Daniel : une lumière à Babylone

« Le chrétien doit-il observer le sabbat ? » ou les dix commandements sont-ils pérennes ? (1)

4 Novembre 2016 , Rédigé par Misha Publié dans #Sabbat

Réflexion autour de l’article intitulé « Le chrétien doit-il observer le sabbat ? », sans nom d’auteur, publié sur le site évangélique Bibliquest.net.
 
Le sabbat hebdomadaire n’est pas une doctrine
L’article se présente comme un exposé magistral. Il n’est pas possible de le commenter directement sur le site. Parole d’évangile ? Étude biblique ultime sur la question ? Nous allons voir. L’article commence, sans préambule, par un titre : « 1. La doctrine chrétienne sur le sabbat. » Ce titre interroge à lui seul et mérite un long commentaire. Où la Bible expose-t-elle une « doctrine » spécifiquement chrétienne sur le sabbat ? A l’évidence nulle part. L’auteur semble donc partir sur des présupposés non bibliques.
Le sabbat hebdomadaire biblique n’est pas une doctrine. C’est d’abord une réalité, physique et temporelle, conséquente à la Création du monde en six jours (Genèse 1 et 2). C’est ensuite un commandement, plusieurs fois rappelé après l’Exode. C’est enfin et surtout une institution divine en faveur de l’humanité, que Dieu revendique comme venant de lui et lui appartenant : Genèse 2.1-3 ; Esaïe 58.13 ; Exode 31.13-16. C’est une institution divine au même titre que l’union hétérosexuelle monogame et concomitante à celle-ci (Genèse 2.18-24). Pas grand-chose à voir avec une « doctrine » donc, à moins que l’on souhaite ajouter à ce que Dieu a dit, pour construire notre propre édifice doctrinal autour du sabbat, comme l’ont fait autrefois les rabbins. Mais cela ne devrait pas être l’attitude du croyant sous la grâce car celui-ci, par la foi, prend Dieu au mot. Ce croyant-là respecte la parole divine : il se gardera bien d’ajouter ou de retrancher quoi que ce soit aux paroles de Dieu (cf. Jérémie 26 :2 ; Apocalypse 22.19).
 
Le sabbat et la sanctification
Pour le Père, le sabbat est à la fois un jour saint et un signe de sanctification (Exode 31.13 ; Ézéchiel 20.12, 20). Pour le Fils, qui a défendu le sabbat contre les déviations des traditions rabbiniques de son époque, il doit en être de même, sinon Jésus aurait expressément mentionné un changement aussi important dans la législation divine. Or, si pour Dieu et pour son Fils, le sabbat est un signe de sanctification, digne d’être défendu contre les abus religieux, il devrait être aussi un signe de sanctification pour les chrétiens, d’origine juive ou non. Si du moins ils souhaitent être sanctifiés par Dieu pour pouvoir tenir debout lors de sa venue (Malachie 3.2) et aller à sa rencontre (1 Thessaloniciens 4.17), mais il n’y a là rien d’obligatoire…
Cette nécessité de la sanctification pour rencontrer Dieu est certes bien présente dans l’Ancien Testament, mais elle ne se limite pas à lui. La sainteté est le but visé par Dieu pour tous les croyants, comme l’enseigne le Nouveau Testament (1 Thessaloniciens 4.3). Dieu vise ce but-là parce qu’il désire renouer des liens définitifs avec nous. Or, « sans la sanctification, personne ne verra le Seigneur » (Hébreux 12.14). Dieu veut nous réunir à sa famille, mais c’est impossible si nous ne sommes pas parfaitement sanctifiés par lui au préalable. Or si le repos du sabbat est saint, c’est parce que Dieu veut l’employer pour contribuer à notre sanctification, sinon il ne l’aurait pas mis à part (sanctifié) dès la fondation du monde. C’est pourquoi l’auteur de l’épître aux Hébreux, Paul selon toute probabilité, peut dire : « il reste un repos de sabbat pour le peuple de Dieu. » (Hébreux 4.9).
Certes l’épître aux Hébreux veut parler ici du repos spirituel que l’on trouve en comptant par la foi sur la justice du Christ pour garantir notre entrée au Ciel. Car c’est bien la justice réalisée par le Christ, dans son incarnation, sa vie sans péché et son sacrifice, qui garantit la possibilité pour nous d’être sanctifié. Par là-même, Jésus est la source de toute sainteté, qu’il travaille à nous communiquer depuis le sanctuaire céleste. Néanmoins l’auteur de l’épître aux Hébreux ne se serait certainement pas référé au sabbat hebdomadaire pour parler de la justice par la foi si le sabbat était lié au salut par les œuvres ou à l’ancienne alliance. Non, si l’épître aux Hébreux se réfère au sabbat pour parler du repos en Christ, c’est que le sabbat est indissociablement lié au repos en Christ, donc au salut par la foi. Il s’agit de la foi en la parole de Dieu, qui déclare avoir sanctifié le septième jour de la semaine. Seule une foi vivante, qui choisit d’agir en fonction de ce que Dieu a dit, peut concrétiser dans notre vie les justes exigences de la loi et donc nous sanctifier. C’est ainsi, avec notre collaboration, avec notre adhésion joyeuse à Ses justes exigences, que Dieu réalise notre sanctification. Or le rendez-vous hebdomadaire que Dieu nous fixe chaque sabbat est la plus concrète, la plus juste et la plus complète de ces exigences, puisqu’elle nous place directement, physiquement et chronologiquement, dans une relation d’amour, de confiance et de soumission vis-à-vis du Créateur.
Il est frappant que l’auteur de la lettre aux Hébreux souligne ce lien spirituel entre le sabbat et la rédemption (la sanctification), malgré la rupture consommée entre les juifs messianiques (les chrétiens) et le reste du monde judaïque de l’époque, malgré même l’abandon de la circoncision par la jeune communauté messianique (Voir Actes 15). Il semblerait que, dans les lois divines mises par écrit par Moïse, le sabbat ne soit pas du tout au même niveau que la circoncision et que si la circoncision peut être délaissée, une fois la grâce divine manifestée en Jésus-Christ, il n’en est pas du tout de même pour les dix commandements.
Le monde religieux monothéiste de l’époque était dominé par des rabbins intolérants, persécuteurs et en révolte contre l’administration romaine de l’époque. Plusieurs chrétiens juifs, persécutés par leurs propres frères, ont perdu la vie à cause de ce rejet du Messie Jésus par des religieux de l’époque. Mais ces religieux en ont payé le prix fort en l’an 70 : la fin de l’existence de leur nation. « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! » avaient-ils crié à Pilate dans un élan de fanatisme contre Jésus (Matthieu 27.25). Voilà, c’est fait. La ville sainte et le temple ont été rasés dans un bain de sang par les soldats de Titus en l’an 70 de notre ère. Maintenant arrêtons-là les frais. Toutes les persécutions et les actes odieux commis ensuite contre les juifs sont de trop après une telle tragédie. Que ces actes de violences aient été commis par certains « chrétiens » sous le joug de Rome ou par certains musulmans, rivaux mais cousins orientaux de Rome, ces méfaits sont insupportables. Les viols, les spoliations, les rackets en tout genre commis contre des juifs sont inacceptables et surtout non permis par Dieu, qui en demandera compte plus tard. Mais revenons au sabbat.
 
Le sabbat, signe d’une même grâce pour tous
La sanctification est étroitement liée à la rédemption, dans toute la Bible. Or puisque la sanctification est signifiée dans la Bible par le repos hebdomadaire du sabbat, le sabbat est un signe de rédemption autant que de création. C’est pourquoi Jésus est mort un vendredi soir, pendant la préparation du sabbat, afin de montrer que l’œuvre de la rédemption, comme celle de la création, était définitivement ratifiée et que, du côté de Dieu, toutes les dispositions avaient été prises pour que le plan du Salut aboutisse au mieux. Ce plan n’a pourtant pas pris fin à la croix, comme l’indique la conjugaison utilisée par Jésus dans sa dernière parole sur la croix « Tout est accompli » (verbe grec téléo, au mode parfait). Heureusement, car vu à quoi ressemble notre planète 2000 ans après, le monde religieux en particulier, il y aurait vraiment de quoi désespérer si le plan du salut avait pris fin à la croix. Mais non, Dieu poursuit son plan, conçu avant la fondation du monde, mis en œuvre dès la chute d’Adam et poursuivi après la croix dans le Sanctuaire céleste. Ce temple céleste est chanté dans les Psaumes et magnifié dans l’épître aux Hébreux.
Voilà ce qu’enseigne la Bible. Certes nous sommes libres de croire aux fables inventées par des hommes égarés par Satan, qui prétendent par exemple que le plan du salut est d’une nature différente avant ou après la croix, ou qu’il est différent selon les époques et les catégories de personnes concernées (juifs ou non-juifs par exemple). Pourtant le Créateur, contrairement à plusieurs chrétiens, ne fait aucune discrimination entre les personnes (Galates 2.6) et il n’est pas du tout antisémite. YOHVAH propose à TOUS, en TOUT TEMPS et en TOUT LIEU les mêmes conditions de salut : par Son sacrifice et par Sa grâce uniquement. C’est pourquoi en particulier YOHVAH a fourni gracieusement un bélier à Abraham, pour offrir à la place de son fils Isaac. Ce bélier ne venait pas des troupeaux d’Abraham. De même le sabbat ne provient pas des arrangements religieux et des traditions humaines, tel le dimanche. Comme aiment à le répéter les chrétiens, « Jésus-Christ est le même, hier, aujourd’hui et éternellement » ; ses commandements et son jour de repos aussi.
 
La grâce entraîne notre soumission à toute la loi de Dieu
La grâce n’est pas seulement l’effacement de notre ardoise judiciaire, mais elle nous pousse au repentir, comme l’écrivait l’apôtre Paul aux Romains (2.4). C’est incontestablement l’enseignement de Jésus et de ses apôtres. Or, le repentir, c’est l’ABANDON de notre révolte, consciente et inconsciente, contre le Créateur, c’est un renoncement continu à ce que LUI considère comme un mal. C’est, par conséquent la soumission sans conditions à tous ses dix commandements.
Car si YOHVAH nous laisse libre de nous soumettre ou non à sa bonté et à son autorité, il ne nous laisse pas libres en revanche de déterminer par nous-mêmes ce qui est bien et ce qui est mal. Il sait bien que nous en sommes incapables ; mais lui en est parfaitement capable. Alors il nous donne des lois, justes et bonnes, idéales pour nous, afin que nous les suivions, librement et avec reconnaissance. Même aux anges dans le Ciel, pourtant purs et sains, il propose des lois, non modifiables, non négociables, ce que Lucifer a contesté précisément. Aujourd’hui les agents humains de Lucifer, installés à Rome depuis le VIe siècle au moins, contestent de même l’invariabilité des lois divines, pour leur ruine et pour la ruine de ceux qui les suivent.
A la Création de notre monde, Dieu a « mis à part » le sabbat (c’est le sens du verbe « sanctifier »), comme il nous a mis à part dans le travail créateur, nous distinguant essentiellement de la nature et des animaux en nous communiquant la faculté de parler et d’adorer. Cette mise à part du sabbat et de l’homme, à la Création, manifeste le désir du Créateur de communier particulièrement avec les humains pendant le septième jour de la semaine. Le sabbat est donc la marque par excellence de son autorité, non seulement sur la nature, mais aussi sur l’être humain, l’être de parole qu’il a créé à sa ressemblance. Rien d’étonnant alors que le sabbat occupe une place privilégiée dans le décalogue, qui est directement issu de la parole vivante et créatrice de YOHVAH. Les neuf autres commandements sont reconnus par tous les croyants respectueux de la parole divine comme toujours valables, en dépit du péché. Refuser ce commandement précis, placé par la parole de Dieu au moins au même rang que les neuf autres, refuser le rendez-vous hebdomadaire qu’il nous fixe, dès la création, c’est refuser sa sainteté, c’est refuser sa personne. C’est une attitude incroyante.
 
Le sabbat hebdomadaire est le « sabbat des sabbats »
D’après YOHVAH lui-même, cité dans Lévitique 23.3, le sabbat hebdomadaire est le « sabbat des sabbats parmi tous les jours fériés religieux », selon le texte hébreu, donc la référence incontournable et non modifiable de tout jour férié à caractère religieux. Comme le remarque un internaute sur le site « Top Chrétien », en s’inspirant visiblement de l’ouvrage remarquable de Paul Nouan, Le septième jour*  :
Dans Lévitique 23, avant de détailler tous les jours fériés dont les Hébreux vont bénéficier, YAHVEH prend soin de souligner en préambule, le caractère UNIQUE et suprême du sabbat hebdomadaire : « pendant six jours on se livrera au travail, mais le septième jour il y aura repos, repos solennel pour une sainte convocation : vous ne ferez aucun travail. Ce sera le Sabbat de l’Éternel, dans toutes vos habitations. » C’est bien du sabbat de l’ETERNEL (YAHVEH) dont il est question ici, pas d’un imaginaire « sabbat des juifs ». Or l’hébreu dit littéralement : « mais pendant [ב] le septième jour [c’est le] SABBAT DES SABBATS parmi [מ] les jours de convocation ». Commentaire au bas de l’article L’observance du sabbat chez les chrétiens.
* Ouvrage épuisé, mais un exemplaire se trouve sur Price Minister ce jour. Ce n’est pas nous qui vendrions cet ouvrage précieux, certes. Voir cependant notre note sur la christologie de Paul Nouan au bas de cet article.
Le texte de Lévitique 23.3 est souvent traduit de façon assez inexacte, sans doute à cause d’un parti pris « chrétien ». L’hébreu est pourtant ici des plus limpides : le sabbat hebdomadaire est appelé « le sabbat des sabbats parmi les jours de convocation », c’est-à-dire le sabbat de référence de tout jour férié religieux, qu’il soit pérenne ou caduc.
L’observation du sabbat hebdomadaire, en tant que jour chômé, est souvent rappelée aux Hébreux après la sortie d’Égypte. Les Hébreux viennent de passer quatre siècles en Égypte, dont une partie en tant qu’esclaves. Pendant cette période, ils ont eu un peu de mal à observer le caractère sacré du repos hebdomadaire institué de fait à la Création du monde. Les Égyptiens sont connus par ailleurs pour avoir essayé de mettre en place une semaine de dix jours, un rythme particulièrement épuisant. Nous ne savons pas si les esclaves hébreux ont été soumis à cette règle ; cependant il est possible que les Hébreux aient un peu oublié le sabbat hebdomadaire dans ce contexte difficile, bien que le sabbat ait fait partie de l’univers familier de leurs ancêtres. C’est pourquoi le début du quatrième commandement, prononcé par YOHVAH sur le Mont Sinaï puis écrit de son propre doigt, invite à « se souvenir » du caractère sacré, spécial, du jour du repos hebdomadaire. Ce rappel s’adresserait-il aussi aux croyants non-juifs d’aujourd’hui ? Pourtant, s’ils suivaient l’exemple de Jésus et de ses apôtres, qui tous ont observé le sabbat, ils ne devraient pas avoir besoin de ce rappel.
 
 
Note sur la christologie de Paul Nouan, pasteur adventiste aujourd’hui disparu :
Paul Nouan était connu, au moins dans les dernières années de sa vie, pour défendre un point de vue hétérodoxe sur la nature humaine de Jésus. Selon ce point de vue, Jésus aurait porté une nature humaine soi-disant « d’Adam avant la chute ». Comme si Adam avait changé de « nature » après la chute ! Adam est bien resté le même être humain après la chute, heureusement pour lui ! C’est l’Esprit divin qui s’est éloigné de lui, suite à sa rébellion : la dégénérescence physique et morale de l’humanité en a résulté. Jésus portait l’esprit divin depuis sa naissance, certes, pourtant c’est bien l’hérédité de TOUTE l’humanité et non pas celle d’Adam seulement, qu’il a portée (autrement il n’eût sauvé qu’Adam et Ève !). Il a porté notre humanité déchue jusqu’à la condamnation éternelle de la croix.
Les deux généalogies de Jésus dans les évangiles (Matthieu et de Luc) témoignent de cette saisissante et vivifiante réalité de l’incarnation de Jésus. Par ailleurs observons que Jésus, contrairement à Adam, n’était pas revêtu de la présence divine au point de pouvoir se promener tout nu sans honte. Jésus, en dépit de la présence continuelle de l’Esprit divin qui l’accompagnait, depuis sa conception surnaturelle, portait bien l’humanité déchue, celle où l’on a besoin de vêtements ! Donc cette nouvelle formulation « théologique », qui agitait les théologiens adventistes dans les années 1970-1980 et qui voulait faire porter à Jésus la « nature humaine d’Adam avant la chute » (sic) semble sortie de nous ne savons pas quelle influence romaine occulte. Elle était bien d’origine satanique. C’est une tentative de pont, ou de rapprochement, entre la vérité biblique de l’incarnation et le dogme satanique de l’Immaculée conception de Marie. Il y a bien là la marque, discrète, de Rome. Que cette adhésion du pasteur Paul Nouan à cette thèse séduisante mais confusionnelle ne l’empêche pas de se relever vainqueur au jour de la résurrection !

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