Daniel : une lumière à Babylone

Le Serviteur de YAHVEH (14) : Dans les Psaumes

31 Décembre 2015 , Rédigé par Misha Publié dans #Le Messie

Parmi les très nombreuses caractéristiques de YAHVEH décrites dans les Psaumes, plusieurs pourraient bien s’appliquer au Messie. Sous la plume des auteurs inspirés, ces caractéristiques s’expriment par différentes images. Cependant, dans le Psaume 2, nous trouvons trois des titres qualifiant plus spécifiquement le Messie, ou la fonction de Messie, que YAHVEH s’attribue lui-même : l’Oint, le Roi et le Fils.

 

1) L’Oint (Psaume 2.2)

Les rois de la terre s’insurgent et les grands conspirent entre eux, contre le SEIGNEUR et contre son messie. (Psaume 2.2, TOB)

 

Le mot Messie est une transcription du mot hébreu Mashiyah, traduit en grec par Christos dans la Septante (LXX). L’équivalent dans nos langues latines est le substantif et adjectif « oint ». Etre oint de l’Esprit divin signifie rester en contact permanent et en accord avec l’Esprit du Créateur. Celui qui a reçu l’onction s’est soumis à l’influence du Créateur, volontairement et joyeusement, parce qu’il a reconnu et expérimenté que cette influence était bonne. Son esprit est en parfait accord avec la pensée du Créateur. Cette onction le pousse immédiatement à se mettre en action pour annoncer la bonne nouvelle de la miséricorde divine, cette miséricorde qui peut changer notre destin — car rien n’est écrit d’avance —, ainsi que le décrit le prophète Ésaïe :

L’Esprit du Seigneur, de l’Éternel, est sur moi ; car l’Éternel m’a oint, pour annoncer la bonne nouvelle aux affligés. Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers l’ouverture de la prison… (Ésaïe 61.1, Ostervald)

Le Messie est l’Oint par excellence. LÉternel lui-même a oint son Messie. Celui-ci est donc parfaitement qualifié par accomplir cette oeuvre de guérison et de délivrance.

 

Dans le Psaume 2, nous apprenons que les puissances de la terre s’agitent et conspirent contre YAHVEH et son messie (2.2). En effet, la puissance avec laquelle Dieu met en œuvre son travail messianique, de sauvetage de l’humanité, n’entrave en rien la liberté humaine. « Brisons leur liens, rejetons leurs entraves » disent-ils de Dieu et de son Messie. Pourtant Dieu et son Messie veulent justement les délivrer du mal qui est en eux. Quelle erreur d’interprétation !

Jésus en a fait l’expérience à ses dépends. Il affirmait être le Messie et il l’a démontré durant ses trois ans et demi de ministère (soit un temps, des temps et la moitié d’un temps, pour le dire dans un langage analogue à celui utilisé dans l’araméen de Daniel 7). Cependant, malgré son amour pour le peuple juif, pour son peuple, malgré ses miracles et ses enseignements d’une qualité incomparable, Jésus a parfois suscité des réactions très violentes.

Par exemple à Nazareth, la ville où il a grandi, lorsqu’il prend la parole dans la synagogue pour commenter la prophétie d’Ésaïe 61 que nous venons de mentionner, la colère s’empare de ses auditeurs qui le chassent tous de la ville et tentent de le faire tomber dans un précipice pour se débarasser de lui (Evangile selon Luc, 4.16-30).

L’amour de Dieu peut se voir opposer une réaction haineuse : telle est la nature du mal qui est en nous. Mais Jésus, par son attitude calme, patiente, et fondamentalement bienveillante, montrera toujours le vrai sentiment de Dieu face à cette opposition dramatique. Jésus pleurera notamment sur la destruction future de Jérusalem. Dieu est profondément attristé du rejet de ses créatures et de leur attachement au mal qui les détruit.

Cependant, étant non seulement bienveillant mais aussi juste, Dieu ne va pas laisser toujours le mal continuer de détruire l’humain. La Bonne nouvelle du Messie libérateur annoncé par Ésaïe va aboutir. Cependant le mal aura des conséquences tragiques : les puissances de la terre, religieuses comme politiques, qui conspirent contre l’Oint de YAHVEH, souhaiteront finalement être anéanties pour ne pas affronter son regard pénétrant. C’est pourquoi, le Psaume 2 continue en disant :

Il rit, celui qui siège dans les cieux ; le Seigneur se moque d’eux.
Alors il leur parle avec colère, et sa fureur les épouvante
(Psaume 2.4-5, TOB)

 

Non, YAHVEH n’a pas peur des conspirations sataniques mises en œuvres par les puissances terrestres. Il a confiance dans l’amour pour l’humanité que son Messie a témoigné. Cet amour finira par convaincre un nombre significatif de personnes sur terre, comme il a déjà convaincu l’assemblée générale de l’univers, lorsque le « Fils d’homme » s’est présenté devant elle (voir Daniel 7). Notez, en relation avec Daniel 7, que Celui que « se moque* » de ceux qui conspirent contre Lui et contre son Messie est celui qui siège dans les cieux. YAHVEH défend son « saint siège » (le vrai Saint-siège, pas celui de l’usurpateur papal), le siège qu’il partage avec son Messie. YAHVEH croit vraiment en son Messie qui doit partager son trône avec lui. Et nous, croyons nous en lui à ce point ? YAHVEH croit que sa cause triomphera. Et nous, le croyons-nous aussi vraiment ?

* c’est un anthropomorphisme, bien sûr, un langage imagé.

 

2) Le Roi (Psaume 2.5)

Si le Messie a non seulement l’onction divine mais partage aussi le saint-siège de l’univers, il doit devenir roi, à un moment ou à un autre. C’est pourquoi, dans le Psaume 2, YAHVEH continue en disant :

« Moi, j’ai sacré mon roi, sur Sion, ma montagne sainte. » (Psaume 2.5)

 

Sion est la colline du temple hébreu de Jérusalem. Ce lieu était un symbole du lieu sacré où YAHVEH trône devant l’assemblée générale de l’univers : le « sanctuaire des demeures du Très-Haut » chanté par les fils de Koré (Psaume 46.5). C’est de là que vient le secours dans le temps de la détresse (Psaume 46.2). C’est là que réside la sainteté divine et donc c’est aussi à partir de ce lieu que le problème du mal, du péché, doit être réglé définitivement. C’est pourquoi le lieu très-saint du sanctuaire hébraïque, maquette symbolique du sanctuaire céleste, s’appelait le « sanctuaire de sainteté » (miqdash qodesh) (Lévitique 16.33). Dans le service sacré hébraïque, ce lieu très-saint lui-même devait être purifié du péché par un rituel spécial (voir notre commentaire sur Daniel 8 pour plus de détails).

Voilà donc en quoi YAHVEH et son Messie possèdent une fonction royale : non pour dominer, asservir, mais pour purifier du mal. C’est par la sainteté, la pureté, que le Messie gagne le droit de régner. Jésus, qui affirmait être le Messie, pouvait sans crainte défier ses adversaires religieux en disant : « Qui de vous me convaincra de péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ? » (Jean 8.46)

Le Messie possède un droit divin de régner car il est absolument pur de tout péché, de toute mauvaise pensée, de toute convoitise, de tout désir de domination. On ne peut pas en dire autant des papes, qui sont donc des régents illégitimes.

 

Le Messie Jésus a été oint de l’Esprit divin* parce qu’il était pur de tout péché. En conséquence il a acquis la faculté de juger avec justice et précision les pécheurs. En effet, si personne ne pouvait accuser le Messie Jésus d’avoir péché, l’Esprit divin, lui, a la capacité de convaincre le monde de péché (Jean 16.8). Dans cette perspective, l’apôtre Jean écrira plus tard aux chrétiens de ne pas s’attacher au monde et à ses convoitises passagères (1 Jean 2.15).

* Matthieu 3:16 ; Marc 1:10 ; Luc 3:22 ; Jean 1:32.

Voilà alors dans quel but le Messie, oint de l’Esprit divin, devient roi : il reçoit, des mains du Père lui-même (Daniel 7.13-14), l’autorité qui lui permet de juger le péché, avec justice et précision, et d’y mettre un terme. Ce jugement a lieu dans le sanctuaire céleste. Voilà son règne, à Sion, sur la montagne sainte de YAHVEH.

 

Quelle doit être la réponse des fidèles de YAHVEH aujourd’hui face à cette investiture céleste de son Messie ? Le prophète Ésaïe, se projetant à la fin des temps, nous lance cette invitation :

« Venez, montons à la montagne du SEIGNEUR, à la maison du Dieu de Jacob !
Il nous enseignera ses voies, et nous suivrons ses sentiers.
Car de Sion sortira la loi, de Jérusalem la parole du SEIGNEUR. »
(Ésaïe 2.3, NBS)

 

Le Messie ne peut régner spirituellement sur nous que si notre esprit est soumis à l’Esprit divin. Le Messie Jésus lui-même s’est soumis à cette règle quand il était « dans la chair ». Le christos ne règne sur nous que si nous apprécions les principes divins, d’amour de justice, de respect et de pureté qui régissent l’univers. YAHVEH nous en a donné un aperçu très concret dans les dix commandements, par exemple. Jésus a résumé toutes les instructions divines dans ces deux plus grands commandements de la Torah : «  Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22.37-38). En particulier, on ne peut guère aujourd’hui aimer YAHVEH de tout son cœur sans tenir compte, par exemple, du rendez-vous hebdomadaire qu’il nous donne, pendant le temps sacré du shabbat, sauf par ignorance.

Notez que, dans Ésaïe 2.3, c’est de Sion que sort cette loi, c’est-à-dire, comme le verset précédent le précise, de la Maison du SEIGNEUR établie au sommet des montagnes (Ésaïe 2.2). Il s’agit bien de la maison céleste et non de Jérusalem terrestre actuelle. Aucune institution religieuse actuelle n’a donc le droit ni l’autorité de faire sortir la loi, ni d’interpréter ou de modifier les lois divines, comme Rome prétend pouvoir le faire. C’est un blasphème.

Apprécier Dieu avec tout son cœur et toute sa pensée permet au Messie d’inscrire les lois divines dans notre cœur, conformément aux promesses de l’alliance (Jérémie 31.33). C’est pourquoi Ésaïe exhorte : « Ecoutez-moi, vous qui connaissez la justice, toi le peuple qui portes ma loi dans le cœur ! » (Ésaïe 51.7) A l’opposé, Jésus nous avertit : « Ceux qui me disent: 'Seigneur, Seigneur!' n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père céleste. » (Matthieu 7.21) Or, dans la pensée hébraïque, le « cœur » (lev) est précisément le siège de la volonté. Prenons donc les instructions de la Torah et des prophètes au sérieux, avec intelligence, cœur et discernement, si nous ne voulons pas entendre un jour le Messie-roi nous dire : « Je ne vous ai jamais connus. Eloignez-vous de moi, vous qui commettez le mal ! » (Matthieu 7.23)

 

Pour devenir les sujets de cet Oint, pour aller à la rencontre de ce Roi, il n’y a pas trente-six chemins : il faut renoncer au mal, se détacher du mal, apprendre à aimer le bien, grâce à une collaboration journalière entre notre esprit et l’Esprit divin. Il n’y a qu’un seul chemin pour s’approcher de Dieu : le Messie Jésus. Il en est autrement pour Rome, vers laquelle tous les chemins peuvent mener. C’est pourquoi, dans l’Apocalypse, l’institution romaine est présentée sous les traits d’une prostituée.

 

3) Le Fils (Psaume 2.7)

Si vous ne vous êtes pas encore décidés à suivre ce Messie-Roi, voilà l’élément qui va sans doute conquérir votre cœur.

Je publierai le décret de YAHVEH : il m'a dit : Tu es mon fils ! Je t'ai engendré aujourd'hui. (Psaume 2.7)

 

Il s’agit bien d’un décret, d’un acte législatif qui nomme le Messie à sa fonction de « fils », c’est-à-dire de représentant visible du Dieu invisible. Le verbe hébreu yalad (engendrer) est ici au mode simple et à l’accompli. Il n’est pas à l’inaccompli (temps du récit). Cet engendrement n’est donc pas un événement nouveau à placer dans une chronologie ou un récit, mais plutôt l’affirmation de quelque chose de parfaitement réalisé, d’immuable. Dieu et son Fils ne font qu’un, depuis toujours et pour toujours.

Le « aujourd’hui » (« ce jour » en hébreu) désigne le moment de la proclamation officielle de sa mission de Fils de l’homme (de Messie). Il peut s’agir du moment où la divinité a décidé qu’elle interviendrait, en cas de chute d’Adam et Eve, car Dieu n’a rien prédéterminé d’avance. Il peut aussi s’agir du moment où Dieu, représenté par son « Fils », annonce aux anges, à l’assemblée céleste, sa décision d’intervenir en faisant un sacrifice pour la faute commise par l’humanité, comme c’était annoncé dans les rituels du santuaire hébreu. Quoi qu’il en soit, à partir de ce moment, celui qui est oint de l’Esprit divin et qui règne avec YAHVEH sur son trône porte aussi le nom de FILS. Il acquiert officiellement devant l’univers ce statut, par la parole que YAHVEH lui adresse en présence de l’Assemblée générale des Cieux. La lecture des témoins de Jéhovah de ce passage est donc très superficielle et biaisée, pour faire accorder le texte à leur désir. N’oublions pas, tout le long de cette réflexion, qu’en tant que créatures nous sommes dans l’incapacité de définir le Créateur. C’est donc une réflexion axée sur les ACTIONS entreprises par la divinité qu’il nous faut mener, plutôt qu’une réflexion sur la NATURE de la divinité.

 

Mais concentrons-nous sur le message essentiel de ce verset 7 du Psaume 2. En prenant les traits de la filiation, le divin Messie veut surtout nous parler de l’amour du Père pour son Messie, et partant de là, de son amour pour nous, les humains. Au baptême du Messie Jésus, la voix qui se fait entendre du ciel l’appelle « mon fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection » (Matthieu 3.17). Dieu a là, sous ses yeux, quelqu’un qui lui ressemble, en qui il se plaît, selon le sens du verbe grec eudokeō employé ici. Certes ce Messie-là porte la chair humaine affaiblie par des milliers d’années d’évolution et une lourde hérédité, comme l’indique sa généalogie (Matthieu 1). Il est pourtant parfaitement semblable à Dieu dans son esprit et dans son âme.

Donc YAHVEH proclame, au baptême de Jésus, qu’il se retrouve totalement en lui et qu’il peut donc habiter en lui en permanence, sans rien perdre de son caractère divin. Personne n’a jamais possédé, par nature, une telle pureté et une telle sainteté dans son âme pour que Dieu puisse dire de lui qu’il s’y plaît parfaitement. Jehovah nous révèle donc ici que son Messie, son roi et son fils, est de la même nature que lui. Il est son « descendant* » direct, et non une créature. Autrement dit, Jéhovah et Jésus ne font qu’un, comme Jésus lui-même l’a affirmé (Jean 10.30). C’est pourquoi, nous pouvons et nous devons, sans blasphémer, honorer le Fils à l’égal du Père, comme Jésus l’enseignait (Jean 5.23)

* Dans le sens de la filiation. Pour aller plus loin sur le sujet de la filiation, nous vous recommandons vivement la lecture de l’ouvrage : Figures de la filiation, de Jean Daniel CAUSSE, aux éditions du Cerf, 2008, qui, tout en restant dans une ligne de pensée biblique, relie judicieusement des éléments de théologie, de psychanalyse et de philosophie, ce qui n’est pas évident a priori…

 

Tu es mon fils, en toi, je me plais. Cela était déjà vrai à la naissance de Jésus, car l’Esprit divin, venu couvrir Marie de son ombre (Luc 1.35), a résidé en lui dès sa conception miraculeuse. Mais c’est encore plus vrai maintenant que Jésus a été baptisé, du baptême de Jean, un baptême de repentir. Jésus s’est identifié aux pécheurs : c’est ainsi que Dieu le Père lui-même aurait agi à sa place par amour pour nous. Plus Jésus s’humilie, plus il défend la cause du pécheur contre le mal, plus il montre le caractère et l’intention de Dieu, qui voudrait que tous les hommes soient sauvés, comme l’écrivait Paul à Timothée (1 Timothée 2.4).

Ce Fils est bien le« reflet de sa gloire et l'empreinte de sa personne » (Lettre aux Hébreux 1.3). Il est son digne et unique Ambassadeur. Empreinte parfaite du caractère divin, il peut montrer qui est Dieu et comment Dieu veut nous traiter. C’est ce que Jésus a fait toute sa vie terrestre. Il portait bien notre chair déchue, mais son esprit est resté parfaitement immaculé de tout mauvais désir. Ce miracle s’est réalisé au prix d’une souffrance et d’une lutte incessante contre les influences angéliques sataniques cependant. Il en a sué des grumeaux de sang à Gethsémané.

 

Ainsi le fait que Dieu lui-même, le Père, soit devenu un fils, comme l’un d’entre nous et en même temps divin, nous parle de l’ardent désir de YAHVEH de s’unir à nous, de nous faire entrer dans sa famille, dans son intimité, en un mot de nous aimer. Et que peut-il faire de mieux pour nous aimer que de nous communiquer ce statut de fils qui nous relie à lui, par la médiation du Messie-roi, par la pureté et la sainteté de son caractère ? Que peut-il faire de mieux, pour nous manifester son amour, que de nous transformer spirituellement, dans notre âme et notre esprit, de nous transformer à son image, pure et sans tache ? Dieu est devenu un Fils pour que nous aussi redevenions ses enfants.

Il y a donc un immense espoir pour nous, malgré notre déchéance, physique et psychique. Car l’Esprit du Messie est l’Esprit du Créateur lui-même, qui aime habiter en lui. En habitant dans notre esprit, avec notre accord, son Esprit peut remodeler notre esprit à son image, sans rien altérer de notre personnalité propre. Seul notre caractère est modifié, pour le meilleur. Ainsi nous serons sauvés du péché, du mal qui nous obsède et nous possède. Le Fils de l’homme annoncé par Daniel est vraiment venu chercher et sauver ce qui était perdu (Luc 19.10).

 

Tu es mon fils, aujourd’hui. Ce mot « aujourd’hui » indique que, par l’incarnation, par l’envoi du Messie, Dieu est entré dans le temps des hommes, dans le temps de ses créatures. Le Messie a donc quitté la sphère divine pour se limiter à notre monde. Ce fut pour lui un commencement, une sorte de naissance. En s’inscrivant lui-même dans une filiation, Dieu nous parle du désir de nous appeler son fils ou sa fille, aujourd’hui. Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur !

 

 

4) Autres images pour parler de la fonction messianique de YAHVEH dans les Psaumes

 

a) YAHVEH se présente comme le bon berger, le pasteur d’Israël : c’est la fonction messianique par excellence.

— YAHVEH, en tant que berger, est le bienfaiteur et protecteur face aux dangers : Psaume 23

— Le « splendide » qui siège entre les chérubins est aussi l’humble berger messianique : Psaumes 80.2

— Il est le conducteur du troupeau, dont il faut écouter la voix : Psaumes 95.7

— YAHVEH est Dieu, le Créateur, donc nous, toutes ses créatures humaines, capables de reconnaître la parole, nous sommes son troupeau : Psaumes 100.3

— Il se met à la recherche de ses brebis égarées, par le souvenir de ses commandements : Psaumes 119.176 (c’est le dernier verset de ce psaume !)

 

b) YAHVEH est le rocher des siècles, le refuge et le défenseur de son peuple.

— Au mauvais jour, il nous met à l’abri en partageant sa propre tente avec nous et en nous élevant sur un rocher : Psaumes 27.5

— En tant que Rocher, il doit aussi prendre la parole pour nous défendre et nous empêcher de tomber du rocher dans la fosse : Psaumes 28.1

— Il est un rocher-forteresse, un lieu de refuge face à l’ennemi. Il nous mène en lieu sûr à cause de son nom, pour défendre sa réputation : Psaumes 31.2-3 ;

— Réfugiés en lui, nous devenons inébranlables : Psaumes 62.7

— Il a ordonné notre salut, un salut qui dure toujours, dans un lieu toujours accessible (tamid) : Psaumes 71.3

— Il est le roc nourricier et qui désaltère dans le désert : Psaumes 78.20

— Il est le refuge face à ceux qui persécutent à mort des croyants innocents, comme l’ont fait les puissances obéissantes au pouvoir ecclésiastique romain pendant des siècles : Psaumes 94.21-22

— en tant que source de salut, ce Rocher nous fait pousser des cris de joie : Psaume 95.1

 

c) YAHVEH apporte la lumière : le salut est lié à la distinction entre la lumière et les ténèbres, le bien et le mal, pour trouver son chemin

— A la fois lumière et salut, YAHVEH libère du poids de la peur : Psaume 27.1

— Non seulement il nous offre un refuge et une demeure paisible, mais il nous guide, fidèlement, tout le long du chemin qui mène vers ce lieu de refuge : Psaume 43.3

 

d) YAHVEH est celui qui nous rachète, le rédempteur-vengeur, selon le sens de la racine גאל (gaal), le racheteur-libérateur, selon le sens de la racine הדפ (padah), et le Messie-sauveur, selon le sens de la racine עשׁי (yasha), d’où vient le nom de Jésus.

— « Approche-toi de mon âme, délivre-la ! (gaal) Sauve-moi (padah) à cause de mes ennemis ! Psaumes 69.19

— « Il aura pitié du misérable et de l'indigent, et il sauvera (yasha) la vie des pauvres. Il les affranchira (gaal) de l'oppression et de la violence, et leur sang aura du prix à ses yeux. » Psaumes 72.13-14

— « Tu es le Dieu qui fait des prodiges. Tu as manifesté parmi les peuples ta puissance. Par ton bras tu as délivré (gaal) ton peuple, les fils de Jacob et de Joseph. » Psaume 77.15-16 (allusion à la sortie d’Egypte)

— Il cherche aussi à nous racheter lorsque nous sommes infidèles, comme le montre l’histoire du peuple d’Israël, à laquelle fait allusion le Psaume 78 (voir en particulier le verset 35).

— C’est par pure bonté qu’il nous rachète et nous sauve de la mort : « C'est lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes maladies. C'est lui qui délivre (gaal) ta vie de la fosse, qui te couronne de bonté et de miséricorde. C'est lui qui rassasie de biens ta vieillesse, qui te fait rajeunir comme l'aigle. » Psaume 103.3-5

— Encore un allusion à la sortie d’Egypte daans le Psaume 106 : « Il les fit marcher à travers les abîmes comme dans un désert. Il les sauva (yasha) de la main de celui qui les haïssait, Il les délivra (gaal) de la main de l'ennemi. » (Psaume 106.10)

— Et, bien entendu, cette qualité de sauveur est et sera un sujet de louanges : « Célébrez l'Éternel! Car il est bon; car sa bonté demeure à toujours. Que les rachetés (gaal) de l'Éternel le disent, ceux qu'il a rachetés (gaal) de la main de l'oppresseur et qu'il a rassemblés des pays, du levant et du couchant, du nord et de la mer. » Psaume 107.1-3.

— Enfin ce salut est une promesse, nous pouvons la réclamer dans nos prières : « Défends ma cause, et rachète-moi (gaal) ; rends-moi la vie selon ta promesse ! » Psaumes 119:154

 

 

5) Le Psaume 22 : la complainte du Messie.

Le Dieu créateur révélé aux Hébreux de l’Antiquité souffre profondément à cause du mal qui est infligé à ses créatures, c’est pourquoi il n’est comparable à aucun autre Dieu. Le Psaume 22 nous annonce les souffrances du divin Messie.

Dès le verset 2, nous plongeons au cœur de la détresse du Messie :

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » Psaume 22.2

 

Nous sommes ici au fin fond de la détresse : se sentir totalement abandonné de Dieu. Difficile à imaginer pour nous qui nous trouvons souvent très bien sans ressentir la présence de Dieu, voire même parfois relativement à l’aise en présence du mal et de la corruption morale. D’un côté, heureusement que nous ne sommes pas complètement conscients de l’horreur de la situation dans laquelle l’humanité se trouve, sinon nous serions foudroyés d’angoisse. C’est le sort qui attend les réprouvés à la fin de la deuxième phase du jugement céleste, à la fin des mille ans, lorsque la Nouvelle Jérusalem descend du Ciel d’auprès de Dieu. Mais pour le Messie, qui ne fait qu’un avec Dieu de tout éternité, la séparation d’avec Lui et la proximité du mal sont abominables et terrifiantes.

Jésus a cité ce Psaume sur la croix. Il le connaissait bien, pourtant il ne l’a pas prononcé pour se réconforter. Il connaissait en effet la suite du verset 2 :

« Pourquoi t'éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes ? »

 

Pas de secours apparent pour le Messie. Il semble seul avec le péché. Son angoisse n’est décidément pas ordinaire. Il savait bien que ses « pères », eux, étaient délivrés de leur angoisse par YAHVEH quand ils criaient au secours :

« C'est en toi que nos ancêtres se confiaient: ils se confiaient en toi, et tu les délivrais ; ils criaient à toi, et ils étaient sauvés; ils se confiaient en toi, et ils n'étaient pas déçus. » Psaume 22.5-6

 

Mais Jésus, lui, est porteur des péchés du monde, agneau sacrifié du tamid, bouc expiatoire pour l’Eternel du kippur. Il ne trouve pas de réconfort. Dieu se tait, Jésus ne l’entend plus. Redoutable moment ! Pour que le Ciel puisse accueillir un jour des pécheurs repentis, le Messie doit aussi expier leurs péchés. Ces péchés qu’il porte sur ce bois, symbole de malédiction, le séparent d’avec le Père, d’avec son Père. Souffrance suprême.

Voir notre article sur le Messie en tant qu’expiation ici.

 

Les versets suivants du Psaume 22 nous parlent du mépris des hommes, pire de leur ironie méchante, en face de cette souffrance qu’ils ne comprennent pas :

« Mais moi, je suis un ver et non un homme, la honte de l'humanité, celui que le peuple méprise. Tous ceux qui me voient se moquent de moi, ils ricanent, ils hochent la tête: *«Recommande ton sort à l'Eternel ! L'Eternel le sauvera, il le délivrera, puisqu'il l'aime !» Psaume 22.7-9

 

Il est frappant de voir que ces moqueries insupportables ont été utilisées, presque mot pour mot, par des chefs religieux envers Jésus, au pied de la croix (voir Matthieu 27.39-43). Cela a dû lui causer une souffrance supplémentaire, puisque c’était d’abord ces hommes-là, des chefs de sa nation, qu’il était venu sauver du mal. C’est pourquoi il continue en priant :

« Ne t'éloigne pas de moi quand la détresse est proche, quand personne ne vient à mon secours ! » Psaume 22.12

 

Personne au monde n’a fait l’expérience d’une telle solitude. Cette solitude est ressentie dans un contexte extrêmement violent, que les versets suivants décrivent avec des images très fortes :

« De nombreux taureaux sont autour de moi, des taureaux du Basan m'encerclent. Ils ouvrent leur gueule contre moi, pareils au lion qui déchire et rugit. Mes forces s'en vont comme l'eau qui s'écoule, et tous mes os se disloquent ; mon coeur est comme de la cire, il se liquéfie au fond de moi. Ma force se dessèche comme l'argile, et ma langue s'attache à mon palais; tu me réduis à la poussière de la mort. Psaume 22.13-16

 

L’effroi ne peut que saisir le Messie face à une telle agression et face à la mort imminente. Ses ennemis sont comparés à des lions féroces et des taureaux excités. On croit entendre la foule agitée par des esprits démoniaques crier : « A mort ! Crucifiez-le ! » On croit voir les visages crispés de haine des prêtres juifs de l’époque qui ne lui pardonnent pas d’avoir attiré les foules à lui, de s’être prétendu l’égal de Dieu, d’avoir prêché, en paroles et en actes, la résurrection des morts.

Sous l’influence de Satan, des hommes respectables s’avilissent ainsi au point de ressembler à un animal impur, le chien :

Oui, des chiens m'environnent, une bande de scélérats rôdent autour de moi; ils ont percé mes mains et mes pieds. Psaume 22.17

 

L’allusion à la crucifixion de Jésus est ici très claire. N’oublions pas qu’il s’agit d’un authentique Psaume de David, donc datant d’environ mille ans avant Jésus-Christ ! Quelle prophétie ! Devant une telle accumulation de détails, ici et ailleurs dans la Bible hébraïque, il est bien difficile de prétendre que les évangiles sont une pure invention des disciples de Jésus ! Cher frères juifs, laissons, je vous prie, ce type d’argument à d’autres religieux, peu scrupuleux et uniquement soucieux de défendre leur point de vue à tout prix.

 

Les versets suivants franchissent un pas de plus dans la descente aux enfers du Messie, parti à notre recherche et venu à notre secours :

Je pourrais compter tous mes os ; eux, ils observent, ils me regardent, ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort mon habit. Psaume 22.17-18

 

Le Messie est mis à nu, deshabillé. Il connaît la honte du péché, , celle qu’ont éprouvée Adam et Eve, en d’autres circonstances, dans le jardin d’Eden après avoir douté de la parole divine. Jésus a éprouvé une honte d’autant plus grande que, contrairement à Adame et Eve, il était resté pur de tout péché. Quelle honte pour lui d’être traité comme un malfaiteur ! Le prophète Ésaïe l’avait pourtant annoncé (Esaïe 53.12). Même dans ce moment, il continuera de se soucier des malfaiteurs, comme les évangiles le rapportent (Matthieu 27.38). Jusqu’au bout, il prouve qu’il est le Messie sauveur tant espéré.

 

Les versets 20 à 22, nous dévoilent la prière intérieure du Messie dans ce moment tragique. Ces versets nous révèlent que le Messie ne cessera pas de se confier à son Père, malgré sa solitude ressentie. Le Messie a traversé cette épreuve unique en faisant confiance à son Père : il a gardé la foi. Il a triomphé de ses souffrances par la confiance qu’il a gardée dans la bonté et la justice de son Père :

Mais toi, Eternel, ne t'éloigne pas ! Toi qui es ma force, viens vite à mon secours ! Protège mon âme contre l'épée, ma vie contre le pouvoir des chiens ! Sauve-moi de la gueule du lion et des cornes du buffle ! Tu m'as répondu ! Psaume 22.20-22

 

C’est en faisant cette expérience que le Messie Jésus a pu abandonner sa vie en paix, malgré tout, et dire : « Tout est accompli » (Jean 19.30) et « Père, je remets mon esprit entre tes mains » (Luc 23.46), citant ici le Psaume 31.6.

 

Nous aussi, dans l’adversité, nous devons nous battre comme Jésus l’a fait, avec son arme : la prière de la foi. Si l’on veut nous faire douter de Dieu, alors prions avec foi. Si nous avons peur, prions avec plus de foi. Si nous souffrons, prions encore plus. La mort s’approche, crions notre foi à celui qui disait autrefois à une femme juive : « C'est moi qui suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s'il meurt. » Jean 11.25

 

Le Psaume 22 est une grande prophétie sur les souffrances du Messie. Cette prophétie vise à attirer notre attention sur ce que le Messie a accepté de subir pour obtenir notre salut. Ce prix doit être apprécié plus que tout. C’est le fondement de ntore foi en Lui. L’ampleur des souffrances du Messie nous dévoile la force de son amour pour nous et la qualité de cet amour, qui va jusqu’à souffrir, jusqu’à s’anéantir. Si nous apprécions cela, plus rien ne pourra nous séparer du Messie et de son salut. AMEN.

 

 

Pour aller plus loin, lire le commentaire inspiré d’Ellen WHITE dans le livre Jésus-Christ, chapitres 74-79.

Commenter cet article