Daniel : une lumière à Babylone

Le Noël des papes

24 Décembre 2015 , Rédigé par Daniel à Babylone

Le journal gratuit Direct Matin le rappelait hier : selon la tradition, ce serait l'évêque de Rome Liberius (325-366) qui aurait fixé la date de la naissance du Christ au 25 décembre. Cet évêque accède au pouvoir ecclésiastique, à Rome, peu après la reconnaissance du christianisme par l'empereur Constantin Ier (313) et par l'imposition du dimanche comme jour de repos (321). 

L'empereur, habile opportuniste, prend soin en effet d'imposer un jour de repos hebdomadaire qui corresponde au culte majoritaire dans l'Empire, le culte du soleil. Les chrétiens sont encore très minoritaires. A partir de ce moment, le shabbat biblique, le jour anniversaire hebdomadaire de la Création du monde, le jour qui témoigne de l'autorité du Créateur, va s'effacer progressivement mais définitivement du christianisme officiel, du christianisme reconnu par l'Empire. Quelques décennies après, en 392, sous Théodose Ier, le christianisme deviendra la religion officielle de l'Empire.

C'est dans ce contexte délétère pour la foi que l'évêque de Rome institue une date pour la célébration de la naissance du Christ. Notons que cette célébration n'est mentionnée nulle part dans les écrits des apôtres, ni même des premiers auteurs chrétiens du IIe siècle (sauf erreur de notre part). L'évêque Libérius serait donc intervenu pour modifier «les temps*» mentionnés par la prophétie de Daniel 7.25, suivant ainsi le mauvais exemple de l'Empereur Constantin qui, sans scrupules, venait de déplacer le jour d'adoration du shabbat au dimanche. Conformément aux prophéties de Daniel 7, aussitôt l'alliance politico religieuse «abominable» (selon les termes de Daniel) s'empare du christianisme, aussitôt le calendrier religieux est altéré. De fait Constantin Ier, déjà, considère le christianisme comme un élément clé de l'Empire. La petite corne du monstre décrit par Daniel va bientôt parler avec arrogance, prétendant avoir le droit de modifier les lois divines.

* La racine araméenne utilisée dans Daniel 7.25 (zaman) se réfère à moment fixé, comme un jour férié, par exemple. Elle est différente de celle utilisée dans la suite du verset (adah), qui désigne une période, d’un an par exemple.

 

Il est intéressant de remarquer aussi que l'évêque Liberius est le premier évêque de Rome à désigner Rome comme le «siège apostolique». La sacralisation de ce lieu, forteresse symbolique de l'Empire romain, est en marche. Elle est évoquée plusieurs fois dans les prophéties de Daniel. Peut-être que Libérius serait, à ce titre, «digne» de porter le titre de «pape», même si ce titre n'était pas encore officialisé à l'époque. C'est en tous cas dans cette époque dangereuse pour la foi chrétienne, le début du IVe siècle, que cette appellation de papa, blasphématoire et interdite par Jésus, aurait commencé à se répandre dans le christianisme et l'évêque de Rome n'a pas été le seul concerné par ce phénomène. Voir les explications détaillées sur l'origine de l'apellation «pape» sur Wikipedia.

Bien entendu cette appellation de «papa» reste entièrement légitime pour s'adresser à un parent ou personne en faisant office. En effet cette appellation se place alors dans le cadre également légitime et voulu par Dieu de la sexualité humaine. Au contraire, dans un contexte religieux, ecclésial, c'est malsain puisque coupé de la sexualité. Dans ce contexte, nous n'avons qu'un seul père, Dieu.

 Voir à ce sujet notre article «Sacrée sexualité» dans notre rubrique Sexualité

 

Pour revenir à Noël, le journal Direct matin a soin de préciser que les Évangiles ne mentionnent pas la date de la naissance du Christ. Mais rien ne nous empêche de profiter de l'occasion, dans un opportunisme raisonné (comme le font le plus souvent les adventistes du septième jour par exemple), pour réfléchir de nouveau au mystère de l'incarnation et pour témoigner à nos semblables un peu de l'affection profonde que YAHVEH éprouve pour ses créatures. «Car il est bon pour les ingrats et les méchants» (Luc 6.35). Si nous voulons lui ressembler, il nous faut l'imiter sur ce point-là aussi !

Oui, profitons du Noël papal pour nous rappeler l'incarnation, la divine réalité de l'union du Créateur avec ses créatures en Jésus-Christ, réalité qui anéantit le dogme papal de l'immaculée conception. Selon ce dogme, en effet, Marie la mère de Jésus aurait elle-même été coupée de la lignée héréditaire humaine afin d'être sûre de ne transmettre aucun soupçon de «péché» à son divin fils. Autrement dit la nature humaine est plus forte que la nature divine. Ou bien Dieu est un impuissant puisqu'il est incapable de cotôyer de si près la chair humaine sans se laisser corrompre par elle. Autrement dit Dieu n'est pas dieu. C'est la thèse de Lucifer, qu'il a suggérée à son très humain serviteur papal. Les milliards d'êtres humains qui croupissent ou ont croupi sous l'esclavage de ce dogme malsain et avilissant ne remercieront pas Lucifer pour ce mensonge au jour du jugement dernier !

Heureusement, Lucifer a tort. Oui, heureuse nouvelle ! La grâce (la beauté et la pureté) divine est plus puissante que le péché. C'est le sens des généalogies contenues dans les évangiles selon Matthieu et selon Luc. Dieu peut habiter dans notre chair sans être corrompu : au contraire c'est nous qui sommes régénérés à son contact, si nous le voulons. C'est en tous cas l'enseignement de saint Paul (Lettre aux Romains, chapitre 5 et 6). Il faut croire que les «saints» «pères» de Rome ont perdu la lettre de leur illustre prédécesseur, ou qu'ils ont un problème avec leur service de courrier depuis quinze siècles au moins… L'apôtre Paul, pour sa part, a fini à Rome non sur un trône, non dans une basilique, mais dans cachot insalubre avant de passer sous la hache du bourreau. Qui est le plus crédible : le pape ou l'apôtre Paul ? A vous de choisir.

 

Oui, profitons de la fête convenue de Noël pour nous encourager les uns les autres par cette bonne nouvelle : le dogme de l'immaculée conception est un mensonge satanique et la Parole a vraiment été faite chair (un terme qui ne peut désigner que la nature humaine ordinaire) et elle a habité parmi nous pleine de grâce et de vérité (Évangile selon Jean 1.14). La grâce divine peut se manifester même dans la chair affaiblie par des milliers d'années d'hérédité. Ainsi Jésus est vraiment fils de Ruth, fils de David, fils de Juda, fils de Joseph, fils de Noé, fils d'Adam et… fils de Dieu, comme le «pape » Liberius l'a lui-même admis, conformément au Concile de Nicée…

 

Et pour les nostalgiques du bon Noël traditionnel catholique européen à l'ancienne, vous pouvez toujours essayer de vous consoler avec ce que nous avait pondu l'année dernière Marc Fourny, un auteur du Point : http://www.lepoint.fr/societe/joyeuses-fetes-dans-30-ans-un-noel-cauchemardesque-24-12-2014-1892187_23.php. Mais cela m'étonnerait que cela vous fasse vraiment du bien car, malgré des arguments assez justes, Marc Fourny nous appelle finalement à régresser. Il regarde, de notre point de vue, vers une société des ordres, intolérante et dissociante, stigmatisante et antisémite, heureusement révolue. En tous cas, que M. Fourny se rassure, le tableau «apocalyptique» qu'il entrevoit dans son article restera de la fiction. On s'active, en coulisse et de plus en plus ouvertement, à ce que la fausse religion garde son emprise diabolique sur les consciences !

Que Marc Fourny se rassure donc, cela n'arrivera jamais jusqu'au point qu'il décrit. Nous n'allons pas perdre comme cela nos bonnes vieilles traditions catho. Les pressions subies par certaines municipalités pendant la période de l'avent pour les forcer à installer une crèche dans leur mairie en sont la preuve. Des associations catholiques radicalisées, qui sentent le pré-fascisme, comme le Salon Beige, exercent des pressions sur les élus pour qu'il abdiquent et renoncent à la laïcité, fondement de notre liberté. Une crèche dans une mairie : quel mélange, quel déplacement incongru ! Nous sommes en train de revivre à une autre échelle ce que l'Empire romain a connu au IVe siècle et après. Bientôt le «culte majoritaire» dominical sera imposé, comme à l'époque de Constantin, et le shabbat, déjà effacé du christianisme officiel depuis plus de 1500 ans, sera carrément honni et haï. Alors on verra le vrai visage de la papauté, toujours dominateur, intolérant et cruel. 

C'est alors que YAHVEH devra intervenir.

 

En attendant, Joyeux Noël dans la paix du Messie !

 

Pour aller plus loin, lire notre article : Guerres et papes

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