Daniel : une lumière à Babylone

La croyance en l’immortalité de l’âme : une alliance dangereuse avec la mort et un déni de la Vie éternelle (1)

29 Novembre 2016 , Rédigé par Misha Publié dans #Immortalité

Une réflexion suscitée par l’article de Billy Graham « La brièveté de la vie », paru en français sur le site Top chrétien.
 
Dans « La brièveté de la vie », Billy Graham fait un rappel salutaire. C’est maintenant en effet qu’il faut nous préoccuper de notre salut éternel : après la mort, il sera trop tard.
 
Après la mort, activité zéro
En effet, selon la Bible, les morts sont totalement INCONSCIENTS : aucun élément, ni positif, ni négatif, ne pourra donc être ajouté à leur dossier après leur décès. Salomon est très clair sur ce point :
Pour tous ceux qui vivent, il y a de l'espérance; et même un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort. Les vivants, en effet, savent qu'ils mourront ; mais les morts ne savent rien, et il n'y a pour eux plus de salaire, puisque leur mémoire est oubliée. Et leur amour, et leur haine, et leur envie, ont déjà péri; et ils n'auront plus jamais aucune part à tout ce qui se fait sous le soleil. Ecclésiaste 9.4-6.
De même le Psalmiste constate :
Ce ne sont pas les morts qui célèbrent l'Éternel, Ce n'est aucun de ceux qui descendent dans le lieu du silence. Psaume 115.17
Aucune activité, aucun état de béatitude pour l’âme après la mort : seulement le silence de la mort, le silence de « ceux qui dorment » ou qui « se sont endormis » pour le dire littéralement dans le langage hébraïque de l’apôtre Paul (1 Thessaloniciens 4.13-14). En clair, à notre décès, nous sommes inconscients, donc prêts à être jugés, lorsque notre dossier sera examiné devant l’assemblée céleste, quand « les livres seront ouverts », comme l’expriment les prophéties bibliques (Apocalypse 20.12 ; Daniel 7.10).
Remarquons que cet enseignement biblique sur l’inconscience totale des défunts est non seulement conforme à l’observation scientifique, mais aussi conforme au bon sens. Comment en effet, « l’âme » humaine* pourrait-elle survivre à la perte d’un organe-support aussi formidable que le cerveau, avec ses 100 milliards de neurones, dont chacun peut théoriquement se connecter avec les neurones voisins de 8 000 façons différentes ??
* dans la Bible on parle aussi « d’âme » (hébreu נֶפֶשׁ) pour désigner des animaux, contrairement à ce qu’affirme Billy Graham. Voir par exemple, dans le récit de la création, Genèse 1.24.
La foi n’est jamais contre le bon sens. Dieu nous propose de croire en des réalités surnaturelles, certes, mais jamais en des choses absurdes. La « folie » de Dieu dont parle Paul n’est pas contre le bon sens, mais seulement contre l’égocentrisme qui se niche au cœur de chaque être humain et qui commande tous nos instincts depuis la chute d’Adam et Ève. La survie de l’âme après la mort du cerveau n’est pas une croyance sensée.
Quel dommage donc que l’effet salutaire que l’exhortation de Billy Graham pourrait avoir soit saboté d’avance par la croyance non biblique en l’immortalité de l’âme, présentée aux 17e et 18e paragraphes de sa réflexion ! Jésus lui-même, auquel Billy Graham se réfère, a pourtant la même conception que celle des Hébreux d’autrefois, celle de l’Ancien Testament et celle de saint Paul, quand il dit, après le décès de Lazare : « Lazare, notre ami, s'est endormi ; mais je vais le réveiller. » Lire Jean 11.11-13. Pour Jésus, la mort est bien un état inconscient, comparable à un sommeil profond, ou pourrait dire comateux et même sans aucune activité cérébrale puisqu’il n’y a plus de cerveau en état de fonctionnement. Pas d’activité cérébrale, pas de pensée, pas d’âme. Pour Jésus, nous sommes bien des créatures, distinctes du Créateur : il n’y a rien de divin en nous par nature, contrairement à ce qu’enseignait le philosophe grec Platon. Billy Graham ne semble donc pas être en accord avec Jésus sur ce sujet, puisqu’il défend l’idée d’une âme immortelle.
Pas de conscience, pas d’activité de l’esprit, pas d’âme : après la mort, il ne peut rester que le souvenir que l’on pourrait avoir de la personne. C’est déjà beaucoup quand c’est le Créateur lui-même qui prend la peine de se souvenir de nous, avec toutes nos caractéristiques physiques et psychiques, avec toute notre âme humaine, toute notre personne. Si c’est le Créateur qui se souvient de nous, alors notre âme peut être reconstituée, recrée, ressuscitée. Mais, nous le vérifierons plus loin, aucune survie de l’âme elle-même n’est envisagée après le décès dans la Bible. Pas de croyance en l’immortalité naturelle de l’âme dans la Bible : seule la résurrection est envisagée et envisageable.
 
Une croyance diabolique qui sape la foi en la résurrection
C’est sur cette même croyance en l’immortalité de l’âme que Satan s’appuie pour miner dans l’esprit des chrétiens la crainte salutaire de l’autorité de Dieu et la crainte salutaire du jugement de condamnation qui attend les rebelles à la justice divine indiquée dans les dix commandements. Selon Lucifer, si nous sommes immortels, par nature, comme le croyait aussi Platon, et que Dieu est bon, alors pourquoi redouter le jugement à venir ? Mangeons et buvons car demain nous mourrons !
Historiquement parlant, cette croyance en l’immortalité de l’âme est d’origine dualiste, néo-platonicienne, donc anti-chrétienne. Ce sont les adversaires idéologiques les plus féroces du christianisme qui l’ont défendue, au IIe siècle de notre ère, avant que cette idée ne s’introduise, progressivement, dans le christianisme, à l’orée du Moyen-Âge. Des spécialistes de la Bible l’ont abondamment montré, tant du côté protestant que catholique. Voir notamment les études approfondies de Claude Tresmontant (catholique) et Oscar Cullmann (protestant). Nous donnerons quelques exemples bibliques pertinents plus loin.
Cette croyance en un élément naturellement immortel dans l’être humain, déjà courante dans l’antique Babylone, sape d’avance toute la force de la foi en la résurrection. La résurrection est en effet la vraie délivrance vers laquelle pointent toutes les promesses biblique de vie dans l’au-delà, incontestablement.
On trouvera une description détaillée du processus physique de la résurrection dans Ézéchiel 37. Il s’agit DANS UN PREMIER TEMPS d’une reconstitution du CORPS humain, support indispensable à la vie de l’âme puis, DANS UN SECOND TEMPS, d’une reconstitution psychique au moyen de l’Esprit (Ruach רוּחַ). Le processus est similaire au processus de création décrit dans Genèse 2.7. Le travail de recréation se déroule donc dans le même ordre que celui de création : d’abord le corps, ensuite l’esprit. Il faut noter que, dans le texte d’Ézéchiel, on ne parle pas d’esprit, ni d’âme, tant que le corps n’a pas été reconstitué. C’est seulement APRÈS que le corps ait été reconstitué et APRÈS que le souffle, donc la vie, soit revenue dans le corps que l’on pourra parler d’êtres vivants, donc d’âmes, comme l’indique clairement le « qu’ils revivent ! » du verset 9. Pour faire une pause, vous pouvez visionner une reconstitution cinématographique de cette résurrection d’Ézéchiel 37 sur You Tube.
Cependant pourquoi espérer une résurrection du corps, si nous sommes déjà immortels par nature, déjà présents au Ciel avec Dieu et ses anges, sous forme « d’âme » ? Si tel était le cas, nous serions déjà comblés à la mort et nous n’aurions besoin de rien de plus ! Et Jésus n’aurait pas nécessairement besoin de revenir et de mettre fin au mal et au royaume de Satan sur Terre. C’est pourquoi Satan fait désespérément la promotion de cette doctrine fatale de l’immortalité de l’âme : c’est son vain espoir de sursis.
 
Satan et ses anges détruits en enfer !
Même Lucifer, alias Satan, qui est un ange puissant, n’est pas immortel et n’a pas d’âme immortelle. YOHVAH l’en a prévenu :
« Je ferai sortir* du milieu de toi un feu qui te dévore, Je te réduis en cendre** sur la terre, Aux yeux de tous ceux qui te regardent… Tu es réduit au néant, tu ne seras plus à jamais ! » Ézéchiel 28.18-19.
* Le verbe est à l’inaccompli en hébreu, il peut être traduit au futur. ** Le verbe est à l’accompli en hébreu : c’est le résultat certain et définitif de l’intervention divine qui précède, même si placé encore dans le futur.
Ce texte d’Ézéchiel désigne Lucifer sans doute possible, surtout quand on le compare avec le passage semblable d’Esaïe 14 (voir notre commentaire ici). Nous voyons donc que, selon les prophètes bibliques, Satan n’est pas appelé à RÉGNER sur l’enfer, comme le « christianisme » romain l’enseigne à tort depuis des siècles, mais Satan est destiné à être DÉTRUIT en enfer, dans un feu « dévorant » nous dit Ézéchiel, qui est la seconde mort : la mort définitive, éternelle, la mort du corps, de l’âme et de l’esprit. Cette mort annoncée de Lucifer est d’autant plus profonde et totale que le feu qui le détruit est présenté comme sortant du sein même de l’ange déchu. Il est tué par son propre mal. Nous aussi c’est notre péché qui nous détruit de l’intérieur, comme un cancer. C’est le mal qui habite en nous, et non une « âme immortelle » pouvant être torturée indéfiniment en enfer. L’enfer, le feu dévorant, est donc bien, selon Ézéchiel, la destruction, la désintégration, l’anéantissement, et non la pérennisation de Satan et des réprouvés.
Jésus complète remarquablement la vision d’Ézéchiel quand, dans son discours eschatologique, il s’adresse par anticipation aux chrétiens de profession qui ne sont pas réellement soumis à la volonté de Dieu :
« Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. » Matthieu 25.41.
Remarquez-le bien : ce feu « éternel » n’a pas été préparé pour nous, mais pour des anges. Si nous nous retrouvons quand même un jour dans ce feu, pour être détruits (et non torturés éternellement) en même temps que les anges rebelles, ce sera la conséquence de nos choix et non le malheureux « destin » qu’un monstre de toute-puissance inique et cruel aurait programmé pour nous. Nous ne sommes pas ici en compagnie du dieu du Coran ! Heureuse nouvelle : Dieu nous aime et il ne nous a pas destinés à la mort éternelle, malgré notre péché ! Nous pouvons donc aujourd’hui faire des choix qui comptent pour la vie éternelle. Nous ne sommes pas prédestinés par Dieu à la vie ou à la mort : Dieu fait donc appel à notre responsabilité. « Le jour où tu en mangeras, tu mourras » (Genèse 2.17) ; « maintenant à toi de voir ce que tu veux », soit la vie, soit LA MORT (Deutéronome 30.19), et non des souffrances éternelles. C’est responsabilisant. Au contraire, l’idée non biblique d’un « Dieu » qui aurait tout écrit d’avance est profondément infantilisante. Cette conception justifie d’avance tous les meurtres, les exactions, l’esclavage et les rapports de dominations.
Oui Dieu aime ses créatures et veut les maintenir en vie pour toujours, dans le bonheur. Cependant Dieu ne pourra admettre dans la vie éternelle des personnes qui restent fondamentalement rebelles à ses lois et à ses paroles. C’est donc maintenant qu’il faut changer notre vie ! Là, Billy Graham a raison… Mais changer notre vie de quelle façon, suivant quels critères ? Suivant des enseignements agréables au cœur humain non régénéré par l’Esprit, dispensé par des enseignants inconséquents, ou suivant les enseignements de la Parole de Dieu ? Cette Parole a été proclamée à haute-voix, d’abord par YOHVAH du haut du Mont Sinaï, puis par Jésus, personne divino-humaine adorable. Si nous refusons d’écouter la parole de Dieu lorsqu’elle sort directement de sa bouche au Mont Sinaï, comme l’ont fait les Hébreux d’alors (Exode 20.19), nous refuserons aussi d’écouter les paroles de Jésus et de les mettre en pratique, comme l’ont fait plusieurs juifs de l’époque du Nouveau Testament. La parole de Dieu, elle, ne varie pas, elle demeure éternellement (Ésaïe 40.8). C’est NOUS qui sommes appelés à changer, pas les paroles de Dieu. C’est notre regard sur les lois divines, et donc sur la justice miséricordieuse et impartiale de Dieu, qui doit changer.

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