Daniel : une lumière à Babylone

Le pouvoir de la parole

15 Décembre 2015 , Rédigé par Daniel à Babylone

La parole est un puissance. On ne s'arrêtera jamais assez sur cette réalité. Tant dans le domaine psychologique que dans le domaine «spirituel» (entendez : «qui nous relie au surnaturel»), la parole possède un puissance unique et irremplaçable. De plus, elle témoigne de notre origine divine. Il est clair en effet que la faculté de parler ne peut que se transmettre, de personne à personne. En aucun cas la nature n'est capable de la fabriquer. Elle n'est pas un produit de l'évolution naturelle, elle n'est pas un simple outil de communication évolué. L'affirmer reviendrait à nier plus d'un siècle de psychothérapie.

Les cas d'enfants perdus ou abandonnés en bas âge et élevés par des loups, quoique très rares, en constituent une preuve frappante. Ces enfants, dont les derniers cas remonteraient au XIXe siècle, n'ont jamais pu acquérir la moindre parole ensuite, après leur découverte, malgré les efforts parfois colossaux entrepris dans ce sens. Ce qui prouve que l'acquisition de la parole n'est pas inscrite dans l'évolution, ni dans l'évolution des gènes, ni dans celle des organes. Cette faculté qui nous distingue essentiellement des animaux peut encore être perdue aujourd'hui, sur une seule génération ! Impressionnant.

Ces enfants élevés par des loups ne sont jamais devenus humains. Ils sont restés des bêtes avec un corps humain, une monstruosité en somme. Même les éduquer à accomplir une tâche simple pour une friandise, à la manière d'un chien, s'est avéré très difficile et n'a jamais été complètement acquis. Or un chien intelligent peut même apprendre à deviner le sens d'un nombre significatif de mots (même s'il ne les entend pas comme nous). Ces enfants ne l'ont même pas pu. Les médecins ou les savants qui se sont occupés d'eux n'ont pu en tirer que des grognements inintelligibles et probablement inintelligents. La perte de la parole peut donc nous rendre inférieurs aux animaux !

Même les autistes, mêmes les trisomiques ont reçu la parole. Ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas capables toujours de l'exprimer, de la mettre en œuvre, qu'ils ne l'ont pas. Elle leur est transmise par ceux qui les élèvent, qui eux-mêmes l'ont reçue de leurs ascendants, comme tous les membres de la famille humaine. Or, qui a transmis la parole aux premiers homo sapiens sapiens, au premier couple unique à l'origine de l'humanité ? C'est le Créateur lui-même, la source de toute parole dans l'univers, celui qui a tout créé par sa seule parole. Dieu a créé l'être humain «à son image», selon le Pentateuque.

Alonzo T. Jones (1850-1923), prédicateur célèbre dans le milieu adventiste et rédacteur de la revue Signs of the Times de 1884 à 1889, a abordé ce sujet, sous l'angle spirituel, dans les années 1890. La compilation Lessons on Faith (en français La foi vivante) rassemble ses prédications et ses articles de presse de cette époque. On y trouve deux chapitres abordant spécifiquement le sujet de la puissance de la parole divine :

Le pouvoir de la Parole (I)
Le pouvoir de la Parole (II)

A. T. Jones y affirme notamment que la même puissance qui a créé le monde peut agir dans notre esprit pour le transformer. Cette transformation se produit au cours d'un échange entre l'esprit humain et l'Esprit divin, au moyen de la parole. Le simple fait de croire, de recevoir la parole divine comme crédible et authentique, permet à cette parole d'avoir des répercussions, positives, sur notre esprit ou sur notre «âme».

Cependant, comment savoir si telle parole est bien d'origine divine et donc vraiment digne de foi? Car il ne s'agit pas de se soumettre, aveuglément et sans discernement à toute parole qui prétend venir de la bouche de Dieu. La Bible canonique, protestante, reste aujourd'hui un référentiel indispensable pour évaluer toute parole qui prétend venir de Dieu. La Bible hébraïque peut remplir la même fonction, puisqu'elle contient déjà, sous forme de symboles ou de prophéties, toute la révélation divine concernant le plan du salut. Le Nouveau Testament vient «seulement» comme un témoignage (bouleversant certes) montrant que ce plan du salut a bien continué de se dérouler dans la vie et le ministère terrestre puis céleste de Jésus de Nazareth. C'est bien LUI, le «fils d'homme» aperçu par Daniel près du trône céleste (chapitre 7) et dont la venue dans le temps avait été annoncée avec tant de précision au chapitre 9. Jésus est indéniablement celui qui accomplit toutes les prophéties messianiques de la Bible.

 

Pour prolonger utilement cette réflexion, nous vous conseillons de lire, avec ouverture d'esprit et discernement, le document rédigé par le rabbin Haïm Torjman intitulé Le pouvoir de la parole, que vous trouverez sur le site de la Synagogue de Nazareth (Paris IIIe). Ici, à la différence de l'approche occidentale, plus analytique donc plus dissociative, le spirituel, le corporel et le psychologique ne sont pas dissociés, mais s'associent avec bonheur dans une pensée synthétique et analogique, qui fait le génie de la culture hébraïque.

En voici quelques extraits :

 

Pour l'aspect spirituel :

«La parole est l’articulation magique* entre le corps et l’âme.» (*nous dirions plutôt «surnaturelle», mais ce mot est également très connoté.)

«Le Créateur nous a doté de cette faculté de parler. Cet instrument fabuleux nous permet
de communiquer avec le Maître de l’univers : il s’adresse à nous et nous nous adressons à Lui à travers l’étude et l
a prière.» La prière, à voix haute, a une valeur irremplaçable !

 

Pour la dimension psychologique et relationnelle :

«La faculté de parler est un liant, elle permet d’établir des liens, des attaches, des rapprochements, des ponts, des passerelles. Par contre, lorsque celle-ci est utilisée de façon dérogée, elle cause un rupture, elle désunit, elle détruit.»

«Nous devons faire attention à cette arme redoutable qui peut construire, mais qui peut aussi détruire ou ruiner des êtres, des vies.»

Dans ce document, court mais dense, le rabbin Haïm Torjman nous enrichit de bien d'autres réflexions passionnantes et d'une haute spiritualité, comme souvent chez les auteurs juifs, même si cela vire parfois à ce que nous percevons comme une forme de mysticisme (par exemple dans l'écrit La Lumière des Noms, du même auteur).

Ce «mysticisme» pourrait, sorti du cadre strict du judaïsme, estomper dangereusement dans notre esprit la frontière essentielle qui doit demeurer entre le Créateur et ses créatures. Peut-être qu'une distinction (plus occidentale certes) entre la frontière essentielle et la frontière relationnelle entre le Créateur et nous devrait être plus nettement établie. En tous cas, dans notre cadre occidental, «chrétien», le manque de distinction entre ces deux frontières peut nous faire facilement pencher vers une forme de panthéisme. Cela est arrivé par exemple au pasteur Alonzo T. Jones dont nous parlions plus haut. Il faut dire que ce penchant dangereux a coïncidé avec son rapprochement avec le Dr Kellog, cet adventiste qui a inventé les cornflakes (comme quoi on peut avoir des tendances panthéistes et trouver quand même de bonnes idées pour l'industrie agro-alimentaire et pour la gastronomie !).

Merci en tous cas à nos frères juifs pour leur persévérance à garder sacrés les saints écrits. Dieu a veillé lui-même à la conservation de sa Parole, certes, mais il l'a fait, selon son «habitude», dans une volonté de collaboration avec les êtres humains ! Vive le Seigneur du Shabbat !

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