Daniel : une lumière à Babylone

La croyance en l’immortalité de l’âme : une alliance dangereuse avec la mort et un déni de la Vie éternelle (6)

15 Janvier 2017 , Rédigé par Misha Publié dans #Immortalité

Pour ce sixième épisode de cette réflexion en rapport avec l’article de Billy Graham « La brièveté de la vie », paru en français sur le site Top chrétien, nous allons continuer d’examiner des textes bibliques en rapport avec l’âme et l’immortalité autres que ceux évoqués par Billy Graham. Dans le cinquième épisode, nous avons évoqué Les Psaumes, le prophète Ésaïe ainsi que la loi de Moïse. À présent, nous allons nous plonger dans le livre de Job, avant de revenir au Nouveau Testament à partir de l’épisode suivant.
 
Un Rédempteur qui ne mord pas la poussière
Job a été un modèle de foi et d’obéissance, en dépit de ses souffrances injustes et incompréhensibles pour lui. Certains pasteurs évangéliques prétendent que Job avait un problème spirituel, ce qui expliquerait pourquoi il a pu être la cible des attaques cruelles de Satan. Mais non, rien ne peut ni ne doit justifier le mal. Accuser Job de faiblesse c’est se mettre du côté de son accusateur et non de son Défenseur. Voir notre article Les soi-disant « craintes » de Job : le délire de certains pasteurs évangéliques.
Écoutons donc avec attention comment Job parle de son Dieu, auquel il tenait au point de lui rester fidèle dans ces horribles conditions. Parmi les plus belles déclarations de foi de Job, celles du chapitre 19 retiendront particulièrement notre attention, dans le cadre de cette réflexion sur l’âme et l’immortalité :
Je sais bien, moi, que mon sauveur vit, et qu'à la fin il se manifestera sur la terre. Job 19.25, version du Rabbinat français
Dans l’épisode précédent, nous avons vu le prophète Ésaïe appeler à la résurrection les « habitants de la poussière » (Esaïe 26.19). Ici nous voyons le Rédempteur ou « racheteur » (גאל) de Job se manifester ou se lever (קום) « sur la terre ». Or le texte hébreu dit ici « sur la poussière » (על-עפר), employant le même terme (עפר) qu’Ésaïe à propos des « habitants de la poussière ».
Job a donc confiance dans l’issue finale du grand conflit entre Christ et Satan. Le Rédempteur se lèvera, « à la fin » ou « en dernier » (אַחֲרוֹן), soit à la fin des temps, pour rendre le verdict du tribunal céleste à propos de cette planète. Il se présentera « sur la poussière », soit au-dessus de la poussière (על-עפר), en maître de la Vie et vainqueur de la mort dont il a triomphé. Jésus n’est pas « retourné à la poussière » (cf. Genèse 3.19) comme nous le ferons sans doute à notre décès, mais il est ressuscité le troisième jour. Il a donc « tout pouvoir » (Matthieu 28.18) sur les « habitants de la poussière », qu’il ressuscitera tous, certains pour la vie éternelle, d’autres pour la mort éternelle (voir Daniel 12.2 et notre commentaire). Personne ne ressuscitera pour être torturé indéfiniment en enfer, désolés si cela déçoit certaines puissances religieuses…
 
« Libéré de ma chair », verrai-je Dieu ?
La suite de Job 19, dans la version du Rabbinat français, utilise une formulation qui peut être facilement prise comme une caution donnée à la croyance en l’immortalité de l’âme.
Après que ma peau, que voilà, sera complètement tombée, libéré de ma chair, je verrai Dieu ! Job 19.26, version du Rabbinat français
Dans notre esprit occidental faussé par les dogmes infernaux de Rome, l’interprétation dualiste de ce verset est vite faite. Le Nouveau Testament n’enseigne-t-il pas que « la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu » ? (1 Corinthiens 15.50) Pour voir Dieu, il suffirait alors d’être libéré de la chair, puisqu’elle est mauvaise. Mais que restera-t-il de nous, si nous perdons notre chair ? La réponse semble toute trouvée : il restera l’âme, divine, immortelle. Conclusion : suicidons-nous ! Ou attendons patiemment la mort, soit en souffrant le moins possible, égoïstement, soit au contraire en souffrant le plus possible pour « expier » nos fautes. Nous trouvons là les deux grandes tendances observées dans la religion catholique romaine : ceux qui veulent être sauvés avec leur péché et pas trop se prendre la tête (le paroissien lambda) et ceux, moins nombreux, qui veulent expier eux-mêmes leurs péchés, donc être sauvés grâce à des œuvres méritoires. C’est pourquoi cette religion possède une audience aussi vaste : elle s’adapte à tout type de croyant charnel.
Or tout cela est soit illusoire (être sauvé en conservant ses péchés) soit morbide (être sauvé en expiant soi-même ses péchés par des œuvres). Ce sont des inventions de Satan pour perdre les âmes. En effet que dit vraiment le texte de Job ?
Le contexte nous donne d’innombrables raisons de comprendre que nous sommes dans un langage poétique, imagé. Si certaines images sont fortes, c’est pour exprimer ici le désarroi et la souffrance de Job. Ces images doivent être interprétées avec intelligence et connaissance des habitudes littéraires de la culture hébraïque. Le verset suivant donne un bon exemple de ces expressions idiomatiques :
Oui, je le contemplerai moi-même pour mon bien, mes yeux le verront, non ceux d'un autre. Mon cœur se consume d'attente dans mon sein. Job 19.27, version du Rabbinat français
« Mes yeux le verront » est mis ici pour « Je le verrai ». Cette habitude de prendre un de ses membres pour se désigner tout entier est fréquente dans la Bible hébraïque. Cela est possible parce que, dans la Bible hébraïque, la partie est représentative du tout puisque la partie est INDISSOCIABLE du tout. De même que mes yeux ne peuvent exister indépendamment de moi, de même je ne peux exister normalement sans mes yeux. Et plus généralement, je ne peux pas exister sans mon corps. Les yeux sont bien de la chair, au sens biologique du terme, comme le reste du corps humain. Job s’attend donc, après sa résurrection, après son réveil de la « poussière » de la mort, mentionnée au verset 25, à posséder un corps, des yeux et de la chair. C’est quand même plus pratique… Par conséquent la traduction « libéré de ma chair », au verset 26, apparaît comme ambiguë. Nous allons voir plus bas une meilleure traduction.
La fin du verset 27, « Mon cœur se consume d'attente dans mon sein », est un bon exemple de langage poétique hébraïque, langage qui tend souvent à être hyperbolique et emphatique. Bien sûr que le « cœur » de Job ne se consume pas réellement en lui, sinon il ne serait alors plus là pour en parler. Le terme hébraïque employé ici, כִלְיֹתַי, désigne en fait les reins, l’être humain profond, voire l’inconscient. Quant à la racine כלה, traduite ici par « consumer », elle porte l’idée d’accomplissement, de fin, de terme et donc, forcément, de manque. Job est au bout du rouleau : il attend que tout s’accomplisse, il attend la fin, la délivrance finale, c’est-à-dire soit une intervention de Dieu et la guérison, soit le repos dans le sommeil de la mort.
Il manque à Job un bout de l’histoire : ce que Satan a dit contre lui devant l’assemblée céleste. Il lui manque une rencontre avec Dieu qui résoudrait au moins partiellement ses interrogations et lui permettrait d’attendre de nouveau sereinement la vie future, en continuant de craindre Dieu et de s’écarter du mal. Cette rencontre aura lieu à la fin du livre.
Job attend cette révélation avec tout son être : ses yeux, son cœur, ses reins (כִלְיֹתַי), son âme : tout son être est impliqué, tendu vers cette délivrance et cette délivrance concerne tout son être. Il ne s’attend pas à rencontrer Dieu avec son âme seulement.
Maintenant, si nous revenons au verset 26, quand Job dit que sa « peau » « sera complètement tombée », il parle d’une réalité très concrète. Satan a en effet frappé Job d’une horrible maladie de peau, traduite « ulcère » ou « lèpre » « maligne » (Job 2.7). Cette fois, ce n’est pas une image !
Nous apprenons au passage que la cruauté de Satan peut avoir des répercussions sur notre santé. Le taux d’augmentation exponentiel de cancers (+ 80 % depuis les années 1990), par exemple, devrait donc nous amener à réformer sérieusement notre style de vie, afin de faire ce qui est en notre pouvoir pour nous prémunir des redoutables dégradations que Satan incite les hommes à produire contre le corps humain et contre son environnement naturel (plus d’infos sur ce sujet dans les conférences de Maria Crispim sur la chaîne de La Sentinelle des temps).
 
Je verrai Dieu en étant en chair en os
Cependant, pour revenir à Job, sa maladie fait qu’il est réellement en train de perdre sa peau, au sens propre et peut-être bientôt au sens figuré. Donc quand il dit que sa peau sera bientôt complètement détruite, si Dieu n’intervient pas pour lui faire justice, il s’attend à mourir des suites de sa maladie, ni plus ni moins. Mais s’attend-il à monter au Ciel, dématérialisé, après sa mort éventuelle ? Il semble bien que non puisqu’il compte rencontrer Dieu quand son Sauveur se lèvera sur la Terre, en dernier (אַחֲרוֹן), à la fin des temps (19.25). Job semble bien attendre une résurrection, après sa mort, et non une ascension de son âme au Ciel. Mais voyons de plus près le texte original du verset 26.
Job vient d’affirmer avec force sa foi dans la venue future de son Rédempteur sur la terre, la venue du triomphateur de la « poussière », c’est-à-dire de la mort (Job 19.25). Il ajoute alors :
ואחר עורי נקפו-זאת
Et après mon épiderme ils auront abattu celle-ci [ma vie]
ומבשרי אחזה אלוה
Mais depuis mon corps je vais voir Dieu.
Job 19.26, essai de traduction littérale.
Ce passage n’est certes pas facile à comprendre pour nous, avec le décalage du temps et le caractère forcément fragmentaire de nos connaissances de l’hébreu biblique. Mentionnons ici la version Martin de 1744, qui semble une des plus proches de l’original :
Et lorsqu’après ma peau ceci aura été rongé, je verrai Dieu de ma chair. Job 19.26, Martin
Pour notre part, nous avons traduit עור par « épiderme » plutôt que par « peau » pour avoir un nom masculin, comme en hébreu. En effet le pronom démonstratif féminin זאת, « celle-ci », ne peut guère se rapporter à עוריma peau »), car peau est masculin en hébreu. Or on ne trouve aucun mot féminin dans le contexte auquel rattacher le pronom « celle-ci ». Ce pronom doit donc désigner quelque chose de sous-tendu par le contexte, ne pouvant être nommément désigné par Job, car porteur pour lui de trop de charge émotionnelle. Vu le contexte, où Job fait face à l’éventualité de la mort, « celle-ci » devrait logiquement désigner sa vie, son âme, son être.
« Vie », en hébreu חי, est soit un adjectif, soit un verbe. Il peut être donc décliné au féminin. Il vient juste d’être employé au verset précédent pour dire que le Rédempteur de Job est « vivant » (חי). Quand à âme, נפש, synonyme ici de « personne humaine », c’est un substantif féminin en hébreu, donc cela convient très bien également. Au début du chapitre, Job reprochait déjà à ses amis d’affliger son « âme » (נפש) (Job 19.2). « Je vais sans doute mourir, alors pourquoi me pourrissez-vous le peu de vie (d’âme) qu’il me reste ? » Un peu plus haut dans le livre, les deux mots, « âme » et « vie », sont déjà réunis dans cette déclaration désespérée : Mon âme (נפש) est dégoûtée de la vie (חי) (Job 10.1).
Voilà donc le mystère de ce זאת (« celle-ci ») un peu éclairci. Maintenant le « ils » de « ils auront abattu » (נקפו) désigne de mystérieux agresseurs, introuvables également dans le contexte immédiat. On dirait que Job sent leur présence diabolique sans pouvoir les identifier clairement. La version Martin rend le verbe נקפו par une tournure impersonnelle, « ceci aura été rongé », laissant entendre que la destruction de Job est l’œuvre de la maladie seule. Nous préférons garder ici l’ambiguïté portée par la troisième personne du pluriel.
Ce verbe que nous avons rendu approximativement par « ils auront abattu », נקפו, vient d’une racine au champ sémantique sans équivalent dans nos langues latines. Une recherche dans une concordance montre que, sur ses 19 occurrences dans la Bible hébraïque, la racine נקפ apparaît presque toujours au Hiphil, mode causatif, où elle signifie clairement entourer, faire le tour. Nous en avons un exemple au sens figuré quelques versets plus haut, quand Job se plaint que Dieu l’a « enveloppé » (הִקִּיף) dans un filet ou dans des embûches (Job 19.6) Cependant, ici, en Job 19.26, la racine נקפ est au Piel, mode intensif, et il n’est pas aisé de déterminer le sens de l’intensif à partir du causatif !
Le seul usage de la racine נקפ au mode simple (Qal) se trouve dans Ésaïe 29.1, où il est question du cycle des fêtes et des années qui doivent s’écouler avant d’être interrompues brutalement par un châtiment frappant Jérusalem. Ostervald traduit ici la proposition hébraïque חַגִּים יִנְקֹפוּ par « Que les fêtes reviennent tour à tour » (Ésaïe 29.1, Ostervald), proche de la version du Rabbinat français qui porte : « Que les fêtes accomplissent leur cycle ! » (Ésaïe 29.1, Rabbinat français). Donc quand Job dit, en 19.26, « ils auront abattu celle-ci » (נִקְּפוּ-זֹאת), il pourrait bien redouter que ces mystérieux « ils » mettent fin eux aussi au cycle et au tour de ses années de vie.
Cette interprétation se confirme par le seul autre usage de la racine נקפ au Piel, trouvé dans Ésaïe 10.34, où « les taillis de la forêt » (symbole du peuple infidèle à YAHVEH) sont, selon les traductions, coupés, frappés, taillés, renversés, ou encore « tombent sous les coups de hache » comme le traduit de façon dynamique la Bible en français courant. Toutes ces traductions sont parfaitement cohérentes avec le contexte, donné par le verset précédent (Ésaïe 10.33). Le cycle de vie de cette « forêt » se termine ainsi, brutalement. Si au mode simple, la racine נקפ indique que les années se succèdent et arrivent à une fin, au mode intensif cette fin semble arriver de façon encore plus dramatique. C’est la mort qui met fin à ce cycle.
Mais, car il y a un « mais », « depuis mon corps », dit Job, « je verrai Dieu ». Le mal n’aura pas le dernier mot ! Il y aura une résurrection du corps ! Il faut garder à l’esprit qu’une renaissance du corps équivaut à une renaissance de l’être tout entier. Car, dans la conception moniste biblique, l’être humain ne peut exister sans un corps.
Nous avons traduit ici la lettre waw (ו) utilisée comme préfixe (ומבשרי, et depuis ma chair) par mais, plutôt que par et, car le « et » se trouve déjà au début du verset (ואחר) : « et après ». Un deuxième « et » dans ce verset aurait vraiment de la pertinence si le waw était placé devant un verbe, pour indiquer la continuité de l’action en cours. Ce qui n’est pas le cas ici, il est placé devant une construction nominale (ומבשרי, et depuis ma chair). C’est donc plutôt une opposition que l’auteur du livre de Job veut créer ici : « Après ma peau, c’est ma vie qui va être détruite, sans doute ; MAIS je verrai Dieu dans ma chair quand même !! » Il ne faut jamais perdre de vue que le waw utilisé comme préfixe peut toujours théoriquement se traduire par « mais » plutôt que par « et ».
C’est de sa chair (מבשר), avec un corps et des yeux, que Job entend rencontrer Dieu. En effet, si la préposition מ (מבשרי, depuis ma chair) indique bien l’origine, la traduction « hors de ma chair » est quand même forcée ici ; « à partir de ma chair » serait plus exact, quoique moins idiomatique. Cette traduction de מבשרי par « hors de ma chair », adoptée par Ostervald et, sans surprise, par l’école biblique de Jérusalem (catholique), présuppose que la chair est ici l’élément mauvais dont il faut s’extraire pour pouvoir rencontrer Dieu. Or, d’après le contexte et l’analyse que nous avons faite ci-dessus, ce n’est pas de sa chair que Job voulait se débarrasser, mais de la maladie qui affligeait sa chair et qui risquait de le faire descendre dans la tombe prématurément.
Nous avons traduit בשר (chair) par corps et c’est le sens premier, concret et évident de ce mot hébreu. La racine verbale correspondante, identique, signifie porter ou annoncer une nouvelle, en général une bonne nouvelle. C’est seulement dans le Nouveau Testament, dans un contexte théologique et doctrinal bien particulier, que le mot chair prendra une connotation négative, et pour de bonnes raisons, liées au péché qui se niche au cœur du psychisme, de l’esprit humain. Le système nerveux ne fait que s’adapter à cette difformité psychique et spirituelle. Mais le corps humain, en lui-même, n’est pas mauvais : c’est au contraire une merveille dont la complexité, la réactivité et l’adaptabilité biochimique défient l’imagination. Incroyable mais vrai, il semble que, pour Dieu, pour réjouir le cœur des humains par de bonnes nouvelles (c’est aussi le sens de la racine בשר), il faut absolument un corps. Une « âme » désincarnée n’aurait aucune utilité ni aucun sens pour faire ce travail :
C'est pourquoi, en entrant dans le monde, Christ dit: « Tu n'as voulu ni sacrifices ni offrandes, mais tu m'as formé un corps. » Hébreux 10.5, citation de Psaume 40.7-9.
Job a donc raison : il pourra voir Dieu tout en étant de chair et d’os, puisque Dieu lui-même s’est fait chair et os en Jésus-Christ, puisque Dieu lui-même s’est donné à nous pour toujours :
« Regardez mes mains et mes pieds: c'est bien moi. Touchez-moi et regardez: un esprit n'a ni chair ni os comme, vous le voyez bien, j'en ai.» Jésus après sa résurrection, Luc 24.39, Segond 21.
Jésus à sa résurrection n’est pas une âme immortelle, un esprit, mais bien un corps. Job, à sa résurrection, verra donc Dieu non seulement « depuis sa chair » (19.26), avec ses yeux (19.27), mais il verra aussi Dieu en chair et en os ! Incroyable bonne nouvelle !
Mais les yeux des méchants seront consumés, et tout refuge périra pour eux, et leur espoir sera d'expirer. Job 11.20, Darby
Voilà le seul sort des rebelles pour l’éternité : expirer, c’est-à-dire rendre l’âme. Leur âme n’est pas destinée à souffrir pendant l’éternité : ils n’auront plus d’âme. Personne ne se souviendra d’eux ! Pendant l’éternité, personne ne pourra être accablé par le souvenir du mal.
(A suivre)

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