Daniel : une lumière à Babylone

« Le chrétien doit-il observer le sabbat ? » ou les dix commandements sont-ils pérennes ? (3)

18 Novembre 2016 , Rédigé par Misha Publié dans #Sabbat

Troisième épisode de l’analyse critique de l’article « le chrétien doit-il observer le sabbat ? » du site Bibliquest.com. Sommaire général
Puisque Paul, dans l’épître aux Galates, se réfère à l’alliance conclue au Sinaï, pour parler d’un joug en rapport avec les lois divines, avec la circoncision notamment, comme Pierre le fait dans Actes 15.10, il convient de remonter un peu le temps pour revivre et comprendre ce qui est arrivé au pied du Sinaï. Pourquoi cette alliance a-t-elle été un joug et un échec à répétition ?
 
L’ancienne alliance ou le refus de la puissance de la parole
Dieu venait de proclamer à haute voix les dix commandements du haut du Sinaï. Si jamais une parole inspirée a mérité d’être appelé « parole de Dieu » c’est bien cette proclamation des dix commandements ! Au fait, c’est peut-être la seule déclaration divine rapportée par les prophètes hébreux dans la Bible qui soit à coup sûr littéralement et verbalement inspirée. C’est en tout cas la plus solennelle et la plus dense. Les autres paroles prophétiques bibliques, excepté peut-être certaines déclarations de Jésus, sont en majorité formées de mots choisis par de simples hommes. Car ce sont les personnes qui ont été inspirées, pas les mots.
Dieu a parlé aux prophètes, illustrant ses propos d’images de la vie quotidienne ou de visions fantastiques et symboliques. Puis les prophètes ont rapporté ses propos ou ses visions avec leurs propres mots. Leurs écrits sont inspirés dans le sens où Dieu a veillé personnellement à ce qu’ils choisissent des mots appropriés, pas dans le sens où les mots en eux-mêmes sont inspirés. Ellen White, elle-même messagère inspirée, l’affirme avec force, indiquant par-là que, même avec ses messages reçus de Dieu et ses visions célestes, elle reste une vraie protestante, soumise au canon biblique. Elle affirme notamment que « l'inspiration agit non pas sur les mots ou les expressions, mais sur l'auteur lui-même. » (Manuscrit 24, 1886)
Cependant, ici, au Sinaï, puisque Dieu parle directement à tout le peuple et que Moïse est forcément un sténographe très fidèle après ses années d’études en Égypte (voir Actes 7.22), on peut croire que les mots du décalogue sont exactement ceux choisis et prononcés par Dieu, avant d’être gravés sur des tables de pierre. Ainsi les dix commandements pourraient être le seul passage de la Bible dont l’inspiration littérale et verbale est garantie, par Moïse et indirectement par Jésus, qui en garantit la pérennité (voir Matthieu 5.18).
Cependant la puissance de la parole ne vient pas seulement des mots mais aussi et surtout de la personne qui les prononce. Car la parole est une puissance, elle ne se réduit pas à des mots ni à un langage. Aussi la parole créatrice, celle de Dieu, aurait pu avoir une puissance fulgurante sur les esprits des auditeurs Hébreux au Sinaï. Mais que se passa-t-il ? À l’ouïe de la Parole de Dieu, les Hébreux de l’époque de Moïse refusèrent de l’écouter davantage :
« Ils dirent à Moïse : Parle-nous toi-même, et nous t’obéirons, mais que Dieu ne nous parle pas directement, pour que nous ne mourrions pas. Moïse répondit : N’ayez pas peur ! Si Dieu est venu ainsi, c’est pour vous mettre à l’épreuve, et pour que vous le révériez afin de ne pas pécher. » (Exode 20.19-20)
« Afin de ne pas pécher », c’était bien le but visé par Dieu en proclamant le décalogue à haute voix : il comptait changer le cœur des Hébreux par sa Parole afin qu’ils ne pèchent pas contre lui. David, étiqueté pourtant « ancienne alliance » (sic), a fait cette belle expérience de repentir authentique, comme il en témoigne dans les Psaumes. Changer le cœur du pécheur, c’est toujours aujourd’hui le but de la Parole de Dieu. « Aujourd’hui si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs ! » Cet appel solennel et pressant, tiré du Psaume 95, est répété trois fois dans l’épître Hébreux ! C’est dire si le refus de la Parole, le refus des appels de l’Esprit, constitue un péché en soi et même LE péché.
Ainsi, pour YOHVAH, au Sinaï, la proclamation du décalogue et donc du sabbat est bien destinée à prévenir le péché. Par conséquent, le refus d’écouter cette parole, la parole directe de Dieu, ne peut qu’engendrer le péché. C’est ce qui est arrivé dans le désert du Sinaï, c’est que qui nous menace aussi aujourd’hui.
 
Les dix commandements, piliers du culte céleste
Les Hébreux de l’époque de Moïse avaient, pour beaucoup, eux aussi, le cœur dur. Ils ont refusé de se laisser atteindre par la Parole. Alors Dieu a dû graver sa loi sur de la pierre, pour qu’elle ne soit ni oubliée, ni déformée, ni modifiée (comme elle l’a été par Rome). Commentant cet épisode, un apôtre de la nouvelle alliance explique :
« Gardez-vous de refuser d’entendre celui qui parle ; car si ceux-là n’ont pas échappé qui refusèrent d’entendre celui qui publiait les oracles sur la terre, combien moins échapperons-nous, si nous nous détournons de celui qui parle du haut des cieux. » Hébreux 12.25
Remarquez-le bien : pour l’auteur de l’épître aux Hébreux, les dix commandements sont une publication orale des oracles de Dieu « sur la terre ». Si le sabbat avait été aboli à la croix, ou si le décalogue était limité au culte hébraïque ancien, l’auteur parlerait d’une publication « écrite » des oracles de Dieu « aux Juifs », ou « au Sinaï ». En effet, le but de l’auteur de l’épître aux Hébreux est de distinguer le premier culte du second culte, le sanctuaire terrestre du sanctuaire céleste, le premier étant une simple maquette du second, qui lui est bien supérieur. Alors si l’auteur parle d’une publication orale des oracles de Dieu sur la terre, « du haut des cieux », du siège du gouvernement des univers, c’est parce qu’il s’agissait d’une publication à valeur universelle de commandements divins intemporels, c’est parce que les dix commandements sont rattachés en premier lieu au second culte, au sanctuaire céleste.
Les dix commandements n’ont été rattachés au tabernacle israélite et à ses rituels qu’en second lieu, dans un second temps. Mais ces fondements de l’autorité du gouvernement céleste sur la terre préexistaient. Dans le culte terrestre, pour indiquer cette prééminence, ils occupaient la place la plus élevée possible : au sein de l’arche de l’alliance. Ce coffret ultra-sacré était placé dans le Saint des saints et protégé par un couvercle sur lequel on aspergeait le sang de la victime expiatoire. Certes les dix commandements, gravés sur de la pierre, ne pouvaient avoir la puissance des dix paroles proclamées oralement par YOHVAH en personne. Cependant cette position honorifique des tables de pierre, au cœur du sanctuaire terrestre, témoigne de la position éminente qu’ont les dix paroles dans le culte céleste, le véritable tabernacle fondé par Dieu, celui que Moïse a pris pour modèle (Exode 26.30 ; Actes 7.44 ; Hébreux 8.5).
Les Hébreux étaient des hommes de la même nature que nous. Ce qui leur est arrivé nous arrivera aussi, si nous refusons aussi d’entendre « celui parle du haut des cieux » (Hébreux 12.25). Si nous refusons d’écouter la parole de YOHVAH sur le mont Sinaï, prononcée en direct, si nous refusons le repos du sabbat, nous refuserons aussi, à des degrés divers, l’interdit du meurtre, l’interdit de l’idolâtrie, de l’inceste, de la convoitise et de l’adultère et nous serons tôt ou tard la proie de ces maux qui affligent l’humanité depuis l’aube des civilisations. Ces maux sont loin d’être symboliques : le sabbat non plus n’a rien de symbolique. Allez-vous à la fin de cette semaine prendre un week-end symbolique, tout en continuant d’aller au boulot ? Votre patron serait en droit de vous le demander si le repos hebdomadaire était seulement un repos « spirituel » ou symbolique comme le prétendent les auteurs de Bibliquest.com. Je ne sais pas si vous seriez d’accord avec votre patron dans ce cas-là…
 
Refus de la parole et intolérance religieuse
Refuser d’entendre Dieu nous parler, alors qu’il énonce, à haute voix, des principes aussi bons et aussi universaux que les dix commandements, c’est prendre un risque très grave. Comment les chrétiens d’aujourd’hui pourraient-ils, comme les Hébreux au Sinaï, « refuser d’entendre celui qui parle » en toute impunité ? Comment pourraient-ils continuer de se mettre inconsciemment AU DESSUS du Créateur du sabbat, en continuant de sanctifier un jour de leur cru, le dimanche, et garder la conscience tranquille ? Clairement, c’est impossible ; donc il leur faut continuer d’essayer de se justifier théologiquement, tant bien que mal, en utilisant des extraits bibliques hors contexte, parfois traduits de façon discutable. Ils doivent faire des acrobaties intellectuelles pour essayer de montrer que l’observation du sabbat hebdomadaire peut sans problème être mise de côté par le chrétien. Ils persistent à essayer de justifier leur transgression du sabbat par la Bible, alors qu’ils ne pourraient vraiment se justifier que sur la base de l’histoire de la tradition ecclésiastique occidentale moyenâgeuse. Car la réalité historique, nous l’avons vu plus haut (voir le deuxième épisode de cette série), c’est que les chrétiens ont couramment observé le sabbat au moins jusqu’au Ve siècle.
Ainsi, de tentative en tentative d’autojustification de leur l’observation du dimanche, les chrétiens glissent sur une pente dangereuse jusqu’au jour où il sera trop tard : ils auront définitivement basculé dans le camp de Satan, de Babylone et de Rome. Alors ils deviendront eux aussi une puissance d’égarement et de persécution. Alors YOHVAH devra intervenir en faveur de son peuple, comme annoncé dans les prophéties de Daniel et de l’Apocalypse, et dans les discours eschatologiques de Jésus.
 
Une alliance de foi pour être libéré de LA TRANSGRESSION de la loi
Pour rappeler et formuler ses lois, ses principes de respect du Créateur et du prochain sur lesquels son gouvernement repose, Dieu a choisi l’oral, la parole, comme à la Création, comme à la venue de Jésus, incarnation de la Parole (Jean 1). Les Hébreux refusant ce mode de communication, YOHVAH a dû passer par l’écrit. Voilà en quoi l’alliance du Sinaï est l’ancienne alliance dont parle Paul dans l’épître aux Galates. Car un écrit, sur de la pierre ou sur du parchemin, n’a pas la puissance de changer le cœur de qui que ce soit, même le croyant le plus respectueux des dix commandements. Du coup, limitée à de l’écrit, l’alliance, au lieu d’être un changement du cœur, une libération, devient une continuation de l’esclavage, de l’esclavage du péché.
Car c’est bien le péché qui nous réduit en esclavage, ce n’est pas la loi : lire Jean 8.34 et Romains 7.25. Quelle est donc cette « loi du péché et de mort » dont parle Paul dans l’épître aux Romains ? C’est « la transgression de la loi » de Dieu ! (1 Jean 3.4, voir aussi Romains 5.14). Voilà la « loi » qui nous asservit et nous conduit à la mort : la transgression de la loi divine. De cette loi-là, nous devons être libérés mais c’est impossible sans l’aide d’un Médiateur, d’où l’esclavage où nous réduit toute tentative d’observer la loi de Dieu avec des moyens simplement humains. Cette tentative est vouée à l’échec, car elle ne procède pas de la foi. La transgression continuelle de la loi en résulte inévitablement : c’est l’esclavage du péché. Car tout ce qui est pas le produit de la foi est péché (Romains 14.23). C’était déjà le point de vue de David, homme selon le cœur de Dieu : Psaume 51.5. Voilà donc de quoi il faut que nous soyons libérés : pas des lois divines mais de la transgression des lois divines. C’est pour cela que l’Agneau de Dieu est venu : pour ôter le PÉCHÉ, et non la loi, du monde et d’abord de notre cœur !
Comprenons que la loi est neutre et impartiale : elle n’est en rien responsable de la rébellion qui se niche dans notre cœur. Ce n’est pas elle qui fait problème. Ce n’est pas elle qu’il faut enlever du chemin du croyant, contrairement à ce qu’enseigne Bibliquest.com. Cependant, n’étant pas une personne mais un simple écrit ou un principe divin, la loi seule reste lettre morte : en effet, elle ne peut d’elle-même changer nos cœurs. Mais ce que la loi par elle-même ne pouvait pas faire, la Parole aurait pu le faire, au Sinaï, et elle va le prouver plus tard en s’incarnant : le Seigneur du sabbat va visiter son peuple ! Alors des cœurs vont être changés et « une foule de prêtres » et de Gentils vont obéir à la loi par la foi (voir Actes 6.7). Voilà ce que signifie vraiment être réconcilié avec Dieu. Comment prétendre être réconcilié avec Dieu, tout en modifiant le commandement le plus sacré de sa loi, le sabbat de la création, sans son autorisation ? C’est soit absurde, soit pervers.
Par la foi, ce n’est pas la rébellion qui va se manifester dans notre vie, mais c’est le fruit de l’Esprit, c’est la libération de l’esclavage de la transgression. L’Esprit nous conduit vers l’obéissance à TOUS les commandements fondamentaux, dont le sabbat. O merveilleuse nouvelle ! Nous pouvons, par la foi, reprendre contact avec notre Créateur ! Nous pouvons nous remettre en accord avec le Seigneur du sabbat et nous rendre chaque semaine à son rendez-vous privilégié !
Ainsi, en suivant le Christ par la foi, nous sommes doublement libérés : à la fois de la transgression de la loi et de la condamnation de la loi, puisque la loi condamne le péché et donc le pécheur. Donc, en suivant le Christ, pas le pape, nous pouvons  être rendus capables, par le Saint Esprit, d’observer la loi d’une façon qui plaise à Dieu. Or pour Dieu, la façon qui lui plaît que nous observions le sabbat de la Création est explicitement indiquée : mettre ces 24 heures à part, les sanctifier. Il s’agit simplement de respecter l’invité d’honneur que nous avons ce jour-là en nous abstenant de travailler et de traiter nos affaires personnelles. Nous n’avons pas le temps ce jour-là de traiter nos affaires : nous avons un invité à la maison et il faut nous occuper de lui. C’est clair ! « AMEN », pour le dire en hébreu. C’est fiable. Au contraire, la sanctification du dimanche, ce n’est ni fiable, ni biblique, ni demandé par Dieu. Ne nous aventurons pas à observer des commandements qui ne sont qu’humains, qui ne sont que des « œuvres », sinon nous répéterons l’erreur des pharisiens de l’époque de Jésus. Notre salut est dans la FOI aux paroles de Dieu, pas dans les arrangements religieux qui ne sont que des œuvres humaines, souillées par le péché, comme l’est la sanctification du dimanche.

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