Daniel : une lumière à Babylone

« Le chrétien doit-il observer le sabbat ? » ou les dix commandements sont-ils pérennes ? (4)

25 Novembre 2016 , Rédigé par Misha Publié dans #Sabbat

Quatrième épisode de l’analyse critique de l’article « le chrétien doit-il observer le sabbat » du site Bibliquest.com.
Dans l’épisode précédent, nous avons vu les dangers qu’il y a à refuser d’écouter la parole de Dieu, surtout quand elle prononcée en direct. Nous nous sommes penchés sur notre besoin d’être libérés de la transgression de la loi, plutôt que de la loi elle-même. Voyons maintenant le rôle de la foi dans cette libération du mal et donc le rôle de la foi dans l’observation des commandements de Dieu.
 
Le sabbat et la « Nouvelle Alliance »
Le sabbat remonte à la Création, à l’époque où les Cieux et la Terre ont été formés oralement, par la parole de Dieu. Le sabbat est donc une part essentielle des lois divines racontées à l’humanité et transmises, pendant des millénaires par voie orale uniquement, de génération en génération. C’est pourquoi le commandement du sabbat forme le cœur du décalogue et est le plus précis, le plus détaillé des dix commandements. C’est pourquoi aussi ce commandement pivot du décalogue, pourtant si mal aimé des chrétiens, commence par « Souviens-toi ». La mémoire est cruciale dans une tradition orale : c’est d’abord une parole qui peut être l’objet de notre foi, et non un écrit seulement. Si les chrétiens d’aujourd’hui refusent d’écouter cette parole de Dieu, rappelée au Sinaï, s’ils se croient permis de sélectionner parmi les dix paroles celles qu’ils jugent appropriées à leur situation, ils se mettent au-dessus du Créateur, comme Rome.
C’est aussi en se mettant au-dessus du Dieu créateur que des chrétiens sont souvent la proie de diverses formes d’évolutionnisme, qui sont autant de refus de la puissance de la Parole. L’apôtre Pierre prévoyait déjà cette évolution religieuse délétère : « Ils veulent ignorer, en effet, que des cieux existèrent autrefois par la parole de Dieu, de même qu’une terre tirée de l’eau et formée au moyen de l’eau. » (2 Pierre 3.5) Aujourd’hui beaucoup de chrétiens décrédibilisent le récit de la création et celui du déluge, tout en prétendant fonder leur foi sur la Bible.
Au Sinaï, en choisissant le mode de communication directe, la parole, Dieu voulait évidemment graver ses lois, sans excepter le sabbat, dans LE CŒUR des Hébreux, comme dans la « nouvelle » alliance annoncée plus tard par le prophète Jérémie (Jérémie 31.31). Cette alliance n’était « nouvelle » que pour les Hébreux et les contemporains de Jérémie : elle n’est pas nouvelle pour nous, ni pour Abraham, justifié par la foi, ni pour Énoch, ni pour Élie, enlevés au Ciel sans passer par la mort, ni pour les apôtres après la Pentecôte, ni pour tous les héros de la foi d’Hébreux 11, tous fidèles observateurs du sabbat ! Cette « nouvelle alliance » ne devrait pas non plus être nouvelle pour les vrais chrétiens, les vrais héritiers des Vaudois, les vrais précurseurs et continuateurs de la Réforme.
Le sabbat signifie le repos spirituel dans les œuvres de Dieu, œuvres créatrices et rédemptrices. Le commandement du sabbat hebdomadaire et le repos spirituel qu’il exprime peuvent-ils être « gravés dans notre cœur », comme l’annonce Jérémie dans la « nouvelle alliance », si nous nous croyons autorisés à remplacer le sabbat par le dimanche et que nous nous obstinons dans cette folie présomptueuse et d’inspiration luciférienne ? À l’évidence non.
YAHVEH, au Sinaï, n’a pas pu graver sa loi dans le cœur de ceux qui écoutaient, car ils n’ont pas reçu la Parole avec foi (Hébreux 4.2). Aussi Dieu a dû se contenter de l’alliance que lui proposait le peuple à la place : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons ». Voilà l’ancienne alliance : elle s’appuie uniquement sur les promesses du peuple d’obéir à Dieu, par ses propres forces, et elle repousse par là-même la Parole et donc les promesses de Dieu de graver ses lois dans notre cœur. Or Dieu ne peut graver ses paroles dans nos cœurs si nous en renions la validité et l’application concrète.
L’obéissance aux commandements n’est donc une « obligation » (1er paragraphe) qu’aux yeux des croyants qui se placent sous l’ancienne alliance, celle des promesses de l’homme à Dieu, comme au Sinaï. Au contraire sous la nouvelle alliance, celle des promesses de Dieu à l’homme, le sabbat et tous les commandements deviennent une grâce, « un délice » pour le dire dans les termes choisis du prophète Esaïe (58.13). Car le cœur du croyant a enfin adhéré pleinement aux principes et aux termes des lois divines. Le croyant aime enfin son Créateur de tout son cœur ET de toutes ses forces. Ce qui ne saurait être le cas des croyants qui, tout en étant éclairés sur la question, s’obstinent à sanctifier un jour de leur choix. Une part de rébellion, marque du grand séducteur, subsiste dans leur cœur, au niveau conscient ou inconscient. Père ! Pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font, et surtout ce qu’ils feront s’ils persévèrent dans cette voie diabolique.
« Nous ferons tout ce que Dieu a dit », disaient les Hébreux au Sinaï. Tu parles, promesse d’ivrogne ! Cette alliance-là, ils l’ont ensuite transgressé maintes et maintes fois, depuis le veau d’or jusqu’à la déportation à Babylone, en 586 av. J.-C., jusqu’à la destruction totale de leur nation par les Romains en l’an 70 de notre ère. Quel sort plus terrible encore Dieu réserve-t-il alors à ceux qui ne se contentent pas de transgresser ses lois mais qui poussent l’indocilité et l’orgueil jusqu’à MODIFIER ses lois, déplaçant, sans la moindre autorisation scripturaire, le saint sabbat de YOHVAH au dimanche des Romains ! Car, en instituant le dimanche à la place du sabbat, ils ajoutent à la rébellion le BLASPHEME en s’attribuant une autorité qui n’appartient qu’à Dieu, le seul vrai législateur.
Modifier les lois divines : cela les juifs infidèles n’auraient jamais osé le faire directement. Ils se sont contentés, et c’est déjà beaucoup, d’ajouter des lois de leur cru, plus restrictives que les lois de Dieu, pour « protéger » les lois divines… Salut par les œuvres encore une fois : ce que Jésus n’aura pas de peine à démasquer. Mais les juifs n’ont pas été jusqu’au blasphème comme les chrétiens de Rome.
On peut ici, entre parenthèses, établir une analogie entre l’attitude arrogante pris par un certain « christianisme », romain, à l’égard des lois divines et la présomption de certains croyants dans les sectes « évangéliques ». Dans une sorte de délire maniaque, et avec la bénédiction de certains « pasteurs », qui ont fait parfois des études très courtes, des croyants mal équilibrés se croient investis d’une « autorité » sur le monde angélique, sur les démons notamment ou même sur les maladies… Ce délire de toute-puissance ne doit pas être confondu avec la foi authentique : celle qui choisit de se SOUMETTRE à l’autorité du Créateur, par admiration pour le Seigneur du sabbat, le seul Sauveur et le seul guérisseur. Mais fermons la parenthèse.
 
Le Sabbat et la volonté de Dieu
La vraie foi se soumet au Créateur, joyeusement et avec « délices », comme Esaïe (58.13), comme Abraham et… comme Jésus :
« Tu ne désires ni sacrifice ni offrande, Tu m’as ouvert les oreilles ; Tu ne demandes ni holocauste ni victime expiatoire. Alors je dis : Voici, je viens avec le rouleau du livre écrit pour moi. Je veux faire ta volonté, mon Dieu ! Et ta loi est au fond de mon cœur. » Psaume 40.7-9
« C’est pourquoi Christ, entrant dans le monde, dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, Mais tu m’as formé un corps; Tu n’as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché. Alors j’ai dit : Voici, je viens - dans le rouleau du livre il est question de moi - pour faire, ô Dieu, ta volonté. » Hébreux 10.5-7
Jésus est le Créateur, lui-même en personne (Jean 1.3 ; Colossiens 1.16 ; Hébreux 1.2). Pourtant Jésus lui-même s’est soumis à la volonté divine quand il était dans notre chair. Or la volonté de Dieu pour les hommes, YOHVAH l’a redit au Sinaï, c’est qu’ils se souviennent particulièrement de son travail de Créateur et de Rédempteur, une fois par semaine, pendant le sabbat. Au contraire de Jésus, les chrétiens d’aujourd’hui, sous l’influence trompeuse de Satan, refusent de faire la volonté de Dieu et d’observer le sabbat hebdomadaire. C’est pourquoi, pour eux, le sabbat est une contrainte judaïque encombrante dont il faut se débarrasser. Le sabbat et les autres commandements divins ne sont pourtant pas une « obligation », dans le sens d’une contrainte aliénante, comme cela semble être le cas pour l’auteur ou les auteurs de l’article en question. Au contraire, la mise en pratique du sabbat hebdomadaire et de tous les dix commandements est le fruit d’une collaboration libre et joyeuse entre l’esprit humain et l’Esprit divin. C’est dans ces conditions que la puissance de la grâce peut vraiment se manifester, l’ignorez-vous ?
Nous avons beaucoup évoqué plus haut l’importance du cœur. Or en hébreu le cœur (lev) est, dans toute la Bible, le siège de l’esprit, de la volonté, le centre décisif des facultés psychiques et intellectuelles humaines. Faire une recherche sur ce mot dans la Bible à l’aide d’une concordance pour s’en convaincre et découvrir quelques joyaux. Or Jésus avait choisi de garder les lois de Dieu au fond de son cœur (Psaume 40.9). En est-il de même pour les chrétiens de profession aujourd’hui ?
« Je veux faire ta volonté, ô mon Dieu », répétait Jésus sans cesse, jusqu’à Gethsémané. « Je veux faire ta volonté », répéteront les vrais croyants librement soumis à la volonté de Dieu, dès maintenant et jusqu’à la fin du monde. « Je veux faire ta volonté parce que je t’apprécie et que j’ai toute confiance en Toi : tu sais ce qui est bon et même « très bon » (Genèse 1.31) pour moi, comme tu l’as dit et répété pendant toute la création du monde. Et, grâce à ton Esprit et à tes lois, incarnées en Jésus-Christ, j’apprends à aimer ce qui est bon à tes yeux, comme l’observation du sabbat ou le renoncement à la convoitise. J’apprends aussi à détester ce qui me paraissait bon mais qui se révèle mauvais au final, comme la soumission de mon esprit à des règles purement humaines, des traditions ou des superstitions. » Dieu sait ce qui est bon pour nous et il nous DIT ce qui est bon pour nous : que nous mettions à part le jour du sabbat pour le sanctifier. Après c’est une question de foi en la parole de YOHVAH : croyons-nous que cette parole est fiable ou, comme le serpent dans le jardin d’Éden, nous interrogeons-nous sur la validité de cette parole ?
 
Le sabbat de Dieu a été fait pour l’homme et pas pour les juifs seulement
Après l’expérience ratée du Sinaï, Dieu a demandé aux Hébreux, dans leur société théocratique de l’époque, que l’observation du sabbat soit rendue légalement obligatoire, afin de conserver ce peuple rebelle et à peine sorti de l’esclavage dans le souvenir du Créateur. Il ne devrait jamais en être de même aujourd’hui dans nos sociétés, ni pour le sabbat, ni pour le dimanche, car la foi repose sur la libre adhésion. La liberté existait aussi dans la société hébraïque antique, mais elle était très limitée : le refus des lois divines était sanctionné par le bannissement de la communauté.
Cependant le sabbat de la Création, devenue loi nationale des Hébreux pour un temps, ne s’est pas soudainement réduit à une simple loi juive pour autant, après des millénaires d’observation depuis la Création. D’autres personnes que les ancêtres directs des Hébreux ont respecté le jour du Créateur. Melchisédech, par exemple, devait forcément respecter le sabbat, sinon Abraham ne l’aurait pas reconnu comme un prêtre du Dieu vivant et ne lui aurait pas payé la dîme.
Le sabbat est d’essence divine : il ne nous appartient pas. Il a été fait pour nous, mais nous ne sommes pas libres d’en faire ce que nous voulons. L’érudit prophète Esaïe le rappelait, au VIIIe siècle avant Jésus-Christ (c’est Dieu qui parle) :
« Si tu retiens ton pied, pendant le sabbat, pour ne pas faire ta volonté durant MON saint jour, si tu considères le sabbat comme un plaisir, le jour saint de l’Éternel comme digne d’être honoré, et si tu l’honores en ne suivant pas tes voies habituelles, en ne cherchant pas à accomplir tes propres désirs et en ne parlant pas dans le vide, alors tu trouveras ton plaisir dans l’Éternel. Alors je te ferai monter sur les hauteurs du pays et te ferai jouir de l’héritage de ton ancêtre Jacob. Oui, c’est l’Éternel qui l’affirme. » (Esaïe 58.13-14, Segond 21).
Pourquoi cette promesse de Dieu ne serait-elle valable que pour les juifs ? Et pourquoi d’autres promesses, telles que « l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme » (Genèse 2.24), « choisis la vie afin que tu vives » (Deutéronome 30.19), « le juste vivra par la foi » (Habakuk 2.4), « Vous tous qui avez soif venez aux eaux » (Esaïe 55.1) seraient-elles plus applicables aux chrétiens que cette promesse « de l’héritage » d’Esaïe 58.14, conditionnée au respect du sabbat ?
Les chrétiens ne peuvent s’approprier la religion des Hébreux d’autrefois tout en trahissant sa base : l’autorité d’un Dieu unique, personnel et Créateur, et l’autorité de son Fils qui se nomme « le Seigneur du sabbat ». Pas le « seigneur des anneaux », non, mais le « Seigneur du SABBAT ». Les trois évangiles synoptiques rapportent que Jésus s’attribue ce titre (Matthieu 12.8, Luc 6.5 ; Marc 2.28). Or, dans les trois évangiles, le texte original grec met le mot « Seigneur » (κύριος) en tête de la phrase. C’est dire l’importance de ce titre de Seigneur, d’autant que Jésus parlait en araméen. Or en araméen et en hébreu, le mot grec κύριος traduit l’hébreu Adonaï (Seigneur) qui sert à remplacer le nom propre de Dieu, YOHVAH, pendant la lecture de la Bible à haute voix. Jésus, aux oreilles de ses auditeurs, se donnait donc le titre d’Adonaï du shabbat ! On comprend pourquoi ils voulaient le lapider parfois. Voir aussi notre analyse détaillée de ces trois versets dans notre article intitulé L’observation du sabbat chrétien, paragraphe « Jésus est le Seigneur du sabbat ».
Donc il faudrait savoir : ou bien « le salut vient des juifs », comme le souligne Jésus dans son entretien avec une femme de Samarie (Jean 4.22) et comme l’évoque Paul dans l’épître aux Romains (chapitre 3), et il faut en assumer toutes les conséquences, notamment se soumettre à l’autorité du Dieu des juifs et apprendre à aimer son sabbat ; ou bien le salut des juifs n’est que pour les juifs et il vaut mieux se tourner vers une autre religion, comme le bouddhisme par exemple. « Dieu est-il seulement le Dieu des Juifs ? Ne l’est-il pas aussi des païens ? Oui, il l’est aussi des païens ! » s’exclame Paul (Romains 3.29).
Le sabbat a été fait pour l’homme, disait Jésus (Marc 2.27) : il ne dit pas « pour les juifs », mais « pour l’homme », pour l’humanité. Certes, l’homme n’a pas été fait pour le sabbat, c’est bien l’inverse, nous sommes d’accord. Mais si le sabbat est fait pour nous, pourquoi le négliger dans la pratique ? « Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés. » (Romains 2.13) Et l’apôtre Jacques renchérit : « Quiconque observe l’ensemble* de la loi, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable de tous**. En effet, celui qui a dit : Tu ne commettras point d’adultère, a dit aussi : Tu ne tueras point. […] Parlez et agissez comme devant être jugés par une loi de liberté. » (Jacques 2.10-12).
* Texte original : holos, qui désigne une totalité globale. ** Texte original : pantôn (pas, panta), qui porte l’idée de « chacun séparément ».
La liberté dont parle l’apôtre Jacques est-elle la liberté de pouvoir faire des aménagements personnels avec les lois divines ? Certes, non ! Il s’agit bien d’être libéré du péché, de renoncer à la transgression de la loi par la puissance de Jésus, suite à un libre choix, un choix éclairé. Notez au passage que Jacques parle de la loi des dix commandements comme des dires de Dieu et non comme un simple écrit religieux.

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