est fait pour nous y aider !

Un verbe plutôt qu’un substantif est employé ici pour caractériser le shabbat (וַיִּשְׁבֹּת) parce que, dans la langue hébraïque, le verbe est l’origine du substantif, de même que la parole est à l’origine du nom. C’est un verbe aussi parce qu’il s’agit d’une période de temps, d’une réalité dynamique différente d’une personne qui, elle, serait forcément désignée par un substantif. En effet une personne humaine est un fils ou une fille du Créateur, du NOM.

La première fois (2.2), le verbe (ou la racine) שׁבת, cesser, se reposer, est conjugué à l’inaccompli, mode du récit, du devenir (וַיִּשְׁבֹּת). La deuxième fois (2.3), le verbe est conjugué à l’accompli, mode de la certitude, de la stabilité et de la durabilité (שָׁבַת). « Il se reposa » (וַיִּשְׁבֹּת 2.2), alors, à ce moment du récit, engendre « il s’est reposé » (שָׁבַת 2.3) : c’est fait, c’est établi, c’est définitif. L’action (de Dieu) a donné naissance à une réalité, à un nom. De verbe (וַיִּשְׁבֹּת), le shabbat, la cessation, devient un nom (שָׁבַת).

Ainsi, tant dans la continuation de l’histoire humaine que dans le projet du Créateur, le septième jour est destiné, dès la fondation du monde, à être particulièrement, distinctement, l’objet de l’attention et de la présence divine, plus que les autres jours de la semaine, qui n’ont ni nom ni caractérisation particulière, qui sont une simple suite de soirs et matins, dans le récit et dans le reste de la Bible (sauf exception, les jours fériés religieux des Hébreux notamment).

Ainsi Adam et Eve, distincts entre eux et distincts de leur environnement, commencent leur nouvelle vie par une activité distincte, le repos, pendant un jour distinct, le shabbat.

La première tâche d’Adam et Ève, leur priorité, sera la contemplation et la jouissance des œuvres du créateur. Rien ne presse ! Ils auront ensuite six jours ordinaires pour entamer leurs activités et se livrer à la réalisation de leur propres œuvres. Ils pourront compter en tout et toujours sur leur Créateur.

Inaltérable bonté du Créateur ! Dire que ce cycle bénéfique de sept jours devait se répéter pendant toute une éternité de bonheur ! « Souviens-toi du jour du repos », dira plus tard YOHVAH aux Hébreux rassemblés au pied du Sinaï. Cette parole de YOHVAH, dans son autorité de Créateur et donc de législateur, reste valable aujourd’hui. Elle est même plus que jamais d’actualité, alors que le Créateur, par son Messie-roi, s’apprête à rétablir son autorité légitime et aimante sur notre planète, comme nous le révèlent les prophéties de Daniel et de l’Apocalypse de Jean.

Par l’institution divine du repos du septième jour lors de la création du monde, la fusion et la confusion de la future Babylone, son activité frénétique et incessante qui ne tolère aucun arrêt, aucune baisse de productivité, est déjouée d’avance par la sagesse divine.

La différence entre les six jours de la semaine et le septième jour qui la couronne restera toujours perceptible par les humains de bonne volonté. C’est pourquoi Satan, désigné par les ténèbres, par l’occulte (חֹשֶׁךְ) de Genèse 1.2, s’ingéniera à occulter le jour du shabbat, le jour de la cessation, du repos et de la bénédiction, afin de garder les humains sous son pouvoir tyrannique.

Mais, ne réussissant pas à anéantir totalement l’observation du sabbat, ne pouvant exterminer totalement les juifs, Satan aura recours à une ruse presque fatale : le déplacement du saint jour de YOHVAH, du septième jour au premier jour de la semaine. Ainsi, le repos et la contemplation des œuvres de Dieu a été pervertie en un jour de pure religiosité formelle, de célébration du salut par les œuvres et du légalisme. La joie de la rencontre avec Dieu pendant le sabbat s’est muée en obligation sociale, voire légale, en imposition intolérante et en oppression persécutrice. Avec le déplacement du shabbat au dimanche, l’anniversaire hebdomadaire de la Création est devenu un simple fait social et religieux, à la gloire des institutions humaines et romaines. Rome est devenu le trône de Satan.

Par cette supercherie blasphématrice, le vrai shabbat de la Création a été remplacé progressivement chez les chrétiens par le dimanche gallo-romain. Ce changement du sabbat au dimanche s’est fait de façon presque imperceptible, sur au moins trois siècles, du IVe au VIe siècle. Mais finalement le jour du culte du soleil, le jour de l’Empereur et du pape, a totalement supplanté le sabbat de YOHVAH.

Ainsi, Satan espérait occulter la gloire, la majesté, la bonté et l’autorité du Créateur dans l’esprit des humains. Mais, malgré Satan et ses collaborateurs humains assoiffés de pouvoir temporel, le sabbat de la création demeure, inchangé depuis des milliers d’années, commençant au soir du sixième jour et finissant au soir du septième jour de la semaine. Siècle après siècle, Dieu a mis à part, « sanctifié », des fidèles qui refusaient de se soumettre à l’autorité satanique de Rome.

 

En effet, son travail créateur achevé, Dieu ne se repose pas sur ses lauriers ! C’est pour nous qu’il a institué le sabbat, pas pour lui ! Jésus le rappellera (Marc 2.27). C’est pour nous rencontrer que YOHVAH a institué le shabbat, parce que nous avons besoin de ce contact rapproché avec Lui. Aussi, après la faute de l’homme, Dieu a continué, patiemment, son travail de différenciation entre le bien et le mal, pour nous sauver de la confusion et de la mort.

 

A suivre dans :

De l’indistinct à la séparation, ou des ténèbres à la lumière — (3) La Rédemption

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